Perrigny (Jura)
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Communes limitrophes
| Pannessières, Baume-les-Messieurs |
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| Lons-le-Saunier | N | Hauteroche (Crançot), Briod | ||
| O Perrigny E | ||||
| S | ||||
| Montaigu, Conliège |

La commune de Perrigny fait partie du canton de Poligny ; elle est située à l'est de la ville avoisinante : Lons-le-Saunier.
Perrigny est constituée d'un centre historique, situé entre ses deux églises, d'une partie résidentielle et d'une importante zone industrielle.
Le village de Perrigny est adossé au revers occidental de la montagne de Coldre, où se situait dans l’Antiquité un important camp romain qui fut sans doute à l’origine de cette implantation.
Hydrographie
La Vallière et le ruisseau des Combes sont les principaux cours d'eau parcourant la commune.
La Vallière présente un débit moyen de 2,5m³ par seconde et peut atteindre 5m³ par seconde dans sa portion perrignoise[1].
Géologie
Le territoire communal repose sur le bassin houiller du Jura, où le charbon est découvert par un sondage[2]. De l'halite est exploité pour la saline de Montaigu.
On trouve sur le territoire de la marne, des sablières, des gravières, de la pierre ordinaire à bâtir, de la pierre à chaud ordinaire et hydraulique.
On trouve du gaz à Perrigny, lequel fut exploité de 1948 à 1969 (date de l'arrivée du gaz de Lacq).
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[5] et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons (1 000 à 1 500 mm/an), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre[6]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 321 mm, avec 13,1 jours de précipitations en janvier et 0,9 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montmorot à 4 km à vol d'oiseau[9], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 147,4 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −19,6 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Typologie
Au , Perrigny entre dans la catégorie « centre urbain intermédiaire », selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle appartient à l'unité urbaine de Lons-le-Saunier[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant onze communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 3],[13],[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lons-le-Saunier, dont elle est une commune du pôle principal[Note 4],[14]. Cette aire regroupe 139 communes et est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[15],[16].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (68,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (68,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (68,7 %), zones agricoles hétérogènes (12,5 %), zones urbanisées (9,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (7,2 %), prairies (1,8 %), terres arables (0,3 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Étymologie
Étymologie de Perrigny
Au fil du temps, la dénomination du village a évolué.
À l'époque gallo-franque, la commune s'appelait « Paterniacus », Pratum[18].
Par la suite, on retrouve Parruniachum, puis Parrigniacum, en passant par Parigny (d'où Renaud de Parigny, chevalier de 1240), Preigney (d'où Jacques de Preigney, XIIIe siècle)), sans oublier Par(r)igney et Perrigny-en-Montagne[19].
La base de ce nom latin serait le nom propre romain Patrinius, ayant évolué en Patriniacum et Parriniacum. En effet, Patrinius est dérivé de l'adjectif latin patrinus, qui signifie « qui vient du père », auquel on a ajouté le suffixe -acum.
On peut aussi songer à un dérivé de la racine gauloise petuar- qui signifie « quatre », pour désigner un carrefour de voies importantes, ce qui correspondrait à la situation géographique de Perrigny. La racine celtique petr signifie aussi « quart », « hameau » ou « quartier »[20].
Enfin, le nom pourrait venir de l'ancien français "perreis", une pierre[20] ou amas pierreux, évoquant par exemple la présence de tumuli (présents entre Perrigny et Pannessières). En Bourgogne, une « paraire » est une carrière, ce qui se dit« parire » dans le dialecte jurassien. Le terme perreis « pierre » accompagné du suffixe « -igny » donne le sens de « fondation, installation » ou un sens hydronymique de même nature que les « -ogne » ou « -ugne »[20]. Cela peut vouloir dire « un établissement construit en pierre », un « lieu caillouteux ou d'éboulis humides » ou plus rarement un « chemin empierré mais humide »[20].
En latin : per- signifie « au travers » et -ignis signifie « feu ». Ces deux termes se retrouvent sur le blason de Perrigny.
Ce nom latin comporte des homographes assez nombreux tels Perrigny et Perrigny-sur-Armançon dans l'Yonne, Perrigny-sur-l'Ognon et Perrigny-lès-Dijon en Côte-d'Or, Perrigny-sur-Loire, en Saône-et-Loire, mais aussi des homonymes s'écrivant « Périgny », ainsi que des paronymes en « Par(r)igny ».
Étymologie des lieux-dits Perrignois
Choisey
Ce quartier de Perrigny correspond à l'actuelle zone comprise entre la route de Conliège et le chemin de Choisey[21]. Ce serait un lieu qui permet de voir, d'apercevoir, de guetter.
Marechode
Ce quartier de Perrigny correspond à l'actuelle zone délimitée par la rue de la Lathe, la rue de Jean Qui Vient et la rue des Rochats[21]. Il s'agit d'un terrain marécageux de mareschal « petit marais » du latin tardif mariscum.
Le Barille
Ce quartier de Perrigny correspond à l'actuelle zone située juste au sud du 800 rue de Chonay[21]. De barriculum « le tonnelier » ou « l'homme qui voiture le vin »[20].
