1st King's Dragoon Guards
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Le 1st King's Dragoon Guards est un régiment de cavalerie blindée et de garde de la British Army. Le régiment est créé par John Lanier en 1685 sous le nom de 2nd Queen's Regiment of Horse, nommé en l'honneur de la reine Marie, épouse du roi Jacques II. Il est rebaptisé 2nd King's Own Regiment of Horse en 1714 en l'honneur du roi George Ier. Il a reçu le titre de 1st King's Dragoon Guards en 1751.
Le régiment sert dans la cavalerie montée jusqu'en 1937, date à laquelle il est mécanisé avec des chars légers. Il entre dans le Royal Armoured Corps en 1939. Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, le régiment fusionne avec le 2nd Dragoon Guards (Queen's Bays) en 1959 pour former le 1st The Queen's Dragoon Guards.
Création
Le régiment est créé par le lieutenant général John Lanier, ancien lieutenant-gouverneur de Jersey sous le nom de Lanier's Regiment of Horse ou Queen's Regiment of Horse, en hommage à la reine consort d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande Marie en [1]. Le royaume est dans une période de trouble[2][réf. obsolète]. Le roi Charles II est mort le , la succession revient à son frère Jacques II ; il est catholique, ce qui mécontente James Scott 1er duc de Monmouth ; il est le fils illégitime de Charles II avec sa maîtresse Lucy Walter, et, du vivant de son père, il avait essayé de devenir l'héritier de la couronne pour empêcher qu'un « papiste » ne devienne roi[2],[3]. Exilé dans les Provinces-Unies, il débarque dans le Dorset et s'empare le de Lyme Regis[2]. Le mouvement est écrasé lors de la bataille de Sedgemoor, le duc de Monmouth est capturé et décapité[2]. En réponse à la rébellion de Monmouth, le roi Jacques II accroît les effectifs de l'armée royale : naît le Queen's Regiment of Horse[4]. Naît en même temps le Queen's Bays sous le nom de Peterborough ou 3rd Regiment of Horse[4].
La première mission du régiment, créé juste avant la fin de la rébellion, est d'escorter le duc de Monmouth de Winchester à Londres[4]. Les cavaliers du régiment montent des chevaux de grande taille et ne doivent pas combattre à pied[4].
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Trois ans plus tard, Jacques II est déposé lors de la « Glorieuse Révolution »[5]. Il est remplacé par Guillaume III d'Orange-Nassau ; s'ensuit une guerre civile entre les partisans Jacobitistes pour le roi Jacques II et ceux soutenant Guillaume III, les Williamites[6]. Cette guerre civile entre dans le conflit européen qu'est la guerre de la Ligue d'Augsbourg[7],[8]. Le Queen's Regiment of Horse participe à la bataille de la Boyne, avec un effectif de 360 hommes ; c'est la composition d'un régiment de cavalerie de taille moyenne, les autres régiments britanniques avaient un effectif compris entre 38 et 423 cavaliers[7],[8].
Le , ils débarquent à Carrickfergus et rejoignent, le , la Boyne où s'était retranché Jacques II[7],[8]. La bataille a lieu le , non loin de Drogheda, d'après le calendrier julien[7],[8]. Avant d'arriver en Irlande, ils avaient été déployés en Écosse[1]. L'année suivante, ils participeront à la bataille d'Aughrim, bataille décisive de la guerre entre Jacobites et Williamites ou Orangistes ; c'est aussi la bataille la plus sanglante de l'histoire de l'Irlande avec environ 7 000 morts[1],[9].
Guerre de Succession d'Espagne

Par la suite, le régiment quitte les îles Britanniques pour le continent européen[1],[4]. Lors de la guerre de Succession d'Espagne, ils font partie du corps expéditionnaire britannique, sous les ordres du duc de Marlborough[1],[4]. En 1704, ils participent à la bataille de Höchstädt, en 1706 à la bataille de Ramillies ; ils s'illustrent en capturant un timbalier français, ainsi que des drapeaux français et bavarois. En 1708, ils sont à la bataille d'Audenarde et, en 1709, à la bataille de Malplaquet[1],[4]. Cette bataille est très coûteuse en homme et se révèle une victoire à la Pyrrhus. Malborough est rappelé en Grande-Bretagne avec le corps expéditionnaire. En 1714, l'unité est rebaptisée King's Own Regiment of Horse à l'avènement du nouveau roi George Ier[1],[4]. En 1731, William Pitt l'Ancien, futur premier ministre, devient cornette au sein du régiment[4].
