Classe Essex

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Longueur250 m à la flottaison
* coque courte
267,2 m (hors tout)
262,7 m (pont d'envol)
* coque longue
270,66 m (hors tout)
257,50 m (pont d'envol)
Maître-bau28,3 m (coque)
30,8 m (coque SCB 27A)
31,4 m (coque SCB 27C)
45 m (pont d'envol)
Tirant d'eaude 9,14 à 9,40m
Classe Essex
illustration de Classe Essex
L’USS Essex, au large d'Okinawa, le 20 mai 1945
Caractéristiques techniques
Type Porte-avions
Longueur 250 m à la flottaison
* coque courte
267,2 m (hors tout)
262,7 m (pont d'envol)
* coque longue
270,66 m (hors tout)
257,50 m (pont d'envol)
Maître-bau 28,3 m (coque)
30,8 m (coque SCB 27A)
31,4 m (coque SCB 27C)
45 m (pont d'envol)
Tirant d'eau de 9,14 à 9,40m
Déplacement 27 100 tonnes
Port en lourd 33 000 tonnes à l'origine
39 800 tonnes SCB 27A
43 750 tonnes SCB 27C
Propulsion 8 chaudières Babcock & Wilcox
4 groupes de turbines Westinghouse
4 hélices
Puissance 150 000 ch
Vitesse 33 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage À l'origine:
63 à 102 mm (coque)
76 mm PBS (plancher hangar)
38 mm PBI
Armement (4x2)+(4x1) 127mm (5"/38)
jusqu'à (17 ou 18x4) 40 mm Bofors
jusqu'à (52x1) 20 mm Oerlikon
Aéronefs 80 aéronefs
Rayon d'action 15 000 à 20 000 nautiques
Autres caractéristiques
Équipage de 2 800 à 3 600 pour les 44 000 t.
Histoire
Chantier naval Newport News Shipbuilding
New York Navy Yard
Chantier naval Fore River de Quincy
Philadelphia Naval Shipyard
Norfolk Naval Shipyard
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Commanditaire Drapeau des États-Unis États-Unis
Période de
construction
1941-1945
Période de service 1943-1991
Navires construits 26 (24 achevés)
Navires prévus 31
Navires annulés 5
Navires en activité 0
Navires perdus 0
Navires démolis 20
Navires préservés 4

La classe Essex est une classe de porte-avions de l'U.S. Navy construite à partir de 1941. Toutes nations confondues, cette classe est, en 2025 la plus importante classe de porte-avions jamais construite en nombre de bâtiments, 24 au total[1].

Ces « porte-avions rapides », selon la terminologie américaine, avaient été conçus en prévision d'un affrontement avec le Japon, trois étaient en construction lors de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor[1]. Ils seront engagés dans les opérations de la guerre du Pacifique à la mi-1943, le premier, l'USS Essex (CV-9), ayant été armé le . Deux furent très sévèrement touchés pendant le conflit, mais aucun ne fut coulé[1].

Initialement, la classe devait compter trente et un porte-avions mais la fin de la Seconde Guerre mondiale conduisit à différer ou annuler la construction des huit derniers. Les navires de la classe Essex combattront pendant la guerre de Corée et pendant la guerre du Vietnam, certains récupérant même les astronautes des missions spatiales. Ces porte-avions resteront, grâce à d'importantes refontes, des bâtiments performants jusqu'au milieu des années 1960[1]. Par la suite certains seront affectés à la lutte anti-sous marine[1] et trois deviendront des porte-hélicoptères d'assaut pour le Corps des Marines des États-Unis[1].

Le dernier en service, l'USS Lexington, désarmé en 1991, est devenu un des quatre navires musées de cette classe.

La classe Essex marque le début de la domination de la marine américaine sur les océans[1].

