An Oaled

revue bilingue français-breton trimestrielle parue de 1929 à 1939 From Wikipedia, the free encyclopedia

An Oaled, sous-titré Le Foyer breton (oaled signifie âtre en breton) est une revue bilingue français-breton trimestrielle parue de 1928 à 1939.

PaysFrance
Zone de diffusionBretagne
PériodicitéPériodique
Faits en bref Pays, Zone de diffusion ...
An Oaled
Image illustrative de l’article An Oaled

Pays France
Zone de diffusion Bretagne
Langue français-breton
Périodicité Périodique
Prix au numéro 10 francs
Date de fondation 1929
Date du dernier numéro 1939
Éditeur Société Armorica[LFB 1]
Ville d’édition Carhaix

Directeur de publication Célestin Menguy
Charles Cotonnec
Rédacteur en chef François Jaffrennou
ISSN 2022-2580
Site web Archives
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Elle était dirigée par François Jaffrennou qui a tenu un rôle important dans le mouvement breton dans la première partie du XXe siècle. Elle peut être caractérisée comme régionaliste et comme anti-nationaliste bretonne.

Histoire

Création et administration

Le premier numéro sort en 1928[1]. Elle prend la suite de la revue Le Consortium breton[2].

François Jaffrennou en assume la direction de à [3].

Disparition

La revue cesse de publier en 1939[1].

Ligne éditoriale

La ligne éditoriale peut être caractérisée comme régionaliste et comme anti-nationaliste bretonne[4].

La revue est bilingue français breton[5].

Mais, puisque les commanditaires et les administrateurs sont, soit impliqués dans la Fédération régionaliste de Bretagne (FRB), soit dans l'Union régionaliste bretonne et beaucoup dans la Gorsedd de Bretagne, François Jaffrennou indique que les activités de ces trois associations seront rapportées dans la revue. En fait, la FRB et la Gorsedd auront An Oaled comme unique organe de presse. Les réunions non-publiques de la Gorsedd (appelées Gorsedd kuz), sont rapportées en détail en breton, juste avant le récit des cérémonies publiques annuelles. La liste des nouveaux bardes investis y est donnée à la suite.

L'un des aspects qui ont pu contribuer au succès relatif est l'aspect chronique de la Bretagne et du mouvement breton que lui imprime Jaffrennou.

Comme il l'avait fait dans Le Consortium breton, celui qui est alors considéré comme la personnalité la plus éminente du régionalisme breton, publie à deux ou trois reprises des morceaux choisis des lettres qu'il avait reçues dans ses jeunes années au moment du lancement de l'Union régionaliste bretonne et de la Gorsedd de Bretagne en 1898-1902.

Dans le même esprit de rappel de la genèse du mouvement breton au XIXe siècle, il publie des extraits de lettres de Gabriel Milin et de Guillaume Le Jean qui font suite à la publication d'une partie des lettres d'Olivier Souêtre à Jean-Pierre Le Scour dans Le Consortium breton.

Dans chaque numéro, au moins une dizaine de pages sont consacrés à des échos de la vie en Bretagne (rubrique : « La Vie bretonne »), politique, économique ou culturelle et à des annonces de naissances, mariages ou décès, dans les familles de personnalités bretonnes, mais certaines qui mentionnent des notables ce la région de Carhaix relèvent de relations personnelles de Jaffrennou.

Des nécrologies, parfois liées à l'érection par souscription d'un monument, honorent le souvenir de Sir Robert Mond, Théodore Botrel et d'autres.

Une rubrique de « bibliographie », parfois signée du « directeur », sur un mode systématiquement élogieux, rend compte des publications écrites par des amis ou concernant la Bretagne.

Régionalisme contre indépendantisme : la bataille contre Breiz Atao

François Jaffrennou et ses amis ont comme devise "Bretons en France et Français à l'étranger" et ils ne veulent en aucun cas séparer la Bretagne de la France. Soutenant l'idée du panceltisme, ils ne nourrissent aucun projet d'union politique avec les frères de l'autre côté de la Manche. Leur but est de donner plus de libertés à la Bretagne, à l'intérieur de la France.

Ils donnent des nouvelles du Parti autonomiste breton sans les commenter, mais l'apparition en 1932 du Parti nationaliste breton mené par Olivier Mordrel et François Debeauvais leur fait quitter leur apparente neutralité.

Les attentats de Rennes[6] et d'Ingrandes[7] sont décrits d'après les récits de la presse et sans indulgence pour leurs auteurs présumés. Le fait que Mordrel, fils de général, soit un capitaine de réserve, est visiblement cité comme un trait négatif, dévoilant un esprit de traîtrise.

Les accrochages avec les Camelots du roi ou les communistes (après le revirement de ceux-ci qui les soutenaient en 1932[8]) sont rapportés de manière satirique.

En 1933, lors du « congrès bardique » à Plestin-les-Grèves, François Jaffrennou donne les «  trois attitudes » que doivent avoir les bardes : « Patriotisme, Pacifisme, Loyalisme » [9]. Si la première concerne la Bretagne dans la France, la troisième concerne la France, car dans An Oaled, on commémore les sacrifices des soldats de 1914 et on rend hommage à leur patriotisme dans la défense du pays, et l'on célèbre Jeanne d'Arc en français et en breton.

À la veille de la guerre de 1939, l'interdiction du Parti national breton et de son journal Breiz Atao est clairement approuvée, pour le motif que Debeauvais et Mordrel ont pris des contacts avec l'Allemagne nazie.

Les adversaires ripostent durement dans Breiz Atao, moquant les bardes et les autres régionalistes comme des gens d'un autre âge et leur reprochant leur loyalisme à la France. Jakez Riou, talentueux auteur en breton, en fait le prétexte à une pièce de théâtre burlesque, Gorsedd digor (La Gorsedd mise au jour).

Cette lutte politique contre le nationalisme breton a compté beaucoup dans le fait que François Jaffrennou ait été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1938.

Notes et références

Liens externes

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