Affaire Epstein
affaire pédocriminelle à l'impact mondial
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L'affaire Epstein (prononcé [ɛpstiːn] à l'américaine ⓘ ou [ɛpʃtaɪn] à l'allemande[2]) est un cas de trafic sexuel pédocriminel impliquant au moins 1 000 mineures et jeunes adultes dont le protagoniste est Jeffrey Epstein, homme d'affaires américain mondain[1]. Plusieurs personnalités sont également mises en cause et d'autres procédures sont ouvertes.
| Affaire Epstein | |
Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell à la Maison-Blanche en . | |
| Chefs d'accusation | Trafic sexuel de mineurs, prostitution de mineurs, conspiration |
|---|---|
| Auteurs | Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell |
| Date | Dévoilé au grand public en 2019 |
| Nombre de victimes | Au moins 1 000 mineures et jeunes adultes[1] |
| Jugement | |
| Statut | Affaires en cours |
| modifier |
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En 2019, il est arrêté par le Federal Bureau of Investigation (FBI) dans le New Jersey. Dans l'attente d'un procès pour trafic de mineurs où il risquait la perpétuité et incarcéré à la prison de Manhattan, il est retrouvé mort par pendaison, le , dans sa cellule anti-suicide, et la procédure qui le vise est éteinte. À la suite de ce qui est décrit comme un « suicide apparent », deux enquêtes sont ouvertes aux États-Unis dans le but de poursuivre des complices.
La compagne de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, est arrêtée le . Lors de son procès fin 2021, elle est reconnue coupable de cinq des six chefs d'inculpation. Le tribunal la condamne à vingt ans de prison pour trafic sexuel de mineurs et conspiration le .
La décision du FBI et du département de la Justice, en , de clore cette enquête malgré les promesses de campagne de Trump de déclassifier les « dossiers Epstein » relance l'intérêt du public pour cette affaire. Le flou autour de la relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein en est la principale cause. En , Donald Trump signe le Epstein Files Transparency Act exigeant auprès de la justice la publication des documents, qui débute le mois suivant.
L'affaire a des ramifications dans plusieurs pays, et a des répercussions sur un grand nombre de personnalités proches de Jeffrey Epstein, telles que Andrew Mountbatten-Windsor de la famille royale britannique, l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, l'ancien ministre français Jack Lang et de nombreuses personnes fortunées, issues de milieux politiques, financiers ou culturels.
Contexte
Premières accusations
En 1996, l'artiste Maria Farmer alerte les autorités locales et fédérales au sujet d'une agression sexuelle qu'elle aurait subie de la part de Jeffrey Epstein et de Ghislaine Maxwell, lors de son travail comme artiste en résidence dans la propriété de l'entrepreneur Les Wexner, dans l'Ohio.
Moins d'un an après cette plainte, l'actrice Alicia Arden signale à la police de Los Angeles que Jeffrey Epstein se serait fait passer pour un recruteur de la marque de lingerie Victoria's Secret, appartenant à Les Wexner, avant de commettre une autre agression sexuelle.
En 2001, il est interdit d'accès à la propriété de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, car il est accusé d'avoir eu une relation avec une personne mineure, membre de la propriété de ce dernier[3],[4].
Procédure judiciaire à Palm Beach et emprisonnement

En , une femme contacte la police de Palm Beach et affirme que sa fille de 14 ans a été emmenée au manoir de Jeffrey Epstein par une jeune fille plus âgée et payée 300 dollars après un déshabillage (en sous-vêtements) et après avoir été massée[5],[6].
Après une enquête de onze mois suivie d'une perquisition, la police conclut qu'Epstein a payé plusieurs « escorts » pour accomplir des actes sexuels avec lui. Sur la base des dires de cinq victimes présumées et dix-sept témoins sous serment, d'un relevé de notes et d'objets trouvés chez Epstein, les enquêteurs concluent que certaines des filles étaient mineures au moment des faits. Un grand nombre de photographies de jeunes filles (dont certaines ont été interrogées plus tôt par la police) sont trouvées partout dans la maison. Selon les enquêteurs, en 2006, Epstein a caché des caméras dans de nombreux endroits de sa propriété pour enregistrer les rapports sexuels entre des personnalités et des prostituées, à des fins de chantage[7],[6],[8].
Epstein a mis en place un système pour faire recruter des jeunes femmes par d'autres femmes, pour ses services de massage. Deux femmes de ménage déclarent à la police qu'Epstein recevait des « massages » chaque jour, quand il était à Palm Beach. En , la police de Palm Beach émet finalement une inculpation pour plusieurs chefs d'accusation, dont relations sexuelles illégales avec des mineurs et atteinte à la pudeur[6]. À la demande de son équipe d'avocats (dont Gerald Lefcourt, Alan Dershowitz et, plus tard, Kenneth Starr), Epstein subit un test au détecteur de mensonges (bien qu'un détecteur de mensonges ne soit généralement pas recevable devant la cour d'un tribunal), où il lui est demandé s'il savait que les filles étaient mineures[5],[6],[9],[10].
Au lieu de suivre les recommandations de la police, les procureurs examinent des éléments de preuve faibles et les présentent à un grand jury. L'ancien chef de la police de Palm Beach, Michael Reiter, écrit plus tard au procureur de l'État, Barry Krischer, pour se plaindre de la manière « très inhabituelle » dont l'affaire était conduite et lui demander de s'en retirer. Le grand jury n'a retenu qu'une seule accusation criminelle (sollicitation de prostitution), pour laquelle Epstein n'a pas plaidé coupable, en [5],[9],[11],[12].

Accusé d'avoir mis sur pied un système très élaboré de trafic de mineures, pour la plupart issues de milieux sociaux défavorisés, il encourt en 2008 la prison à perpétuité. Il conclut cependant un accord secret de non-poursuite avec les procureurs fédéraux de Floride lui permettant de faire face à des chefs d'accusation allégés. En 2008, Epstein plaide donc coupable pour racolage de mineures et négocie une peine de prison de dix-huit mois, ainsi que l'immunité judiciaire pour ses complices. Il effectue sa peine dans des conditions particulièrement favorables, obtenant notamment le droit de se rendre à son bureau six jours par semaine. Aucune de ses victimes n'est informée de l'accord passé avec les procureurs, alors même qu'une loi l'impose[13],[14]. L'une d'entre elle, Courtney Wild, contacte un avocat indépendant, Bradley J. Edwards (en) pour comprendre pourquoi elle est sans nouvelle de sa plainte. Courtney Wild porte par la suite plainte contre le gouvernement fédéral des États-Unis pour dénoncer cet accord conclu sans le consentement des victimes[15],[16],[17].
Des courriels divulgués dans la presse en 2018 révèlent que les procureurs ont été dépassés et impressionnés par le pouvoir d'Epstein, manifestant une immense déférence à l'égard de ses avocats[pas clair]. Le procureur Alexander Acosta, devenu secrétaire au Travail dans l'administration Trump, sera contraint à la démission en 2019 à la suite de ces révélations[14].
Epstein est libéré au bout de treize mois et inscrit sur la liste des délinquants sexuels. Il est visé par deux accusations criminelles à la suite de l'accord passé avec l'accusation tandis qu'à l'époque, les détectives fédéraux peuvent identifier trente-six de ses victimes, dont certaines avaient moins de 14 ans. Une controverse s'ensuit sur la manière dont cette affaire a été traitée[18],[19],[20].
