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CNews

chaîne de télévision d'information en continu française nommée I-Télé de 1999 à 2017 From Wikipedia, the free encyclopedia

CNews, abréviation de Canal News, est une chaîne de télévision nationale française privée d'extrême droite se présentant comme une chaîne information en continu mais considérée par RSF comme un média d'opinion[3]. Elle est librement accessible principalement sur la TNT sauf en outre-mer, par câble, satellite, ADSL et télévision mobile personnelle sur smartphones et tablettes ainsi qu'en lecture en continu sur Internet.

Création
(9 ans)
Propriétaire
Groupe Canal+ (Bolloré)
Slogan
« La liberté d'expression n'a jamais fait autant parler »
Format d'image
Faits en bref Création, Propriétaire ...
CNews
Logo de CNews.
Caractéristiques
Création
(9 ans)
Propriétaire
Groupe Canal+ (Bolloré)
Slogan
« La liberté d'expression n'a jamais fait autant parler »
Format d'image
Langue
Pays
Statut
Thématique nationale privée
Siège social
50 rue Camille Desmoulins, 92130 Issy-les-Moulineaux
Ancien nom
i>télévision (1999-2002)
i-Télé (2002-2017)
Chaîne sœur
Site web
Diffusion
Analogique
 Non
Numérique
 Oui
Satellite
 Oui
Câble
 Oui
IPTV
 Oui
Web
 Oui
Aire
Chronologie
Fermer

En , à la suite de la reprise en main du groupe Canal+ par Vincent Bolloré et d’une grève d'un mois de la rédaction pour réclamer son indépendance, I-Télé est rapidement paralysée par le départ de plus des trois quarts de ses journalistes. La chaîne est rebaptisée CNews le .

Sa ligne éditoriale est décrite comme très ancrée à droite et conservatrice, avec une orientation marquée de plus en plus à l'extrême droite et identitaire, reprenant des thématiques de campagne comme l'immigration et l'insécurité[4],[5] et banalisant des discours contre l'immigration musulmane[6] et racistes, avec notamment la présence d'Éric Zemmour, son chroniqueur vedette (jusqu'à son départ en ). Diffusant régulièrement de fausses informations, on y observe également un tropisme pro-russe[7],[8], pro-Israël[9],[10] et pro-Trump[11], la promotion du déni du changement climatique[12],[13], de l'union des droites[14] et des valeurs catholiques traditionnelles[15],[16], notamment l'opposition à l'avortement, ainsi qu'une opposition au « wokisme »[17] et à La France insoumise[18]. À ce titre, une étude académique publiée en 2024 étaye de façon formelle les comparaisons faites entre CNews et la chaîne américaine Fox News[19].

En , Benjamin Netanyahu, Premier ministre d'Israël, est invité sur l'antenne de CNews. Il explique, à un moment de l'interview, qu'il apprécie la chaîne en raison du fait « qu'elle mène un combat » pour la civilisation judéo-chrétienne[20].

La stratégie se révèle payante à partir de 2019-2021, CNews augmentant son audience au point de talonner, voire dépasser BFM TV. Elle reste cependant chroniquement déficitaire et ses succès d'audience sont réalisés principalement auprès d’un public d’extrême droite[19],[21],[22].

En , la chaine du groupe Canal+ obtient, pour la première fois depuis 2005, la première place dans le classement des chaînes d’information en France sur une période mensuelle, en termes de part d'audience, détrônant ainsi sa concurrente BFM TV après de longues années[Note 1].

Historique

2016 : reprise en main d'I-Télé par Vincent Bolloré et grève d'octobre 2016

L'arrivée de LCI sur la TNT gratuite le s'inscrit dans un contexte déjà délicat pour I-Télé. Après l'arrivée de Guillaume Zeller, conservateur et catholique traditionaliste à la tête de la chaîne à la rentrée 2015[23], Serge Nedjar[24] devient président d'I-Télé en . Cette nomination suscite l'inquiétude de la rédaction et intervient dans un contexte de forte instabilité : Olivier Ravanello, président de la SDJ, parle même d' « autogestion » devant l'absence de stratégie de la direction de la chaîne[24]. Finalement, le , les journalistes d'I-Télé votent à 89,5 % une motion de défiance envers leur direction[25]. Plus tard, le vers midi, la chaîne entre en grève, les salariés protestent contre les suppressions de postes prévues à la rentrée 2016. Le groupe prévoit 70 suppressions d'emploi sur les 220 que compte la chaîne, et annonce ne pas vouloir renouveler 52 CDDU (contrat à durée déterminée d'usage)[26].

Le , Cécilia Ragueneau, directrice générale de la chaîne depuis , et Céline Pigalle, directrice de la rédaction et directrice de l'information du groupe Canal+ depuis , sont licenciées[27] et remplacées par Philippe Labro et Guillaume Zeller[28].

En , le groupe Canal+ confirme l’arrivée sur I-Télé de Jean-Marc Morandini touché par deux enquêtes préliminaires, l'une pour « corruption de mineurs aggravée » et l'autre pour « harcèlement sexuel et travail clandestin ». La Société des journalistes d’i-Télé demande l'annulation de cette décision en votant, à 92%, une motion de défiance à l'encontre de la direction pour protester contre ce recrutement[29]. La chaîne, restant sur sa décision, invite les journalistes qui le souhaitent à démissionner en invoquant une « clause de conscience »[30]. Une centaine de journalistes quitte la chaîne, I-Télé sombre dans une crise historique.

Entre octobre et novembre, I-Télé va connaitre la plus longue grève de l'audiovisuel français depuis 1968[31] et la plus longue grève d'un média audiovisuel privé en France[32] avec 31 jours de grève[33]. Ce conflit est motivé par l'absence de ligne éditoriale de la chaîne depuis plusieurs mois, par la réduction drastique des moyens, par l'indépendance de la rédaction ainsi que par la mise à l'antenne, malgré la grève, de l'émission de Jean-Marc Morandini, Morandini Live, entre 18 h et 19 h. Le CSA est saisi de ce cas, et une vague de soutien[34] touche la chaîne d'information, que ce soient des journalistes ou encore des politiques.

Le , deux des copropriétaires du groupe Le Monde, Matthieu Pigasse, actionnaire majoritaire des Inrockuptibles et de Radio Nova (dont le vice-président Bernard Zekri, ancien directeur de la rédaction d'I-Télé, assure la direction générale des deux médias) et Xavier Niel, PDG de l'opérateur télécom Free, se portent candidats pour acheter I-Télé en proie à des chutes d'audience[35] depuis le début de la grève.

Une fois la grève terminée, 100 journalistes sur 120, soit trois quarts de la rédaction, démissionnent de la chaîne empêchant celle-ci d'avoir l'effectif suffisant pour assurer le direct pendant les fêtes de fin d'année[36]. Le départ de Jean-Marc Morandini n'est pas obtenu mais les journalistes peuvent désormais refuser de travailler avec lui[37]. La composition du comité d’éthique annoncée fin décembre, dont deux des trois membres appartiennent au comité d’éthique de Canal+, n’est pas jugée convaincante par le CSA[36]. Une cinquantaine d'anciens journalistes de la chaîne crée en , le média en ligne Explicite[38], lequel change de formule en , pour s'orienter vers un média payant sur abonnement, sans publicité[39]. Cette publication s'arrête en 2019, faute de finances et de succès commercial[40].

