Damien de Ravenne
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| Damien de Ravenne | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Archevêque de Ravenne | ||||||||
| – 705 ou 708 | ||||||||
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Damien est un archevêque de Ravenne, élu en 692 après la mort de Théodore et consacré par le pape Serge Ier. Son épiscopat, daté selon les sources de 692 à 705 ou 708, s'inscrit dans une période de fortes tensions entre Ravenne et Constantinople. Il apparaît comme une figure majeure de la cité, à la fois chef spirituel, acteur de la cohésion civique locale et prélat fortement enraciné dans la tradition ravennate.
Originaire d'une famille de Dalmatie, Damien est envoyé étudier à Ravenne, où il entre dans le clergé et y fait toute sa carrière ecclésiastique. Élu archevêque en 692, il se rend ensuite à Rome pour y recevoir la consécration du pape Serge Ier, conformément à la situation créée par la fin de l'autocéphalie ravennate[1].
Son épiscopat s'ouvre dans le contexte de la controverse suscitée par le concile in Trullo de 692. Damien partage l'opposition du pape Serge aux décisions de cette assemblée ; rien n'indique toutefois qu'il ait lui-même été requis de signer les actes du concile, pas plus qu'aucun autre prélat d'Occident[2].
Damien émerge surtout comme l'une des principales figures dirigeantes de Ravenne pendant les troubles qui entourent la chute de Justinien II en 695 et les bouleversements politiques du début du VIIIe siècle. Dans une période où les exarques connus n'exercent pas une autorité comparable, il apparaît comme le principal garant de l'ordre, de l'unité et de l'identité locale de la cité[1].
La mémoire ravennate, telle que la rapporte Agnellus au IXe siècle, prête à Damien plusieurs miracles. Un récit lui fait obtenir par la prière qu'un nourrisson revienne brièvement à la vie afin de recevoir le baptême avant de mourir[1]. Un autre le présente comme l'artisan du retour à la paix après de violents affrontements entre quartiers de Ravenne, notamment entre les habitants de la porta Teguriensis et ceux du Posterulan[3]. Après des massacres et des disparitions inexpliquées, Damien impose un jeûne de trois jours puis organise une grande procession pénitentielle à travers la ville, à laquelle est attribuée la découverte des victimes et l'identification des coupables[3].
Damien doit aussi faire face à une atteinte grave au patrimoine documentaire de l'Église de Ravenne. Après un incendie ayant touché les archives ecclésiastiques, il soupçonne le vol d'une partie des actes de propriété et des titres de revenus ; il convoque alors ses prêtres dans une taverne de la ville, y lance l'anathème contre les détenteurs de ces documents et promet l'absolution à ceux qui les restitueraient[4].
Selon les récits rapportés par Agnellus, la mémoire locale attribuait également à Damien un épisode de conversion d'un juif à Ravenne : un homme voyant dans l'hostie consacrée, non du pain mais un agneau, se serait avancé jusqu'à l'autel pour en demander une part ; Damien aurait alors refusé de l'admettre à la communion sans conversion préalable, en lui déclarant : « Reçois le signe de l'agneau et mange de cet agneau avec nous. » L'homme aurait aussitôt renoncé à sa foi pour recevoir le baptême[5]. L'épisode semble refléter, en arrière-plan, les débats suscités par le canon 82 du concile in Trullo sur la représentation du Christ sous la figure de l'Agneau[5].
Dans la basilique Saint-Apollinaire de Classe, il fait réaliser une chaire en marbre portant son nom[6]. Il est enterré dans cette même basilique, dans un grand sarcophage de l'Antiquité tardive, auprès d'autres archevêques de Ravenne. Agnellus rapporte son épitaphe, qui célèbre un « bienheureux évêque venu de Dalmatie » et affirme que par ses prières il a « préservé la sainte Ravenne »[6]. Dans la mémoire locale, il apparaît ainsi comme une figure exemplaire de l'Église ravennate, à la croisée des influences méditerranéennes et profondément liée à l'identité de la cité[6].