Union aéromaritime de transport

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Création 1949
Disparition 1er janvier 1964 (devient officiellement UTA)
Dates clés 27 juin 1963 (fusion avec TAI)
Union aéromaritime de transport
Logo de cette compagnie

« Le relais des Africains à Paris » (1952)
« La compagnie au service de l'Afrique » (1960)

IATAOACIIndicatif d'appel
UT UAT
Repères historiques
Création 1949
Disparition 1er janvier 1964 (devient officiellement UTA)
Dates clés 27 juin 1963 (fusion avec TAI)
Généralités
Basée à Aéroport Paris-Le Bourget
Nombre de destinations Afrique, France
Siège social Drapeau de la France 3/5 Boulevard Malesherbes à Paris (8e)
Société mère Compagnie maritime des chargeurs Réunis, Air France, Société aérienne de transports internationaux (SATI) représentée par Jean Combard et Roger Loubry
Société sœur Aigle Azur
Dirigeants Louis Vidal (Président), Jean Combard et Roger Loubry (directeurs), Louis Antoine Pommery (PDG de 1957 à 1962)

L’Union aéromaritime de transport (U.A.T.) est une ancienne compagnie aérienne française créée en 1949 qui assurait des vols intercontinentaux vers l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud.

Elle fusionne en 1963 avec la compagnie T.A.I. (Transports aériens intercontinentaux) pour devenir l'UTA (Union de transports aériens).

Ancienne affiche publicitaire de UAT - Aéromaritime
Ancienne affiche publicitaire de UAT - Aéromaritime de 1954.

Fondation et stratégie de développement (1949-1951)

Affiche publicitaire UAT - Aéromaritime.

L'Union aéromaritime de transport (UAT) est créée le 13 octobre 1949. Cette naissance est le fruit d'une alliance stratégique entre l'Aéromaritime (service aérien de la compagnie maritime des Chargeurs Réunis) et la SATI (Société aérienne de transports internationaux), une compagnie privée fondée en 1948 par Jean Combard et Roger Loubry. Le capital initial reflète cet équilibre : 40 % pour les Chargeurs Réunis, 40 % pour Air France et 20 % pour les fondateurs de la SATI[1].

Désignée comme la branche aéronautique du groupe des Chargeurs Réunis, l'UAT se donne pour mission de desservir l'Union française, particulièrement l'Afrique. Pour pallier la faiblesse de sa flotte initiale — trois Liberator hérités de la SATI —, la compagnie adopte une stratégie de croissance externe. Elle rachète plusieurs petites compagnies au bord de la faillite, notamment la Peruvian Airlines, ce qui lui permet de récupérer trois Douglas DC-4. Cette opération permet à l'UAT de basculer ses Liberator vers le transport de fret, plus adapté à leurs caractéristiques, tout en dédiant les DC-4 au transport de passagers. Le 23 janvier 1950, l'UAT officialise son implantation africaine par l'ouverture de la ligne régulière Paris - Brazzaville.

Pionnière de l'aviation à réaction (1952-1956)

En 1952, l'UAT marque l'histoire de l'aviation civile en devenant, simultanément avec la compagnie britannique B.O.A.C. (British Overseas Airways Corporation), l'une des deux premières au monde à exploiter des avions à réaction. Elle introduit pour cela le De Havilland Comet 1A. Cette avancée technologique révolutionne les temps de vol vers le continent africain :

  • Le 15 avril 1953 : Première liaison Abidjan - Paris par avion à réaction.
  • Le 11 mai 1953 : La ligne Paris - Brazzaville est désormais opérée en Comet[2].
  • Records de vitesse : Sous le commandement de Jean Loubry, co-directeur de la compagnie, un Comet relie Paris à Alger en seulement 2 heures et 6 minutes[3].
  • Expansion australe : Le 26 octobre 1953, l'UAT inaugure la liaison Paris - Johannesburg, parcourue en 15 heures de vol[4].