Les traités de désarmement naval (Washington en 1922, Londres en 1930, Londres en 1936) n'ont pas ignoré les porte-avions. Dans le traité naval de Washington, le déplacement maximum des porte-avions avait été fixé à 27 000 tonnes, à l'exception de deux porte-avions de 33 000 tonnes pour les États-Unis et autant pour l'empire du Japon, en utilisant des coques de croiseurs de bataille qu'il leur eût fallu autrement démolir. L'artillerie anti-aérienne d'un calibre inférieur à 127 mm n'était pas limitée. Contre buts marins, l'artillerie ne devait pas dépasser dix pièces de 6 pouces (152 mm), pour les navires ne déplaçant pas plus de 27 000 tonnes, ou huit pièces de 8 pouces (203 mm) pour les quatre unités pouvant atteindre 33 000 tonnes. Le déplacement total des porte-avions avait été fixé par pays à 135 000 tonnes pour les États-Unis et pour le Royaume-Uni, 81 000 tonnes pour l'empire du Japon, et 60 000 tonnes pour la France et pour l'Italie[2].

Dessin d'étude préliminaire du CV-9, en date de 23 septembre 1941

Les États-Unis et le Japon, outre deux petites unités, respectivement l'USS Langley[3] et le Hosho[4], ont utilisé les possibilités offertes par le Traité de 1922 pour se doter chacun de deux grands porte-avions[5],[6]. Le Royaume-Uni, qui a inauguré la formule du porte-avions à pont plat (flush deck) avec le HMS Argus[7], a achevé en porte-avions une coque de cuirassé, le HMS Eagle[8], construit un petit porte-avions de 11 000 tonnes environ, le HMS Hermes[9], et transformé en porte-avions de 23 000 tonnes les trois grands croiseurs légers de la classe Courageous[10]. La Marine nationale française, au cours des années 1920, a seulement achevé en porte-avions, une coque de cuirassé de la classe Normandie, le Béarn[11], avant de se fourvoyer dans la construction d'un transport d'hydravions, le Commandant Teste[12]. Enfin, en Italie, sous l'influence des idées du général Douhet auprès du Duce Benito Mussolini, aucun projet de porte-avions, jugés trop vulnérables aux attaques aériennes, ne fut envisagé, compte tenu de la présence du « porte-avions Italie », au cœur de la Méditerranée[13].

Aux alentours de 1930, le débat a porté sur la taille optimale des porte-avions, les premiers grands porte-avions apparaissant trop coûteux, de sorte que les Japonais ne vont mettre sur cale, en 1927, qu'un porte-avions léger de 7 100 tonnes[14], le Ryūjō[15], à une époque où les porte-avions de moins de 10 000 tonnes ne sont pas pris en compte dans le déplacement global de porte-avions autorisé par pays[16]. Après que le traité naval de Londres de 1930 a interdit la construction de porte-avions d'un déplacement inférieur à 10 000 tonnes[17], les États-Unis décident la construction d'une classe de cinq bâtiments limités en déplacement à un peu plus de la moitié du déplacement maximal autorisé pour les porte-avions par le Traité naval de Washington[18]. La première unité sera l'USS Ranger, premier porte-avion conçu comme tel pour l'U.S. Navy. Pouvant opérer 80 appareils, ce bâtiment, pour un déplacement de 14 500 tonnes, n'avait cependant ni la protection, ni la vitesse ni un armement satisfaisants[19].

L’USS Essex, le , en essais depuis un mois.

Très vite, l'U.S. Navy arrête les caractéristiques d'une nouvelle classe de porte-avions, la classe Yorktown, opérant le même nombre d'avions que l'USS Ranger, mais avec une propulsion assurant une vitesse de 33 nœuds, une artillerie et un blindage renforcés, et un déplacement standard approchant 20 000 tonnes[20]. Les deux premiers bâtiments sont lancés en 1936[21], avec des caractéristiques très proches de celles du porte-avions japonais Sôryû[22], mis en chantier en [23] construit dans le respect du traité naval de Londres de 1930.

