Jean II le Romain
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| Jean II le Romain | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | Rome | |||||||
| Décès | ||||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Archevêque de Ravenne | ||||||||
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Jean II, dit Jean le Romain, est archevêque de Ravenne de 578 à 595. Né et formé à Rome, il est le premier prélat romain placé à la tête de l'Église ravennate, dans un contexte marqué par les tensions liées au schisme des Trois Chapitres et par le renforcement de l'influence pontificale et impériale sur la cité.
Né et formé à Rome, Jean II est placé à la tête de l'Église de Ravenne sur l'insistance du pape Benoît Ier, rompant avec l'usage local selon lequel le clergé ravennate choisissait théoriquement son évêque dans ses propres rangs. Cette nomination suscite l'hostilité d'une partie du milieu ecclésiastique local ; l'historien Agnellus, qui écrit au IXe siècle, souligne son origine étrangère et le présente comme un homme « pas de notre sérail […] né à Rome et envoyé de là-bas »[1].
Son épiscopat s'inscrit dans le contexte de la controverse des Trois Chapitres. Jean II se montre un allié fidèle du pape Pélage II dans la tentative de ramener à l'obédience romaine les communautés schismatiques, en particulier dans la région d'Aquilée et de Grado. Selon Paul Diacre, à la mort du patriarche Élie d'Aquilée (it), en 586, 588 ou 589, il sollicite l'intervention de l'exarque Smaragde pour empêcher l'élection d'un successeur schismatique[1]. L'exarque intervient alors à Grado, fait arrêter plusieurs opposants, dont le nouveau patriarche Sévère (it), et les conduit à Ravenne, où ils sont contraints de communier avec Jean II avant d'être renvoyés dans leurs sièges après environ un an[1].
Dans des lettres postérieures, le pape Grégoire le Grand recommande à l'exarque et à Jean le Romain de ne pas recourir à la force contre les schismatiques. Il reproche également à l'archevêque d'avoir envoyé des secours à Sévère d'Aquilée après l'incendie de la ville, estimant que celui-ci, alors à Constantinople, pouvait s'en servir pour obtenir l'appui de l'empereur Maurice[2].
Un document anonyme rédigé entre 593 et 595 montre aussi que Jean II mène une action personnelle contre les milieux schismatiques. Son auteur, sans doute un ecclésiastique ou un moine, affirme avoir été absous par les légats du pape, puis emprisonné par les autorités lombardes, avant de se heurter au refus persistant de l'archevêque de le réadmettre à la communion. Ce texte, qui prend la forme d'un appel à la miséricorde, éclaire la dureté concrète de la querelle des Trois Chapitres à la fin du VIe siècle[3].
Jean II est également associé, avec son prédécesseur Pierre III, à la construction de la basilique Saint-Sévère, dédiée à saint Sévère, ancien évêque de Ravenne ayant participé au concile de Sardique en 343 et dont la mémoire était particulièrement honorée dans la région de Classe[4]. À sa mort, son neveu Marinien lui succède[2].