Conflit irano-pakistanais de 2024
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| Date | du 16 au 18 janvier 2024 (2 jours) |
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| Lieu | Baloutchistan (Pakistan) et Sistan-et-Baloutchistan (Iran) |
| Casus belli | Attentats de Kerman |
| Issue | Cessez-le-feu |
Revendiqué par le Pakistan : |
Revendiqué par l'Iran : |
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Batailles
Bombardement iranien du Pakistan • Opération Marg Bar Sarmachar
Le conflit irano-pakistanais de 2024 est une brève escalade militaire entre l’Iran et le Pakistan survenue en . Le , l’Iran mène une série de frappes de missiles au Pakistan, affirmant viser des militants du groupe séparatiste baloutche Jaïch al-Adl dans la province pakistanaise du Baloutchistan. Ces frappes interviennent au lendemain d’attaques similaires menées par l’Iran en Irak et en Syrie, que les autorités iraniennes présentent comme une réponse aux attentats de Kerman, perpétrés le par l’État islamique. Le gouvernement pakistanais condamne ces frappes, qu’il qualifie de « violation non provoquée » de son espace aérien.
Deux jours plus tard, le , le Pakistan mène une série de frappes de missiles en Iran en représailles, affirmant viser des militants de l'Armée de libération du Baloutchistan et du Front de libération du Baloutchistan dans la province iranienne de Sistan-et-Baloutchistan. Le gouvernement iranien condamne ces frappes, indiquant que neuf personnes sont tuées, dont quatre enfants. Ces frappes aériennes pakistanaises constituent la première attaque connue d’un pays étranger sur le sol iranien depuis la fin de la guerre Iran-Irak en 1988[6].
Le , les deux pays communiquent par voies diplomatiques et conviennent de désamorcer les tensions et de coopérer le long de la frontière irano-pakistanaise. Le Pakistan rappelle l’ambassadeur iranien à Islamabad et réintègre son ambassadeur à Téhéran[7].
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, se rend au Pakistan le à l’invitation du ministre pakistanais des Affaires étrangères, Jalil Abbas Jilani, dans le but de désamorcer les tensions[8].
Frontière irano-pakistanaise
La frontière irano-pakistanaise, qui traverse la province iranienne de Sistan-et-Baloutchistan et la province pakistanaise du Baloutchistan, présente des défis majeurs en raison de sa forte porosité, la rendant vulnérable à la contrebande et aux activités terroristes, principalement orchestrées par des insurgés baloutches[9]. Malgré des relations généralement positives, les deux pays s’accusent mutuellement d’abriter des terroristes et de ne pas assurer la sécurité sur leurs côtés respectifs de la frontière. Ces préoccupations conduisent à la mise en place de la barrière frontalière Iran–Pakistan, dont la construction commence côté iranien en 2011 et côté pakistanais en 2019[10],[11],[12].
Frappes de missiles iraniens en Irak et en Syrie
Le , l’Iran lance une salve de quinze missiles visant l’Irak et la Syrie. Erbil, capitale de la région du Kurdistan, subit l’essentiel de l’attaque, tous les missiles sauf quatre touchant la ville. Les quatre missiles restants frappent le gouvernorat d'Idlib en Syrie, ciblant spécifiquement des zones contrôlées par l’opposition syrienne[13],[14].
Le gouvernement iranien affirme viser Israël depuis l’Irak en détruisant le quartier général régional du Mossad. Cependant, le gouvernement irakien et le gouvernement autonome kurde réfutent cette affirmation et condamnent l’attaque. Cette frappe de missiles iranienne intervient près de deux semaines après les attentats de Kerman, revendiqués par l’État islamique.
Chronologie
Frappes iraniennes au Pakistan
Après avoir mené des frappes aériennes en Irak et en Syrie, le Corps des Gardiens de la révolution islamique cible Koh-e-Sabz, une localité du district de Panjgur dans la province pakistanaise du Baloutchistan, entraînant la mort de deux ressortissants pakistanais et trois blessés. Le Pakistan condamne rapidement l’attaque, prend des mesures diplomatiques en expulsant l’ambassadeur iranien à Islamabad, en rappelant son propre ambassadeur à Téhéran, et lance un avertissement sévère à l’Iran concernant d’éventuelles représailles[15].
L’Iran justifie ses actions en affirmant avoir visé Jaïch al-Adl, un groupe insurgé baloutche impliqué dans l’insurrection du Sistan et Baloutchestan. Ce groupe avait précédemment revendiqué la responsabilité de l’attentat-suicide de Khash–Zahedan en 2019, ayant visé le Corps des Gardiens de la révolution islamique.
Frappes pakistanaises en Iran
Le , dans une action de représailles, le Pakistan lance une frappe, nommée opération Marg Bar Sarmachar, menée par la force aérienne pakistanaise et l’armée de terre, utilisant des drones tels que le Wing Loong II, des lance-roquettes multiples comme le Fatah, des munitions rôdeuses, des F-16, des JF-17, des J-10C et d’autres armes à distance contre sept objectifs de l'Armée de libération du Baloutchistan et du Front de libération du Baloutchistan dans la ville de Saravan, province iranienne du Sistan-et-Baloutchistan[16],[17]. Les avions et drones pakistanais pénètrent environ 20 km sur le territoire iranien pour atteindre les caches des combattants[18],[19],[20]. Le ministre iranien de l'Intérieur, Ahmad Vahidi, déclare que neuf ressortissants étrangers ont été tués, dont trois femmes, quatre enfants et deux hommes[21]. Ces frappes pakistanaises constituent les premières attaques connues sur le sol iranien depuis la fin de la guerre Iran-Irak[6].