Une grille des programmes provisoire se met en place. Entretemps, de nombreux reportages, documents, chroniques, émissions de Canal+ alimentent et comblent les intervalles entre les émissions[réf. souhaitée].

2017 : I-Télé devient CNews

La volonté de Vincent Bolloré consiste à créer une synergie au sein du groupe Canal+ en adoptant les codes de la maison mère. Ainsi, après avoir renommé D8 en C8, D17 en CStar, I-Télé doit devenir CNews. Son lancement prévu initialement en a été de nombreuses fois repoussé, notamment en raison de la grève qui a paralysé la chaîne.

CNews se recentre sur le sport, la culture et le cinéma, marques fortes de sa chaîne mère Canal+.

Le démarrage de CNews a lieu le à 6h avec une refonte de l'habillage, des décors et une nouvelle grille des programmes. En effet, comme une grande partie des journalistes a quitté la chaîne à la suite de la grève de l’automne 2016, les dirigeants recrutent de nouveaux animateurs, Jean-Pierre Elkabbach[41], Marc Menant, Virginie Chomicki (numéro 2 d'I-Télé), Rachid Arhab ou encore Patrick Poivre d'Arvor[42].

À la même période naît également le quotidien gratuit d'information CNews Matin, précédemment titré MatinPlus, DirectMatin Plus et DirectMatin. En 2018, les sites Internet de CNews et CNews Matin fusionnent.

La chaîne est critiquée pour sa dépendance éditoriale vis-à-vis de son actionnaire Vincent Bolloré. En , lors de la mise en examen du milliardaire pour des faits présumés de corruption, CNews ne relaie l’information qu'en soirée avec un simple bandeau. D'après France Info, le directeur de la chaîne, Serge Nedjar, proche de Vincent Bolloré, « s'est déjà distingué par le passé en intervenant à plusieurs reprises sur certains sujets qu’il jugeait « à charge », notamment lors de l'affaire Fillon qui est, dans un premier temps, occultée par la chaîne[43].

En , la nouvelle émission Face à l'info, présentée par Christine Kelly, avec Éric Zemmour, fait significativement augmenter l'audience de CNews qui dépasse pour la première fois LCI à 19 h et se rapproche de BFMTV. L'émission de Laurence Ferrari à la même heure ne rassemble que 82 000 téléspectateurs[44]. En , grâce à l'émission, CNews passe du statut « de lointain challenger à celui de leader des chaînes info, devant BFMTV et LCI »[45]. Selon la Lettre A, Éric Zemmour rassemble ainsi 170 % de téléspectateurs de plus sur le créneau 19–20 heures que n'obtenait CNews à la même période en 2018[46]. En deuxième semaine de décembre, Éric Zemmour mobilise une moyenne de 340 000 personnes, ce qui permet à CNews de se positionner ponctuellement en première chaîne info de France au détriment de BFMTV, LCI et Franceinfo[47].

Depuis 2019 : une chaîne en croissance et controversée

Le , les représentants du personnel de Canal se réunissent lors d'un comité exceptionnel et votent à l'unanimité pour exiger l'exclusion d'Éric Zemmour[48]. La délégation du personnel évoque des raisons d'image pour le groupe et pour ses employés, des raisons économiques et des raisons de sécurité à l'encontre des salariés du groupe[49]. Deux jours plus tôt, La France insoumise avait fait savoir qu'elle ne se rendrait plus sur les plateaux de CNews aussi longtemps qu'Éric Zemmour serait un collaborateur de la chaîne[50]. Le , Christine Kelly révèle avoir reçu des menaces de mort[51]. Des élus LREM, la CGT, et des personnalités telles que l’économiste Jacques Attali ou de la journaliste Valérie Trierweiler boycottent également la chaîne du fait de la présence d'Éric Zemmour[52],[53].

Le , le CSA met en demeure CNews pour des propos prononcés par son polémiste Éric Zemmour lors d'un débat avec François Pupponi sur « qu’est-ce qu’être Français »[54]. Zemmour se situe « du côté » du général Bugeaud qui, lors de la conquête de l'Algérie par la France, « massacrait les musulmans et même certains juifs »[55]. La mise en demeure du CSA fait office d'avertissement avant une sanction de la part du gendarme audiovisuel français[56]. CNews, estimant la mise en demeure contraire aux principes de la liberté d'expression, annonce le saisir le Conseil d'État[54].

En , L'Obs révèle qu'après avoir engagé des discussions avec Marion Maréchal, CNews va engager comme éditorialiste la journaliste conservatrice Eugénie Bastié[57].

En , le comité éthique de Canal+ s'émeut de la direction éditoriale prise par CNews, et particulièrement de celle prise pour l'émission Face à l'info, présentée par Christine Kelly. Dans cette émission, en effet, Éric Zemmour ne fait face à un débatteur qu'une seule fois par semaine[58]. Le comité invite à repenser le format de l'émission alors que la chaîne s'appuie justement sur son polémiste favori pour attirer les téléspectateurs[59].

Le , CNews dépasse pour la première fois sa rivale BFMTV en parts d'audience, avec une part d’audience sur la journée de 2,7 % contre 2,5 %, selon Médiamétrie[60],[61],[62],[63]. Face à l’info atteint le même jour un pic à plus d'un million de téléspectateurs (5 % du public en moyenne)[64],[65],[66].

En et pour la première fois de son histoire, CNews est mesurée première chaîne d’info de France sur une semaine complète par Médiamétrie[67] mais toutefois pas en audience moyenne, pour laquelle sa concurrente BFM TV reste largement leader des chaînes d'information en France[68].

Début 2024, alors que les soupçons d'ingérence politique qui pèsent sur la chaîne continuent de s'alourdir, celle-ci recrute comme nouveau correspondant en Russie Igor Kourachenko, par ailleurs employé de la chaîne de propagande russe Russia Today, sans qu'il soit fait mention nulle part de cette affiliation[69].

Une enquête de Mediapart en accuse CNews de violation des « règles déontologiques » pour systématiquement « stigmatiser musulmans et étrangers », « criminaliser les mouvements sociaux » et par contre épargner les forces de maintien de l'ordre. Des consignes sont données de mettre en avant, sans vérification préalable, la religion supposée musulmane d'auteurs de faits divers, sans démenti quand il s'avère que ce n'est pas le cas[70]. Elle détaille le traitement médiatique dans le cas de l'affaire Crepol[71].

En 2024, CNews se porte candidate pour renouveler son canal national sur la TNT dont l'autorisation expire en 2025[72]. La chaîne est auditionnée le par l'Arcom[73]. Contrairement à sa sœur C8 et malgré ses manquements répétés à ses obligations ainsi que les nombreuses réprimandes et sanctions de l'autorité de régulation, CNews est retenue le pour l'étape de la pré-sélection en vue du renouvellement des chaînes TNT en 2025[74].