Guerre de Succession d'Autriche et de 7 ans

Ils retournent sur le continent lors de la guerre de Succession d'Autriche, se battent en 1743 à la bataille de Dettingen, sous les ordres de Philip Honywood[1],[4]. En 1746, pour des raisons financières, le gouvernement décide de renommer le King's Regiment of Horse en 1st (The King’s) Dragoon Guards[1],[4]. Les régiments de Horse recevant une paie plus importante que les régiments de dragons, cela permet de faire des économies[4]. Lors de la guerre de Sept Ans, le régiment est à la bataille de Minden. Lors de la défaite de Corbach, pour éviter d'être anéantis par les Français de Victor-François de Broglie, ils chargent en compagnie du 2d Queen's Dragoon Guards, commandé par Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel[4]. Le prince est blessé lors de la bataille[10].
Ils se battent à la bataille de Warburg ; c'est une victoire pour les Britanniques, mais elle n'inverse pas la campagne en Allemagne du Nord : elle se conclut par une victoire française, et l'occupation du Hanovre (qui faisait alors partie des possessions du roi George II), le landgraviat de Hesse-Cassel et l'électorat de Brunswick-Lunebourg[11]. Lors de cette bataille, ils chargent sous les ordres de John Manners marquis de Granby ; lors de la charge, il perdit sa perruque, donnant l'expression en anglais « going at it bald headed »[4]. En 1761, ils participent à la bataille de Villinghausen[1].
Pour l'hiver 1761-1762, le régiment prend ses quartiers en Frise orientale[12]. En juin, il quitte ses quartiers d'hiver pour former une brigade avec le 3rd Dragoon Guards, sous le commandement du major-général Henry Herbert 10e comte de Pembroke[12]. Le , le régiment prend part à la bataille de Wilhelmsthal ; après avoir soutenu l'attaque sur le centre de l'ennemi, la brigade est engagée dans l'encerclement des troupes françaises dans les bois de Wilhelmsthal ; après la poursuite, elle campe cette nuit-là entre Holtzhausen et Weimar[12]. Quelques jours plus tard, le régiment marche sur Hoff. Le , le corps de Granby traverse l'Eder à gué et reconnaît la position d'une division française de l'ennemi près de Felsberg ; les Français forcent Granby à se retirer et à repasser l'Eder l'après-midi même[12]. Le , le régiment, avec plusieurs autres unités sous les ordres du marquis de Granby, franchit une seconde fois l'Eder et campe près de Kerstenhausen[12]. Le , Granby avance jusqu'à Homberg/Efze[12]. Le , il déloge un fort détachement français des hauteurs proches de cette ville[12]. Le , au combat d'Amöneburg, tard dans l'après-midi, le corps britannique vient au secours des Hanovriens qui gardaient le pont et repousse plusieurs attaques françaises, sauvant les Alliés[12]. Le régiment est ensuite engagé dans plusieurs opérations contre les Français ; par une succession de mouvements combinés, dans lesquels les différents commandants firent preuve d'une grande habileté, les Français sont contraints d'évacuer une partie considérable du territoire qu'ils occupaient, et les Alliés prennent Cassel[12]. En novembre, une suspension d'armes a lieu, le régiment prend ses quartiers dans la principauté épiscopale de Münster[12].
Guerres de la Révolution française et de l'Empire
En 1794, le régiment retourne sur le continent et affronte les armées révolutionnaires françaises non loin de Courtrai (en Belgique actuelle), lors de la bataille de Willems[4]. Le régiment capture un grand nombre de soldats français[4]. Ils se battent lors des batailles de Tournai, de Beaumont et de Catillon[1]. Puis, le régiment regagne la Grande-Bretagne avant le début de l'année 1795[1]. Il semble que le régiment ait participé à la guerre d'indépendance espagnole, nommée « guerre de la péninsule » par les Britanniques[13].