Histoire
Âge du bronze
Une fibule datée du Bronze final fut trouvé « en Oiselay » ainsi qu'un « potin au sanglier », qui témoignent d'une présence gauloise[19].
Perrigny est cité dans un article répertoriant les épingles à tête cylindro-conique[22]. En effet, toujours au lieu-dit « en Oiselay », une épingle a été découverte le dans une vigne en compagnie d'ossements. S'agit-il d'une tombe ? Il s'agit d'un don de M. Gros[23]. Cette épingle est décrite « à tête massive et globuleuse [...]. Registre d'incisions circulaires, avec à sa base d'autres incisions obliques »[23].
En 2005, des fouilles archéologiques conduites par le service régional de l'Archéologie de Franche-Comté ont eu lieu à Perrigny, rue de la Lième, au lieu-dit « Les Plantées ». Elles ont révélé la présence de vestiges appartenant à un habitat de l'âge du Bronze final : une couche anthropique, des traces de fosses, l'implantation de trous de poteau et une structure de combustion à pierres chauffantes. La structure de combustion à pierres chauffantes mesurait 180 cm sur 120 cm. Des fragments de céramique attribués à cette époque ont été mis au jour dans plusieurs remplissages de fosses ou de trous de poteau. Il s'agit de céramique culinaire dont l'épaisseur varie entre 5 et 10 mm[24].
Une fouille a fait suite à celle de 2005, mettant en évidence, entre autres, 8 trous de poteaux, 3 vases-silos et 6 structures de combustion à pierres chauffantes. Ces dépôts anthropiques protohistoriques ont été trouvés à près d'un mètre sous terre[25].
Antiquité
Perrigny comptait une ou plusieurs villas rurales de l'époque gallo-romaine[18]. Étant sous le camp de Coldre, la présence de soldats de l'ancienne Italie à Perrigny est probable[26]. De plus, Perrigny se situe probablement dans un des domaines de la villa de Marcenay (commune actuelle de Pannessières), dont les plans attestent sa présence au Ier siècle[27].

Dans les champs appelé "au Clos" et "à la Charité", on trouve fréquemment des tuileaux à rebords, des décombres de bâtiments et des monnaies du haut et du bas empire.
La voie gauloise reliant Lons-le-Saunier à Orgelet, partait du quartier de Richebourg (à Lons-le-Saunier), tirait à Perrigny et descendait du centre de Perrigny contre la Vallière, qu’elle traversait sur le pont en face de l’éminence de Pontoux, remontait le cours de cette rivière sur sa rive gauche et passait au-dessous de Vatagna, pour aboutir à Conliège. Sa direction est marquée par le large sentier qu’on suit encore aujourd’hui. Entre ce chemin et le pied du Montaigu, se dessinent des ondulations de terrains connues sous le nom de « Saint-Martin » ou de « Chavenay ».
Moyen-Âge
Fief de Château-Renaud : dans le lieu-dit en Château-Renaud (à l'est de l'actuelle rue de Charrière)[21], existait une maison forte possédée par une famille noble de nom et d’armes, qu’il ne faut pas confondre avec une maison du même nom qui florissait en même temps à Château-Renaud, près de Louhans. Pierre de Château-Renaud signa, en 1147. comme témoin, une charte de Guillaume de Vienne.
Le titre le plus ancien qui mentionne Perrigny est un diplôme de l'empereur Frédéric-Barberousse, de l'an 1157, dans lequel ce village est recensé parmi les possessions de l'abbaye de Baume[28] et du domaine des Rois de Bourgogne[26].
Perrigny était du domaine des rois de Bourgogne et fit partie de la dotation de l'abbaye de Baume. Le doyen de ce monastère y exerçait la basse justice; la justice haute et moyenne appartenait à l'abbé et fut l'objet d'une réserve expresse dans l'inféodation de Montaigu, consentie en 1208, par l'abbé Thiébaud au comte Étienne II de Bourgogne. De graves difficultés s'élevèrent, à ce sujet, entre Renaud de Bourgogne (comte de Montbéliard et seigneur de Montaigu) et Simon (abbé de Baume). Le premier prétendait avoir seul le droit de publier le ban des vendanges à Perrigny et de percevoir les amendes résultant des contraventions à cette publication. Par un traité de l'an 1304, il fut convenu que le ban serait mis en commun par les officiers du comte et de l'abbé, et qu'en cas de désaccord entre eux, l'ouverture des vendanges serait fixée par 12 habitants notables du lieu et publiée à l'église; que le seigneur de Montaigu aurait seul la haute justice à Perrigny, mais qu'il ne pourrait recevoir dans sa commandise aucun sujet de l'abbé ou des religieux, ni acquérir aucun bien dans ce village.
Entre Perrigny et Pannessières se trouve un vaste territoire déjà qualifié, en 1313, de champ de bataille. Les fossés qui l’entouraient figurent dans les chartes sous le nom de Terreaux de la Bataille. Ces dénominations rappellent le souvenir du combat sanglant qui se livra dans l’Antiquité des deux côtés du camp de Coldres, ainsi que l’attestent les nombreux tumuli. Un quartier du village s’appelle au Villard, ce qui indique une origine romaine. Les terrains environnants étaient désignés sous le nom de Champs de Rome.
