Congrès des Républicains de 2021
élection primaire fermée française organisée en 2021 par Les Républicains
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Le congrès des Républicains de décembre 2021, aussi appelé Congrès pour la France, est une élection primaire interne organisée du au par Les Républicains (LR), afin de désigner un candidat représentant ce parti à l'élection présidentielle française de 2022. Il fait suite au congrès de , qui a tranché le mode de désignation du candidat LR entre une primaire ouverte et un congrès fermé.
(2d tour)
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| Congrès pour la France | ||||||||||||||
| et (1er tour) et (2d tour) |
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| Type d’élection | Élection primaire fermée | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Débat(s) | 8-14-21- (1er tour) (2d tour) | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 139 742 | |||||||||||||
| Votants au 1er tour | 113 038 | |||||||||||||
| 80,89 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés au 1er tour | 112 738 | |||||||||||||
| Votes blancs au 1er tour | 300 | |||||||||||||
| Votants au 2d tour | 114 765 | |||||||||||||
| 82,13 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés au 2d tour | 113 738 | |||||||||||||
| Votes blancs au 2d tour | 1 027 | |||||||||||||
| Valérie Pécresse – LR-L! | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 28 179 | |||||||||||||
| 25,00 % | ||||||||||||||
| Voix au 2e tour | 69 326 | |||||||||||||
| 60,95 % | ||||||||||||||
| Éric Ciotti – LR | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 28 844 | |||||||||||||
| 25,59 % | ||||||||||||||
| Voix au 2e tour | 44 412 | |||||||||||||
| 39,05 % | ||||||||||||||
| Michel Barnier – LR | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 26 970 | |||||||||||||
| 23,93 % | ||||||||||||||
| Xavier Bertrand – LR | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 25 213 | |||||||||||||
| 22,36 % | ||||||||||||||
| Philippe Juvin – LR | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 3 532 | |||||||||||||
| 3,13 % | ||||||||||||||
| Candidat à l'élection présidentielle | ||||||||||||||
| Candidat en 2017 | Candidate en 2022 | |||||||||||||
| François Fillon (LR) |
Valérie Pécresse (LR-L!) | |||||||||||||
| republicains.fr/congres-pour-la-france | ||||||||||||||
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À l'issue de ce congrès, Valérie Pécresse est désignée pour représenter LR à l'élection présidentielle française de 2022.
Contexte
Après l'échec de François Fillon à l'élection présidentielle de 2017, Les Républicains sont dans l’opposition au président centriste Emmanuel Macron, qui débauche plusieurs figures LR pour participer au gouvernement et adopte certaines mesures conformes à la vision du parti de droite[1]. Après un important échec aux élections européennes de 2019, Les Républicains réalisent de bons scores aux élections municipales de 2020 ainsi qu'aux élections régionales et départementales de 2021.
Le parti se divise sur la méthode de sélection de son candidat à l'élection présidentielle de 2022. Beaucoup ont le souvenir de la primaire ouverte de 2016, qui réunit 4,4 millions de votants mais divise la droite, et l'échec de son candidat désigné, François Fillon, mis en cause dans des scandales politico-financiers pendant la campagne présidentielle. Pour 2022, aucun candidat naturel ne s'impose comme favori des sondages et le parti souffre de la candidature d'Éric Zemmour, qui rogne l’électorat LR[2].
Le , lors d'un congrès, une consultation réservée aux 79 000 adhérents LR décide du processus de sélection du candidat. Avec un taux de participation de 50,3 % des inscrits, 58 % des votants choisissent une primaire « fermée » (interne et réservée aux adhérents) contre 40,4 % pour une primaire « ouverte » et 1,6 % de votes blancs. Les statuts sont modifiés en conséquence, avec également la mise en place d'une commission pour filtrer les candidatures et une possibilité de révoquer le soutien au candidat désigné afin de ne pas répéter le fiasco provoqué par l'affaire Fillon[3].
Modalités du scrutin
Dates et votants
Le premier tour se déroule en ligne du à 8 heures au à 14 heures. Un second tour est prévu les et , aux mêmes horaires, si aucun candidat n'obtient plus de 50 % des suffrages exprimés, seuls les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix pouvant se présenter à ce second tour[4].
Pour pouvoir voter, il faut être adhérent aux Républicains. Lors de la date limite d'inscription, fixé au , le parti compte près de 148 900 adhérents à jour de cotisation (contre 66 000 au début de l’année)[5],[6]. Cependant, à la fin du mois, après 180 000 relances émanant des autorités du parti, près de 9 000 adhérents n’ont pas fourni leur numéro de téléphone leur permettant de recevoir un mot de passe pour voter, LR indiquant alors que le nombre d’électeurs pouvant participer au congrès est ramené à 139 918[7].