Waterloo


En 1815, le régiment est envoyé dans le gouvernement de Belgique du royaume uni des Pays-Bas pour faire face au retour de Napoléon Ier lors des Cent-Jours[14],[15]. Il participe à la bataille de Waterloo[14],[15],[16]. La cavalerie coalisée anglo-hollandaise est alors dirigée par Henry William Paget, 2e comte d’Uxbridge, Le régiment fait partie de la première brigade de cavalerie dirigée par Edward Somerset, en compagnie des 1st Life Guards, 2nd Life Guards et Royal Horse Guards[16],[17],[18]. À la bataille de Waterloo, le régiment est composé de trois escadrons, au total, 588 hommes, dont 28 officiers et 560 hommes de troupes. À titre de comparaison, à Waterloo, les dragons de la Garde impériale ont un effectif de 816 hommes en quatre escadrons[13],[16],[19],[20]. Les effectifs des gardes britanniques se rapprochent de ceux des dragons de ligne français[13],[16],[19],[20]. La brigade Somerset se trouve derrière les lignes alliées, derrière la ferme de la Haie Sainte[16]. Le régiment est commandé par le lieutenant-colonel William Fuller ; il remplace David Dundas, absent de la campagne de Belgique[13],[21]. Après midi, les Français du maréchal Ney, de la 2e brigade du général de brigade Bourgeois de la 1re division d'infanterie, composée du 28e régiment d'infanterie et du 105e régiment d'infanterie, mettent en difficulté les défenseurs de la ferme, prennent le potager de la Haie Sainte et sont sur le point de prendre la ferme stratégique au centre du champ de bataille[16]. Le duc de Wellington fait alors envoyer des renforts, notamment de la King's German Legion et des Hanovriens, comme le bataillon de Lünebourg[16],[22]. La 1re brigade Hanovrienne et la 2e brigade de la KGL arrivent à mettre en difficulté l'infanterie française, avec le soutien des défenseurs de la ferme. Cette réaction des alliés est stoppée par la charge de cuirassiers français. D'après Levavasseur, aide de camp du maréchal Ney, celui-ci avait prélevé un escadron dans plusieurs régiments de cuirassiers et formé une brigade de cavalerie lourde[16],[23]. Après que l'infanterie française ait été repoussée, en particulier par les Hanovriens, Ney ordonne que les cuirassiers chargent[16]. Le colonel Crabet commande la charge, avec Gourgaud et Levavasseur[16]. Le major Baring ordonne à ses hommes du 2nd Light Battalion KGL de se replier dans les granges de la Haie Sainte[16]. Le bataillon de Lünebourg n'a pas le temps de se mettre à l'abri et s'enfuit, leur colonel, Klencke, est blessé[16]. Ils se font tailler en pièces par les Français[16]. Les cuirassiers poussent leur avantage, et attaquent les canons de la batterie ; Hew Ross et les servants cherchent refuge dans le chemin creux, aujourd'hui disparu[16]. Vers 13 heures, Uxbridge aperçoit une forte colonne de cavalerie française composée de cuirassiers et de carabiniers ; il décide de leur opposer la brigade Somerset et charge à leur tête entre la route et l'actuelle butte du Lion (qui n'existait pas alors)[16]. Les lignes de bataille n'étant pas totalement droites, les combats entre les deux cavaleries commencent à la gauche française vers la butte du Lion actuelle[16]. Les cuirassiers de la droite française sont arrivés sur le chemin creux (cet événement fut d'ailleurs repris par Victor Hugo dans Les Misérables)[16]. Cela les a désorientés, ils ont dû prendre la direction du carrefour de la chaussée de Charleroi, poursuivis par le 2nd Life Guards[16]. Un corps à corps s'est ensuivi qui a tourné en faveur des Français[16]. Le lieutenant-colonel Robert Wallace, alors capitaine au 1st King's Dragoon Guards, a écrit que beaucoup de cavaliers britanniques ont été gravement blessés, en particulier au visage, dans les combats contre les Français[16]. Les cavaliers français se retirent, la brigade Somerset les poursuit, et deviennent la cible des fantassins français de Quiot du Passage[16]. Le 1st King's Dragoon Guards, comme le 2nd Life Guard's, subit de lourdes pertes ; Somerset l'écrit dans son rapport à Wellington, qu'il dut faire après la blessure d'Uxbridge, qui perdit une jambe[16]. Il mit en avant le colonel Fuller et le major Graham qui « menèrent leur régiment à la première attaque de la façon la plus hardie, mais furent tous deux tués ou faits prisonniers par l'ennemi. »[16]. Parmi les officiers du 1st King's Dragoon Guards, 7 sont tués, dont Fuller, 4 blessés et 4 disparus ; parmi les cavaliers, 40 sont tués, 100 blessés et 124 disparus. Il reste après la bataille 309 hommes valides dans le régiment, soit 52,5 % des effectifs de départ[16].