Le château de Perrigny est détruit puis reconstruit au XIVe siècle.
C’est dans la plaine au-dessous de Perrigny que le maréchal Jean III de Vergy convoqua, en 1394, toute la noblesse de Bourgogne pour marcher contre le seigneur de Beaujeu qui faisait des incursions dans la province.
Amé de Chalon, abbé de Baume, expose à Louis II de Chalon-Tonnerre, comte de Tonnerre, sire de Châtelbelin et de Montaigu, son neveu, qu'il devait avoir justice haute, moyenne et basse à Perrigny, y ordonner seul le ban des vendanges, instituer les sergents et les gardes des vignes; qu'au mépris de ses droits, les officiers de Montaigu étendaient leur juridiction sur les habitants de ce village, les condamnaient à des amendes arbitraires, les gageaient et les opprimaient de toute manière, se permettant même de recevoir les sujets de l'abbaye dans la commandise du prince. Louis de Chalon, qui était généreux jusqu'à la prodigalité, ne fit nulle difficulté de reconnaître les torts de ses agents, et, par un acte du , il déclara qu'à l'abbé, son oncle, et à ses successeurs, appartiendraient seuls la justice haute, moyenne et basse, même les exécutions à mort et les biens confisqués sur les criminels, et renonça à tous les droits qu'il pouvait avoir à Perrigny. Cet acte révèle deux faits importants : Amé de Chalon n'était point le frère de Louis de Chalon, comme l'indiquent tous les historiens, mais bien son oncle, et que Louis de Chalon jouissait déjà, au mois de , de Châtelbelin et de Montaigu, quoique ses biens eussent été confisqués par le duc de Bourgogne au mois de , et qu'ils ne lui eussent été restitués officiellement qu'au mois de . Il paraît que les volontés de ce prince ne furent pas respectées, car les seigneurs de Montaigu ont exercé la haute justice à Perrigny dès l'an 1413, comme l'avait fait Renaud de Bourgogne.
Fiefs de prévôté et autres : la prévôté de Perrigny fut inféodée héréditairement par l’abbaye de Baume à une famille qui prit le nom de ce village. Renaud de Perrigny, chevalier, vivait en 1240 ; Jacques de Preigney, chevalier, Jeannette et Vuillemet, ses enfants, et les fils d’Odin de Preigney, firent hommage de leur fief à l’abbé en 1323. Le domaine appartenant à cette famille se divisa et fut porté en dot aux familles de Boujailles et de Chaussin. Visin de Boujailles et Jean de Chaussin, écuyers, reprirent de fief de l’abbé Amé de Chalon en 1403.
Parmi les autres feudataires de l’abbaye à Perrigny, on trouve Jeannette, veuve d’Aymonin de l’Étoile, en 1322 ; Jean de Doucier, Eudes de Marigny, Guillaume le Forestier, Guillaume et Jean de Chalain, en 1353 ; Pierre Allemand, écuyer, de Perrigny, en 1475, comme ayant droit de Visin de Boujailles; Pierre Guyon, écuyer, sieur de l’Étoile, en 1494 ; Blaise de Visemal, écuyer, seigneur de la Sauge, au nom de Guillaume de Visemal, son neveu, en 1535 ; Sébastien de Blye, écuyer, de Conliège, en 1558, ces derniers comme acquéreurs de François de Chaussin.
Les temps modernes
Le lundi 18 septembre 1595, le connétable de Castille, Juan Fernández de Velasco y Tovar, fixa son quartier général dans le château de Perrigny lorsqu’il faisait le siège de la ville de Lons-le-Saunier, occupée alors par les troupes françaises[28]. Jean Grivel, seigneur de Perrigny et maire de Lons-le-Saunier, témoigne, dans son journal, de l'invasion de la Franche-Comté par Henri IV avec précision "Le lundi, 18 dudit mois de septembre, ledit Sieur Connestable [...] print son quartier au village de Perrigny, et fut loger en une maison appartenant à mon père"[29]. On croit qu’Henri IV occupa aussi ce château lorsque son camp était devant Conliège et qu’il signa la capitulation de Lons-le-Saunier[28]. Toutefois, Jean Grivel, ne mentionne pas cette occupation du château par Henri IV[29]. Plus tard, Jean Grivel leva le siège de Savigny car il « retira toutes ses troupes qui estoient logées aux villaiges de costé dudit Lons-le-Saulnier, comme à Montmorot, Macornet, Courbouzon et aultres circonvoisins, et les fit passer du costé de Perrigny pour joindre ses forces et les avoir plus près de luy »[29]. Il raconte « pendant ce long séjour, arriva audit Perrigny, le sieur Conseiller Galiot qui revenoit de Lyon, et estoit l'ung des trois conseillers qui avoient esté envoyés là »[29].

