Marinien de Ravenne

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Marinien de Ravenne
Biographie
Décès et
Ravenne
Évêque de l'Église catholique
Archevêque de Ravenne

Marinien est un archevêque de Ravenne, en fonction de 595 à 606, choisi avec l'appui décisif du pape Grégoire le Grand pour succéder à Jean II le Romain. Ecclésiastique romain et neveu de son prédécesseur, il incarne le renforcement de l'influence pontificale sur le siège ravennate à la fin du VIe siècle, dans un contexte de rivalité croissante entre Ravenne et Rome.

À la mort de Jean II le Romain en 595, Grégoire le Grand encadre étroitement la désignation de son successeur. Tout en reconnaissant en théorie l'autonomie traditionnelle du siège de Ravenne, il écarte les candidats proposés localement et impose finalement Marinien, ecclésiastique romain et neveu de Jean[1]. Peu désireux, semble-t-il, d'assumer une charge pour laquelle il ne devait guère être attendu avec faveur, Marinien accepte néanmoins l'épiscopat à l'issue de l'intervention du pape, qui lui dédie sa Règle pastorale[1]. Celui-ci écrit ensuite au clergé et au peuple de Ravenne pour leur rappeler le devoir d'honorer leur nouvel archevêque et souligne son attachement aux quatre premiers conciles œcuméniques (Nicée, Constantinople, Éphèse et Chalcédoine), dans un contexte encore marqué par la querelle des Trois Chapitres[1].

L'intervention de Grégoire dans sa nomination ne suffit toutefois pas à garantir des relations paisibles entre Rome et Ravenne. Le pape continue de surveiller de près la vie ecclésiastique ravennate par l'intermédiaire de son notaire Castorius et reçoit des informations venant du clergé local. Il s'inquiète notamment d'un usage trop fréquent du pallium à Ravenne, encouragé, selon ses lettres, par les principales autorités civiles de la ville[2]. Des abbés de la région s'adressent aussi à Rome pour dénoncer les empiètements de Marinien sur les biens monastiques, ses interventions dans les élections abbatiales et le déplacement autoritaire de certains moines[2]. Les plaintes concernent également le coût de ses visites dans certains monastères : lors de l'une d'elles, il aurait exigé une hospitalité particulièrement lourde pour l'établissement concerné, au point de provoquer une intervention de Grégoire, qui ordonne que de telles visites soient désormais limitées à une seule journée[3]. D'autres griefs portent sur l'usage d'insignes et d'ornements liés à la dignité archiépiscopale, jusque dans l'équipement utilisé lors de ses déplacements[3]. Ces différends reflètent plus largement la rivalité croissante entre Ravenne, centre du pouvoir impérial en Italie, et Rome, qui affirme de plus en plus sa primauté ecclésiastique en Occident[3].

Marinien apparaît également dans plusieurs affaires ecclésiastiques dépassant le cadre strict de Ravenne. En 599, l'exarque Callinique organise à Ravenne une cérémonie de réconciliation au cours de laquelle l'évêque Maxime de Salone est officiellement réadmis à la communion avec le pape, en présence de l'archevêque[4],[5]. L'épisode s'inscrit dans un conflit où Grégoire le Grand accusait Maxime d'avoir obtenu son siège par simonie et de soutenir des positions jugées hétérodoxes[4]. Vers 600, Marinien envoie en Sicile son diacre Jean afin d'enquêter sur la diminution du patrimoine de l'Église de Ravenne et, sans doute, d'en assurer la récupération[6].

Dans la tradition transmise par Agnellus, Marinien est présenté comme un archevêque ayant exercé humblement sa charge, conformément au « dogme apostolique », en opposition implicite aux mauvais prélats dénoncés par l'historien dans l'Église de son propre temps. Son épiscopat est aussi associé à une commande prestigieuse : un ambon réalisé à Constantinople pour l'église Saint-Jean-et-Saint-Paul en 596-597[1]. Marinien est inhumé à Saint-Apollinaire de Classe, qui devient ensuite la nécropole des archevêques de Ravenne ; plusieurs de ses successeurs y furent également enterrés[1].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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