Lorsque les accusations deviennent publiques, plusieurs personnes ou entités ayant reçu des dons de la part du milliardaire lui renvoient l'argent, dont Eliot Spitzer, Bill Richardson, et le département de la police de Palm Beach. L'université Harvard annonce qu'elle ne lui rendrait pas l'argent[21]. Plusieurs dons de bienfaisance effectués par Epstein au financement de l'éducation des enfants sont également remis en question[7],[21],[22].
Le , l'ancien majordome d'Epstein, Alfredo Rodriguez, est condamné à dix-huit mois de prison pour avoir tenté de vendre un enregistrement d'Epstein. L'agent spécial Christina Pryor examine l'enregistrement et convient qu'il « aurait été extrêmement utile dans les enquêtes et la poursuite des cas, y compris pour les noms et les coordonnées de témoins et pour la détection de victimes supplémentaires »[23],[24],[4].
Nouvelles accusations en 2015 et 2016
En , une Américaine de 31 ans, Virginia Roberts Giuffre, affirme sous serment qu'à l'âge de 17 ans (et de 1999 à 2002), elle a été utilisée par Epstein comme « esclave sexuelle » à son service et celui de ses amis puissants, dont Andrew Mountbatten Windsor (anciennement Prince Andrew) et un professeur de droit de Harvard, Alan Dershowitz. Elle affirme avoir subi des abus physiques qui lui ont fait craindre pour sa vie[25].
Elle allègue que le FBI pourrait avoir été impliqué dans une couverture[26], évoquant aussi le recrutement d'autres filles[27]. Andrew, Epstein et Alan Dershowitz nient tous avoir eu des rapports sexuels avec elle, et Dershowitz intente une action judiciaire contre ses accusations[28],[29],[30]. Un journal censé appartenir à Virginia Roberts est publié en ligne[31],[32].
Au sein de la BBC, l'émission Panorama prévoit une enquête sur le scandale[33]. Au début de 2015, aucune juridiction n'a tranché sur ces affirmations[34].
Le , le juge Kenneth Marra juge que les allégations nouvelles formulées par Virginia Roberts contre Andrew Mountbatten Windsor n'ont pas d'incidence sur l'accord de non-poursuite et devaient être retirées du dossier[35]. Le juge Marra ne rend aucune décision concernant la véracité ou non des affirmations faites par Virginia Roberts[36], il déclare expressément que Roberts, plus tard, pourrait apporter ses preuves quand son affaire serait portée devant la cour[37].

Le , une femme (restée anonyme) de Virginie dépose plainte contre Epstein, devant la cour fédérale, en réclamant cinquante millions de dollars[38] alléguant que quand elle avait 16 ans, en 2004-2005, elle a été « recrutée » pour donner à Epstein un massage dans son manoir, où elle aurait obtenu 200 $ pour avoir des relations sexuelles avec lui[12]. Une plainte semblable (50 millions de dollars demandés) est déposée par une autre femme le mois suivant, représentée par le même avocat[39]. Plusieurs de ces poursuites sont jugées non recevables et d'autres réglées à l'amiable[40]. Epstein aurait jusqu'à présent réglé 17 cas à l'amiable et d'autres cas étaient en cours de négociation au moment de sa mort[41]. Le , une autre plainte (déposée en Floride) concerne une violation du « Crime Victims' Rights Act ». Dershowitz est accusé d'avoir abusé sexuellement d'une mineure « fournie » par Epstein[42]. Les allégations portées contre Dershowitz sont finalement éliminées après que son avocat a soutenu qu'elles étaient sans fondements[43]. Un document de la cour allègue qu'Epstein a procuré des jeunes filles mineures à « d'éminents politiciens américains, puissants dirigeants d'entreprises, des présidents étrangers, un Premier ministre bien connu, et d'autres dirigeants du monde »[44].
En , une autre femme dépose plainte devant un tribunal civil, accusant Epstein et Donald Trump, alors candidat républicain à l'élection présidentielle, de l'avoir violée quand elle avait 13 ans, de manière répétée, en 1994, attachée à un lit, et battue alors qu'elle les suppliait d'arrêter, puis menacée de représailles physiques contre elle et sa famille si elle parlait[45],[46],[47].
Victimes recensées
Les enquêtes menées par la police de Palm Beach et le FBI ont recensé initialement une douzaine de victimes durant leurs enquêtes menées au milieu des années 2000 en vue des poursuites envisagées contre Epstein[48]. Bradley J. Edwards (en), l'avocat qui a accompagné Courtney Wild dans sa dénonciation de l'accord secret mené par Alexander da Costa en 2008, indique le chiffre de 500 victimes et plus[49]. L'avocat Bradley Edwards a représenté au fil des ans 200 de ces victimes[50].
Les victimes de Jeffrey Epstein ont en effet dénoncé les abus dès 1996, mais ont été systématiquement ignorées des années durant, notamment durant l'accord secret de 2008 conclu entre la justice (représentée par le bureau du procureur Alexander Acosta, devenu ministre du travail sous l'administration Trump)[51] et Jeffrey Epstein au terme duquel ce dernier purge une peine de 13 mois de prison alors que la pédophilie en Floride est passible d'emprisonnement à vie[52],[50].
La journaliste d'investigation Julie K. Brown en recense environ 80 dans son enquête Perversion of Justice menée en 2018 et publiée dans les colonnes du Miami Herald. Elle a convaincu 8 d'entre elles de livrer leur témoignage filmé[53]. Elle révèle dans son enquête le mode opératoire d'Epstein et surtout, l'accord secret de 2008[54]. Surtout, elle s'attache à démonter que les victimes ne sont pas, comme elles ont souvent été décrites dans le deal de 2008 ou la presse des « prostituées », des personnes vénales en quête de gratifications financières, mais des adolescentes souvent agées de 14 ans ans issues de milieux défavorisés qui n'ont pas reçu la protection dont elles auraient du bénéficier au cours des ans de la part de la justice américaine[51]. Son enquête a relancé les poursuites contre Jeffrey Epstein et abouti à son incarcération en 2019, ainsi qu'à la démission d'Alexander Acosta[15],[53],[55].
Vingt-trois victimes ont pu témoigner exceptionnellement devant la cours de New York en 2019. Certaines n'ont pas dévoilé leurs vrais noms par crainte des menaces et de la publicité. Parmi elles, dix femmes présentes ont témoigné à visage découvert : Virginia Giuffre, Courtney Wild, Sarah Ransome, Annie Farmer (la soeur de Maria Farmer), Teala Davies, Chauntae Davies, Anouska De Georgiou, Michelle Licata, Jennifer Araoz et d'autres sous les pseudonyme de Jane Doe (la moitié des vingt-trois victimes n'ont pas souhaité révéler leur véritable identité[56].
Parmis les victimes d'Epstein figurent aussi des jeunes femmes qui sont devenues des proches collaboratrices et donc le statut victime / recruteuse demeure controversé, surtout pour celles ayant bénéficié d'un statut d'immunité au terme de l'accord secret conclu en 2008 : Sarah Kellen, Lesley Groff Adriana Ross et Nadia Marcinko[57].
En , d'autres victimes prononcent un appel public en faveur de la publication des Epstein Files : Haley Robson, Marina Lacerda, Jess Michaels (agressée en 1991), Lisa Phillips, Liz Stein, Jess Michaels. Certaines apparaissent en public pour la première fois, après des années de silence par peur des menaces qu'elles ont reçues[58].