XIXe siècle



Après la campagne de Belgique et la défaite française, les armées alliés sont entrées en France et ont remis sur le trône de France Louis XVIII. Par le second traité de Paris, la France reste occupée. Le nord-ouest-est est occupé par les Britanniques, le 1st King's Dragoon Guards y reste en garnison jusqu'en 1816, puis retourne au Royaume-Uni[1]. De 1818 à 1838, le régiment reprend son activité de maintien de l'ordre et de garde, des deux côtés de la mer d'Irlande[4]. En 1838, le régiment est envoyé au Bas-Canada qui s'est révolté depuis 1837 lors de la rébellion des Patriotes ; le régiment participe à des opérations de maintien de l'ordre et devient populaire auprès des Canadiens grâce à sa bonne conduite vis-à-vis de la population civile, et, en particulier, vis-à-vis des francophones[1],[4]. Cette stratégie choisie par George Cathcart, alors colonel commandant le détachement au Canada, s'avère payante[1],[4]. Lors de la guerre de Crimée, le régiment participe au siège de Sébastopol[1].
En 1857, éclate la révolte des cipayes. Le gouvernement de Londres ordonne que soit envoyé en Inde le 1st King's Dragoon Guards et le 2nd Dragoon Guards (Queen's Bays). Ils arrivent à Calcutta[1],[4]. Le 2nd Dragoon Guards se rend à Allahabad, tandis que le 1st King's Dragoon Guards reste sur place[1],[4]. Le 1st King's Dragoon Guards manquait de chevaux pour constituer un régiment, il ne fut pas employé aux côtés du 2nd Dragoon Guards[1],[4]. De plus, les Dragoon Guards étaient les régiments de cavalerie lourde par excellence de l'armée britannique : trouver une remonte n'était pas facile[1],[4]. Après avoir été stationné à Calcutta, ils s'installent à Madras puis Bangalore[1],[4]. En 1860, le régiment est mobilisé pour participer à la seconde guerre de l'opium. Ils participent à la bataille des forts de Taku, ainsi qu'à la bataille de Zhangjiawan puis à la prise de Pékin[1],[4]. En 1896, François-Joseph Ier empereur d'Autriche-Hongrie est nommé colonel en chef du régiment ; c'était courant entre les souverains à la fin du XIXe siècle, et jusqu'à la Première Guerre mondiale[1],[4]. Il accorde au régiment de porter les armoiries de l'Autriche avec l'aigle à deux têtes ; la marche de Radetzky devient la marche officielle du régiment[1],[4]. Malgré la guerre, François-Joseph resta colonel en chef du régiment jusqu'à sa mort en 1916[1],[4]. À l'occasion de son jubilé de diamant, le , l'empereur institue l'Inhaber-Jubiläums-Medaille für Ausländer (médaille du jubilé du commandant pour les étrangers) pour célébrer ses 60 ans sur le trône[24]. Certaines des 40 médailles d'or, 635 d'argent et 2 000 de bronze ont été décernées à des officiers et soldats du régiment[24]. Le casque de cérémonie, avec l'insigne des 1st King's Dragoon Guards, offert à l'empereur François-Joseph Ier lors de sa nomination comme colonel en chef, est aujourd'hui exposé au musée d'histoire militaire de Vienne[24]. Les armes d'Autriche sont devenues le symbole du 1st The Queen's Dragoon Guards[25].