La seigneurie de Perrigny appartenait à la famille Grivel. Christophe Grivel fut maire de Lons-le-Saunier. Son fils Antoine Jean (de) Grivel, né à Lons-le-Saunier en 1564 était chevalier, conseiller-maître aux requêtes ordinaires du conseil privé des Pays-Bas en 1616. Il exposa aux archiducs Albert d'Autriche et Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche qu'il possédait à Perrigny, « du chef de ses ancêtres [...] un domaine en franc-alleu, c'est-à-dire en toute souveraineté et ne relevant d'aucun suzerain, mais en franc-alleu roturier, sans justice ni autres droits féodaux ». Jean Grivel « adressa aux archiducs une requête dans laquelle il leur demandait pour sa terre de Perrigny, "dont dépendait une fort belle tour et maison", de tenir d'eux en fief a haute justice sur tout le village, offrant de leur en faire hommage, ainsi que de son alleu et même des biens qu'il acquerrait »[29]. Les archiducs, heureux de pouvoir donner à ce savant magistrat un témoignage de leur reconnaissance pour tous les services qu’il avait rendus aux souverains d’Espagne, lui accordèrent la faveur qu’il demandait, par lettres patentes datées à Bruxelles le en France[28]. Il fut nommé conseiller au Parlement de Dole le avant d'acheter le domaine de La Muyre[28]. Il fut un éminent juriste puis mourut le à Bruxelles, et fut enterré à Sainte-Gudule[29].
Jean Grivel, seigneur de Perrigny, nous a laissé des annotations manuscrites en 1592 dans un des livres de sa bibliothèque[30]. Ce dernier et ses descendants eurent des contestations continuelles avec les abbés de Baume pour l’exercice de cette justice. L'un de ses fils, Albert Grivel, fut prieur de Saint-Désiré vers 1625.
En 1637, le village de Perrigny fut incendié par Henri II d'Orléans-Longueville (duc de Longueville) et ses habitants massacrés.
La maison la plus ancienne de Perrigny connue à ce jour date de 1641, on suppose qu'elle est la première maison reconstruite après ce tragique événement.
L’abbé Jean de Watteville céda à titre d’échange à ses religieux, le , tous ses droits sur Perrigny, même la justice. Par une transaction du , il fut convenu que Fleuri Gaspard de Grivel serait seul qualifié de seigneur haut-justicier, et que les religieux auraient le titre de moyens et bas-justiciers ; qu’ils nommeraient en commun les officiers nécessaires pour l’exercice de ces justices ; qu’il y aurait un greffe commun et que tous les émoluments se partageraient par moitié. Le chapitre pouvait nommer les gardes des bois et un tabellion particulier. Les sujets de la seigneurie devaient guet et garde au château de Montaigu où ils étaient "retrahants". Les meix dépendant de l’abbaye de Baume étaient seuls mainmortables.
Le comte Alexandre de Grivel, né en 1767 et décédé en 1838 fit une belle carrière militaire.
En 1784 et 1785, les échevins ont procédé à des visites des foyers et des cheminées. Les archives seigneuriales et celles des communautés villageoises ayant conservé les procès-verbaux en attestent le caractère annuel[31].
Époque contemporaine
Fief de la pitance : Jean Grivel, seigneur de Perrigny et de la Muyre, se distingua non seulement par les hautes dignités dont il fut revêtu et par les habiles négociations diplomatiques qui lui furent confiées, mais encore par la publication de ses décisions de jurisprudence qui firent longtemps autorité devant tous les tribunaux. Nous avons fait connaître ses descendants comme seigneurs de la Muyre à l’article Domblans; nous ferons seulement remarquer que Claude-Joseph-Nicolas Grivel, maréchal-de-camp des armées du roi, dont la mort est indiquée à la date du , ne mourut que le ; que Claude-Alexandre-Bonaventure-Fidèle de Grivel, l’un de ses fils, épousa Mademoiselle Joséphine de Ségur, et qu’Emmanuel-Alexandre-Claude-Joseph-Fidèle de Grivel s’allia à Mademoiselle Gabrielle de Varennes d’Aigletein. La série des seigneurs de la Muyre devra être rectifiée d’après ces nouveaux documents. Le château de Perrigny et sa chapelle de Notre-Dame de Consolation ont été vendus depuis plusieurs années par Élior de Grivel à Michel Prost. Le château fut alors rénové.


Le fief de la famille Lallemand était possédé, au moment de la Révolution, par le marquis de Moutier. Le clos de Chalon, qui appartenait aux seigneurs de Montaigu, celui de l’abbaye de Balerne, le clos de Pierre de Montaigu, les vignes et les maisons de l’aumônier, de l’infirmier, du petit chambrier de Baume et du prieur de Saint-Aldegrin, l’alleu de la famille Grivel, occupaient une partie du territoire. Les bois de Perrigny appartenaient exclusivement à l’abbaye de Baume. Les habitants n’y exerçaient que des droits d’usage et de pâturage, moyennant la redevance d’une livre de cire et de cinq sols de cens par ménage.