Candidatures
Chaque candidat doit être parrainé par au moins 250 élus LR, répartis sur au moins 30 départements (sans que plus d'un dixième des signataires de la présentation puissent être issus d’un même département)[8].
Organisation et contrôle

Le comité d'organisation de la primaire est chargé de définir les modalités pratiques du processus, et veiller à son bon déroulement[9]. Il est composé de :
- Christian Jacob, président des Républicains ;
- Annie Genevard, vice-présidente déléguée des Républicains ;
- Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains ;
- Daniel Fasquelle, trésorier national des Républicains ;
- Damien Abad, président du groupe LR à l'Assemblée nationale ;
- Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat ;
- Bernard Deflesselles, représentant de Xavier Bertrand ;
- Patrick Stefanini, représentant de Valérie Pécresse ;
- Marie-Claire Carrère-Gée, représentante de Michel Barnier ;
- François Varlet, représentant de Philippe Juvin ;
- Alexandra Borchio-Fontimp, représentante d'Éric Ciotti.
L'instance de contrôle est chargée de valider la composition du corps électoral, la recevabilité des candidatures et la sincérité des résultats. Il est composé de :
- Philippe Bas, sénateur ;
- Olivier Dutheillet de Lamothe, conseiller d'État honoraire ;
- Rémi-Pierre Drai, avocat.
Irrégularités
En , Libération révèle que le scrutin a été « entaché de manœuvres frauduleuses visant à gonfler le corps électoral ». D'après le journal, des centaines de votants étaient des adhérents fictifs, ce qui est d'autant plus significatif que les écarts entre les résultats étaient très étroits[10],[11]. Valérie Pécresse explique que la présence d’un chien parmi les adhérents LR[12],[13],[14] était « un canular [qui] ne remet pas en cause la sincérité du scrutin »[15], et Christian Jacob dénonce une « tentative de déstabilisation »[16].
Candidats
L'instance de contrôle admet le les candidatures de six participants : Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Philippe Juvin, Denis Payre et Valérie Pécresse. Cependant, Denis Payre ne réunit pas les 250 parrainages d’élus requis.
Ayant obtenu les parrainages
N’ayant pas obtenu les parrainages
| Candidat (nom et âge[17]) | Fonction(s) politique(s) exercée(s) lors de la campagne | Ralliements | Détails | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Denis Payre (58 ans) |
Aucune | – | Entrepreneur de profession, fondateur du parti Nous Citoyens en 2013, il annonce sa candidature le , après avoir adhéré aux Républicains[50]. Le , alors qu’il n’a pas obtenu les 250 parrainages d’élus, il dénonce un comportement « antidémocratique » des dirigeants LR, invoquant notamment le fait que sa candidature n’a été validée qu’à la mi-octobre, ne lui laissant « que deux semaines » pour collecter ses signatures ; il forme un recours auprès de la direction du parti[51]. | ||
Campagne
Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, est le premier à se lancer dans la course à la présidentielle, le dans un entretien dans le magazine Le Point où il expose son refus de participer à une primaire[52]. À la suite des élections régionales, où Bertrand est réélu largement, deux autres barons de la droite potentiellement candidats à la primaire sortent renforcés : Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse[53]. De son côté le président des Républicains, Christian Jacob, espère que François Baroin, malgré son refus, se présente et devienne le candidat naturel. Il est également opposé à la primaire qu'il juge responsable de la défaite de la droite lors de la précédente élection[54].
Le , Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Hervé Morin signent une tribune publiée par Le Figaro dans laquelle ils demandent la tenue d'une primaire ouverte de la droite et du centre et refusent de soumettre la question de la candidature aux sondages[55]. La présidente de la région Île-de-France annonce sa candidature le , et est suivie 4 jours plus tard par le maire de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin[56]. Michel Barnier annonce sa candidature le [57] quelques heures après Éric Ciotti tandis que Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau renoncent. Jean Leonetti, chargé de l'organisation commande une grande enquête est confiée à l'Ifop lancée auprès de 15 000 sympathisants où les quatre candidats déclarés ainsi que Xavier Bertrand sont testés[58]. Un dernier candidat, l'entrepreneur Denis Payre annonce vouloir se présenter[59].