Guillaume Bigot, éditorialiste et chroniqueur sur CNews, a été élu député dans la 2e circonscription du Territoire de Belfort lors des élections législatives de 2024 sous l'étiquette du Rassemblement national, devançant son adversaire Florian Chauche, du Nouveau Front populaire. Il est le seul des trois chroniqueurs de la chaîne soutenus par l'extrême droite — aux côtés de Pierre Gentillet et Charles Prats — à avoir remporté un siège[75],[76].

Le l'Élysée tweete une vidéo vue plus de trois millions de fois, montrant extraits à l'appui la désinformation de CNews après les propos de Pascal Praud. Celui-ci critiquait la « tentation autoritaire d’un Président mécontent du traitement médiatique, qui souhaite imposer un récit unique », allant jusqu’à parler de « Pravda » au sujet d'une proposition faite en novembre par le chef de l’État d'un label créé par les journalistes pour aider les citoyens à repérer les contenus fiables. Selon Public Sénat, « c’est en réalité la nouvelle stratégie de l’Élysée face aux fake news : ne plus laisser passer », Emmanuel Macron étant lui-même « victime » des dérives des réseaux avec l'infox Jean-Michel Trogneux, et donc particulièrement sensibilisé à cet enjeu démocratique ». La réponse de l'Élysée est critiquée par la droite et l'extrême droite[77],[78].

En mars 2026, Bally Bagayoko nouveau maire de Saint-Denis d'origine malienne est la cible de propos racistes tenus sur le plateau de CNews par le psychologue Jean Doridot et le philosophe Michel Onfray[79],[80],[81]. Dans la foulée, plusieurs parlementaires annoncent saisir l'Arcom, à la suite des propos tenus sur la chaine du groupe Bolloré[80]. Bagayoko appelle alors à la fermeture de CNews[82]. Les ministres de l'Intérieur et de la Culture, Laurent Nuñez et Catherine Pégard, dénoncent des « attaques ignobles »[83],[84], tandis que le footballeur Lilian Thuram parle d'« attaques racistes » qui « nourrissent les stéréotypes ancestraux de la négrophobie » ainsi qu'un « narcissisme blanc »[85]. Bally Bagayoko porte plainte et le préfet de la Seine-Saint-Denis se constitue partie civile. Deux enquêtes sont ouvertes, l'une pour « injure publique » à caractère raciste et l'autre pour le cyberharcèlement suite de l'émission de CNews[86]. Le , il organise un rassemblement contre le racisme à Saint-Denis, réunissant plusieurs milliers de personnes[87].

Déficit chronique

Depuis sa création, la chaîne enregistre un déficit de plusieurs millions d'euros[88],[89].

Critiques et analyses

Affaire Sébastien Thoen

En , Sébastien Thoen participe à une parodie de l'émission L'Heure des pros en « L'Heure des pronos », pour le compte de la chaîne de pari sportif Winamax[90]. Quelques jours plus tard, il est licencié par Canal+, en raison de sa participation à cette parodie, mettant ainsi un terme à sa chronique dans le Canal Sports Club et à sa présentation du Journal du hard[91],[92].

Le , un communiqué de la société des journalistes de Canal+ rassemble 150 signataires pour dénoncer l'éviction de Sébastien Thoen et pour affirmer leur attachement à « la liberté d'expression, de caricature et de parodie pour tous les membres du groupe dans les limites fixées par la loi »[93],[94]. Une trentaine de journalistes ayant manifesté leur soutien, dont Stéphane Guy, Marie Portolano et Laurie Delhostal, sont licenciés dans les mois qui suivent[95].

Promotion avérée des intérêts de Vincent Bolloré

À partir de la fin de l'année 2021, au-delà du cas d'Éric Zemmour, CNews est plus généralement accusé de n'être pas au service de ses téléspectateurs, mais de son acquéreur Vincent Bolloré, qui l'utilise « pour peser sur la présidentielle » mais aussi sur « Emmanuel Macron », qui est en lien avec l'animateur vedette de CNews Pascal Praud[96]. Ces accusations sont détaillées dans un livre-enquête[97] en forme de « plaidoyer pour la liberté d’informer »[98] publié en par Jean-Baptiste Rivoire sur la base d'une « masse précise » d'informations « souvent vécues de l’intérieur »[99] et « riche en révélations »[100]. Le livre souligne les liens d'Emmanuel Macron avec Vincent Bolloré et d'autres oligarques[101],[97], sur fond de concentration des médias[102],[103],[104],[105] et rappelle le « bras de fer » de 2016 entre les journalistes d'iTélé et Bolloré, qui leur a refusé la charte de déontologie qu'ils réclamaient et a rebaptisée la chaîne CNews[106].

Racisme

Le , lors d'une émission où est abordé le sujet des punaises de lit, le présentateur Pascal Praud demande à Nicolas Roux de Bézieux « Il y a plus de punaises de lit aujourd’hui. Est-ce lié à l’hygiène ? Je vais poser toutes les questions… Il y a beaucoup d’immigration en ce moment, est-ce que ce sont les personnes qui n’ont pas les mêmes conditions d’hygiène que ceux qui sont sur le sol de France qui apportent [ces punaises] parce qu’ils sont dans la rue ? », ce à quoi ce dernier le coupe et répond « Absolument pas. » Le présentateur s'est alors fait accuser de racisme par plusieurs députés, dont certains ont annoncé saisir l'Autorité de régulation des communications audiovisuelle et numérique[107] et le ministre délégué à l’industrie, Roland Lescure[108],[109].

L'avortement présenté comme cause de mortalité majeure

Le , la chaîne affirme que l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est la première cause de mortalité dans le monde au sein d'une édition de l'émission religieuse En quête d'esprit consacrée à l’avortement, alors que le Sénat examine la même semaine l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution[110] française. L'infographie utilise comme source le site web Worldometer, qui compile des statistiques mondiales basées sur celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)[110]. Alors que l'OMS qualifie cette donnée d'intervention simple au sens de la sécurité sanitaire, CNews la présente comme des décès au mépris de la loi et du consensus de la communauté scientifique[110]. Par ailleurs, si Worldometer constate le nombre d'avortements, il ne parle pas de décès au même titre que l'OMS. Ce chiffre apparaît cependant sur le blog d'extrême droite Le Salon beige dans un article de intitulé « L’avortement, première cause de décès dans le monde »[110].

Le gouvernement Attal et sa majorité relative présidentielle, ainsi que les groupes d'oppositions de gauche la France insoumise, Les Écologistes et les communistes dénoncent des propos « abjects et indignes »[111]. Le Parti socialiste saisit le Procureur de la République à la suite d'un possible délit d'entrave au droit à l’avortement[112]. À la suite des saisines, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ex-CSA) indique se saisir de la séquence, ayant déjà sanctionné la chaîne le mois précédent pour manquement aux obligations d’honnêteté et de rigueur dans le traitement de l’information à la suite d'une séquence dans Face à l’info[110]. Ses pouvoirs étant élargis par le Conseil d'État début d'année, à la suite d'une décision ordonnant l'autorité de réexaminer le respect par CNews de ses obligations[113].