Le second traité naval de Londres de 1936 abaisse le déplacement maximal des porte-avions à 23 000 tonnes[17], mais paradoxalement cette limite ne s'applique qu'aux États-Unis, au Royaume-Uni et à la France, le Japon ayant annoncé son intention de ne plus se conformer aux stipulations d'un traité de limitation des armements navals, après le . Lorsqu'est prise, en 1938, la décision de construire une troisième unité de la classe Yorktown, l'USS Hornet (CV-8), une réflexion est en cours sur les caractéristiques souhaitables pour un CV-9, avec des esquisses d'un CV-9A de 20 400 tonnes, à un CV-9E ou CV-9F de 25 000 tonnes, voire 26 000 tonnes[24]. Le projet définitif du CV-9 a retenu un déplacement de 27 100 tonnes, permettant d'opérer avec 80 avions, avec une propulsion de 150 000 ch et une vitesse maximale de 33 nœuds. Trois unités ont été commandées après le vote d'une loi autorisant la construction de porte-avions ayant un déplacement de 27 100 tonnes (l'« 11 per cent Fleet Expansion Bill », début ) et huit supplémentaires après le vote du Two-Ocean Navy Act, le [25]. La première unité a été mise sur cale le aux chantiers navals de Newport News et baptisée Essex le .

Caractéristiques

Installations aéronautiques et groupe aérien

Pour pouvoir mettre en œuvre un nombre d'appareils du même ordre de grandeur que celui de la classe Lexington, l'U.S. Navy a eu recours à un hangar de 198 m x 21 m x 5,3 m encore une fois de type dit « ouvert », c'est -à-dire construit en superstructure sur la coque[26], comme sur la classe Yorktown[23], alors qu'à la même époque le Royaume-Uni a opté sur le HMS Ark Royal pour un hangar de type « fermé », c'est-à-dire dont les parois latérales font partie intégrante de la coque. Avec le choix de la Royal Navy, le hangar était ainsi protégé par la ceinture blindée de la coque épaisse de 4,5 pouces (114,3 mm). Un système de sas pour y accéder permettait d'avoir un système de ventilation indépendant, ce qui évitait l'extension d'un incendie des vapeurs d'essence d'aviation au reste du bâtiment. Ce système plus sûr a fait ses preuves pendant la guerre, aucun porte-avions britannique n'a été perdu du fait d'un incendie des vapeurs d'essence d'aviation[27], comme ce fut le cas sur trois porte-avions japonais à Midway, sur l'USS Wasp, ou sur le Taihō en mer des Philippines.

La seconde différence dans la conception des porte-avions entre l'U.S. Navy et la Royal Navy portait sur le blindage horizontal. Les porte-avions britanniques, comme le HMS Ark Royal et ceux des classes suivantes Illustrious, et Implacable avaient sur le pont d'envol et le plancher du hangar des blindages d'une épaisseur de 4,5 pouces (114,3 mm), et 3 pouces (76,2 mm) respectivement. Ce choix s'expliquait par le fait que la principale menace contre les porte-avions britanniques venaient d'avions de formations aériennes basées à terre, plus lourds que ceux de l'aviation embarquée dont les forces adverses en Europe étaient, au demeurant, dépourvues[28],[29]. Le blindage du pont d'envol induisait de placer les ascenseurs aux extrémités du bâtiment, hors du hangar, ce qui en réduisait la superficie et donc le nombre des avions qu'il abritait[29].

Ainsi, une soixantaine d'avions étaient, en pratique, opérationnels sur le HMS Ark Royal, avec un déplacement de 22 000 tonnes[30], contre quatre-vingt avions sur la classe Yorktown, pour un déplacement de moins de 20 000 tonnes[31], ou entre 53 et 71 appareils sur le Sôryû pour un déplacement de moins de 19 000 tonnes[32],[33]. On remarquera cependant, que la Marine impériale japonaise a mis en service, en 1944, un grand porte-avions doté d'un pont d'envol blindé, le Taihō, et que l'U.S. Navy avait une esquisse de porte-avions CV-9G, avec un pont d'envol blindé et un déplacement supérieur de 1 200 tonnes à celui du projet qui a abouti à l'Essex, et certains veulent y voir un schéma précurseur du Midway qui sera doté d'un pont d'envol blindé[34].