Réseau d'influence



Propriétés
Depuis plusieurs décennies, Epstein entretenait un réseau de prostitution de mineures alimentant son réseau d'influence. Il possède plusieurs résidences à travers le monde où il invite amis et clients :
- un hôtel particulier new-yorkais de 2 600 m2 sur neuf étages, avec quarante pièces, dont dix chambres et quinze salles de bains, situé près de la Cinquième Avenue (au 9 East 71st Street). C'est la plus grande résidence privée de l'arrondissement de Manhattan, la Herbert N. Straus House, ancien siège de la Birch Wathen Lenox School. En 2020, l'hôtel particulier est mis en vente pour le prix record de 88 millions de dollars[59]. Maria Farmer, une des plaignantes, affirme que Jeffrey Epstein y avait placé des caméras cachées dans les chambres et salles de bains pour filmer les « moments privés »[60] ;
- une villa à Palm Beach, en Floride ;
- un appartement à Paris (22, avenue Foch[61][62]) ;
- le Zorro Ranch, un ranch de 4 000 hectares avec manoir à Stanley (Nouveau-Mexique)[63],[5] ;
- une maison avec des chambres d'hôtes sur son île privée près de Saint-Thomas, Little Saint James.
Accusations de chantage
Lors de l'enquête qui débute en 2005, des fouilles de la maison d'Epstein à Palm Beach mènent à la découverte de deux caméras cachées et d'un grand nombre de photos de filles, dont certaines interrogées par la police lors de l'enquête[64].
Plusieurs personnes accusent Jeffrey Epstein d'avoir installé un réseau de caméras partout dans ses résidences[65],[66], filmant des rapports sexuels compromettant des personnalités à qui il aurait procuré de jeunes femmes[67]. Un tel système de vidéosurveillance aurait été utilisé pour leur faire du chantage, source potentielle de sa fortune[68],[69].
Dans une interview accordée en 2017 au Miami Herald, Virginia Giuffre raconte qu'Epstein lui avait demandé d'avoir des rapports sexuels avec des hommes influents pour qu'il connaisse leurs « excentricités sexuelles et puisse les utiliser comme levier, si besoin »[70].
Liens présumés avec des agences de renseignement
Jeffrey Epstein fait l'objet de nombreuses allégations concernant de possibles liens avec des services de renseignement. En 2019, la journaliste Vicky Ward rapporte qu'Alexander Acosta, le procureur ayant accordé un accord clément à Epstein en Floride en 2008, aurait déclaré avoir été informé qu'Epstein appartenait aux services de renseignement et qu'il fallait « le laisser tranquille »[71]. Il nie cependant en 2020 devant le département de la Justice avoir eu connaissance de liens avec des agences de renseignement[72].
Steven Hoffenberg (en), ancien associé d'Epstein, affirme que ce dernier lui a confié être impliqué dans des activités de sécurité nationale et avoir été formé par Douglas Leese, homme d'affaires britannique qui l'aurait introduit auprès de personnalités comme le marchand d'armes saoudien Adnan Khashoggi et Robert Maxwell, magnat de presse britannique aux connexions avérées avec le Mossad[73]. Selon un ancien agent des renseignements israéliens, Ari Ben-Menashe (en), Maxwell et Epstein travaillaient ensemble pour compromettre des personnalités au profit du Mossad[74],[75].
Selon la journaliste d'investigation Julie K. Brown, qui a révélé l'affaire Epstein dans le Miami Herald, Epstein aurait aidé Robert Maxwell à dissimuler des fonds dans des comptes offshore dès les années 1980, avant de devenir proche de sa fille Ghislaine, après sa mort en 1991[76].
Des documents révélés en 2024 par le média dissident russe Dossier Center montrent qu'Epstein entretient entre 2014 et 2015 des relations avec Sergueï Beliakov, ancien vice-ministre russe et diplômé de l'Académie du FSB, et conseille ce dernier sur l'économie russe face aux sanctions[77].
Des courriels publiés en 2025 par la commission de surveillance de la Chambre des représentants américaine révèlent que Yoni Koren, officier du renseignement militaire israélien et ancien aide d'Ehud Barak, séjourne à plusieurs reprises dans l'appartement d'Epstein entre 2013 et 2016, et qu'Epstein effectue des virements bancaires en sa faveur[78],[79].
Quatre personnes qui ont eu accès aux documents saisis par le FBI lors des perquisitions de 2019 affirment n'avoir trouvé aucun élément probant qui puisse confirmer des liens opérationnels avec des agences de renseignement, et aucune procédure judiciaire liée à la sécurité nationale n'est engagée lors des procès d'Epstein et de Ghislaine Maxwell[72].
Extension de l'affaire
Emprisonnement de Jeffrey Epstein en 2019
Jeffrey Epstein est arrêté le à l'aéroport de Teterboro dans le New Jersey[80] et accusé de trafic sexuel et d'organisation de trafic sexuel par des procureurs de l'unité de corruption publique du district sud de New York[81]. Dans l'acte d'accusation, il est accusé d'avoir sollicité des massages à des filles mineures où les activités devenaient de plus en plus sexuelles, puis d'avoir enrôlé les filles pour recruter d'autres victimes mineures contre rémunération. Le procureur américain Geoffrey Berman du tribunal du district sud de New York appelle les autres victimes d'Epstein à se manifester. L'acte d'accusation fédéral énumère également le rôle clé des « employés et associés » rémunérés d'Epstein responsables de l'établissement du calendrier des victimes.
Jeffrey Epstein est incarcéré à New York, au Metropolitan Correctional Center. Son procès est fixé par le procureur à . Epstein encourt alors une peine allant jusqu'à 45 ans de prison.
Le , dix-sept jours après avoir été incarcéré au Centre correctionnel métropolitain de New York, Jeffrey Epstein aurait fait une première tentative de suicide. Il est retrouvé blessé et semi-conscient dans sa cellule, avec des marques autour du cou, à environ 1 h 30 du matin. Les autorités suspectent une tentative de suicide, mais n'excluent pas d'autres hypothèses, comme une agression ou une mise en scène. Epstein déclare qu'il pensait avoir été attaqué[82]. Après cet incident, Epstein est placé sous surveillance renforcée[83].
Mort en prison de Jeffrey Epstein
Suicide présumé d'Epstein

Le , à 6 h 30 du matin, alors que les gardiens distribuaient le petit-déjeuner, Epstein est retrouvé inanimé sur le sol de sa cellule du Metropolitan Correctional Center à New York, agenouillé, avec une bande de drap enroulée autour du cou, qui présente aussi « des marques »[84]. Le drap était attaché au sommet de sa couchette. Il a été supposé qu'il était resté ainsi depuis environ deux heures. Les gardes ont pratiqué un massage cardiaque sur Epstein, et d'autres prisonniers les auraient entendus crier « Respire, Epstein, respire ! ». À 6 h 33, les gardiens ont donné l'alerte, avertissant leur supérieur à qui ils ont déclaré : « Epstein s'est pendu ». Transporté en urgence absolue vers l'hôpital new-yorkais le plus proche, Jeffrey Epstein est déclaré mort à 6 h 39. L'administration pénitentiaire fédérale américaine annonce officiellement quelques heures plus tard aux médias la mort du milliardaire, qui se serait donc suicidé, à l'âge de 66 ans[85],[86]. Le procureur de New York, Geoffrey Berman, évoque un suicide « apparent »[87]. Dans les jours qui suivent, le directeur de la prison est muté et deux employés sont suspendus[88].