À la suite des polémiques, la chaîne présente son mea culpa[114]. Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes et des programmes du groupe Canal+ et directeur de Canal+ évoque une erreur technique[112].

Journalistes de la chaîne russe RT

En , Libération note qu'Igor Kourachenko, le correspondant en Russie de CNews travaille également pour RT en français, chaîne interdite de diffusion en Europe en raison de sa diffusion de la propagande du Kremlin, or cette information n'est pas mentionnée aux téléspectateurs. Kourachenko réfute que l'État islamique soit responsable de l'attentat du Crocus City Hall et anticipe le discours de Vladimir Poutine, allégant des responsabilités ukrainiennes. CNews avait déjà employé Antoine Cléraux, également salarié de Russia Today depuis 2015, pour couvrir la rébellion du groupe de mercenaires Wagner[115],[116],[117].

En juin 2026, le Parlement européen initie une résolution pour que Xenia Fedorova, chroniqueuse de Cnews et ex-directrice de Russia Today France, soit mise sous sanctions européennes. Elle avait été qualifiée de « propagandiste pro-Poutine » par Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères[118].

Pluralisme

Couverture médiatique des élections législatives françaises de 2024

Le quotidien Libération observe en que, si CNews se conforme techniquement à l'égalité des temps de parole entre partis politiques, les personnalités du Nouveau Front populaire sont très peu présentes sur les plateaux des émissions de cette chaîne, qui se composent en grande majorité de personnalités de droite et d'extrême droite. Les personnalités de gauche sont en revanche surreprésentés dans les extraits vidéo issus d'interview accordées à d'autres médias ou de prises de parole publiques. CNews diffuse ces extraits, que les personnes présentes sur le plateau commentent ensuite sans que personne soit présent sur le plateau pour apporter un point de vue contradictoire, de sorte que le temps d'écran accordé aux personnalités du Nouveau Front populaire ne leur permet pas de faire réellement campagne[119].

Maintien à l'antenne d'un animateur condamné pour corruption de mineurs

Le la cour de Cassation rend définitive la condamnation, du , par la cour d'appel de Paris, de l'animateur de CNews Jean-Marc Morandini, pour corruption de mineurs, à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende[120]. Le , le groupe Canal+, qui l'avait maintenu à l'antenne depuis sa condamnation du , confirme à nouveau, par la voix de son directeur général France, Gérald-Brice Viret, son maintien à l'antenne[121]. Le même jour, l'un des syndicats du groupe, +Libres, fait part de sa désapprobation et appelle les salariés du groupe à faire entendre leurs voix « face à une situation susceptible de heurter leurs valeurs ou leur conscience »[121]. Le , à l'antenne, l'animatrice de CNews Sonia Mabrouk, en réponse à une question du député Jérôme Guedj sur ce maintien, répond : « Votre question est légitime, j'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours »[122],[123]. Le , l'animateur de CNews Pascal Praud apporte publiquement son soutien à Sonia Mabrouk[124]. Le , dans le journal Le Parisien, une autre animatrice de CNews, Laurence Ferrari, en réponse à une question sur le maintien de Jean-Marc Morandini, déclare « Je suis aux côtés des victimes »[125]. Le , le journal Le Point rapporte la demande faite par Jordan Bardella, président du Rassemblement national, aux élus de son parti de ne plus participer à l’émission de Jean-Marc Morandini[126]. Le , Sonia Mabrouk annonce à l’Agence France-Presse sa démission de CNews. Sa décision fait suite à un conflit avec le puissant directeur de la chaîne Serge Nedjar, en raison du maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini en dépit de ses condamnations définitives pour corruption de mineur et harcèlement sexuel, ce à quoi la journaliste s'oppose[127],[128].

Le , l'animateur propose son retrait de l'antenne à la direction de la chaîne. Cette prise de conscience tardive fait suite à la démission de Sonia Mabrouk, journaliste vedette de CNews qui avait annoncé sa démission à la suite du maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne, malgré sa condamnation définitive par la justice[129].

Sanctions

Selon un étude réalisée par le journal Le Monde en , CNews est derrière C8 la chaîne ayant subie le plus de réprimandes de la part du CSA et de l'ARCOM en 12 ans. Les deux chaînes du groupe Bolloré cumulent 52 condamnations, dont 17 pour CNews, incluant pour cette dernière 7 mises en garde, 3 mises en demeure, et 7 sanctions pécuniaires, avec une nette accélération entre 2020 et 2024 et un record de sanctions (9 pour CNews et 7 pour C8) en 2024. Le Monde note que « C8 et CNews sont les seules chaînes françaises à avoir fait l’objet de sanctions pécuniaires »[130]. Le , le journal Libération notait que depuis , la chaîne cumulait 26 interventions de l’Arcom à son encontre et 630 001 euros d’amendes.

Procédures administratives par le CSA et l'Arcom

2019

Le , le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) met en demeure la chaîne pour « incitation à la haine ou à la violence » envers les personnes musulmanes, après les propos d'Éric Zemmour qui avait déclaré dans l’émission Face à l’info qu'en tant que Français, il se plaçait « du côté du général Bugeaud », responsable du massacre « (de) musulmans et même (de) certains juifs » pendant la guerre d'Algérie[131]. La chaîne conteste la sanction devant le Conseil d'État, qui refuse d'annuler l'amende en [132]. Elle se tourne alors vers la Cour européenne des droits de l'homme, qui rejette à son tour la demande en [133],[134].

2021

  • Le , le CSA sanctionne la chaîne d’une amende de 200 000 euros pour « incitation à la haine » et « à la violence » à la suite de la diffusion de propos tenus en par Éric Zemmour sur les mineurs étrangers isolés. Le polémiste les avait qualifiés de « voleurs », d’« assassins » et de « violeurs »[135].
  • Le , le CSA met en demeure CNews pour « l’absence de diversité des points de vue exprimés » dans deux émissions de Pascal Praud portant sur la tribune controversée de militaires qui dénonçaient le « délitement de la France » dans le magazine Valeurs actuelles. Le Conseil constatait, en effet, que l'émission ne donnait la parole qu'à des soutiens de celle-ci[137].
  • Le , le CSA adresse à la chaîne une mise en garde pour « publicité clandestine »[138]. Il est reproché à CNews d'avoir fait la promotion, dans l'émission La Matinale du , du catalogue Star du service de vidéo à la demande Disney+[139].

2022

Le , l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) met la chaîne en demeure deux fois pour manquement à l’obligation d’honnêteté et de rigueur de l’information: pour une séquence révisionniste du , dans laquelle l'éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol déclare que le ghetto de Varsovie « était un lieu hygiéniste, un lieu qui était fait pour préserver du typhus », alors que selon le consensus scientifique, cette raison hygiéniste était un prétexte ; et pour une séquence du dans laquelle Thomas Lequertier nie la réalité de la cinquième vague de contamination au Covid-19, contrairement aux informations transmises par l’Organisation mondiale de la santé[140].

