Peine de mort au Burkina Faso
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Peine de mort au Burkina Faso a été abolie en 2018 par adoption d'un nouveau code pénal, mais restaurée en 2025 par le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré pour des infractions graves telles que la haute trahison, l'espionnage et le terrorisme. La dernière exécution remonte à 1980 par fusillade.
La dernière exécution de personnes condamnées à la peine de mort remonte à l'année 1988, sous le régime du Général Sangoulé Lamizana[1]. Depuis lors, aucune autre application légale de la mesure n'a été observée, bien que des personnes aient été condamnées à la subir. Au Burkina Faso, l'exécution suivait un processus bien défini et se faisait par fusillade[2].
Ce n'est qu'en 2018 qu'est survenu une nouvelle loi portant code pénal au Burkina Faso sous l'ère du président Roch Marc Christian Kaboré. Cette décision intervient dans un contexte de procès emblématiques contre l'ancien régime de Blaise Compaoré, notamment les assassinats de Norbert Zongo et Thomas Sankara, et pour faciliter l'extradition de François Compaoré depuis la France[3],[4]. Aussi, nombreuses organisations de défense des droits de l'homme et pays opposés à la peine de mort ont joué un rôle déterminant dans la prise de cette résolution.
Puis, la dégradation de la situation sécuritaire, la prise de pouvoir en septembre 2022 du Capitaine Ibrahim Traoré avec sa nouvelle dynamique pour le pays, constituent des évènements majeurs ayant conduit à la situation de rétablissement de la peine de mort dans l'arsenal juridique burkinabè. Les raisons évoquées pour le justifier sont entre autres la volonté d'éradiquer l'insécurité, de lutter contre l'espionnage[5],[6].
En 2025, à la suite du Conseil des ministres du gouvernement en date du 4 décembre, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala a exprimé publiquement la volonté du gouvernement de la restaurer de nouveau pour des cas de crimes graves notamment les faits de Haute trahison, d'espionnage et de terrorisme[7].
Opinions
En 2024, le débat sur la réintroduction de la peine de mort confronte des arguments d'une majorité de burkinabè en faveur d'une réponse répressive face à la montée de l'insécurité. Cependant, des organisations internationales de défense des droits humains et d'instances régionales, dénoncent un recul des droits humains et appellent à stopper le projet, contrairement aux conventions internationales :
- Amnesty International a demandé l'arrêt immédiat de tout projet visant à réintroduire la peine capitale, qualifiant la mesure de « recul préoccupant » et rappelant que la peine de mort est cruelle, inhumaine et dénuée d'effet dissuasif supérieur.
- Human Rights Watch a souligné les risques d'usage répressif et appelé les autorités à renoncer au projet[8].
- Des organisations et coalitions abolitionnistes (ECPM, World Coalition, etc.), ainsi que des institutions régionales (Commission africaine des droits de l'homme et des peuples), ont exprimé leur préoccupation et demandé au Burkina Faso de respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains[9],[10].