Hervé Icovic
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| Naissance |
Nancy (France) |
|---|---|
| Nationalité | française |
| Profession |
Acteur Directeur artistique Metteur en scène |
Hervé Icovic est un directeur artistique, metteur en scène, acteur et chef d'entreprise français, né le à Nancy.
Enfance, formation et débuts de carrière
Hervé Icovic naît à Nancy le dans une famille de petits commerçants, propriétaires de boutiques de vêtements. Ses grands-parents et son père, juifs polonais, s'installent en France dans les années 1920 pour fuir l'antisémitisme[1].
En 1974, il se décide à une carrière d'acteur après avoir vu La Classe morte en polonais, une pièce de théâtre de Tadeusz Kantor. Premier prix au Conservatoire national de région de Nancy, Hervé Icovic se rend à Paris pour faire ses débuts en tant qu'acteur[1]. Pendant une dizaine d'années, il joue quelques pièces de théâtre, comme Ruy Blas au théâtre de Bussang[2], et fait des apparitions au cinéma et à la télévision. Il découvre le monde du doublage au début des années 1980 en tant que comédien dans des feuilletons américains[1],[2].
Directeur artistique
Alors que le marché du doublage explose, avec la démocratisation des cassettes VHS et la multiplication des chaînes de télévision, Hervé Icovic décide en 1990 de passer à la direction artistique[3] et de fonder sa propre société de doublage, Alter Ego[4],[5], dont il dépose les statuts le [6],[2],[7],[8]. Elle devient rapidement une société de référence, réalisant en 2007 le doublage d'une vingtaine de films par an[2]. En 2005, 210 films sont doublés en France[6].
Face à de plus grandes entreprises, comme Dubbing Brothers, Alter Ego se spécialise dans la traduction de films d'auteur, comme ceux des frères Coen ou de Tarantino[2]. Le magazine Première le surnomme dans un article « l'Homme à la plus belle filmographie du monde en VF » et après avoir réalisé les versions française de neuf films ayant obtenu la Palme d'or du Festival de Cannes, Le Nouvel Observateur titre dans un article « Hervé Icovic : "Palme d'or de la VF" »[2]. En , il est invité, comme directeur artistique, à l'école alsacienne, qui a organisé un évènement nommé la « Semaine du cinéma », consacré au doublage et la postsynchronisation[9].
En , Hervé Icovic ferme Alter Ego, en défaillance de paiement, notamment en raison de l'accumulation d'encours clients et d'un manque de trésorerie[1]. Le mois suivant, il crée une nouvelle société de doublage, Deluxe By Hervé Icovic[10],[11]. À la suite de la perte de son studio, et par la fermeture de sa société précédente Alter Ego, il loue désormais un de ceux de Deluxe Média Paris quand il doit diriger une production.
Autres activités
En 2000, il est conseiller artistique de Michael Haneke[12] sur le tournage de Code inconnu avec Juliette Binoche[13] et réalise un court métrage Fleur à la bouche[14] d'après Pirandello avec Muriel Mayette et Odile Cohen.
En parallèle de son activité de directeur artistique, Hervé Icovic est également metteur en scène de théâtre[6]. En 2001, il met en scène Thibault de Montalembert dans la pièce Hamlet extraite des Moralités légendaires de Jules Laforgue, au festival d'Avignon, puis à la maison de la Poésie à Paris[15],[16].
En 2012, il est membre du jury de la Caméra d'or lors du festival de Cannes en tant que représentant de la Fédération des industries du cinéma[17].
Hervé Icovic est intervenant au conservatoire national supérieur d'art dramatique[source secondaire souhaitée].
Vie privée
Hervé Icovic est marié à Bernadette Icovic et tous deux ont trois enfants, Alexandre, Aurélien et Antonin Icovic[source secondaire souhaitée].
Style et thématiques
Hervé Icovic revendique une approche différente du travail dans le doublage[12]. Il affirme ainsi une dimension artisanale et artistique à l'exercice de son métier[2],[7]. En tant que directeur artistique, il supervise personnellement chaque étape, de la traduction des dialogues au casting des comédiens[2],[1]. Il déclare également vouloir bousculer les habitudes des spectateurs, notamment en appelant d'autres voix que celles habituelles des acteurs doublés[7]. Pour Hervé Icovic, la version doublée est une nouvelle version originale de l’œuvre, mais adaptée aux codes culturels du pays concerné. La journaliste Anne Crignon compare son rôle à celui d’un « metteur en scène invisible »[2]. Il valorise le doublage comme un acte de création à part entière, comparable à une traduction littéraire[12].
Bien que les doublages dirigés par Hervé Icovic aient reçu un accueil favorable de la part d'une partie de la critique et du milieu culturel parisien[1], certains internautes ont exprimé des réserves sur le réseau social X, en mettant en cause la qualité de certaines versions françaises auxquelles il a participé en tant que directeur artistique[18],[19]. Hervé Icovic revendique une approche différente, consistant notamment à ne pas faire systématiquement appel aux comédiens de doublage habituels, dans le but de « casser les codes »[7]. Le vidéaste Hugo Amizet a, de son côté, souligné à plusieurs reprises des points techniques perfectibles dans certaines de ces productions, tels que la synchronisation, le montage, le mixage, ainsi qu'une direction d'acteurs qu'il juge discutable[20]. À propos du doublage du film Anora, Palme d'or 2024, également dirigé par Hervé Icovic, certains spectateurs ont évoqué une impression de jeu peu incarné et un mixage sonore faible, faisant penser à une possible utilisation d'intelligence artificielle tant l'interprétation était jugée robotique[source secondaire souhaitée]. Alors qu'il s'agissait d'une véritable performance "humaine"[21][source détournée].
Distinctions
Théâtre
Metteur en scène
- 1994 : Portraits de femme en bleu de Céline Monsarrat, Espace Kiron
- 2001 : Hamlet de Jules Laforgue, Festival d'Avignon et à la Maison de la Poésie (Paris)
- 2019 : Localement agité d'Arnaud Bedouët, Théâtre de Paris, salle Réjane
Filmographie
Cinéma
- 1982 : Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ! de Coline Serreau
- 2015 : L'Antiquaire de François Margolin : Goldman
Télévision
- 1978 : Au théâtre ce soir : Le Locataire du troisième sur la cour de Jerome K. Jerome, mise en scène par André Villiers, réalisation de Pierre Sabbagh, Théâtre Marigny : Christophe Penny
- 1980 : Fantômas : le vendeur de journaux (épisode L'Étreinte du diable)
- 1980 : Arsène Lupin joue et perd (épisode 6)
- 1980 : La Petite valise de Roger Dallier : Nicolas (téléfilm)
- 1981 : L'Atelier de Jacques Robin : le deuxième presseur (téléfilm)
- 1981 : Cinq-Mars de Jean-Claude Brialy : Auguste (série télévisée)
- 1986 : La Méthode rose de Claude de Givray (téléfilm)