2024

  • Le , l'Arcom sanctionne CNews d'une amende de 50 000 euros pour « manquement à l’honnêteté de l’information » à la suite d'émissions diffusées le abordant le sujet de l'insécurité[141],[142].
  • Le , le Conseil d’État « enjoint à l’Arcom de réexaminer » les devoirs de la chaîne concernant le pluralisme de ses programmes à la suite d'une plainte par Reporters sans frontières en 2022, qui avait saisi le Conseil d’État à la suite de « l’inaction de l’Arcom » face « aux manquements de CNews » qui selon RSF « n’est plus une chaîne d’information, mais est devenue un média d’opinion »[143]. Cette décision est condamnée par Le Point, la France étant, selon le magazine, « mûre pour un régime autoritaire »[144]. François Jost « balaie d’un revers de la main ces accusations » estimant qu'« au contraire, la liberté d’expression doit y gagner », et que la demande du Conseil d’État « concerne toutes les chaînes »[145]. Mediapart révèle en que Reporters sans frontière a été la cible au printemps 2024 d'une campagne employant de faux sites Internet pour la discréditer ; cette campagne a été mise en place par l'agence d'influence Progressif Média, société dont est actionnaire Vivendi, le groupe qui possède également CNews[146].
  • Le , l'Arcom sanctionne CNews d'une amende de 50 000 euros à la suite des propos de Geoffroy Lejeune qui affirme, le dans L'Heure des Pros 2, que l’antisémitisme et la surpopulation carcérale sont des conséquences de « l’immigration arabo-musulmane »[147].
  • Le , l'Arcom met en garde la radio Europe 1 sur « la nécessité de veiller strictement [d'une part, à] traiter avec mesure et honnêteté l'actualité électorale [d'autre part] à assurer une pluralité de points de vue dans les émissions de débats réunissant journalistes et/ou chroniqueurs et/ou invités »[148] et rappelle l'exigence de pluralité aux chaînes de télévision C8 et CNews — qui appartiennent comme Europe 1 au groupe Canal+ détenu par Vincent Bolloré — ainsi qu'à France Télévisions[148].
  • Le , l'Arcom sanctionne la chaîne pour « manquements à ses obligations » à hauteur de 80 000 euros. Cette décision est justifiée par
    • un débat en sur la loi immigration, où l'animateur a laissé prononcer des propos stigmatisant laissant entendre que les immigrés seraient des personnes dangereuses ce qui est « susceptible d’inciter à la haine à leur égard en raison de leur race, leur nationalité ou leur origine ethnique et d’encourager à des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur race, leur nationalité ou leur origine »[149]
    • et à la suite d'une séquence sur le changement climatique en où un intervenant a accusé remis en question le lien entre intervention humaine et réchauffement climatique, dérogeant à la responsabilité de la chaîne d'une « présentation honnête des questions prêtant à controverse, en particulier en assurant l’expression des différents points de vue »[149],[150]. La sanction est confirmée par le Conseil d’État le [151].
  • Le , l'Arcom inflige deux amendes à Cnews : une de 100 000 € pour avoir présenté le l’avortement comme « la première cause de mortalité », une de 50 000 € pour avoir propagé de fausses informations en sur la mise à disposition d’une salle de prière lors d’un voyage scolaire par un collège de Pau. C8 et CNews sont les seules chaînes françaises à avoir fait l’objet de sanctions pécuniaires de la part de l'Arcom et cumulent 52 sanctions en douze ans, dont 16 pendant la seule année 2024[130].

2026

Le la chaîne a été sanctionnée par l’Arcom à payer des amendes pour un total de 100 000 euros à la suite de propos tenus dans l’émission l’Heure des Pro 2 Été, les et , respectivement par Noëlle Lenoir, ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes, et Françoise Laborde, ancienne journaliste des journaux télévisés de TF1 et de France TV, ainsi qu’ancienne membre du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel ayant précédé l’Arcom). Des propos tenus par Lisa Hirsig sont également concernés par ces amendes[152].

Le ,à propos d’un sujet concernant la rétention des étrangers en situation irrégulière[152], Noëlle Lenoir déclarait à l’antenne de Cnews que « vous avez des millions d’Algériens qui présentent des risques majeurs, qui peuvent sortir un couteau dans le métro, dans une gare, dans la rue, n’importe où, ou prendre une voiture et rentrer dans une foule »[152]. L’Arcom a condamné cette déclaration considérant qu’elle était « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires à l’égard des ressortissants algériens vivant en France » et a regretté qu’il n’y ait eu aucune intervention sur le plateau de l’émission pour modérer les propos de l’ancienne ministre. Noëlle Lenoir avait voulu modifier ses propos en déclarant qu’elle voulait dire « milliers » et non pas « millions », mais l’Arcom a fait remarquer que cela ne changeait en rien la nature discriminatoire mise en cause de ses propos. Cnews a été sanctionné par une amende d’un montant de 25 000 euros pour ces faits[153].

Le , Françoise Laborde déclarait au sujet des attentats du Hamas contre des populations israéliennes au nord de la bande de Gaza le , qu'après ces événements, les palestiniens se « révèlent être les sauvages, sanguinaires, les plus épouvantables qu’on puisse imaginer ». L’Arcom a considéré qu’« en associant ainsi l’ensemble des palestiniens aux auteurs des attaques terroristes du 7 octobre et en les qualifiant notamment de «sauvages» et de «sanguinaires épouvantables», les propos imputent à l’ensemble des palestiniens, sans distinction, des comportements d’une particulière gravité. »[153] De plus, lors de cette même émission du , Lisa Hirsig, une intellectuelle, a déclaré, au sujet des bagagistes de l’Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle , qu’ils portaient la barbe, que ça se voyait sur eux qu’ils étaient musulmans, qu’ils étaient encartés dans les syndicats et sans plus de preuves, elle a avancé à l’antenne que, selon elle, ils constitueraient un lobby et présenteraient un risque de radicalisation. L’Arcom a jugé ces propos discriminatoires. Elle a infligé une amende de 75 000 euros à CNews pour ces deux manquements de la chaîne[153].

Le 15 juin, la chaine est mise en demeure de respecter l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion, constituant le septième rappel à l’ordre pour la chaîne en 2026[154].

Le 24 juillet, la chaîne se voit infliger par l'Arcom une amende de 200 000 euros pour des propos de nature "à inciter à la haine" tenus en juin et septembre 2025[155].

Condamnations judiciaires

Le , le tribunal correctionnel de Paris condamne le directeur de la publication et responsable légal de CNews Jean-Christophe Thiery à 3 000 euros d'amende pour « injure publique à caractère raciste et provocation à la haine ou à la violence », le tribunal considérant que la chaîne s'est rendue complice des propos racistes tenus par Éric Zemmour le [156].