C'est dans des vignes au lieu-dit « la Charité »[33] qu'on découvrit en 1815 des pièces de monnaie à l'effigie de Justinien et de Faustine la Jeune et une statuette de Minerve. Elle était également appelée Perrina[34].
Le 8 février 1838, la construction d'aqueducs à Perrigny fut décidée[35].
Le , la population de ce village engagea une lutte violente contre celle de Montaigu, sur les bords de la Vallière. L'autorité municipale, accourue entre les deux camps, fut méconnue à un tel point que l'adjoint au maire fut jeté à l'eau. La gendarmerie de Lons-le-Saunier put seule mettre fin à ce combat qui dura plus de trois heures. Le motif de la querelle était l'usage des eaux pour l'irrigation des prés[28].
En 1839, une fonderie de 2e fusion fut ouverte sur le bord de la grande route puis remplacée par deux battoirs à blé (elle fut transférée à Lons-le-Saunier en 1853).
Le 5 avril 1841, des petites filles de Conliège firent une découverte sur le talus d'un fossé d'aménagement au bord du bois de Perrigny et à la distance de 422 mètres sud-ouest de l'église de Saint-Etienne-de-Coldre. Elles découvrirent un vase d'airain et un chaudron corrodé par l'oxyde. Ils contiennent des vases de bronze et de potin, de diverses formes, qui avaient dû servir au culte de quelque idole à l'époque du polythéisme. Il s'agissait de deux aiguières, une grande timbale, un bassin à bec et quatre cassolettes, dont deux à manches anaglyphiques. Sur ces manches figurent les têtes d'Ibis, des fleurs de Nymphéa, un lituus augural, un bélier, sculptés en bas-relief comme on en a trouvé à beaucoup d'autres vases de sacrifices païens, bien reconnus pour tels par les archéologues. Ces ustensiles, la plupart cassés, auront été probablement mis hors d'usage et enfouis, à partir de l'inauguration d'un autel du « vrai Dieu »[27].
Lors de la guerre franco-allemande, on suppose que des réquisitions de guerre ont eu lieu à Perrigny en 1870 et 1871[36]. Lors de cette guerre, Paul Pernod, François Chapeland et Louis Ramboz perdurent la vie. Ils reposent au cimetière communal.
En 1888, trois moulins existaient à Perrigny, ils appartenaient au prieuré de Saint-Désiré depuis l’union faite à son profit des biens et droits du prieuré de Chavenay-sous-Montaigu. L'un d'entre eux a subsisté jusqu'en 1920.

En 1896, M. Vulpillat devient maire de Perrigny[37].
Depuis 1848, l'église Saint-Jean-Baptiste est la chapelle du cimetière, à la suite de la construction d'une église plus récente lors de cette même période. Le cimetière fut justement agrandi entre 1893 et 1896[38].
Le village était autrefois desservi par la ligne de Lons-le-Saunier à Saint-Claude des chemins de fer vicinaux du Jura.
À partir du , jour de la déclaration de guerre, cent quatre hommes et jeunes gens perrignois sont partis vers leur dépôt, les uns dès la première heure, les autres successivement à mesure que l’on avait besoin d’eux sur le front ou à l’arrière.
Seconde Guerre mondiale
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le secteur résistant « Sans-Pitié » de Perrigny était dirigé par Jean Ricart. Perrigny était alors un gros village du canton aux portes de Lons-le-Saunier. Des populations souvent modestes, comme les ouvriers de Bel et les cheminots, s'installèrent alors... Son AS (= armée secrète) doit beaucoup à la proximité de la ville-préfecture. Dans celle-ci, la forte présence des services de Vichy et de l'occupant poussent les résistants à chercher des lieux plus discrets. Son chef, le lédonien Gédéon Rousselot, est d'ailleurs un des premiers résistants de la Préfecture.
En 1943, Léon Prost, grand personnage de la vie perrignoise (maire, chef de corps de la compagnie des sapeurs-pompiers, doyen du village ou même porteur de la flamme olympique), rentre à Perrigny et s'engage dans le maquis après avoir été fait prisonnier par les Allemands en Tunisie[39].
Les services historiques de la Défense recensent des décès de civils lors de la Seconde Guerre mondiale à Perrigny. Par exemple, le , Antoine Guilhen décède à 38 ans[40]. Plus tard, le , Henri Courtier décède à Perrigny à 38 ans lors de ce conflit, il est considéré lui aussi comme victime civile[41].

Jean-Paul Guyot et Dr Jean Michel
Le , Jean-Paul Guyot dit Guérin fut assassiné dans les bois de Perrigny aux côtés du Dr Jean Michel. Tout commence le quand Jean-Paul Guyot reçut une balle au foie[42] lorsqu'il attaqua, avec d'autres maquisards, deux soldats allemands (connus pour être tortionnaires) à Saint-Didier[43]. Le chef maquisard du groupe Guérin (Jean-Paul Guyot), est alors blessé. et ne peut se faire opérer avec le sommaire matériel présent à Saint-Didier. Il est alors transporté à l'hôpital de Lons-le-Saunier et se fait donc opérer par le célèbre Dr Jean Michel. Passée l'opération, le blessé est conduit par le chauffeur de taxi Jean Rivière (habitant de Perrigny, dont la mère habitait rue de la Batavarde)[44] chez ses parents à Beaulieu-Mandeure.
