Cheval en Pologne
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Cheval en Pologne | |
Groupe de chevaux bais à Biechowo | |
| Espèce | Cheval |
|---|---|
| Statut | natif |
| Objectifs d'élevage | Hippophagie |
| modifier |
|
Le cheval en Pologne (polonais : koń) a été vénéré, en particulier de par des pratiques d'hippomancie à Szczecin, au XIIe siècle. Il connaît une nette chute d'effectifs au XXe siècle. Il est désormais élevé principalement pour les sports équestres et la viande. La Pologne est connue pour être le berceau du Konik, qui est devenu un symbole national.

Des pratiques d'hippomancie ont eu cours sur le territoire polonais. Les deux Vitae d'Othon de Bamberg comptent une longue description de l'oracle du temple de Triglav, à Szczecin. Un superbe cheval y est voué au dieu, sellé d'or et d'argent. Pour recueillir une prédiction, des lances sont plantées au sol et le cheval passe à travers elles. S'il n'en heurte aucune, l'augure est favorable[1]. Une selle précieuse est réservée au dieu[2]. Le moine Herbord, assistant à ce rituel, précise que le cheval est d'une taille extraordinaire, bien nourri, de robe noire, et très sauvage, ajoutant que les lances sont au nombre de neuf[3]. Herbord raconte aussi de quelle manière l'évêque Othon évangélise les habitants de Szczecin au XIIe siècle : ayant conclu que leur cheval oraculaire doit être éloigné, il ordonne aux habitants de le vendre à l'étranger pour tirer des chars, affirmant que ce cheval en serait bien mieux capable plutôt que de délivrer des prédictions[3].
La Première Guerre mondiale et la révolution d'Octobre affaiblissent considérablement l'élevage polonais[4],[5]. Les haras sont presque totalement détruits[6].
La Pologne est connue pour avoir constitué le dernier territoire du cheval sauvage d'Europe, le Tarpan. Les premières recherches sur le cheval polonais natif remontent à 1914, sous l'impulsion de deux hippologues, Jan Grabowski et Stanisław Schuch[7]. En 1936, le professeur Tadeusz Vetulani, de l'Université de Poznań, cherche à reconstituer l'espèce éteinte des chevaux Tarpans à partir de chevaux Konik ayant conservé des caractères jugés primitifs[8]. Les scientifiques polonais participent à l'élaboration d'un mythe national du « cheval des origines »[9]. L'ethnologue Bernadette Lizet l'analyse comme une « fabrication du sauvage et une restauration des systèmes naturels disparus »[9].
Le cheptel de chevaux polonais continue de décroître au début du XXIe siècle[10].
Pratiques et usages
En 2002, la Pologne est le principal fournisseur européen de chevaux de boucherie vivants[11]. Sa filière équine est peu structurée[12]. Une trentaine d'associations équines comptent 21 000 membres, la plus importante, l'Association polonaise des éleveurs de chevaux (PZHK), chargée de tenir les stud-books et de créer les documents d'identification de 90 % des chevaux polonais, rassemble 14 000 membres[12].