Le , le tribunal correctionnel de Paris condamne le directeur de la publication de CNews à 1 000 euros d'amende avec sursis et 1 000 euros de dommages et intérêts en raison des propos tenus par Éric Zemmour en à l'encontre de la députée Danièle Obono qu'il avait accusée « de dire tout son amour pour Mohamed Merah, qui tue des enfants juifs »[157]. Le , la Cour de cassation entérine la décision du tribunal, rendant la condamnation définitive[158].

Le , la Cour de cassation a rendu un arrêt qui condamne définitivement Éric Zemmour et Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin, en sa qualité de directeur de publication de la chaîne CNews, pour diffamation publique envers un établissement public, en l’occurrence l’Institut national d’études démographiques (ou INED)[159]. En Éric Zemmour, au cours de l’émission Face à l’info présentée par Christine Kelly, alors qu’il débattait avec Manuel Valls, avait déclaré au sujet des données statistiques sur l’immigration en France: « l'Ined trafique les chiffres, tout le monde le sait (...), c'est une évidence »[160]. Au cours des divers procès Éric Zemmour n'a jamais pu prouver une falsification des chiffres statistiques sur l’immigration en France. Il n’a pas non plus présenté d’éléments pouvant prouver sa bonne foi dans son jugement erroné sur les données statistiques sur l’immigration en France[160]. L’INED avait porté plainte considérant que ces affirmations portaient « gravement atteinte à son honneur, à sa considération et à l’intégrité scientifique de ses travaux »[159].

Rapport de la commission d’enquête « Concentration des médias » du Sénat

Selon certains sénateurs du groupe Socialiste, écologiste et républicain (SER), cette chaîne serait devenue « un projet idéologique » et « un outil de soutien de promotion d’un candidat d’extrême droite » en contradiction nette avec les termes de la convention signée par la chaîne avec l’ARCOM : une chaîne « consacrée à l’information ».

Ils dénoncent, dans ce rapport, l’ambition de Vincent Bolloré de poursuivre un véritable projet politique par la reprise de la chaîne CNews et mettent en évidence une série de « liquidations » des rédactions d’ITélé, fin 2016 et d’Europe 1, à l’été 2021, qui même « s’il n’a pas été confirmé par l’intéressé devant la Commission d’enquête, ne fait pas beaucoup de doute et a fait l’objet de nombreux témoignages ».

Selon certains sénateurs, la chaîne CNews « [n’est en rien] une simple chaîne de débats, comme ses dirigeants se plaisent à la qualifier mais une véritable chaîne d’opinion » qui déroge aux obligations déontologiques définit aux termes de la convention signée par la chaîne avec l’ARCOM dont notamment le « pluralisme d’expression des courants de pensée et d’opinion », l’« honnêteté de l’information et des programmes », l’« indépendance éditoriale de la rédaction ».

Une étude de Sciences Po Paris et de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), soulevée par le rapport, démontrent, en outre, une orientation de plus en plus claire à l’extrême droite des éditorialistes et invités engagés sur la période de 2019-2020[161].

Identité de la chaîne

Identité visuelle

Slogans

  • -  : « La chaîne info : décryptage et opinions »
  • -  : « La chaîne info qui explique l'info »
  • -  : « Venez avec vos convictions, vous vous ferez une opinion »
  • depuis  : « La liberté d’expression n’a jamais fait autant parler »

Ligne éditoriale

Une orientation vers l'extrême droite

À partir de 2018, plusieurs critiques disent que la chaîne est orientée à l'extrême droite. Le magazine Les Inrockuptibles estime que la chaîne, depuis son changement de nom, a effectué « un virage réac pied au plancher ». La revue compare ainsi la chaîne à Fox News[162]. Le Monde fait une analyse similaire en 2019[163], ainsi que France Inter qui parle de « version low-cost de la Fox News américaine » avec L'Heure des pros de Pascal Praud dont les débats font gagner les populistes, incluant la diffusion de thèses conspirationnistes d'extrême droite par notamment André Bercoff[164]. En 2020, RFI s'interroge « Et si une dérive à la Fox News ne gênait plus vraiment personne, pas même le pouvoir en place, que la diffusion des idées de l'extrême droite dans les médias n’effraie pas », avec une stratégie gagnante de scandale et de buzz sur les réseaux sociaux qui a permis à CNews « la chaîne de Zemmour » de doubler son audience « alors que le CSA semble attaché par-dessus tout à la liberté d'expression »[165]. « Se défendant des nombreuses déclarations racistes ou sexistes, des fake news relayées par des intervenants, et de la surreprésentation d'invités d'extrême droite sur son antenne » et d'être « une Fox News à la française », le directeur général de CNews Serge Nedjar se félicite du bon résultat de sa chaîne « presque effrayant » et accuse France Info et France Télévisions de censure, chaînes qui se « comportent comme des juges, qui condamnent et absolvent selon que vous êtes ou non dans leur camp ». Pour lui, « il est important d'écouter toutes les opinions, même les plus dérangeantes et les plus politiquement incorrectes »[166].

En 2020, de nombreux observateurs, comme L'Obs[167], Le Monde[168] ou Le Parisien[169], décrivent une ligne de plus en plus à droite, notamment en soulignant l'influence d'Éric Zemmour, plusieurs fois condamné pour provocation à la discrimination raciale, sur la ligne éditoriale. RFI évoque même un ensauvagement de la chaîne[170]. En 2020, selon Le Canard enchaîné[171], la ligne éditoriale de CNews offre un vaste espace aux discours d'extrême droite, à l'instar d'Éric Zemmour, chroniqueur vedette de la chaîne, qui a été condamné le pour provocation à la haine raciale[172] et a réitéré des propos polémiques peu de temps après, toujours dans l'émission Face à l'info, menant à l'ouverture d'une enquête[173]. Le Monde parle d'une « stratégie de la haine » destinée à faire un « buzz à tout prix » pour augmenter l'audience et donc les recettes publicitaires et appelle le CSA à « jouer pleinement son rôle de régulateur » face aux condamnations et récidives d'Éric Zemmour, avec « des sanctions lourdes pour la chaîne de télévision, seul moyen de mettre fin à la diffusion de contenus manifestement illégaux[174] ».

CNews, dont l'actionnaire principal est le groupe Bolloré, créé par Vincent Bolloré, fait l'objet d'une campagne de la part des militants de Sleeping Giants. Ce groupe, qui s'est fait connaître aux États-Unis pour avoir convaincu des grands annonceurs de se retirer du site Breitbart News de Steve Bannon, appelle désormais les annonceurs français à retirer leurs publicités de CNews, leur demandant « si elles souhaitent associer leur nom aux propos d'Éric Zemmour »[175]. Fin , Decathlon décide ainsi de retirer ses publicités de la chaîne à cause, selon Sleeping Giants, de son « orientation délétère [qui] ne peut plus être ignorée ». Décathlon confirme sur Twitter et auprès de LSA le retrait pour la fin de l'année, sans plus de commentaires[176]. L'opération est un succès, la majorité des annonceurs se retirant de l'émission pour une perte estimée à 600 000 €[177]. Les recettes publicitaires de la chaîne sont malgré tout en hausse de 25 %, Cnews profitant de l'effet Éric Zemmour, l'audience ayant doublé depuis son arrivée[175]. Selon Libération, le fait que l'extrême droite et la droite dure se portent ensemble au secours de CNews contre Decathlon montre que la chaîne « est identifiée par la partie la plus dure de la droite comme la sienne »[178].