Cette opération est remontée aux oreilles de la Gestapo. Arrêté dans son lit, Jean Guyot, tout sanglant encore de ses blessures, fut ramené à Lons-le-Saunier puis, à l'issue d'un interrogatoire et de tortures, abattu dans les bois de Perrigny accompagné du Docteur Jean Michel le 27 avril 1944[42]. Le chirurgien résistant sera abattu de deux balles dans le dos le même jour lorsqu'il essaya de s'échapper. La date de décès de « Guérin » était indiquée comme étant le 27 avril 1944[45],[46] mais fut contredite par une source évoquant un décès le 24 avril (cette dernière concorde moins avec les faits antérieurs de résistance et l'opération)[47].
Auguste Grancher et le groupe "Gutt"
- Dans la nuit du mardi 30 mai au mercredi , Auguste Grancher, dit "Gutt", s'évade de la Milice de Lons-le-Saunier après avoir été torturé[48]. Il fut aidé par Monsieur Genevaud qui était au courant de son arrestation. Gutt quitta alors la Milice, localisée à l'actuelle 11 place de la Liberté, puis s'en alla discrètement par le chemin longeant la Vallière et le parc des Bains, puis passa probablement derrière l'actuel Intermarché afin de rejoindre Perrigny. À cette époque, un blockhaus est situé sous le pont marquant la délimitation entre Perrigny et Lons-le-Saunier[44]. Il a donc évité le blockhaus avant de se rendre chez Monsieur Michaud, qu'il réveilla en pleine nuit. Ce dernier habitait route de Conliège à hauteur de Baud JTD et aida Gutt à se restaurer, à se laver la figure à l'eau fraîche, le délivrer de ses encombrants bracelets[49] et lui aurait donné une paire de chaussures. Il reprend la route de Pont-de-Poitte dans la nuit mais les bruits de la nuit lui font croire à des poursuivants et il pique de nombreuses têtes dans le fossé jusqu'à arriver à Conliège. Selon un perrignois ayant connu Gutt, il se serait plutôt reposé à Revigny chez un ami. Il est alors "grillé" et décide de créer un groupe de résistants SOE : le groupe Gutt. Ce groupe était composé d'une trentaine de résistants dont des jeunes perrignois : André Bérardet (alias Ronflant), Georges Cordier (alias Cadet ou Totoche), Pierre Desprels (dit Pauvel), Robert Girardet, Gilbert Perrin et son frère, Jean-Louis Morand Morgen, Marcel Laxenaire et son frère ainsi que Paul Ramboz et Maurice Marillier.
Le capitaine André Bérardet alias Ronflant[50] était Perrignois, après avoir débuté des actions de Résistance lors de sa jeunesse, il entre dans la clandestinité, où il participe à des embuscades et autres actions dans le groupe d’Auguste Grancher, dont la libération de Lons-le-Saunier à 22 ans, le . Il aura décroché la croix de guerre, la médaille militaire et été nommé chevalier dans l’Ordre national de la Légion d'honneur et dans l’Ordre national du Mérite[51].
Du 8 au 11 juillet 1944, Perrigny fait partie des villages sinistrés par la 157ème Division de réserve de l'armée allemande[52]. En effet, Perrigny est occupé par les Allemands le 9 juillet 1944 dans le cadre de l'opération Treffenfeld. D'après les agents de renseignement des FFI, cela s'apparente à "un véritable pillage"[52],[53].
Le , à Perrigny, quelques personnes interrogées puis relâchées à la suite de la recherche infructueuse d'un jeune réfractaire au Service du Travail Obligatoire. Quatre maisons seront brûlées, celles des familles Perret, Laxenaire, Masson (dont Maurice alias Mathurin était réfractaire au STO) et Petot (garde-barrière), mais aucune victime. Plusieurs vols et pillages ont également eu lieu[53].
- Le 10 août 1944, c'est à Perrigny qu'André Léglise, membre des FFI du Louhannais, tombe dans les rangs du maquis pour la libération de la Bresse[52],[54].
- Le 25 août 1944, jour de la libération de Lons-le-Saunier, un rapport des Corps Francs de la Libération, groupe militaire résistant, décrit les scènes de guerre entre résistants et miliciens. Il y a eu notamment l'attaque du poste de Perrigny (milice) par la compagnie Léone (résistance)[52].
Depuis 1945
En 1948, la flamme olympique allant aux Jeux Olympiques de Londres est passée par le Jura, notamment par Perrigny, se trouvant sur le parcours. Monsieur Léon Prost, alors membre de l'association locale « l'alerte Saint Jean », porta, à 28 ans, le flambeau de Conliège au Pont de Perrigny[26], au niveau de la gare du Tram[39]. Le 11 janvier 1992, lors des Jeux olympiques d'hiver de 1992, Karine Chambard (15 ans) et Catherine Gerland (17 ans), demeurant à Perrigny font partie des 40 jurassiens qui eurent l'honneur d'acheminer la flamme dans la 29ème étape entre Besançon et Dijon, lors du passage des départements du Doubs et du Jura[26].