Annonce et réactions
L'annonce de son décès déclenche un scandale aux États-Unis[89], sa mort étant vue comme l'occasion pour de nombreuses personnalités d'échapper à des accusations ou poursuites. La surveillance spéciale dont Epstein faisait l'objet depuis le , justement en raison d'une tentative de suicide, avait été rapidement levée[90]. Si les autorités américaines, sur le fondement de l'autopsie du corps de Jeffrey Epstein, ont conclu à la mort par pendaison, un autre médecin légiste, engagé par la famille Epstein, a conclu à une possible strangulation[91].
Après sa mort, deux enquêtes sont ouvertes : une par le FBI et l'autre par l'inspecteur général du département de la Justice des États-Unis[92]. Le , les secrétaires d'État français Marlène Schiappa et Adrien Taquet réclament l'ouverture d'une enquête en France, des victimes et des complices d'Epstein pouvant être de nationalité française[93]. Onze jours plus tard, le parquet de Paris ouvre une enquête pour viols sur mineurs et agressions sexuelles[94].
Le , Jeffrey Epstein est inhumé aux côtés de ses parents, Seymour et Paula, à Palm Beach en Floride.
La mort d'Epstein, que les autorités ont dans un premier temps qualifiée de « suicide apparent », a déclenché de multiples enquêtes sur la façon dont un détenu de cette importance, qui était censé être l'objet d'une surveillance accrue, a pu mourir sous garde fédérale. La mort du suspect a également suscité l'indignation de ses victimes et de leurs représentants, qui espéraient que le procès d'Epstein l'année suivante permettrait de rendre justice[95].
Parmi les éléments qui font polémique, figure l'absence de surveillance du détenu. Epstein avait été placé sous « surveillance pour risque de suicide ». Malgré cela, le personnel de la prison n'a pas contrôlé la cellule d'Epstein pendant « plusieurs heures » avant sa mort, en infraction au protocole qui prévoit que toutes les trente minutes quelqu'un doit vérifier la cellule[95]. En outre, Epstein n'aurait pas dû être seul dans sa cellule. Une personne partageait bien sa cellule mais avait été transférée la veille, pour des raisons non encore élucidées, et Epstein n'avait pas reçu de nouveau compagnon de cellule[95]. Epstein, qui avait déjà été placé sous surveillance, est donc resté seul. Les premiers résultats de l'autopsie n'ont fait que renforcer les interrogations concernant la mort d'Epstein. Le Dr Marc Siegel estime qu'il est maintenant « plus probable » que la mort de Jeffrey Epstein soit un homicide plutôt qu'un suicide, en se fondant sur les résultats de l'autopsie complète du corps d'Epstein[96] : celle-ci a mis en évidence des fractures des os du cou, y compris l'os hyoïde. Celui-ci, qui se trouve près de la pomme d'Adam, peut être brisé lors d'un suicide par pendaison, mais sa fracture est statistiquement plus fréquente dans les cas de meurtres par strangulation, comme l'indique le Washington Post[97],[98].
Le , le rapport d'autopsie confirme que Jeffrey Epstein s'est suicidé par pendaison[99]. Selon des responsables anonymes cités par le New York Times, il aurait utilisé des draps pour se donner la mort[99].
D'après le New York Post, il aurait rédigé deux jours avant sa mort un testament par lequel il lègue sa fortune à un trust dont les bénéficiaires sont inconnus[100].
Le , le New York Times publie un article remettant en question le premier rapport d'autopsie. Un autre médecin, le Dr Michael Baden, engagé par le frère d'Epstein, réfute la version du suicide, notamment parce qu'Epstein a eu plusieurs fractures de l'os hyoïde[101] qui ne surviennent pas quand on se pend, selon lui, mais plutôt sur un homicide ; de plus, sa trace de ligature au cou ressemble plus à celle d'une corde fine (ou équivalent) qu'à celle d'un drap[102],[103].
Condamnation des gardiens de la prison
Le , les procureurs fédéraux de New York ont accusé les gardiens du centre correctionnel métropolitain de New York, Michael Thomas et Tova Noel, d'avoir créé de faux dossiers et de complot, après que des images vidéo obtenues par les procureurs ont révélé que la cellule d'Epstein, en violation de la réglementation, n'aurait fait l'objet d'aucun contrôle pendant huit heures avant la mort du détenu[104].
Le , les deux gardes ont admis avoir falsifié des dossiers, mais n'ont pas été condamnés à une peine d'incarcération en vertu d'un accord avec les procureurs fédéraux[105]. Dans le cadre d'un accord de poursuite différée, les deux policiers ont plaidé coupable, le , pour falsification de documents et complot en vue de frauder les États-Unis[Quoi ?]. Ils ont été condamnés à six mois de liberté surveillée et à cent heures de travaux d'intérêt général[106].
Une autre pièce du rapport d'enquête laisse apparaître dans le décompte des gardiens un détenu supplémentaire dans l'aile où était détenu Jeffrey Epstein à partir de 22 h puis un nouveau décompte à 3 h du matin avec un détenu en moins[107],[108].
Vidéo modifiée de la cellule publiée par le FBI
Le , le ministère de la Justice et le FBI annoncent qu'il n'y a aucune preuve qu'Epstein avait fait chanter qui que ce soit ou qu'Epstein s'était suicidé [pas clair] ; ils ont publié des images montrant l'extérieur de la cellule d'Epstein intact[C'est-à-dire ?] - bien que ces images n'aient pas pu être vérifiées de manière indépendante[109],[110]. Une minute a été trouvée manquante dans la vidéo peu de temps après, où l'horloge passe de 11:58:58 à 12:00:00[111].
Une enquête de Wired a révélé que la vidéo avait été modifiée malgré l'affirmation du FBI selon laquelle elle était brute, et que près de trois minutes ont été coupées[112],[113].
Suites judiciaires sur des personnalités
Demande de publication d'une liste de noms
Le , la juge new-yorkaise Loretta Preska a ordonné qu'une liste contenant les noms de plus de 170 associés d'Epstein, soit rendue publique le [114]. Toute personne figurant sur la liste avait jusqu'au pour faire appel afin de faire retirer son nom[115].
En , une liste de noms cités dans des documents est publiée ; des personnalités y figurent, comme Ghislaine Maxwell ou Andrew d'York, mais plusieurs noms sont cachés[116].
Alors que Trump promettait lors de sa campagne présidentielle de révéler l'entièreté de la liste des clients d'Epstein, son administration, accompagnée du FBI, nie l'existence d'une telle liste en . Trump précise que cette histoire de liste est un piège orchestré par les démocrates pour l'attaquer personnellement, et que l'affaire Epstein est une perte de temps. Ces déclarations déchirent le camp républicain[117],[118],[119]. Kash Patel, directeur du FBI, explique qu'« aucune information crédible dans le dossier ne permettait de conclure que Jeffrey Epstein avait livré ses victimes à d'autres personnes que lui-même. »[120].
En , la procureure générale de l'administration Trump, Pam Bondi, a déclaré que la liste des clients de Jeffrey Epstein était « sur [son] bureau » pour examen, et en juin, Elon Musk a allégué que le président Trump lui-même figurait dans les dossiers d'Epstein[121].
Le , le ministère de la Justice et le FBI affirment qu'il n'y a aucune liste de clients connue[109].

Le , une lettre qu'aurait envoyée Bill Clinton à Jeffrey Epstein pour son cinquantième anniversaire est publiée. Il y est écrit : « C'est rassurant, n'est-ce pas, d'avoir duré aussi longtemps, à travers toutes ces années d'apprentissage et de connaissance, d'aventures et de [mot illisible, NDLR], et aussi d'avoir conservé votre curiosité d'enfant, votre volonté de faire la différence et le réconfort de vos amis »[122],[123].
