Maur de Ravenne
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Maur de Ravenne ou Maurus est une personnalité religieuse de Ravenne au milieu du VIIe siècle, qui cherche à rendre autonome l'église de Ravenne par rapport à la papauté. Sa vie est principalement connue par le récit d'Agnellus de Ravenne.

Après avoir été père abbé du monastère Saint-Bartholomé, Maur est connu comme archevêque de Ravenne, des années 640 à 671, sous le règne de Constant II[1]. La cité est alors la capitale de l'exarchat de Ravenne, la province italienne de l'Empire byzantin mais le siège archiépiscopal de Ravenne reste inféodé à Rome et au pape. A la même époque, les tensions sont vives entre le pape Martin Ier et Constantinople, en particulier après la parution du Typos qui interdit de discuter de la validité ou non du monothélisme, une doctrine rejetée par Rome. Directement sous la surveillance des autorités impériales, Maur préfère rester loyal à Constantinople et ne s'associe pas aux dénonciations portées par le pape à l'encontre de l'empereur et du patriarche de Constantinople. Ainsi, il ne se rend pas au synode du Latran en 649, prétextant la menace des Lombards. Surtout, Maur paraît animé de la volonté de ne plus être subordonné à Rome et il se rend plusieurs fois à Constantinople pour plaider sa cause[1].
Dans un premier temps, Constant II reste prudent sur cette revendication, tout en lui attribuant le pallium, symbole d'un début d'indépendance[1]. Constant va plus loin quand il se rend en Italie et déplace la cour impériale à Syracuse. Maur lui envoie alors un émissaire en la personne de Réparat qui amène avec lui une copie de la Vie de Saint-Apollinaire ainsi qu'un faux de Valentinien III qui appuie la prétention à l'indépendance de l'évêché de Ravenne[2]. Le , Constant publie un édit qui fait de Ravenne un siège épiscopal indépendant, signifiant par-là que l'évêque de Ravenne n'a plus à recueillir l'approbation du pape pour sa nomination, qui devient le fait des évêques suffragants de Ravenne. Le pape Vitalien tente de convoquer Maur plusieurs fois mais sans succès, ce qui entraîne l'excommunication de ce dernier et une forme de schisme entre Ravenne et Rome. Du côté de l'empereur, l'enjeu est alors de s'assurer de la loyauté de l'église de Ravenne et de son appui, moral et financier, alors que Constant tente d'affermir la présence byzantine en Italie. Cette concession de privilèges à Ravenne fait l'objet d'une mosaïque particulièrement somptuaire dans la Basilique Saint-Apollinaire in Classe. Maur y figure au centre, la main sur l'épaule de son successeur, Réparat, lequel reçoit symboliquement le privilège de l'indépendance par Constantin IV, le fils de Constant II, qui lui succède en 668. Judith Herrin souligne le symbole de cette mosaïque, qui consacre pour un temps un statut particulier à la ville de Ravenne[3]. Par ailleurs, Maur déplace les reliques de Saint-Apollinaire du narthex au centre de la basilique[4].
Agnellus de Ravenne rapporte que le sarcophage de Maur comprend l'épitaphe suivante : « Ici repose dans la paix l’archevêque Maurus, qui vécut de très longues années, soixante-sept, et qui, au temps du seigneur empereur Constantin, libéra son Église du joug de servitude envers Rome. »[5]
Finalement, l'amélioration des relations entre Constantinople et Rome avec le troisième concile de Constantinople en 681-682 met un terme à la brève période d'émancipation de l'archevêché de Ravenne[6].
Notes et références
- 1 2 3 Herrin 2023, p. 289.
- ↑ Herrin 2023, p. 292.
- ↑ Herrin 2023, p. 293-294.
- ↑ Herrin 2023, p. 293.
- ↑ Mauskopf Deliyannis 2004, p. 232-233.
- ↑ Herrin 2023, p. 299.
Sources
- Judith Herrin, Ravenne, capitale de l'Empire, creuset de l'Europe, Passés composés, (ISBN 978-2-3793-3962-2), p. 351-352.
- (en) Deborah Mauskopf Deliyannis, The Book of Pontiffs of the Church Of Ravenna, Catholic University of America Press,
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