La solution retenue en son temps pour la classe Essex, réduisant le poids dans les hauts, s'accommodait ainsi d'une construction de la coque plus légère, et donc limitait le déplacement. Le pont d'envol, constitué de lattes de teck montées sur une structure de poutrelles métalliques, n'a donc porté que moins de 40 mm de blindage[35], uniquement sous l'îlot[26], mais le pont principal (le plancher du hangar) avec 76 mm de blindage, et le pont inférieur avec 38 mm[35], donnaient une protection horizontale équivalente à celle des croiseurs lourds contemporains de la classe Baltimore[36]. La ceinture blindée de la coque atteignait 102 mm[35] mais les flancs du hangar n'étaient pas blindés, comme d'ailleurs les superstructure des croiseurs de l'époque. Mais la principale amélioration de la protection tenait sans doute à une meilleure compartimentation, ce qui a sans doute contribué à sauver l'USS Franklin en 1945[26].

L'USS Essex à la mer en mai 1943, avec sur le pont d'envol, 24 “Dauntlless”, 11 “Hellcats” et 18 “Avengers”.

Mais l'installation de catapultes plus puissantes et d'ascenseurs plus vastes pour mettre en œuvre des appareils plus lourds entraînait des accroissements de déplacement qui ont conduit à ramener le nombre des moteurs et des pièces de rechange emportés pour réparer des appareils endommagés à 25 % de l'effectif des appareils du groupe aérien au lieu des 50 % initialement prévus[37]. Leur capacité en carburant aviation était de 231 000 U.S. gallons d'essence soit 874,43 m3. Trois ascenseurs reliaient le hangar au pont d'envol, deux axiaux et un latéral à bâbord à hauteur de l'îlot, comme cela avait été installé sur l'USS Wasp[38], pour dégager le pont d'envol, avec une puis deux catapultes à l'avant[26].

Le groupe aérien sur les porte-avions de la classe Essex, au moment des premières mises en service était, comme sur la classe Yorktown, constitué à 40 % de chasseurs, 40 % de bombardiers en piqué et à 20 % de bombardiers-torpilleurs. Mais la distinction, pour les bombardiers en piqué, entre une escadrille de reconnaissance (VS) et une escadrille de bombardement (VB) avait été abandonnée. Les modèles d'avions avaient aussi évolué. Pour les chasseurs, comme le Grumman F4F “Wildcat”[39] était surclassé par le Mitsubishi A6M “Zero”[40] en maniabilité et en vitesse ascensionnelle, un nouveau chasseur, le Grumman F6F “Hellcat”[41], doté d'un moteur plus puissant, mais d'une robustesse équivalente à celle du “Wildcat” est réceptionné sur l'USS Essex, alors en essais, dès . Comme bombardier-torpilleur, le Grumman TBF “Avenger”[42] a été en dotation sur la classe Essex dès l'origine. Comme bombardier en piqué le Curtiss SB2C “Helldiver”[43] est venu en dotation à partir de , sur l'USS Bunker Hill, pour la troisième vague d'attaque contre Rabaul.

Artillerie

Les tourelles doubles de 127 mm à double usage, sur l'avant de l'îlot de l'USS Valley Forge (CV-45) en 1949
L'USS Ticonderoga en 1944, avec l'avant caractéristique des “longues coques” de la classe Essex

La guerre a montré que la chasse embarquée était la protection la plus efficace contre les attaques aériennes, d'où l'intérêt des porte-avions d'escorte[44], mais aussi des grandes unités, incorporées à la flotte, avant d'en former le cœur, embarquant des bombardiers, mais également des chasseurs pour assurer leur propre défense. Mais cette protection n'était pas efficace à 100 %, d'où l'intérêt de l'artillerie anti-aérienne, qui joue un rôle analogue à celui du « gardien de but » au football[45], c'est-à-dire d'arrêter les attaquants qui ont franchi toutes les autres défenses.