En , après que l'élu démocrate Jim McGovern a proposé quatre lois pour forcer la déclassification intégrale des dossiers liés à Epstein à la demande des victimes de l'affaire, les représentants (215 sur 219) et sénateurs (47 sur 49) républicains bloquent la proposition[124],[125],[126].
Dénonçant une dissimulation de l'affaire[1], les victimes de l'affaire décident de compiler leur propre liste des associés d'Epstein[127],[128].
En , Donald Trump signe le Epstein Files Transparency Act exigeant auprès de la justice la publication des documents, qui débute le mois suivant[129].
Liste de personnalités mises en cause par la justice

- Ghislaine Maxwell : compagne et principale rabatteuse de Jeffrey Epstein, condamnée à vingt ans d'emprisonnement pour trafic sexuel de mineurs et conspiration[130].
- Leon Black : il est visé par plusieurs plaintes, l'une pour viol sur une adolescente autiste et porteuse de la trisomie 21, l'autre pour agression sexuelle, ainsi qu'une troisième plainte classée sans suite[131].
- Bill Richardson : Ghislaine Maxwell aurait envoyé Virginia Giuffre avoir des relations sexuelles avec lui (déposition 2016 de Virginia Giuffre - p. 34 et suivantes)[132].
- Marvin Minsky : Ghislaine Maxwell aurait envoyé Virginia Giuffre avoir des relations sexuelles avec lui (déposition 2016 de Virginia Giuffre - p. 204 et suivantes).
- Glenn Dubin : Ghislaine Maxwell aurait envoyé Virginia Giuffre avoir des relations sexuelles avec lui (déposition 2016 de Virginia Giuffre - p. 34 et suivantes).
- Thomas Pritzker : Ghislaine Maxwell aurait envoyé Virginia Giuffre avoir des relations sexuelles avec lui (déposition 2016 de Virginia Giuffre - p. 34 et suivantes)[133].
- George J. Mitchell : Virginia Giuffre affirme dans des documents judiciaires avoir été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui par Jeffrey Epstein[134].
- Alan Dershowitz : Virginia Giuffre affirmait dans des documents judiciaires avoir été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui par Jeffrey Epstein, avant de retirer sa plainte. D'autres témoignages sous serment affirment qu'il a eu des relations sexuelles avec une victime mineure[135].
- Steve Tisch : Le producteur a été mis en cause par plusieurs femmes, en particulier une française[136].
- Donald Trump : il aurait commis des viols selon un document judiciaire du FBI[137] ; allégations qualifiées de « mensongères et sensationnalistes » par le département de la Justice[138].
- Ehud Barak : Virginia Giuffre affirme dans des documents judiciaires avoir été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui par Jeffrey Epstein[139].
- Jean-Luc Brunel : Ghislaine Maxwell aurait envoyé Virginia Giuffre avoir des relations sexuelles avec lui (déposition 2016 de Virginia Giuffre - p. 34 et suivantes).
- Frédéric Chaslin : une plainte à son encontre lui impute des faits de harcèlement sexuel qui auraient été commis en 2016 ; le parquet de Paris se saisit de l'affaire[140].
- Daniel Siad : une ressortissante suédoise dépose plainte contre lui pour « des faits de nature sexuelle qu'elle qualifie de viol et susceptibles d'avoir été commis en France en 1990 »[140].
- Jack Lang : le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein[141].
- Caroline Lang, fille du précédent : le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein[141].
- Fabrice Aidan : diplomate du ministère des Affaires étrangères, la justice ouvre une enquête sur ses liens avec Jeffrey Epstein. Il a aussi été visé par une enquête du FBI et de l'ONU pour soupçons de consultations de sites pédopornographiques[142],[143].
- Andrew d'York : Ghislaine Maxwell aurait envoyé Virginia Giuffre avoir des relations sexuelles avec lui (déposition 2016 de Virginia Giuffre - p. 34 et suivantes). Le prince Andrew a évité un procès en concluant un accord avec la plaignante en 2022 (accord qui prévoyait qu'il puisse déclarer n'avoir commis aucun acte répréhensible).
- Peter Mandelson : il est visé par une enquête de police sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein.
- Mona Juul : ambassadrice de Norvège en Jordanie, elle rend sa démission après qu'ont été révélés ses liens avec le criminel sexuel[144]. Elle est visée par une enquête de police sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein[145].
- Thorbjørn Jagland : il est visé par une enquête de police sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein[145].
- Terje Rød-Larsen : il est visé par une enquête de police sur ses liens financiers avec Jeffrey Epstein[145].
À cause de la désinformation, des personnalités publiques majeures ont été faussement accusées de complicité avec Jeffrey Epstein, notamment Jimmy Kimmel, Oprah Winfrey et Tom Hanks[146].
Aux États-Unis
Ghislaine Maxwell

Le , Ghislaine Maxwell est arrêtée par le FBI dans la ville de Bradford, dans l'État du New Hampshire. Présentée à un juge fédéral dans la journée, Maxwell est inculpée de six chefs d'accusation, notamment d'incitation à des actes sexuels illégaux et d'avoir « aidé, facilité et contribué aux agressions sur mineures de Jeffrey Epstein », de 1994 à 1997. Le suivant, elle est placée en détention provisoire dans la prison du Metropolitan Detention Center, à New York. Quelques jours plus tard, sa demande de remise en liberté sous caution est rejetée et un juge fédéral de Manhattan fixe l'ouverture de son procès au , avec maintien en détention en attente de procès[147]. Ghislaine Maxwell encourt jusqu'à 35 ans de prison[148].
Selon le Daily Mail, Ghislaine Maxwell serait en possession d'une collection de vidéos montrant plusieurs personnalités influentes, Jeffrey Epstein, ainsi que des filles mineures dans des actes sexuels. Selon l'ami interviewé par le Daily Mail, Ghislaine Maxwell serait « en danger de mort »[149].
La rumeur selon laquelle Jeffrey Epstein aurait été assassiné existe ; les avocats de Ghislaine Maxwell auraient ainsi obtenu qu'elle soit déplacée de cellule en cellule afin d'éviter qu'elle ne soit tuée[150].
Reconnue coupable de complicité de trafic sexuel, Ghislaine Maxwell est condamnée le à vingt ans de prison, devenant ainsi l'unique mise en cause condamnée dans cette affaire[151].
Le , les avocats de Ghislaine Maxwell saisissent la Cour suprême des États-Unis dans le but de faire annuler sa condamnation pour trafic sexuel[152].
En , Ghislaine Maxwell réclame à Trump une grâce. Maxwell est transférée vers une prison de faible sécurité sans motif ni commentaire donné, ce qui est reçu avec horreur par les victimes d'Epstein[153],[154]. En , Trump déclare réfléchir à une grâce de Maxwell[155].
Le , Todd Blanche, procureur général adjoint des États-Unis, interroge Ghislaine Maxwell sur l'affaire Epstein[156]. Cet interrogatoire est très critiqué (Chuck Schumer, CNN), car Todd Blanche est l'avocat de Donald Trump, ce dernier étant plusieurs fois cité dans l'affaire et très proche de Jeffrey Epstein[157],[158].