Conquête de l'Afrique

En 1879, le régiment est envoyé en Afrique australe pour se battre contre le royaume zoulou qui a défait les Britanniques à la bataille d'Isandhlwana[4]. Après la bataille d'Ulundi, le Major Marter, lors d'une patrouille, surprend Cetshwayo kaMpande, roi des Zoulous, et le fait prisonnier[4]. Lors de la première guerre des Boers, le régiment se bat à la bataille de Laing's Nek : le soldat John Doogan se distingue en sauvant la vie du major général William Vesey Brownlow futur colonel du régiment, et reçoit la croix de Victoria, plus haute décoration militaire britannique ; seules, 1 356 personnes l'ont reçu depuis sa création en 1856, à nos jours[4]. Lors de la seconde guerre des Boers, le régiment mène des opérations de contre-guérilla et reçoit la mission de capturer le général boer Christiaan de Wet[26]. Ils embarquent sur le Maplemore, le , et arrivent à la fin du mois dans la colonie du Cap[26]. Dans sa dépêche du , Lord Kitchener fait référence à l' « arrivée opportune » des dragons, et dit que le 1st King's Dragoon Guards, le Prince of Wales's Light Horse, avec la batterie G RHA, amenés de Pretoria, puis rejoints par le 3rd Dragoon Guards, furent formés en une brigade, placée sous le commandement du colonel Bethune[26]. Lord Kitchener raconte : « La poursuite rapprochée des différentes colonnes a eu pour effet de repousser De Wet vers le nord, jusqu'à l'Orange, à l'ouest de Hopetown, où, pressé par le général Plumer, un canon de 15 livres et un pom-pom furent capturés par nos troupes montées sous le commandement du lieutenant-colonel Owen, 1st King's Dragoon Guards. »[26].
De Wet va finalement réussir à traverser la rivière, mais plus de 200 prisonniers, tous ses canons, ses munitions et ses chariots seront perdus[26]. Kitchener de conclure : « Il a sans aucun doute quitté la colonie du Cap avec une grande perte de prestige. »[26].
Ils seront emmenés au nord-est de la colonie de la rivière Orange et, avec d'autres colonnes, opéreront sous le commandement du général Elliot[26].
À la fin du mois de , le général Elliot organisa un balayage à l'ouest du chemin de fer de Kroonstad, le 1st Dragoon Guards et deux canons étant placés dans une colonne séparée sous le commandement du colonel Owen : « Le , près de Graspan, le capitaine Quicke, King's Dragoon Guards, de la colonne du colonel Owen, avec deux escadrons de son régiment, effectua la capture d'un entrepôt de 65 wagons et de 4 000 têtes de bétail. »[26].
Après la guerre, le régiment retourna en Inde[27],[26].
Première Guerre mondiale

Quand la Première Guerre mondiale éclate, le 1st King's Dragoon Guards est stationné à Lucknow dans l'Uttar Pradesh[28]. Le , ils quittent Bombay pour la France, au sein de la 1re division de cavalerie indienne[29]. Ils débarquent à Marseille en novembre, et renforcent le corps expéditionnaire britannique sur le front de l'Ouest[29]. Ils sont incorporés dans la 8th (Lucknow) Cavalry Brigade, aux côtés du 9th Royal Deccan Horse, du 36th Jacob's Horse et des U Battery des Royal Horse Artillery[28]. Ils conservent leurs chevaux, mais ne les emmeneront pas sur le front, les chevaux leur permettant de se déplacer rapidement[28]. Ils sont engagés lors des batailles d'Ypres et de Festubert ; les pertes générales pour les Britanniques sont lourdes, pour des gains relativement minimes[30].
