Les carrossiers hippomobiles et à leur suite les premiers constructeurs automobiles signaient leur travail sur le cabochon ou l'écrou de moyeu, laissant au propriétaire de la voiture le soin de faire peindre ses armoiries ou son chiffre sur les portes ou les flancs de la caisse. La réclame triomphante de la Belle époque et l'industrialisation rapide de la production automobile ont fait migrer la marque de fabrique du moyeu à la calandre, position privilégiée depuis qu'elle n'était plus occultée par la croupe d'un cheval. Panhard & Levassor a donc commencé d'apposer son monogramme "PL" sur ses calandres pour se distinguer d'une concurrence de plus en plus active, qui s'est empressée de faire de même.
L'identification de certaines firmes se doubla bientôt d'un bouchon de radiateur en cimier ou mascotte. Cet emblème a pu parfois s'imposer au détriment de l'écusson ou de la forme d'une calandre maison, comme la fameuse cocotte Voisin, la cigogne de Guynemer des Hispanos, le Pégase des Amilcar ou l'étoile à trois branches des Mercedes.
Mais la marque de fabrique - le logo - qui a prévalu chez la plupart des constructeurs est l'écusson que ceux-ci ont fixé au sommet de leur calandre, ou à défaut sur leur capot crocodile. Les établissements Georges Richard sont l'une des toutes premières firmes à avoir émaillé de couleurs vives leur écusson au trèfle à quatre feuilles, conservé plus tard par Brasier. Cet exemple fit vite école. Tirés de la tradition allégorique alors en vogue, ces écussons, badges ou logos évoquent la chance (roue ailée, trèfle à quatre feuilles, as de trèfle), la force (lion, éléphant, aigle, athlète, symbole du dieu Mars), l'industrie (roue dentée d'engrenage, chevrons, symbole alchimique du fer), la victoire (couronne de laurier, enseigne romaine, fanion, déesse Niké), la précision (flèche, cible, lance, épée), l'élite (licorne, Minerve, numéro 1, cavalier), le patriotisme (aigle bicéphale, cocarde, chevalier Bayard, Jeanne d'Arc, drapeaux), une figure exotique (sphinx, griffon, tête d'Indien, de Viking) et bien sûr la vitesse (ailes, oiseaux, pétase, Pégase). Les ailes surtout deviendront la tarte à la crème de l'emblématique automobile, en Grande-Bretagne plus qu'ailleurs, après avoir été adoptées avec sa roue de la fortune par le plus gros constructeur mondial de la belle époque : de Dion-Bouton. Copiant le grand rival de ce dernier, Panhard & Levassor, les firmes les moins inspirées s'arrêtent à leurs initiales (Vinot & Deguingand, Rolls-Royce, Rochet-Schneider, Turcat-Méry, Horch, Léon Bollée, Barreiros, Isotta-Fraschini, Hansa-Lloyd) ou à leur seul nom inscrit dans un cadre émaillé ou un cartouche (Pic-Pic, Tatra, Delage, Benjamin, Ceirano, Lanchester, Hurtu, Phänomen). Certaines firmes s'appuient sur leur production industrielle antérieure à leur activité automobile (les canons croisés d'Hotchkiss et d'Ansaldo, la cible de Steyr, l'avion de SAAB, le scarabée ailé de Voisin, les chevrons de Citroën, l'ancre de Ballot, le forgeron de Wikov), un événement de leur histoire industrielle (la locomotive de Berliet, la statue de la liberté de Willème, la grille en losange de Renault) ou les armoiries du lieu où se trouvent leurs usines (Miesse, Rolland-Pilain, Alfa-Romeo, Darl'mat, BMW, Porsche, Borgward, Morris, Peugeot, Hillman, Lorraine-Dietrich). D'autres traduisent leur nom en image, en droite ligne des armes parlantes de l'héraldique (l'aigle d'Adler et d'Aquila Italiana, la couronne d'Imperia, le cheval de Pegaso, l'Aérocarène, La Licorne) ou reprennent dans leur écusson la forme de leur calandre : Pilain, Mors, Ariès, BNC, Vermorel ou Delahaye... On note l'existence de particularismes régionaux, comme les emblèmes sur le thème du tir en Autriche-Hongrie et dans la Thuringe voisine (Skoda, Steyr, Austro-Daimler, Horch), le lettrage à la Fiat autour du Piémont (Fiat, Diatto, Pilain, Fadin), l'association des couleurs mariales blanc/bleu des constructeurs lyonnais (Berliet, Cottin & Desgouttes, Vermorel), une composition toute allemande du monogramme (Maybach, Hansa-Lloyd, Wanderer, Zündapp et plus tard Volkswagen et AWZ), les firmes germaniques ayant aussi une prédilection pour les cercles (Benz, Krupp, Mercedes, Steyr, Auto-Union, BMW), ou encore les emblèmes ailés britanniques - winged badges ou flying letters (Wolseley, Morris, Lagonda, Austin, Bentley, Swallow Sidecar, Commer, Aston-Martin, Morgan, Jensen)... Si les constructeurs européens conservent en majorité les mêmes emblèmes depuis leur création, les faisant évoluer à la marge selon la vogue du temps, les Américains sont souvent plus désinhibés sur ce sujet et peuvent les faire varier du tout au tout selon les consignes de leur service marketing, comme l'ont fait Buick, Chrysler, Dodge, Mercury, Nash, Oldsmobile, Plymouth, Pontiac ou Studebaker...
Les mascottes automobiles ont elles à peu près toutes disparu, sauf sur les capots de véhicules de luxe. Le constructeur Mercedes-Benz y a cependant renoncé en 2017, pour rajeunir son image[3].
En France, elles avaient été interdites en 1956 pour ne pas provoquer plus de dommage corporel en cas d'accident. Les hirondelles Simca et les têtes de lion Peugeot ont ainsi été remplacés par de simples joncs chromés.