L'artillerie de 127 mm à double usage[46] était de 12 pièces, soit 50 % de plus que sur la classe Yorktown, avec quatre tourelles doubles superposées[Note 1] deux à deux, au lieu de quatre pièces simples autour de l'îlot, et toujours quatre pièces simples le long du pont d'envol à bâbord. Cependant, il n'y a toujours eu que deux postes de direction de tir à double usage. L'artillerie de défense aérienne rapprochée a comporté des affûts quadruples de 40 mm Bofors et des pièces simples de 20 mm Oerlikon, au nombre de 11 affûts de 40 mm et 44 pièces de 20 mm, en moyenne[47]. Pour sept unités lancées en 1944, les USS Ticonderoga, Randolph, Hancock, Boxer, Antietam, Shangri-La, et Lake Champlain, la proue a été modifiée, entraînant un accroissement de la longueur hors tout de 267,2 m à 270,8 m, pour y installer un deuxième affût quadruple de 40 mm à l'extrême avant, et un léger raccourcissement du pont d'envol, de 262,7 m à 257,3 m, pour améliorer les angles de tir de ces affûts, ce qui a été généralisé sur les unités lancées en 1945. Ce groupe dit des « longues coques », est aussi connu comme la sous-classe Ticonderoga.

Propulsion (puissance, vitesse, rayon d'action)

Pour les porte-avions d'escadre (terminologie approximative, car le terme utilisé dans l'U.S. Navy est “fleet carrier”) une vitesse d'au moins 30 nœuds était unanimement jugée nécessaire[Note 2], car elle permettait de réduire le temps pendant lequel le porte-avions devait manœuvrer à un cap différent de celui de la force dont il faisait partie pour lancer et récupérer ses avions, avant de regagner sa protection[48]. À la veille de la guerre, le Royaume-Uni a choisi de doter le HMS Ark Royal d'une vitesse de 31,5 nœuds, en privilégiant la maniabilité, avec une longueur de 209 m à la ligne de flottaison, pour une largeur de 29 m soit un ratio longueur/largeur de 7,2. Les Japonais ont doté le Sôryû de machines développant 152 000 ch, assurant la vitesse la plus grande, 34,5 nœuds, pour un déplacement de moins de 19 000 tonnes, avec un ratio longueur/largeur de 10,7[22]. Après avoir envisagé une vitesse de maximale de 35 nœuds, l'U.S. Navy a décidé de ne pas surpasser la vitesse maximale de la classe Yorktown[Note 3], 33 nœuds.

Pour la classe Essex, les dimensions de coque, à la ligne de flottaison, étaient de 250 m de longueur et 28,3 m de largeur maximale, soit un ratio longueur/largeur de 8,8[Note 4] pour un déplacement de 27 100 tonnes. Pour atteindre la vitesse de 33 nœuds, la puissance installée était de 150 000 ch, fournie par huit chaudières Babcock & Wilcox, alimentant des turbines Westinghouse, entraînant quatre hélices. Les cinq premières unités construites et la dernière achevée (USS Oriskany) étaient dotées de turbines à engrenages. La disposition des machines en deux groupes distincts, comportant chaudières et turbines, correspond à une disposition assez courante dans les années 1930, pour éviter que le bâtiment ne soit pas totalement privé de puissance par un coup malheureux mettant hors service simultanément toutes les chaudières ou toutes les turbines.

Ces bâtiments étant conçus pour opérer dans le Pacifique, ils avaient un rayon d'action de plus de 15 000 nautiques à 15 nœuds, avec des réserves de mazout variant de 6 160 t à 6 330 t[35].