Le résultat de l'enquête montre une avance de Xavier Bertrand, qui refuse toujours de participer à un mode de départage, mais il est talonné de près par Valérie Pécresse[60]. Cette enquête devait aussi permettre de mettre en évidence un mode de départage mais si l'idée d'un congrès fermé semble être la favorite, mais la primaire ouverte ou semi-ouverte reste assez bien perçue. À l'issue d'une concertation des adhérents, le choix du congrès fermé est retenu. Bertrand accepte de rentrer dans le rang et décide de participer au congrès[61]. Mis à part Denis Payre, les cinq autres candidats ont ramené leurs 250 parrainages et entament un tour de France des fédérations pendant les mois d'octobre et novembre afin de rencontrer un maximum de votants et en faire adhérer de nouveaux, certains candidats vont jusqu'à faire trois réunions publiques par jour.
Contrairement à la primaire de 2016, les barons du parti ne se prononcent pour aucun candidat[62]. Ceci conjugué au fait que le corps électoral est pour près de la moitié de nouveaux adhérents, l'issue de ce scrutin reste incertaine[63].
Après la qualification d'Éric Ciotti et de Valérie Pécresse pour le second tour, cette dernière reçoit les soutiens de tous ses concurrents éliminés : Michel Barnier, Xavier Bertrand et Philippe Juvin[64], mais aussi ceux de ténors du parti comme Gérard Larcher, Rachida Dati, Agnès Evren, Damien Abad, Jean-François Copé[65], etc. Ciotti ne reçoit lui aucun soutien majeur, mais les félicitations du candidat et adversaire d'extrême droite Éric Zemmour[66].
Débats
Lors d'une réunion organisée le , il est décidé que les candidats ayant réuni leurs 250 parrainages participeront à quatre débats télévisés et radiophoniques[67]. Le premier débat a lieu le sur LCI et RTL et est animé par Ruth Elkrief et David Pujadas. Il est suivi le par un débat sur BFM TV et RMC coanimé par Maxime Switek et Apolline de Malherbe. Un troisième débat a lieu sur CNews et Europe 1, le co-présenté par Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk. Enfin, Léa Salamé et Laurent Guimier, dans leur émission Élysée 2022 sur France 2 et France Inter, tiennent le dernier débat le , veille de l'ouverture du vote.
En complément, le , les cinq candidats ont participé à un oral avec une série de questions/réponses devant le conseil national du parti à Issy-les-Moulineaux[68].
Lors des débats télévisés (sauf le dernier), les thématiques dominantes ont été la sécurité (1 heure et 24 minutes), l'Union européenne et l'international (1 heure et 2 minutes) et l’immigration (50 minutes). Les questions environnementales et sociales ont en revanche été peu valorisées, avec 16 minutes consacrés au climat, 2 minutes à la pauvreté ou encore 3 minutes au logement[69].
Sondages
| Sondeur | Date | Question | Panel | Barnier | Bertrand | Ciotti | Juvin | Payre | Pécresse | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ifop | 28 au 29 octobre 2021 | « Qui souhaitez-vous voir désigné candidat à la présidentielle par les adhérents des Républicains [...] ? » | 1 507 | Ensemble des Français | 21 | 34 | 9 | 10 | — | 26 |
| ? | Sympathisants de droite | 22 | 35 | 9 | 10 | — | 24 | |||
| Ipsos-Sopra Steria | 2 au 3 septembre 2021 | « Quelle personnalité ferait le meilleur candidat de la droite [...] ? » | 925 | Ensemble des Français | 17 | 36 | 8 | 6 | 4 | 29 |
| ? | Sympathisants LR-UDI | 22 | 39 | 5 | 2 | 3 | 29 | |||
Résultats
| Candidat | Parti | Premier tour | Second tour | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Voix | % | |||
| Éric Ciotti | LR | 28 844 | 25,59 | 44 412 | 39,05 | |
| Valérie Pécresse | LR-L! | 28 179 | 25,00 | 69 326 | 60,95 | |
| Michel Barnier | LR | 26 970 | 23,93 | |||
| Xavier Bertrand | LR | 25 213 | 22,36 | |||
| Philippe Juvin | LR | 3 532 | 3,13 | |||
| Suffrages exprimés | 112 738 | 99,73 | 113 738 | 99,11 | ||
| Votes blancs et nuls | 300 | 0,27 | 1 027 | 0,89 | ||
| Total | 113 038 | 100 | 114 765 | 100 | ||
| Abstention | 26 704 | 19,11 | 24 977 | 17,87 | ||
| Inscrits / participation | 139 742 | 80,89 | 139 742 | 82,13 | ||