Ils sont ensuite engagés dans la bataille de Morval, qui fait suite à la bataille de Flers-Courcelette, et reste une des grandes défaites de l'armée allemande lors de la Première Guerre mondiale : ils perdent 135 000 hommes contre 5 000 pour les Franco-britanniques[31]. En 1917, le régiment est rappelé en Inde : les relations entre le Royaume-Uni et l'Afghanistan se sont dégradées, l'empire britannique ne peut accepter de perdre son empire, et laisser l'Inde sans protection[32]. Ils reprennent leurs quartiers à Lucknow, puis Meerut, jusqu'au mois ; ils changent de caserne avec le 21st Lancers (Empress of India's) et s'installent à Risalpur au Pakistan[32].
Afghanistan
Le , les troupes afghanes franchissent la frontière avec le Raj britannique[33]. George Roos Keppel informe Frederic Thesiger, vice-roi et gouverneur général des Indes, de la nécessité de répondre à l'offensive menée par Amanullah Khan, l'émir d'Afghanistan[33]. Le , le Raj britannique déclare la guerre à l'émirat d'Afghanistan[33]. Le 1st King's Dragoon Guards est intégré le même jour au 1st (Risalpur) Cavalry Brigade[33]. À partir du , les Britanniques contre-attaquent et s'installent dans la province de Nangarhar où est monté le camp de Dakka[27],[34]. Le régiment revendique avoir fait la dernière charge à cheval de l'histoire de la cavalerie britannique, lors de la bataille de Dakka. Cela est aussi revendiqué par d'autres unités britanniques[27],[35]. La paix est signée le et est une victoire pour l'Afghanistan, qui se libère de la tutelle du Royaume-Uni et est reconnu comme un État indépendant. Le Raj britannique renonça à l'annexer[36].
Entre-deux-guerres

Au début des années 1930, l'armée britannique entre dans une phase de modernisation : la mécanisation[27]. Le gouvernement britannique abandonne les chevaux et les remplace par des chars ou des véhicules blindés ; quelques régiments conservent leurs chevaux, mais pour une activité de maintien de l'ordre, ou de garde princière (c'est le cas des Horse Guards)[27]. Beaucoup d'officiers voulaient conserver les chevaux, le lobby pro cheval était puissant[27]. Le 1st King's Dragoon Guards renonça à ses chevaux en 1937 : ils ont fait leur dernière parade à cheval dans la ville de Secunderabad, et sont retournés au Royaume-Uni où l'unité fut entièrement mécanisée durant l'année 1938[27]. L'image du cheval reste prégnante, notamment dans les affiches appelant les jeunes Britanniques à s'engager dans le régiment[27].
Seconde Guerre mondiale
Guerre du désert
En 1939, le régiment est envoyé en Égypte ; ils sont équipés de Marmon-Herrington armoured car (en), des véhicules légers[37]. Le régiment est engagé lors de la bataille de Beda Fomm, dernière bataille de l'opération Compass[37]. Du fait de la défaite italienne, l'Allemagne envoie le Deutsches Afrikakorps en Afrique du Nord pour soutenir son allié en Méditerranée orientale[38]. Lors du siège de Tobrouk, le 1st King's Dragoon Guards est la première unité à faire face à l'Afrikakorps d'Erwin Rommel[37]. Ils participent à la bataille de Gazala, de bataille de Bir Hakeim, à la première bataille d'El Alamein[37], et à la bataille d'Alam el Halfa. Le , ils entrent dans Tripoli, puis partent vers la Tunisie[37],[39],[40]. Ils participent à la campagne de Tunisie, se battent lors de la bataille de Wadi Akarit et entrent dans Tunis[37]. Ils sont ensuite incorporés au 10e corps, sous le commandement de Richard McCreery, comme unité de reconnaissance[37].