Bâtiments de la classe Essex

La numérotation de la classe s'étend de CV-9 à CV-21, de CV-31 à CV-40, de CV-45 à CV-47 et de CV-50 à CV-55. Les numéros 22 à 30 ont été attribués aux porte-avions légers (CVL) qui ont constitué la classe Independence, et les numéros 41 à 44 à quatre porte-avions de bataille (CVB) de la classe Midway. La construction des unités CV-50 à CV-55 a été annulée, elles n'ont pas été lancées donc n'ont pas été baptisées, et les unités CV-35 et CV-46 n'ont pas été achevées.

Premier groupe, à « coque courte »

Ce sont les bâtiments mis en service avec un seul affût quadruple de 40 mm Bofors à l'extrême avant, sous le porte-à-faux du pont d'envol.

NavireMise sur caleLancementArmement
pour essais[Note 5]
Reclassement(s)Fin de service actifFin de carrière
USS Essex (CV-9)CVA-9 (1952), CVS-9 (1960)Démoli en juin 1975
USS Yorktown (CV-10)CVA-10 (1952), CVS-10 (1957)Musée à Charleston (SC) depuis 1975
USS Intrepid (CV-11)CVA-11 (1954), CVS-11 (1962)Musée à New-York (NY) depuis 1982
USS Hornet (CV-12)CVA-12 (1951), CVS-12 (1958)Musée à Alameda (CA) depuis 1998
USS Franklin (CV-13)AVT-8 (1948), CVS-13 (1953), AVT-8 (1959)Démoli en août 1966
USS Lexington (CV-16)CVA-16 (1955), CVS-16 (1962), CVT-16 (1969)Musée à Corpus Christi (TX) depuis 1992
USS Bunker Hill (CV-17)CVS-17 (1953), AVT-9 (1959)Démoli en mai 1973
USS Wasp (CV-18)CVS-18 (1956)Démoli en mai 1973
USS Bennington (CV-20)CVS-20 (1959)Démoli en janvier 1994
USS Bon Homme Richard (CV-31)CVA-31 (1952), CVS-31 (1959)Démoli en mars 1992

Deuxième groupe, à « coque longue »

Ce sont les bâtiments, qui constituent la sous-classe Ticonderoga, avec une “coque longue”, c'est-à-dire une longueur hors-tout de 3,60 m de plus, mais un pont d'envol avec moins de porte-à-faux à l'avant pour améliorer les angles de tir de deux affûts quadruples de 40 mm Bofors à l'extrême avant.

NavireMise sur caleLancementArmement
pour essais[Note 5]
Reclassement(s)Fin de service actifFin de carrière
USS Ticonderoga (CV-14)CVA-14 (1952), CVS-14 (1969)Démoli en
USS Randolph (CV-15)CVA-15 (1952)Démoli en
USS Hancock (CV-19)CVA-19 (1952)Démoli en
USS Boxer (CV-21)CVA-21 (1952), CVS-21 (1955), LPH-4 (1959)Démoli en
USS Leyte (CV-32)CVA-32 (1952), CVS-32 (1953)AVT-10 (1959), démoli en
USS Kearsarge (CV-33)CVA-33 (1952), CVS-33 (1958)Démoli en
USS Oriskany (CV-34)*CVA-34 (1950)Sabordé en
USS Reprisal (CV-35)Construction arrêtée le
USS Antietam (CV-36)CVA-36 (1952), CVS-36 (1953)Démoli en
USS Princeton (CV-37)CVA-37 (1952), CVS-37 (1954), LPH-5 (1959)Démoli en cvs-38 (1969)
USS Shangri-La (CV-38)CVA-38 (1952), CVS-38 (1969) Démoli en août 1988
USS Lake Champlain (CV-39)CVA-39 (1952), CVS-39 (1957)Démoli en avril 1972
USS Tarawa (CV-40)CVS-40 (1955)AVT-12 (1961), démoli en octobre 1968
USS Valley Forge (CV-45)CVS-45 (1954), LPH-8 (1961)Démoli en octobre 1971
USS Iwo Jima (CV-46)Construction arrêtée le
USS Philippine Sea (CV-47)CVS-47 (1955)AVT-11 (1959), démoli en mars 1971

Service

Notes et références

Voir aussi

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