Vers 06 h 20 du matin, au moins soixante-cinq combattants tentent de s'infiltrer dans le kibboutz Nir Am[2]. La coordinatrice de la sécurité du kibboutz, Inbal Rabin-Lieberman, ordonne à l'équipe d'alerte de se préparer au combat. Elle met en place des embuscades autour de la clôture du kibboutz et recrute des hommes armés supplémentaires pour renforcer le groupe. En raison des tirs de roquettes, l'électricité est coupée à Nir Am, et Lieberman ordonne de ne pas allumer le générateur du kibboutz afin d'éviter l'ouverture automatique des portes[2],[3],[4].
La compagnie A du 13e bataillon de la brigade Golani, commandée par le major Yoni Cohen, est déployée pour défendre le kibboutz. Le combat débute à 06 h 30 et dure environ dix-huit heures. Pendant la bataille, trois unités placées sous le commandement de Yoni luttent pour empêcher les militants d'atteindre les portes du village. Les assaillants parviennent jusqu'à la couveuse (un grand élevage de volailles à l'ouest du kibboutz[5]), mais sont stoppés par un point de contrôle et une embuscade[6],[7],[8].
Un char du 77e bataillon, commandé par le lieutenant Guy Hayon, prend part à la bataille. L'équipage écrase plusieurs motos et bloque deux camionnettes avant d'être frappé par un missile antichar. Un véhicule blindé de transport de troupes Namer est détruit par une munition larguée par un drone, blessant légèrement deux soldats[9]. Bien que touché, le blindé et son équipage poursuivent le combat[10].
Deux membres du Hamas qui réussissent à franchir le point de contrôle se mettent à courir à travers un champ labouré en direction du kibboutz. L'équipe d'alerte et les soldats de la brigade Golani leur tirent dessus et les abattent. À 7 h 37, les combattants enlèvent deux civils, Samar Talalka[2], et un travailleur étranger dont le nom est inconnu. Ils sont forcés à monter dans le coffre d'une voiture, puis sont emmenés à Gaza[9]. Samer Talalka sera tué par erreur en décembre 2023 par les forces de défense israéliennes[11].
Entre 8 h et 9 h, les combats s'intensifient. Le commandant de la compagnie déploient ses forces autour de la zone, tandis que des dizaines de combattants, à bord de dix véhicules, se massent à un autre point de rupture. L'armée de l'air, déployé en renfort, vise le convoi, détruisant des véhicules et éliminant plusieurs terroristes[9]. À 10 h 32, des dizaines d'autres membres du Hamas lancent une seconde attaque contre la couveuse, prenant d'assaut le site à moto et en camionnette. Un char israélien est touché, contraignant ses occupants à battre en retraite[9]. Le sergent Yaron Zohar, 19 ans, est mortellement touché par des éclats d'obus provenant d'un tir de mortier de Tsahal[9]. Le caporal Matan Abergil est également tué après s'être jeté sur une grenade pour sauver la vie de six soldats se trouvant avec lui[12]. À 10 h 50, les renforts commencent à arriver, notamment des forces tactiques, des policiers, puis l'unité antiterroriste de la police de Yamam et l'unité d'élite Sayeret Matkal. Au cours des combats, quatre membres de l'unité tactique et deux membres d'autres équipes de renfort sont blessés. Le sergent-major en chef Roman Gendel, 47 ans, perd la vie dans les combats[9]. Par la suite, des soldats de la brigade tactique de la garde-frontière sont déployés au kibboutz. Ils arrivent à 11 h 15 et poursuivent leur progression vers l'ouest, en direction de la couveuse. L'unité tactique repousse les derniers combattants, en éliminant une partie d'entre eux[13].
En début d'après-midi, les cellules du Hamas commencent à battre en retraite vers Gaza, sous le feu des frappes aériennes et des poursuites au sol. À 13 h 15, le commandant du 13e bataillon, qui combattait à proximité dans le moshav Netiv HaAsara, arrive sur place pour coordonner les forces aériennes et terrestres, rétablissant ainsi le contrôle opérationnel de la zone[9].
Dans la soirée, une roquette tirée depuis la bande de Gaza touche Nir Am sans faire de victimes. Au cours de la nuit, le 101e bataillon de la 35e brigade de parachutistes reprend le contrôle de la zone et les habitants sont évacués du kibboutz[9].