Campagne d'Italie

Ils ne participent pas à l'opération Husky, étant restés en Tunisie. La Sicile est aux mains des Alliés[37],[38]. En , le régiment part de Tunis et débarque à Salerne, en Campanie[37]. Leur objectif est Naples qui se soulève contre les Allemands lors des Quatre journées de Naples[41]. Ils sont la première unité alliée à entrer dans Naples[37]. Ils traversent le Volturno et sont engagés dans la bataille de Monte Cassino, puis à la bataille du Garigliano ; leur but est de casser la ligne Gustave qui entrave la progression des Alliés sur Rome[37],[38]. La ligne Gustave franchie, Rome libérée, les Alliés se portent vers le nord de l'Italie, devenue république sociale italienne, défendue par la Ligne gothique[38]. Ils participent à la prise de Pérouse le , puis à la prise d'Arezzo le , et enfin, entrent dans Florence le [37],[38],[42],[43]. Fin décembre, ils sont envoyés en Grèce pour combattre les communistes[37].
Fin de la Seconde Guerre mondiale
Début 1945, le 1st King's Dragoon Guards est renvoyé au Moyen-Orient renforcer la 9e armée du général Bernard Paget et, en particulier, la 31e division blindée[37]. En , après la capitulation de l'Allemagne, des troubles éclatent dans le mandat français en Syrie et au Liban[44],[45],[46],[47]. Le président de la République syrienne sous mandat français Choukri al-Kouatli demande le soutien du Royaume-Uni pour que la Syrie devienne indépendante de la France[44],[45],[46],[47]. Le , avec l'accord de Winston Churchill, la 31e division blindée entre dans les mandats français de Syrie et du Liban[37],[44],[45],[46],[47]. Cela est mal perçu par la France mais entraîne l'indépendance de ces deux pays ; elle avait été promise lors de la Seconde Guerre mondiale par le général de Gaulle[48]. En , ils sont postés au nord du mandat britannique pour la Palestine et y restent jusqu'en 1948, à la fin du mandat, le [37].
Insurrection communiste malaise
En 1956, le 1st King's Dragoon Guards est envoyé en Malaisie britannique, devenue en 1957 la fédération de Malaisie, ancêtre de l'actuelle Malaisie[49]. Depuis 1948, cette colonie britannique est secouée par des mouvements communistes qui pratiquent la guérilla à l'instar du Việt Minh[49]. Le régiment est équipé d'automitrailleuses Daimler et de Daimler Ferret[37]. La tactique du général Gerald Walter Robert Templer de villages fortifiés surveillés porte ses fruits[37],[49]. Le principe était de contrôler les armes en circulation et d'empêcher les communistes de s'approvisionner dans les villages, notamment en armes de la Seconde Guerre mondiale japonaises et britanniques, qui dataient de l'invasion japonaise de la Malaisie et de son occupation[37],[49]. Le 1st King's Dragoon Guards est en Malaisie en soutien du 11th Hussars[37]. L'escadron « B » du 1st King's Dragoon Guards est stationné à Seremban dans le Negri Sembilan, avec l'escadron « C » au nord à Kuala Lumpur, l'escadron « A » se trouve au sud, à Johor Bahru[37]. Le régiment est en soutien de la division de Gurkhas ; chaque escadron opére comme une unité indépendante, sous sa propre brigade[37]. En outre, le régiment fournit un escadron d'entraînement sur l'île de Singapour, qui doit rester disponible pour des tâches de sécurité intérieure ; il a été impliqué dans la répression des émeutes de la ville de Singapour[37].
Fusion avec le Queen's Bays

En , le régiment retourne au Royaume-Uni. Le régiment est entièrement rapatrié : une partie du régiment était stationnée à Hambourg, dans la Zone d'occupation britannique en Allemagne depuis 1951[37],[50]. En 1959, le régiment fusionne avec le 2nd Dragoon Guards (Queen's Bays) pour former le 1st The Queen's Dragoon Guards, nommé en hommage à la jeune reine Élisabeth II[25]. Le nouveau régiment conserve les armes de l'Autriche en tant que symbole mais adopte une représentation de l'aigle bicéphale inspiré des aigles bicéphales byzantins et russes et non plus germanique[25].