En , face au succès grandissant de CNews, François Jost, professeur en sciences de l'information et de la communication à l'université Sorbonne-Nouvelle, indique que la chaîne « est de moins en moins une chaîne d'information » mais essentiellement une chaîne de débats polémiques (le matin avec Pascal Praud, le midi avec Sonia Mabrouk et le soir avec Éric Zemmour), avec un ancrage à l'extrême droite de plus en plus militant, orientations qui seraient décidées par Vincent Bolloré en personne. Selon lui, « il y a eu une sorte de décision marketing au départ, partant du constat que la droite et l'extrême droite représentent aujourd'hui 30 à 50 % de votants et, dans ce public, beaucoup de gens ne se sentaient pas du tout représentés », et cette stratégie a été payante[179].

En toujours, L'Obs fait une analyse de la chaîne en la comparant à ses concurrentes, et considère que « CNews est passée d’une chaîne d’info en continu à une chaîne d’opinion » qui privilégie « la réaction émotionnelle » face aux « analyses plus ou moins froides » des autres chaînes. Selon le sémiologue François Jost « CNews va un peu dans le sens des attaques contre les élites qu’on voit fleurir sur les réseaux sociaux. Il y a quelque chose de tout à fait direct qui ne passe pas par une déconstruction et une analyse journalistique. Cela peut plaire à un public qui considère que les médias, c’est l’élite, que Paris se comporte en centre du monde alors que la vie dans les régions est plus importante. Cela explique en grande partie le succès de CNews »[180].

En , le quotidien américain The New York Times compare aussi la chaîne à Fox News[181]. Pour Le Monde, le remplacement « du chroniqueur d’extrême droite » Éric Zemmour en par des éditorialistes « ultraconservateurs » comme Charlotte d'Ornellas, Mathieu Bock-Côté et Eugénie Bastié montre que pour CNews il n'est « pas question d’effectuer le moindre virage éditorial »[182]. France 24 décrit la chaîne comme « très ancrée à droite »[183]. De à , selon Libération, 36 % des invités politiques de CNews sont d’extrême droite[184].

Début 2025, CNews diffuse avec Sud Radio la moitié de la désinformation concernant le changement climatique[185].

En , Reporters sans frontières (RSF) fait un rapport repris dans le magazine de télévision Complément d’enquête. Après avoir analysé les temps d’antenne des chaînes d’information en continu (BFMTV, CNews, France Info et LCI) sur le mois de avec un outil de capture d’écran analysant 700 000 bandeaux, il affirme que CNews triche en contournant les règles du pluralisme en accordant des « rattrapages nocturnes » aux partis de gauche la nuit, pour compenser un déséquilibre en faveur de la droite et de l'extrême droite en journée et aux heures de grande écoute et donner « l’illusion du pluralisme politique ». De 7 à 10 heures et de 18 à 21 heures, l’extrême droite cumule 40,6 % d’exposition contre 15,4 % pour la gauche et de minuit à 7 heures, la gauche représente 60,1 %, contre 1,6 % pour l’extrême droite avec un bandeau « Conformément à la loi, CNews respecte le pluralisme et le temps de parole. » RSF annonce qu'il va saisir l’Arcom. Cette dernière prend de court RSF en affirmant sur Le Point sur n’avoir constaté, en , aucun problème de respect du pluralisme sur CNews et que « il y a une surreprésentation » de La France insoumise ou du Parti socialiste « de nuit comme de jour ». RSF conteste en précisant que cette réponse « qui ne s’appuie sur aucun chiffre, ne constitue pas une réponse structurée suffisante face à une enquête à la méthodologie éprouvée » et que « l’Arcom ne répond qu’à un unique sous-élément d’une des trois dimensions mesurées du pluralisme : celle relative au temps de parole alloué aux forces politiques. » alors que l'enquête de RSF prend en compte la pluralité des intervenants sur les plateaux (journalistes, invités et chroniqueurs) qui sont à « 70 %, des journalistes intervenants sont issus de médias dont la ligne éditoriale est plutôt marquée à droite voire à l’extrême droite »[186],[187],[188],[189],[190]. Selon Le Monde, « Il ne fallait pourtant pas être grand clerc pour deviner que le régulateur n’endosserait pas un résultat mettant au jour un « pluralisme en trompe-l’œil et un contournement manifeste de l’esprit de la loi », qu’il n’avait pas lui-même établi » et RSF confirme qu'il va saisir l'Arcom[191].

En février 2026, après les démissions de Sonia Mabrouk et Jean-Marc Morandini, Gauthier Le Bret anime la nouvelle émission 100 % Frontières, avec comme « chroniqueur central » selon CNews Erik Tegnér, directeur de la rédaction du média identitaire et islamophobe Frontières, qui intervenait déjà régulièrement sur la chaine. Selon le HuffPost, « le positionnement idéologique et politique de CNews étaient déjà plutôt clairs, pour qui se penchait un minimum sur le sujet. Ils sont désormais fièrement affichés de manière officielle »[192]. En juin, une enquête de Mediapart révèle que le juriste Amine Elbahi, intervenant régulier de Cnews, a saisi l’Arcom à plusieurs reprises pour dénoncer des prises de position d'extrême droite et une dérive de plus en plus raciste de l’émission. Selon un journaliste de Cnews, « Serge Nedjar a conscience que cette émission fragilise la chaîne vis-à-vis de l’Arcom, qu’il n’arrive pas à y apporter un peu de mesures, mais il n’a pas eu le choix de la mettre à l’antenne, puisque c’est Vincent Bolloré qui le lui a imposé »[193].

Sanction pour incitation à la haine et à la violence

En , la chaîne est condamnée par le CSA à 200 000 euros d'amende pour « incitation à la haine » et « à la violence » après les propos d'Éric Zemmour sur les mineurs migrants isolés qu'il qualifia de « voleurs », « assassins » et « violeurs ». En , Le Conseil d'État confirme l'amende et souligne « la méconnaissance par la chaîne CNews de son obligation de ne pas diffuser de programmes incitant à la haine et de ne pas encourager des comportements discriminatoires »[194].

Plusieurs autres chroniqueurs ont également fait l'objet de condamnation pour certains de leurs propos outranciers tenus à cette antenne, comme Ivan Rioufol qui avait, pendant la pandémie de Covid-19, comparé sur le plateau de L'Heure des pros les non-vaccinés aux Juifs sous le régime nazi[195],[196].

