Théodore de Ravenne
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| Théodore de Ravenne | ||||||||
Le sarcophage de Théodore dans la basilique Saint-Apollinaire de Classe. | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | VIIe siècle | |||||||
| Décès | VIIe siècle | |||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Archevêque de Ravenne | ||||||||
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Théodore est un archevêque de Ravenne de 677 à 691 (ou 692). Son épiscopat est marqué à la fois par une grave crise avec le clergé ravennate et par la fin de l'autocéphalie obtenue par ses prédécesseurs à l'égard de Rome.
D'après le récit transmis par Agnellus, Théodore se heurte rapidement à l'opposition de son clergé. Dans les deux années qui suivent sa consécration, les membres les plus anciens protestent contre son refus de verser les rémunérations qui leur étaient dues. Il lui est aussi reproché d'avoir fait détruire les archives relatives aux traditions ecclésiastiques remontant à l'époque d'Ecclésius, d'avoir accumulé des réserves de blé en période de famine, et d'avoir attisé les divisions internes en favorisant successivement différents groupes au sein du clergé[1].
La crise atteint son point culminant lors de Noël 678 ou 679. Après les vigiles célébrées à l'église des Apôtres, une grande partie du clergé quitte Ravenne sous la conduite de l'archiprêtre Théodore et de l'archidiacre Théodore pour se rendre à la basilique Saint-Apollinaire de Classe, où elle célèbre la messe de Noël[1]. Théodore se retrouve alors isolé à Ravenne, tandis que les fidèles, privés de la présence de leur archevêque pour la fête, demeurent dans l'incompréhension. Les premières tentatives de conciliation échouent, et les dissidents menacent d'en appeler soit à Rome, soit à Constantinople, pour obtenir un nouveau pasteur[1]. Théodore sollicite alors l'intervention de l'exarque Théodore (en)[1]. Celui-ci finit par ramener le clergé à Ravenne et impose un règlement du conflit : l'archevêque restitue les honneurs et titres qu'il avait retirés à ses clercs et accepte un partage plus équitable des revenus ecclésiastiques[2].
Malgré cet accord, les tensions ne disparaissent pas. Agnellus reproche encore à Théodore d'avoir voulu traiter comme un bien privé ce qui appartenait à l'Église[2]. Il associe aussi à son épiscopat la perte de l'indépendance de Ravenne vis-à-vis de Rome. En 680, lorsque le pape Agathon convoque les évêques d'Occident à Rome en vue du sixième concile œcuménique, Théodore consulte son clergé avant de partir[2]. Il participe alors au synode romain de 680, dont la réponse doctrinale adressée à l'empereur Constantin IV est signée par 125 prélats[3]. Selon Agnellus, c'est à l'occasion de ce voyage que Théodore aurait renoncé aux prétentions d'autonomie du siège ravennate[2].
Cette interprétation est toutefois nuancée par l'historiographie moderne, qui tend plutôt à replacer la fin de l'autocéphalie de Ravenne dans le contexte plus large du rapprochement entre Constantinople et Rome sous Constantin IV, après l'abandon de la politique favorable au monothélisme[2]. Après la mort d'Agathon en 681, le pape Léon II réaffirme en effet la subordination de l'Église de Ravenne à Rome dans un typus réglant plus précisément les relations entre les deux sièges[2]. Agnellus, pour sa part, présente Théodore comme le responsable de cette évolution et affirme qu'au IXe siècle, le clergé ravennate maudissait encore sa mémoire en passant devant son tombeau dans le narthex de Saint-Apollinaire de Classe[2].
Son épiscopat est aussi associé, avec celui de l'exarque Théodore, à la transformation d'une synagogue en église dédiée à saint Paul apôtre, près de la porta Wandalaria, au sud-est de Ravenne[4].