Cependant, la rentabilité des Douglas DC-4 déclinant sur le long-courrier face à la concurrence, la compagnie modernise sa flotte conventionnelle avec l'acquisition de trois Douglas DC-6 en 1954. Le 1er mai 1955, l'UAT absorbe la compagnie Aigle Azur (fondée par Sylvain Floirat), récupérant ainsi trois DC-6 supplémentaires pour renforcer son réseau. En 1956, la compagnie lance la liaison Paris - Livingstone (Zambie) via Nice et Brazzaville en Super DC-6[4]. Cette année-là, l'UAT franchit le cap des 124 000 passagers transportés[6].

Apogée technique et logistique (1957-1959)

Sous la direction de Louis Antoine Pommery (ancien des Chargeurs Réunis), P-DG de 1957 à 1962, l'UAT devient un acteur majeur du transport aérien français. En 1957, la structure repose sur :

  • Une flotte diversifiée : 7 Douglas DC-6B, 1 DC-4, 4 Nord Noratlas (pour le fret) et 8 De Havilland Heron (pour les dessertes régionales)[5].
  • Un effectif important : 1 500 employés, dont 260 membres d'équipage technique et commercial. Environ 145 agents sont répartis dans les escales d'outre-mer.
  • Une base solide : L'UAT devient l'exploitant principal de l'aéroport du Bourget, occupant 50 % des surfaces couvertes louées par l'Aéroport de Paris sur ce site.

Le fret devient un pilier économique : entre 1949 et 1958, le volume de marchandises transportées passe de 17 tonnes à plus de 11 000 tonnes annuelles[6].

Vers la naissance d'UTA (1960-1963)

L'année 1960 marque l'entrée dans l'ère des gros porteurs avec la mise en service du Douglas DC-8. Dans un contexte de rationalisation du transport aérien français, l'UAT entame un rapprochement avec les Transports aériens intercontinentaux (TAI). Dès le 1er avril 1960, une coopération commerciale entre en vigueur, les vols étant désormais codés sous l'identifiant UT/TI.

Le processus de fusion s'accélère en 1961 avec l'approbation des conseils d'administration, puis le 2 août 1962 par la signature d'un protocole d'accord entre Louis Pommery (UAT) et le général Fayet (TAI)[1]. La fusion est finalisée en 1963, créant l'Union de transports aériens (UTA). La nouvelle entité dispose alors d'une flotte de 22 appareils, devenant la principale compagnie aérienne privée française face à Air France.

Liaisons

En 1952, UAT exploite en Douglas DC-4 les lignes suivantes[7] :

  • Paris - Casablanca - Bamako - Abidjan,
  • Paris - Bordeaux - Casablanca - Dakar - Conakry - Abidjan,
  • Paris - Alger - Kano -Douala - Libreville - Brazzaville - Pointe Noire,
  • Paris - Nice - Tripoli - Fort Lamy - For Archambault - Bangui - Brazzaville - Pointe Noire,
  • Paris - Nice -Le Caire - Bahreïn - Karachi - Delhi - Calcutta - Saigon,
  • Paris - Douala.

En 1956, UAT exploite en Douglas DC-4 et DC-6 les lignes suivantes[7] :

  • Paris - Marseille - Dakar - Conakry,
  • Paris - Marseille - Dakar - Abidjan,
  • Paris - Bordeaux - Dakar - Conakry,
  • Paris - Marseille - Douala,
  • Paris - Marseille - Fort Lamy - Bangui - Brazzaville,
  • Paris - Nice - Fort Lamy - Bangui - Brazzaville,
  • Paris - Douala - Libreville - Brazzaville,
  • Paris - Marseille - Douala - Libreville- Brazzaville,
  • Paris - Nice - Tripoli - Fort Lamy - Bangui - Brazzaville,
  • Paris - Nice - Tripoli - Douala - Livingstone,
  • Paris - Nice - Tripoli - Brazzaville - Johannesburg,
  • Paris - Nice - Tripoli - Brazzaville - Livingstone - Johannesburg,

En 1956, UAT exploite en Douglas DC-4 Cargo la ligne Cargo suivante[7] :

  • Paris - Tripoli - Fort Lamy.