Le week-end du 3 et , Perrigny et Conliège ont accueilli la 18e Percée du vin jaune. Quelque 43 000 personnes se sont pressées dans les caves perrignoises. Jean-François Stévenin, ex-habitant du village, en était le parrain.
Le 30 janvier 2022, un classement des communes françaises dans lesquelles il fait bon vivre est publié dans le Journal du Dimanche. Perrigny est classé 52ème village français, et 2ème village franc-comtois, où il fait bon vivre d'après l'institut de sondage OpinionWay[55]. Les critères principaux comprennent entre autres la qualité de vie, la sécurité, la santé ou encore les commerces[56].
C'est le 27 novembre 2025 qu'un·e anonyme, ayant pour habitude l'achat mensuel d'un ticket à gratter de 5€, a gagné 500 000€ au bureau de tabac de Perrigny[57].
Politique et administration
L'histoire de la municipalité de Perrigny
Le (An II de la République) : réunion extraordinaire du Conseil Général de la Commune convoqué par le Citoyen-Maire, Jean-Louis Durand. L'objet de cette réunion est : invitation faite aux citoyens à s'unir pour la défense de la patrie afin d'identifier toute personne suspecte, prêtre insermenté ou personne laïque afin de faire procéder à leur arrestation. Simon Trouillot et Jean-Baptiste Trouillot (dit "Grand") sont considérés comme "gens très suspects et malveillants" et il convient d'en faire l'arrestation.
Août 1793 (16 fructidor An II de la République) : réunion du Conseil Municipal dans la « ci-devant Eglise » signifiant l'église d'auparavant (probablement l'Eglise du haut dont les détails sont abordés au chapitre Edifices et Sites). L'objet de cette réunion est : délibération sur la levée de 9 quintaux et 11 livres de sel aux Salines de Montmorot.

25 avril 1815 : réunion du Conseil Municipal conformément à la circulaire du Préfet et pour prestation de "Serment d'obéissance aux constitutions de l'Empire et fidélité à l'Empereur".
6 janvier 1816 : nomination de Jean-Louis Abriot, adjoint et « promesse de fidélité et dévouement faite à Sa Majesté Royale Louis XXVIII ».
1er mai 1826 : ouverture d'un nouveau registre pour servir à l'enregistrement des délibérations du Conseil Municipal.
6 mai 1827 : réunion du Conseil Municipal pour examen du projet de budget pour 1828 et fixation de la « rétribution pour coupe affouagère ». Il est important de noter qu'un Comte de Grivel était au Conseil Municipal de l'époque.
21 septembre 1827 : Ordonnance du Roi Charles X autorisant la commune à acquérir « une maison avec dépendances pour y placer la mairie et divers établissements d'une utilité locale ». Il s'agit probablement du bâtiment situé au 26 rue du Moulin, mairie au début du XXIème siècle et bâtiment de l'école primaire encore en 2023.
24 septembre 1828 : réunion extraordinaire du Conseil Municipal « à l'effet d'établir les bans des vendanges ».
4 avril 1835 : projet d'édification d'une nouvelle église.
12 avril 1836 : travaux supplémentaires à exécuter aux fontaines de Perrigny.
7 juillet 1926 : notification du refus d'installer un dépôt de liquides inflammables (pompe à essence) au profit de la Compagnie Industrielle des Pétroles pour le compte de M. Vulpillat, cafetier.
29 juin 1928 : ouverture d'une enquête (d'utilité publique) sur le projet d'exploitation du sondage n°4 de la Saline de Montaigu forée dans sa concession de Perrigny.
1931 : enquête auprès des cultivateurs pour le choix d'un emplacement parmi trois possibles pour l'installation d'un poids public. Les emplacements possibles sont : la Place devant chez M. M ; la Borne-fontaine de la rue du Château ; au niveau de l'emplacement du jeu de quilles.
27 octobre 1944 : rétablissement du Conseil Municipal et élection du Maire et de l'Adjoint[26].
Les pompiers de Perrigny
La compagnie des pompiers de Perrigny a été créée en 1880. Leur local se trouvait annexé à l'église dite "du Bas" [44]
Le 21 novembre 1880, Louis Trouillot, dotait la compagnie d'une pompe à bras. C'est le sous-lieutenant Germain Masson qui prit le premier commandement.
En 1885, le commandement passe à Désiré Billard, qui prend le grade de lieutenant de 1904 à 1910.
En 1893, un incendie fait deux morts à la suite d'un éboulement du château de Perrigny.
Dirigèrent la compagnie :
- de 1911 à 1920 : lieutenant Abel Masson ;
- de 1920 à 1946 : sous-lieutenant Ulysse Ramboz ;
- de 1946 à 1963 : sous-lieutenant André Crétin ;
- de 1963 à 1967 : sous-lieutenant Marcel Duchêne.