Bill Richardson
Richardson a été mis en cause par Virginia Roberts Giuffre pour avoir abusé d'elle sexuellement avec la complicité de Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell[159]. Dès 2019, Richardson faisait partie des personnes nommées dans des documents judiciaires non scellés dans le cadre d'une poursuite civile entre Virginia Roberts Giuffre et l'associée de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell[160].
Giuffre allègue qu'elle a été victime de traite sexuelle par Epstein et Maxwell à plusieurs personnes de haut niveau, y compris Richardson, tandis elle était mineure au début des années 2000[161].
Un porte-parole de Richardson a nié les allégations, déclarant qu'il ne connaissait pas Giuffre et n'avait jamais vu Epstein en présence de filles jeunes ou mineures[161].
Richardson a publié une déclaration en , affirmant qu'il avait offert son aide dans l'enquête sur Epstein au procureur américain du district sud de New York. En réponse, l'avocat de Richardson, Jeff Brown de Dechert LLP, a déclaré qu'il avait été informé par le procureur adjoint américain que Richardson n'était ni une cible, ni un sujet, ni un témoin dans l'affaire et qu'il n'y avait aucune allégation contre Richardson selon laquelle le gouvernement enquêtait activement[162].
Epstein a fait des dons de 50 000 dollars (un en 2002 et un autre en 2006) pour les campagnes électorales de Richardson[163].
Bill Richardson a admis avoir visité une fois le ranch d'Epstein mais à seulement une reprise, en 2002[163]. Des révélations de montrent cependant que Richardson et Epstein se sont rencontrés à de nombreuses reprises y compris pendant les années 2010, soit après la condamnation d'Epstein[164].
Glenn Dubin

En , des documents non scellés ont révélé des liens entre Glenn Dubin et Jeffrey Epstein, y compris des allégations d'implication dans son réseau d'abus sexuels. L'ancien directeur de maison des Dubin, Rinaldo Rizzo, a décrit une rencontre chez eux, en 2005, avec une fille de 15 ans employée comme nounou. Rizzo a déclaré que la fille, qui tremblait et pleurait, lui avait dit avoir subi des pressions de Ghislaine Maxwell pour avoir des relations sexuelles avec Epstein, Maxwell lui confisquant son passeport lorsqu'elle refusait[165]. Un mois après son arrivée à son emploi, selon The Daily Beast, les Dubin ont emmené la fille en Suède, où elle a été déposée dans un aéroport[166]. Les documents judiciaires non scellés provenaient d'un procès intenté en 2015 contre Maxwell par Virginia Roberts Giuffre, qui a nommé plusieurs personnes comme participants au programme de trafic sexuel d'Epstein, mentionnant Glenn Dubin comme l'un des hommes avec lesquels Epstein et Maxwell l'ont forcée à avoir des relations sexuelles[167].
En , le procureur général des îles Vierges américaines a cité Dubin à comparaître dans le cadre de leur enquête sur Jeffrey Epstein[168],[169],[170].
Marvin Minsky
Marvin Minsky a reçu une aide de recherche de 100 000 $ de Jeffrey Epstein en 2002, quatre ans avant la première arrestation d'Epstein pour délits sexuels ; c'était la première donation d'Epstein au MIT. Minsky n'a reçu aucune autre subvention de recherche de sa part[171],[172].
Minsky a organisé deux colloques universitaires sur l'île privée d'Epstein, Little Saint James, l'un en 2002 et l'autre en 2011, après qu'Epstein fut inscrit sur le registre des délinquants sexuels[173]. Virginia Giuffre témoigna dans une déposition en 2015 dans son procès en diffamation contre l'associée d'Epstein, Ghislaine Maxwell, qu'elle lui avait ordonné d'avoir des relations sexuelles avec un certain nombre de personnes dont Minsky. La veuve de Minsky, Gloria Rudisch, dit qu'il ne pouvait avoir eu de relations sexuelles avec aucune des femmes dans les résidences d'Epstein, car elle était toujours supposément avec son mari pendant toutes les visites dans les résidences d'Epstein[174],[175].
Cependant, malgré ce déni officiel, Virginia Giuffre décrit dans ses mémoires posthumes avec force détails ce qu'elle déclare être le moment où elle a été violée par Minsky sur l'île d'Epstein[176].
Thomas Pritzker
Pritzker était en contact régulier avec Jeffrey Epstein dans les années qui ont suivi l'accord de plaidoyer conclu par ce dernier en 2008 pour des accusations de crimes sexuels[177].
Il a été cité dans une déposition sous serment déposée par Virginia Giuffre, qui affirmait avoir été victime de trafic sexuel au sein du réseau Epstein. Elle a témoigné dans cette déposition avoir été agressée sexuellement par Pritzker. Un porte-parole de Pritzker a déclaré que ce dernier « continue de nier catégoriquement » l'allégation.
Par la suite, la publication des dossiers Epstein a révélé de fréquents échanges de courriels, dont un datant de 2018 dans lequel il aidait la partenaire d'Epstein, Karyna Shuliak, à organiser un voyage en Asie du Sud-Est, dans le but avoué de trouver des femmes pour Epstein[178].
George J. Mitchell
Mitchell est mis en cause par Virginia Roberts Giuffre pour avoir abusé d'elle sexuellement avec la complicité de Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell[159].
Une autre femme qui a longtemps affirmé que le financier en disgrâce Jeffrey Epstein l'avait forcée à avoir des relations sexuelles avec des hommes puissants a nommé Mitchell dans des documents non scellés le par les procureurs fédéraux à New York au bureau du procureur américain du district sud de New York. Les documents comprenaient des affidavits et des dépositions de témoins clés dans un procès que Virginia Roberts Giuffre a intenté contre Epstein et son associée, Ghislaine Maxwell en 2015[179]. Giuffre a accusé le duo de trafic sexuel avec un certain nombre de personnes de haut niveau, y compris Mitchell, au début des années 2000. alors qu'elle était mineure[180]. Mitchell a nié avoir jamais rencontré ou parlé avec Giuffre et a déclaré qu'il n'avait pris connaissance des poursuites pénales d'Epstein que par le biais des médias[180].
Alan Dershowitz
Alan Dershowitz a été accusé d'abus sexuel par deux des victimes présumées d'Epstein, Virginia Roberts Giuffre et Sarah Ransome, ce qu'il nie avec véhémence[181]. En , Virginia Roberts Giuffre enlève sa plainte, déclarant l'avoir identifié comme l'un de ses agresseurs par erreur[182].
Des documents dévoilés en font état de témoignages sous serment selon lesquels Dershowitz aurait eu des relations sexuelles avec une mineure victime du réseau pédophile de Jeffrey Epstein « à plusieurs reprises » et qu'il aurait été « présent seul » au domicile d'Epstein « en présence de jeunes filles »[183],[184].
Donald Trump

Le , le The Wall Street Journal publie un article avec une lettre à caractère sexuel qu'aurait envoyé Donald Trump à Jeffrey Epstein pour son cinquantième anniversaire, signé par le premier. Donald Trump nie en être l'auteur[186].
Le , le même journal affirme que le président américain aurait été prévenu par le département de la Justice que son nom figurait à plusieurs reprises dans les dossiers de l'enquête sur l'affaire Epstein. Le FBI et le DOJ auraient également annoncé au président leur volonté de clôturer l'enquête, et de ne pas en diffuser certains éléments afin de protéger les victimes[187]. Donald Trump dit ne jamais avoir été informé de ces éléments.