En 1960, UAT exploite en Douglas DC-6 ou DC-8 les lignes suivantes[7] :

  • Paris - Nice,
  • Paris - Marseille,
  • Paris - Bordeaux,
  • Paris - Nice - Tripoli,
  • Paris - Nice - Bastia - Tripoli,
  • Paris - Nice - Kano - Brazzaville - Livingstone - Johannesburg,
  • Paris - Brazzaville - Salisbury - Johannesburg,
  • Paris - Marseille - Dakar,
  • Paris - Bordeaux - Dakar - Conakry -Abidjan,
  • Paris - Dakar - Abidjan,
  • Paris - Dakar - Conakry,
  • Paris - Marseille - Bamako - Conakry - Dakar,
  • Paris - Brazzaville (en direct),
  • Brazzaville - Bangui - Fort Lamy,
  • Brazzaville - Fort Lamy,
  • Brazzaville - Douala,
  • Brazzaville - Port Gentil - Douala;

En 1963, UAT exploite en Douglas DC-6 ou DC-8 les lignes suivantes[7] :

  • Paris - Marseille, Paris - Nice, Paris - Bordeaux, Paris - Nice - Bastia,
  • Paris - Nice - Bastia - Tripoli,
  • Paris - Nice - Brazzaville - Salisbury - Johannesburg,
  • Paris - Brazzaville (en direct).

Flotte

La compagnie a possédé au-moins six Douglas C-54 ainsi qu'un DC4-1009 ex-South African Airways.

Pour ses opérations en Afrique, elle s'intéresse au Noratlas, commandant d'abord quatre 2501A (une version civile pour vols cargo et passagers) puis des 2502A, dotés de deux réacteurs d'appoint Turbomeca Marboré utilisés lors des décollages à pleine charge par temps chaud. Le F-BGZB s'est désintégré en vol en 1959 causant la mort du président centrafricain Barthélemy Boganda[8] et la force aérienne portugaise rachètera six exemplaires.

En 1952-1953, l'UAT fait l'acquisition de trois De Havilland Comet 1A, une version à plus grand rayon d'action du Comet 1 (Air France fera l'acquisition de trois appareils identiques). Ils seront immatriculés F-BGSA à -BGSC, ce dernier étant détruit lors d'une sortie de piste à Dakar le [9]. Tous les Comet seront cloués au sol en 1954 après deux crashs dus à des défaillances structurelles, les deux appareils de l'UAT seront finalement ferraillés au Bourget en 1961[10].

Fin 1953, l'UAT acquiert deux Douglas DC-6A ex Slick Airways puis deux DC-6B de la Sabena et de Philippine Airlines. Ils remplaceront les Comet à réaction. En 1955, en reprenant Aigle Azur, l'UAT prend possession de trois autres : un DC-6B neuf, un DC-6A ex-Canadian Pacific et un DC-6B ex-Philippine Airlines. En 1958-1959 s'ajoutent deux DC-6B neufs et deux autres rachetés à Canadian Pacific[11]. La plupart seront revendus à Air Afrique après la création d'UTA. Le F-BGTZ devait s'écraser dans une tempête au décollage de Salisbury en 1958[12].

Pour les vols intérieurs au Cameroun, trois De Havilland Heron ont été acquis en 1953 et revendus en 1960 ; le F-BGOI s'écrasera sur les flancs du Mont Koupé en 1955[13].

En 1960, après six ans, l'UAT redevient exploitant d'avions à réaction : deux DC-8-32 immatriculés F-BJLA et -BJLB. Trois ans plus tard, elle ajoute le F-BLLC ex-Northwest Orient Airlines[14]. Ils rejoindront les trois de TAI lors de la création de l'UTA et deux seront rééquipés de réacteurs à double flux, devenant des DC-8-53[15]. Après avoir servi pour Air Afrique, l'ex F-BJLB sera utilisé pour l'entraînement des pompiers à l'aéroport de Zurich, étant finalement démantelé en 2014[16].

Galerie photographique

Accident

Notes et références

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