Succédèrent ensuite les adjudants Léon Prost, Paul Lizon et Pierre Roulin puis sous le commandement de Pascal Putod[26].
Liste des maires de Perrigny
Démographie
Recensement de la population
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[60]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[61].
En 2022, la commune comptait 1 535 habitants[Note 5], en évolution de +0,59 % par rapport à 2016 (Jura : −0,81 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
Économie

Horlogerie Lucien Terraillon
En 1921, la manufacture d'horlogerie monumentale « Terraillon et Cie » succédant à l'entreprise de Paul Odobez dirigée par Lucien Terraillon est transférée de Morez à Perrigny. Ce dernier y réalise une usine de premier plan « de l'air, de la lumière, un souci méticuleux de la propreté, des machines de haute précision, fonctionnant avec le minimum de force motrice des transmissions souples auxquelles les roulements à billes enlèvent toute dureté, des méthodes de travail en contraste absolu avec les vieilles coutumes d’autrefois, voilà ce qui caractérise l’usine de la Gravière »[64].
Un atelier de décolletage vint s'ajouter à l'horlogerie mécanique. La fabrication de grands carillons automatiques et à clavier est assurée par cette entreprise.
En plus de l’usine, il crée une cité ouvrière. C’est la grande époque du patronat paternaliste. Technicien de premier ordre, Lucien Terraillon est aussi homme d’affaires intelligent, et commerçant droit et précis. « C’était en même temps un homme aimable, un patron dévoué et consciencieux, toujours arrivé premier au travail »[64].
Encore de nos jours on peut admirer des horloges fabriquées à Perrigny comme l’Horloge du Théâtre de Lons-le- Saunier, de l'Hôtel-Dieu de Lons-le-Saunier, de l'église de Vatagna, du sanctuaire Notre Dame de la Salette en Isère[65], de la mairie de Chatillon-sur-Chalaronne ou encore de l'ancienne horloge mécanique de l'église du Montaigu[66]. On peut entendre les grands carillons automatiques et à clavier à Calais, à Bayeux, à Annecy (couvent de la Visitation), à Hombleux, à Isser en Algérie et jusqu'à Bethléem[26] . L'exportation représente une bonne part de la production de l'usine : en Espagne, au Portugal, au Mexique, en Océanie et même en Suisse[26].
L'entreprise finit par déménager à Revigny en 1942 avant d'importer des pièces américaines afin de constituer un atelier mécanique d'ultraprécision[64]. L'usine fut finalement cédée en 1970[26].
François Boiteux et la scierie Perrier
Né en en 1881, François Boiteux et sa famille arrivèrent route de Conliège dans une scierie « délabrée » en 1884[26],[65]. Il y avait sur place une machine à battre les céréales, un battoir d'écorce, un châssis à une lame (également appelé « manchote ») et un four banal. Dès l'arrivée de la famille à Perrigny, un châssis multiple fut installé, ainsi qu'une circulaire et une roue à auget. En septembre 1889, tout fut détruit par un grand incendie ayant fait deux morts (d'après leurs descendants), seul le châssis subsiste.
La reconstruction de la scierie donna lieu à une longue série d'inventions de nombreuses machines et de produits créés par François Boiteux. Il s'agit d'un perfectionnement du châssis des scies, puis des recherches sur le mouvement perpétuel. En 1893, une machine à vapeur fut installée à la scierie. En 1903, François Boiteux déposa un brevet pour une turbine à vapeur.
En 1908, il créa une fonderie de lapidaires, employant une vingtaine d'ouvriers pour tailler le verre. À cette époque, François Boiteux remet la scierie à son frère Arsène Boiteux : elle était composée de sept scies, d'une raboteuse, d'une dégauchisseuse et de deux machines à affûter.
Par ailleurs, en 1923, il fut le premier perrignois à faire l'acquisition d'une voiture et d'un poste TSF (Transmission Sans Fil). À cette époque, il fit don du terrain pour construire la gare des chemins de fer vicinaux à la commune.
Quelques autres inventions :
En 1925, il créa une machine à couper les baguettes de verre creuses , un aspirateur de fumée, ainsi que des produits d'entretien pour métaux.
En 1930, il créa une machine à poncer, percer, fraiser et meuler.
En 1931, il créa deux produits « RIKNIZ » pour entretenir les voitures.
Jusqu'en 1949, les inventions se succédèrent ainsi, tandis que la scierie fut vendue en 1942 à la famille Perrier dont la troisième génération perpétua l'entreprise jusqu'à sa fermeture en 2012.
Les descendants de François Boiteux habitent toujours Perrigny.
Autres entreprises
La fonderie Jean Larceneux est également une entreprise employant des perrignois située rue du Moulin, elle n'est plus en activité aujourd'hui[65],[67].
En 2015, 195 entreprises sont recensées dans la commune de Perrigny dont 132 entreprises de commerces et services (soit 67,7 %). Cette même année, le tissu économique de la commune est notamment composé de 61 entreprises de 1 à 9 salariés (soit 31,3 %) et 36 entreprises de plus de 10 salariés (soit 18,5 %).