Capital

Dirigeants

Présidents
Directeurs généraux
Directeur de la rédaction
  • Depuis  : Serge Nedjar (Directeur de l'Information délégué : Thomas Bauder depuis le )

À l'antenne

Journalistes

  • Marie Aubazac (depuis 2016)
  • Olivier Benkemoun (depuis 1999)
  • Sandra Buisson (police-justice) (depuis 2012)
  • Mickael Dorian (depuis 2022)
  • Eliott Deval (depuis 2019)
  • Anthony Favalli (depuis 2015)
  • Vincent Fahandezh (depuis 2015)
  • Simon Guillin (depuis 2019)
  • Élodie Huchard (depuis 2019)
  • Somaya Labidi (depuis 2020)
  • Elisa Lukawski (depuis 2017)
  • Anne Maquignon (depuis 2016)
  • Jeanne Quancart (depuis 2020)
  • Éric de Riedmatten (consultant économie) (depuis 2017)
  • Noémie Schulz (police-justice) (depuis 2016)
  • Samy Sfaxi (depuis 2017)
  • Loïc Signor (depuis 2016)
  • Florian Tardif (depuis 2020)
  • Yoann Usaï (depuis 2013)
  • Laurent Weil (depuis 2016)
  • Pierre Zeni (spécialiste cinéma) (depuis 2016)

Consultants « football »

Spécialiste des « questions internationales »

  • Harold Hyman (depuis 2016)

Autres spécialistes et chroniqueurs

Chroniqueurs météo

  • Alexandra Blanc (2013, 2016, depuis 2017)
  • Claire Delorme (depuis 2019)
  • Karine Durand (depuis 2020)
  • Loïc Rousval (depuis 2015)
  • Carol Zanin (depuis 2023)

Éditorialistes politiques

Animateurs plateau

  • Thierry Cabannes (depuis 2022)
  • Nelly Daynac (depuis 2010)
  • Olivier De Keranflec'h (depuis 2022)
  • Romain Desarbres (depuis 2013)
  • Eliott Deval (depuis 2019)
  • Anthony Favalli (depuis 2017)
  • Laurence Ferrari (depuis 2013)
  • Barbara Klein (depuis 2019)
  • Christine Kelly (depuis 2019)
  • Sonia Mabrouk (2017-2026)
  • Clélie Mathias (2012-2013, depuis 2016)
  • Marc Menant (depuis 2017)
  • Jean-Marc Morandini (depuis 2017)
  • Julien Pasquet, journaliste sportif (2009-2019) puis animateur (depuis 2019)
  • Aymeric Pourbaix (depuis 2020)
  • Pascal Praud (depuis 2010)
  • Lionel Rosso (depuis 2022)
  • Sophia Rousseau (depuis septembre 2017)

Anciens animateurs

Diffusion

CNews exploite la quasi-totalité des modes de diffusion et de communication, principalement en numérique :

Sur un plan international et à travers le réseau de diffusion des bouquets internationaux de Canalsat et Canal Overseas, la chaîne d'information couvre plusieurs continents (Europe[204], Afrique[205], Amérique[206], Océanie[207]…) pour toucher les populations francophones grâce aux satellites exploités[208].

Audience

En 2005, I-Télé est l'une des deux seules chaînes d'info gratuites, avec BFM TV. Depuis 2016, deux autres chaînes d'info sont ajoutées sur la TNT gratuite : LCI (passage en gratuit sur la TNT) et France Info (création de la chaîne). Malgré une concurrence accrue, la chaîne affiche des résultats d'audience en hausse depuis 2017, principalement en raison de son virage éditorial vers l'extrême droite[Note 2],[Note 3].

Audience globale

Parts d'audience des 4 principales chaînes d'information françaises de 2007 à 2025.

D'après Médiamétrie, CNews est pour la première fois depuis l'année 2005, la première chaîne d'information la plus regardée en France en 2025, devant BFM TV. Puis BFM TV reprend la première place et en avril 2026, LCI devient pour la première fois deuxième chaîne d'information en continu, CNews devançant uniquement franceinfo[Note 4].

Davantage d’informations Janvier, Février ...
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Moyenne annuelle
20170,6 %0,5 %0,6 %0,7 %0,6 %0,5 %0,6 %0,6 %
20180,5 %0,6 %[Note 5],[Note 6],[Note 7],[Note 8],[Note 9],[Note 10],[Note 11]0,9 %1,2 % 0,7 %
20190,9 %0,8 %0,7 %0,6 %0,7 %0,8 %0,9 %0,8 %
20200,8 %[Note 12],[Note 13]1,4 %[Note 14],[Note 15],[Note 16]1,5 %[Note 17]1,2 %[Note 18]1,1 %[Note 19]1,5 %[Note 20]1,8 %[Note 21],[Note 22]1,7 %[Note 23]1,4 %[Note 24]
2021 1,9 %[Note 25] 1,8 %[Note 26] 1,9 %[Note 27] 1,8 %[Note 28] 2,2 %[Note 29] 2,1 %[Note 30] 1,7 %[Note 31],[Note 32] 2,2 %[Note 33],[Note 34] 2,1 %[Note 35],[Note 36] 2,0 %[Note 37]
2022 2,1 %[Note 38] 2,2 %[Note 39] 2,3 %[Note 40] 2,0 %[Note 41],[Note 42] 2,1 %[Note 43] 1,8 %[Note 44] 1,7 %[Note 45] 2,1 %[Note 46] 2,2 %[Note 47] 2,1 %[Note 48] 2,0 %[Note 49] 2,1 %[Note 50]
2023 2,2 %[Note 51] 2,1 %[Note 52] 2,3 %[Note 53] 2,1 %[Note 54] 2,2 %[Note 55] 2,4 %[Note 56],[Note 57] 2,1 %[Note 58] 2,5 %[Note 59] 2,7 %[Note 60] 2,5 %[Note 61] 2,6 %[Note 62] 2,3 %[Note 63]
2024 2,7 %[Note 64] 2,8 %[Note 65] 2,7 %[Note 66],[Note 67] 2,8 %[Note 68] 3,5 %[Note 69] 3,1 %[Note 70] 2,3 %[Note 71] 3,2 %[Note 72] 3,1 %[Note 73],[Note 74],[Note 75] 2,9 %[Note 76]
2025 2,9 %[Note 77] 3,0 %[Note 78] 3,2 %[Note 79] 3,3 %[Note 80] 3,4 %[Note 81] 3,6 %[Note 82] 3,1 %[Note 83] 3,2 %[Note 84] 3,9 %[Note 85] 4,0 %[Note 86] 3,6 %[Note 87] 3,2 %[Note 88] 3,4 %[Note 89]
2026 3,2 %[Note 90] 3,0 %[Note 91] 3,2 %[Note 92] 2,6 %[Note 93],[Note 94] 2,8 %[Note 95] 2,4 %[Note 96] 2,5 %[Note 97] 3,0 %[Note 98]
Fermer
Évolution des parts d'audience nationale de CNews

Légende :

  • Meilleur score mensuel de l'année.
  • Meilleur score mensuel absolu et de l'année.
  • Pire score mensuel de l'année.

Notes et références

Annexes

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