Le , une commission du Congrès américain publie un exemplaire du livre d'anniversaire d'Epstein, notamment la note de Donald Trump. Il s'agit d'une silhouette dessinée de femme nue, portant la signature de Donald Trump au niveau de la toison pubienne, et ces mots : « Nous avons certaines choses en commun, Jeffrey. Un ami est une chose merveilleuse, joyeux anniversaire, que les jours à venir deviennent eux aussi de magnifiques secrets. » Le porte-parole de la Maison-Blanche annonce que cette dernière est favorable à une expertise de la signature de cette lettre envoyée en 2003, démentant toujours qu'elle soit réellement de Trump[188],[189].
Des parlementaires démocrates dévoilent le un courriel attribué à Epstein dans lequel il affirme que Donald Trump « savait pour les filles »[190]. Un autre courriel indique qu'il a passé plusieurs heures avec une victime au domicile d'Epstein. Dans la foulée, 20 000 documents ont été rendus publics, expliquant à plusieurs reprises que Donald Trump, décrit comme « à la limite de la folie » et « véreux », connaissait les activités de Jeffrey Epstein[191], affirmant avoir des « photos de Donald et de filles en bikini dans sa cuisine ».
Un document judiciaire du FBI[137] dévoilé début 2026 révèle qu'il a été accusé de viols par des appels anonymes qui ont fait l'objet d'une enquête. Ces allégations ont été qualifiées de « mensongères et sensationnalistes » par le département de la Justice[138].
JP Morgan
En 2022, le gouvernement américain a poursuivi JP Morgan Chase Bank, alléguant que JP Morgan « a facilité, soutenu et dissimulé le réseau de traite des êtres humains exploité par Jeffrey Epstein »[192]. Une action collective connexe alléguait que la banque avait aidé à structurer les retraits d'importantes sommes d'argent par Epstein[193].
Démissions
- Larry Summers se détache du conseil d'administration d'OpenAI en , avant de cesser ses activités d'enseignements à l'université Harvard[194].
- Leon Black quitte sa fonction de PDG d'Apollo Global Management quatre mois avant son terme[194].
- Brad Karp démissionne de la présidence du cabinet d'avocats Paul Weiss et ass[194].
- Dean Kamen, inventeur de la trottinette électrique Segway, s'est mis en congé le du conseil d'administration de son entreprise[194].
En France

Enquête
Jeffrey Epstein possédait plusieurs appartements à Paris, où il aurait reçu de nombreux massages payés. Fin , le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « viols » et « agressions sexuelles », notamment sur mineurs, impliquant des infractions en France ou à l'étranger avec des Français comme auteurs ou victimes. À Paris, Jeffrey Epstein a entretenu des liens avec Jean-Luc Brunel, agent de mannequins français[195], et aurait accueilli divers ministres et ex-ministres français, le seul nom cité étant celui de Jack Lang[196],[197].
En 2020, les secrétaires d'État chargés de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa et de la Protection de l'enfance Adrien Taquet réclament l'ouverture d'une enquête en France. L'association Innocence en danger réclame que la justice française se saisisse du dossier, soulignant que « la France est concernée par ce dossier puisque des investigations menées par le FBI font apparaître plusieurs personnes de nationalité française ». Elle cite notamment une « source fiable » indiquant que « plusieurs victimes du réseau prostitutionnel créé par Jeffrey Epstein et ses complices sont également de nationalité française »[198],[199],[200].
Déjà, en 2001, Karen Mulder s'était rendue à la 1re DPJ (direction de la police judiciaire) pour mettre en cause un membre de son entourage ainsi qu'un certain nombre de personnalités qui, selon elle, l'auraient agressée sexuellement ; invitée sur le plateau de Thierry Ardisson pour son émission Tout le monde en parle, elle a révélé avoir été violée par une « tête couronnée » et des dirigeants d'une agence de mannequins[201].
Figurant dans le « carnet noir » de Jeffrey Epstein, le représentant des Hauts-de-France au Royaume-Uni et ancien directeur délégué du Figaro, Jean-Paul Mulot, dénonce un complot fin [202],[203],[204].
Le , l'appartement parisien de Jeffrey Epstein a été visité par son intendant, un Franco-brésilien au service du milliardaire pendant dix-huit ans, mandaté par le « Trust 1953 », avant le passage des enquêteurs français[205].
En , l'appartement parisien du financier américain, situé au 22, avenue Foch, et une agence de mannequins sont perquisitionnés. Le suivant, un appel à témoins est lancé par la police française, qui s'intéresse notamment à l'agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, accusé de viols par plusieurs anciens top-modèles[206],[4].
L'enquête sur l'ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel a été clôturée par un non-lieu à la suite de son suicide en prison en .
En , le parquet de Paris ouvre 3 investigations portant :
- Le signalement du ministère des affaires étrangères français sur le diplomate Fabrice Aidan, ayant accédé à des fichiers pédopornographiques
- La plainte d'une femme suédoise contre Daniel Siad, recruteur de mannequins
- Une plainte contre le chef d'orchestre français Frédéric Chaslin[207].
Le , le parquet de Paris annonce la réouverture du dossier et l'exploitation les fichiers Epstein et « une réanalyse intégrale » du dossier Jean-Luc Brunel[207].
Jean-Luc Brunel
En 2015, Virginia Giuffre affirme au sujet de Jean-Luc Brunel : « À de nombreuses reprises, j'ai eu des rapports sexuels avec lui entre 16 et 19 ans. Il ne se souciait pas de la conversation, mais juste du sexe. Brunel dirigeait une sorte d'agence de mannequins. Il emmenait des jeunes filles (âgées de 12 à 24 ans) aux États-Unis à des fins sexuelles. Jeffrey Epstein m'a dit qu'il avait couché avec plus d'un millier de filles de Brunel. Et tout ce que j'ai vu semble le confirmer… »[208].
Virginia Roberts Giuffre se souvient aussi avoir rencontré trois jeunes filles de 12 ans que Jeffrey Epstein aurait fait venir par avion pour son anniversaire, par l'intermédiaire de Jean-Luc Brunel : « C'était un cadeau surprise d'un de ses amis, Jean-Luc Brunel. Elles venaient de France. Je les ai vues, je les ai rencontrées », dit-elle. Elle ajoute : « Il m'a raconté comment Brunel les avait achetées à Paris à leurs parents, en leur offrant de l'argent, des visas et des perspectives de carrière de mannequin. Leurs parents avaient besoin d'argent »[209].
Le , Brunel est arrêté à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour le Sénégal. Il est mis en examen pour viols sur mineur et harcèlement sexuel et placé en détention provisoire à la prison de la Santé, à Paris. Il est également placé sous le statut de témoin assisté dans le cadre de l'affaire Epstein.
Le , il est retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de la Santé, à Paris, à l'âge de 75 ans.
Jack Lang
L'ancien ministre avait rencontré l'homme d'affaires lors d'un dîner organisé en l'honneur de Woody Allen, et il avait convié Jeffrey Epstein aux célébrations des 30 ans de la pyramide du Louvre[210],[211]. Il est également révélé qu'Epstein a financé, à hauteur de 58 000 dollars, une association française quasiment sans activité et composée de proches de Jack Lang[212],[213]. Celui-ci répond, sans autres précisions, que la somme en question visait à « financer un film », qu'il estime « en train d'être finalisé » mais dont le niveau d'avancement reste inconnu d'une cofondatrice de l'association[211],[214].
Le , à la suite de la publication d'une partie des documents de l'affaire, Mediapart révèle des liens financiers étroits entre Jeffrey Epstein et l'entourage proche de Jack Lang, notamment dans les îles Vierges américaines[215]. Le président de l'Institut du monde arabe aurait également bénéficié de diverses largesses de la part du criminel sexuel et aurait minimisé l'ampleur de leur relation[216].