Uniforme

Premier Empire
Depuis 1812, le 1st King's Dragoon Guards possède un casque inspiré du modèle français, dit casque « à la romaine » comme chez les dragons de ligne français[16],[18],[51],[52]. Sur la plaque frontale, il y a l'inscription First King's dragoon guards, la visière est en cuir cerclée de laiton. En 1815, ils reçoivent une crinière noire, au lieu d'une chenille, comme l'ont les 1st et 2nd Life Guards, crinière semblable à celle des Français, et encore portée par la Garde républicaine à cheval[16],[18],[51],[52].
L'uniforme est rouge avec des retroussis et parements bleu foncé, taillés dans le style suédois typique des régiments de Dragoon Guards[16],[18],[51],[52]. Sur le devant de l'habit, un double galon jaune laisse entrevoir un trait bleu sur le devant de l'habit et le collet[16],[18],[51],[52]. Les pattes d'épaules sont bleues, bordées de jaune[16],[18],[51],[52]. Ils portent une large ceinture bleue, rayée de 4 galons jaunes[16],[18],[51],[52]. Le pantalon d'équitation est gris avec un galon rouge et couleur daim dans l'entrejambe[16],[18],[51],[52]. Le manteau est rouge doublé de blanc avec un col bleu[16],[18],[51],[52]. Le porte-manteau derrière le pommeau de la selle porte les inscriptions KDG placées en triangle[16],[18],[51],[52]. Le caporal porte deux chevrons jaunes sur fond bleu foncé sur le bras droit, le sergeant trois chevrons, et le Troop sergeant-major quatre chevrons[16],[18],[51],[52]. Les officiers ont sur leur uniforme un galonage au fil d'or en zigzag sur les parties jaune[16],[18],[51],[52]. Sur leur porte-manteau, l'inscription KDG est en or[16],[18],[51],[52]. Le trompette a un uniforme identique, la crinière est rouge, la trompette a un cordon jaune mélangé de rouge et de bleu[16],[18],[51],[52]. Contrairement aux autres cavaliers, le trompette monte un cheval de robe grise, alors que pour les autres c'est un cheval bai, bai-brun ou alezan[16],[18],[51],[52].
Colonel en chef
- 1896-1914 : field marshal François-Joseph Ier, empereur d'Autriche[53]
Colonels du régiment
The Queen's Regiment of Horse
Dans l'ordre[53] :
- 1685-1692 : Lt-Gen. John Lanier
- 1692-1717 : Gen. Hon. Henry Lumley
The King's Own Regiment of Horse
Dans l'ordre[53] :
- 1717-1721 : Col. Rich Ingram, 5e vicomte d'Irvine
- 1721-1733 : F.M. Richard Temple, 1er vicomte Cobham
- 1733-1742 : Lt-Gen. Henry Herbert, 9e comte de Pembroke
- 1743-1752 : Gen. Philip Honywood
1st (The King's) Dragoon Guards

Dans l'ordre[53] :
- 1752-1763 : Lt-Gen. Humphrey Bland
- 1763-1779 : Gen. John Mostyn
- 1779-1796 : F.M. Sir George Howard
- 1796-1810 : Gen. Sir William Augustus Pitt
- 1810-1813 : Gen. Francis Augustus Eliott
- 1813-1820 : Gen. Sir David Dundas
- 1820-1821 : Gen. Francis Edward Gwyn
- 1821-1827 : Gen. William Cartwright
- 1827-1840 : Gen. Sir Henry Fane
- 1840-1851 : Gen. Hon. Sir William Lumley
- 1851-1859 : Gen. Charles Cathcart
- 1859-1868 : Gen. Sir Thomas William Browne Brotherton
- 1868-1872 : Gen. Sir James Jackson
- 1872-1886 : Gen. Henry Aitchison Hankey
- 1886-1908 : Lt-Gen. Sir James Sayer (British Army officer)
- 1908-1926 : Maj-Gen. William Vesey Brownlow
- 1926-1940 : Lt-Gen. Sir Charles James Briggs
- 1940-1945 : Brig-Gen. Alexander Hore-Ruthven
- 1945-1953 : Brig. Sidney Howes
- 1953-1959 : Brig. John Gerard Edward Tiarks