Dans un échange en date du , venant en réponse à un email envoyé par Fabrice Parsy dont le sujet est « Petit prince » et qui inclut un document écrit par Jack Lang (ce document serait un projet de livre avorté intitulé « L’Education d'un Petit Prince pour tous nos enfants »[217]), Epstein dit avoir fait la revue du document et pose quelques questions mal écrites « 1. l'enfant devrait-il être initié à la religion. aux nouvelles sexualités. , être testé ? À quelle fréquence, tests standardisés, projets types. etc.. »[218]. Par un courriel daté du , Caroline Lang lui répond : « Pour être sur qu'il n'y a pas d'incompréhension, le document que vous avez reçu par mon père est seulement un résumé, et non le document complet. Mon père est d'accord avec votre suggestion d'ajouter la religion, la nouvelle sexualité, etc. (…) Il a besoin de trouver plus de finances (...) Il est maintenant très occupé avec plus de 200 employés sous sa direction (...) Je pense qu'il lui serait plus facile de vous parler en personne lorsque vous viendrez à Paris. »[218]
Le , le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire contre Jack Lang pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée »[219]. Le lendemain, Jack Lang propose sa démission de la présidence de l'Institut du monde arabe[220].
Caroline Lang
En 2026, des documents rendus publics par le département de la Justice des États-Unis révèlent que Caroline Lang est copropriétaire avec Jeffrey Epstein de la société Prytanee LLC domiciliée dans les îles Vierges américaines, ce qu'elle n'a pas déclarée au fisc[215]. Elle figure également sur un testament financier de Jeffrey Epstein qui lui promet 5 millions de dollars[210].
Selon elle, Jeffrey Epstein, qui lui a été présenté en 2012 par Woody Allen, un ami commun[221], était une « connaissance » et un « mécène généreux » dont « l'idée de constituer un fonds, parfaitement légal, destiné à favoriser l'acquisition d'œuvres » lui avait semblé « pertinente ». Elle dit n'avoir perçu « aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds »[222]. L'argent de ce fonds commun provenait d'Epstein seul[215],[223] : « Je n'avais pas mis d'argent dedans, tous les fonds provenaient de Jeffrey[95],[4]. »
Le , interrogée par Mediapart[215], elle dit avoir eu connaissance de la première condamnation d'Epstein, en 2008.
« Un jour il m'avait dit : "Si tu fais des recherches sur moi, sur Google, peut-être que tu ne voudras plus jamais me parler." Alors, je suis allée chercher et j'ai trouvé qu'il avait été condamné pour prostitution de mineures et qu'il avait été condamné pour cela en 2008. Il m'a dit qu'il avait payé sa dette et indemnisé les victimes, et je l'ai cru[221],[4]. »
Le Parquet national financier ouvre le une enquête préliminaire contre elle pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée »[213].
Au Royaume-Uni
Prince Andrew

Virginia Giuffre affirme qu'elle a rencontré le prince Andrew le [224], dans un night-club londonien (le Tramp), alors qu'elle n'avait que 17 ans. Virginia Giuffre témoigne très précisément de la soirée où ils se sont rencontrés, au cours de laquelle le prince Andrew transpirait beaucoup en dansant. Elle dit avoir ensuite couché avec lui dans une maison du quartier chic de Belgravia appartenant à Ghislaine Maxwell. Une relation sexuelle forcée, suivie de deux autres à New York et dans les Caraïbes, alors qu'elle était cette fois majeure[225]. Virginia Giuffre évoque les pratiques sexuelles du duc d'York. « Il aimait mes pieds et léchait même entre mes orteils, écrit la plaignante. Il y avait un manque de passion dans l'intimité que nous partagions, pour lui j'étais juste une autre fille et pour moi c'était juste un autre travail »[226].
Le samedi , à la BBC, le prince Andrew répondant aux questions d'Emily Maitlis, présentatrice de Newsnight sur BBC Two, a nié avoir eu des relations sexuelles avec Virginia Giuffre quand elle était mineure[225]. Le prince Andrew se défend et déclare que « ce jour-là, le , j'étais à la maison, j'étais avec les enfants, j'ai emmené Béatrice dans une pizzeria »[227], « à une fête à Pizza Express à Woking »[224].
La défense du prince Andrew déclare que « le duc d'York a proposé au moins trois fois son assistance en tant que témoin au département de la Justice ». Toutefois, Geoffrey Berman, le procureur fédéral de Manhattan, chargé des investigations sur Epstein, répond qu'« aujourd'hui, le prince Andrew s'est encore une fois présenté faussement au public comme ayant hâte de coopérer à une enquête criminelle fédérale en cours », qu'il avait « plusieurs fois refusé de caler un entretien avec les autorités américaines » et qu'il les avait informées « clairement il y a près de quatre mois qu'il ne se rendrait pas à un tel entretien ». « Si le prince Andrew souhaite sérieusement coopérer, nos portes restent ouvertes et nous attendons de savoir quand nous devons nous attendre à le voir »[228].
Shukri Walker assure avoir vu le prince Andrew en compagnie de Jeffrey Epstein dans une boîte de nuit où se trouvait également Virginia Giuffre : « Je me souviens de lui dansant et bavardant avec la jeune fille ». Et elle a bien reconnu le prince Andrew pour lui avoir involontairement marché sur le pied durant cette soirée, indiquant qu'« il a souri et a dit : "pas de problème" »[224].
En , lors de l'éclatement de l'affaire Peter Nygård, ses liens avec le prince Andrew ont rappelé ceux du prince avec Jeffrey Epstein, lors de l'affaire Epstein[229].
En , Il est déchu de ses titres militaires et de ses parrainages associatifs, avec l'accord de la reine, au lendemain de l'annonce par la justice américaine du non-classement de la plainte le visant[230].
Peter Mandelson
Peter Mandelson est soupçonné d'avoir transmis des informations financières sensibles à Jeffrey Epstein, en particulier lorsqu'il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown de 2008 à 2010. Selon des relevés bancaires, Peter Mandelson aurait reçu des versements d'un total de 75 000 dollars (63 200 euros) de la part de Jeffrey Epstein[231].
Ses 2 résidences sont perquisitionnés le .
Il avait été nommé ambassadeur britannique aux États-Unis par Keir Starmer en et démis en . Il est dit proche du chef de cabinet de Keir Starmer, Morgan McSweeney.
Bibliographie
- Dylan Howard, Melissa Cronin, James Robertson, L'Affaire Epstein : espionnage, prostitution, esclavage, mensonges, chantages (Epstein: Dead Men Tell No Tales, 2019), illustrations Patrice Servage, Paris, Éditions Le Jardin des Livres, 279 p., 2020 (ISBN 978-2369990031)
- Jean-Gabriel Fredet, L'île de tous les vices : sexe, pouvoir et impunité, révélations sur l'affaire Epstein, Paris, Albin Michel, 256 p., 2021 (ISBN 978-2226455154)
- Xavier Raufer, Jeffrey Epstein : l'âme damnée de la IIIe culture, Paris, Éditions du Cerf, 277 p., 2023 (ISBN 978-2204150606)
- Julie K. Brown, Perversion of justice: the Jeffrey Epstein story, Dey Street, (ISBN 978-0-06-300058-2, 978-0-06-300059-9 et 978-0-06-306317-4).

Filmographie
- 2024 : Scoop de Philip Martin