Année sans été consécutive à l’explosion du volcan Tambora en Indonésie en avril 1815. Pluies continuelles. Vendanges tardives dans le Nord de la France (). Mauvaise récolte entraînant la disette.
: lettre de Wellington signalant au roi Louis XVIII le danger de débats parlementaires mettant en péril «le budget sur lequel toute l’Europe est essentiellement intéressée»[5].
9-: le Margery, un bateau à vapeur acheté à Londres et rebaptisé Élise, traverse la Manche et remonte la Seine jusqu'à Paris. Le , il commence un service régulier entre Paris et Elbeuf, la première ligne de navigation à vapeur en France[6].
: suppression du divorce. Suivant le projet de loi (déposé par le vicomte de Bonald) visant, comme d'autres, à contrecarrer les transformations juridiques et sociales apportées « toutes ces dernières années », la nouvelle Chambre (ultraroyaliste, élue en , qualifiée alors d'introuvable par le roi agréablement surpris) abolit le droit au divorce par 225 voix contre 11[16]. Les instances en divorce pendantes sont converties en séparation de corps (le divorce est rétabli en 1884.)
: à la suite des troubles de Grenoble, une gigantesque visite domiciliaire est organisée à Montauban chez les suspects de Bonapartisme afin de saisir leurs armes. Elle vise avant tout les protestants[2]
: statut des agents de change à la Bourse de Paris, qui rélèevent désormais du ministère des Finances[17]. La côte de la Bourse de Paris comprend alors sept valeurs (38 en 1830, 260 en 1841)[18].
Juin
Dégradation du général Bonnaire.
: la déportation et la dégradation de la Légion d'honneur sont infligées au général Bonnaire[19].
Juillet
Construction du radeau de la Méduse, gravure de Jules Noël.
: naufrage de La Méduse, frégate partie de Brest pour rétablir la souveraineté française sur le Sénégal, à cause de l’inexpérience de capitaine, un émigré revenu en 1814. L’équipage et les passagers se répartissent entre les canots et un grand radeau. Une série de fausses manœuvres provoque la rupture des câbles entre le radeau et les canots. Les canots arrivent à bon port (). Le , on retrouve sur le radeau 15 survivants sur 150 embarqués. L’affaire est montée en épingle par la presse libérale pour souligner le favoritisme s’exerçant en faveur d’officiers incompétents, mais royalistes[20].
: des troubles frumentaires éclatent au marché de Castres; le maire est obligé de faire délivrer le grain au prix exigé[9].
: ordonnance qui ramène la Garde nationale sous l'autorité du maire dans chaque commune[21]. Le roi cède aux demandes des Alliés et diminue l’autorité de son frère le comte d’Artois qui avait en fait constitué un gouvernement parallèle appuyé sur des gardes nationales soigneusement épurées.
-: conférence de Londres, qui réunit les nations du congrès de Vienne, pour la création ligue maritime internationale contre la traite et la course, sans succès[22]. La France repousse les décisions prises à Londres pour la suppression des corsaires, espérant limiter la puissance maritime de la Grande-Bretagne[23].
et : élections législatives[2]. Elle se font sous le régime des collèges électoraux et modifient la répartition des tendances à la Chambre: les ultras passent de 350 à 100 députés (élus dans l’Ouest et dans le Midi), les constitutionnels passent de 30 à 150 députés (élus des grandes villes, du Centre et du Nord), les indépendants ou libéraux ont une dizaine de sièges. Le la loi électorale est modifiée[13]: les électeurs, réunis au chef-lieu de département forment un collège élisant directement les députés. Pour être électeur, il faut payer 300 francs d’impôts directs (environ 100 000 électeurs). Pour être député, il faut en payer 1000 (15 000 éligibles). Le parti des «doctrinaires» de Royer-Collard et Guizot arrive en tète de la majorité parlementaire. Il défend une certaine limitation de la puissance royale par les Chambres.
: trois cents carriers qui avaient formé le projet de se rendre au marché de La Ferté-sous-Jouarre pour faire baisser de force le prix des blés ne peuvent y parvenir à la suite de l'intervention du maire. Sur le marché de Poitiers, le peuple exige que le boisseau de blé soit taxé à 3 francs; l'insurrection est réprimée par une charge de cavalerie[9].
: trois attroupements se forment successivement à Villefranche-de-Rouergue pour s'opposer au départ de charrettes chargées de blé[9].
:
1 500 forgerons et couteliers s'emparent de trois charrettes de blé à Châtellerault dans la Vienne; des émeutes éclatent à Lussac le . Douze personnes sont arrêtées et déférées à la cour prévôtale[9].
1ernovembre: à Vendôme (Loir-et-Cher) des voitures de grains qui traversent la ville sont arrêtées et pillées par 1 000 à 1 200 personnes; le lendemain, les autorités font protéger le marché par les soldats et les gendarmes. Dans l'Indre, les marchés du début de novembre se déroulent plus grand tumulte[9].
: séance royale pour l'ouverture de la session parlementaire[15].
8-: insurrection à Toulouse contre l'augmentation du prix des grains. Le peuple empêche les convois de blé de sortir de la ville et enlève le blé en dessous du taux. Après l'intervention des dragons, les émeutiers se barricadent dans le faubourg Saint-Cyprien. Le calme revient le . 34 personnes sont arrêtés, dont des Verdets et des Fédérés[9].
: à Beauvoir en Vendée, une bande de paysans s'oppose à une expédition de grains sur Bayonne et Marseille; la libre circulation des grains est entravée dans la région[9].
:
la population empêche un embarquement de grains pour Bordeaux à Paimbœuf[9].
tumultes sur les marchés de Mayenne et de Laval; la gendarmerie doit intervenir[9].
: mouvement populaire à Niort contre les transports de grains[9].
: émeute à Château-Gontier; la foule oblige la municipalité à taxer le grain[9].
Décembre
: les soldats de la garnison de Lille, suivis par une grande partie de la population, obligent plusieurs marchands à vendre leurs pommes de terre à moitié prix[9].
123Gabriel Peignot, Précis chronologique du règne de Louis XVIII en 1814, 1815 et 1816, Renouard, (présentation en ligne)
1234Bertrand Goujon, Histoire de la France contemporaine. Monarchies postrévolutionnaires: (1814-1848), vol.2, Éditions La Martinière, , 446p. (ISBN978-2-02-109445-9, présentation en ligne)
↑Lazare Carnot, Tissot, Mémoires historiques et militaires sur Carnot, Baudouin Frères, (présentation en ligne)
↑J.-B. Duvergier, Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglemens, avis du Conseil-d’État, vol.20, Paris, A. Guyot et Scribe, (présentation en ligne)
↑Émile Littré, Auguste Comte et la philosophie positive, L. Hachette et cie, (présentation en ligne).
↑Alya Aglan et Philippe Verheyde, 1816 ou la genèse de la foi publique: la fondation de la Caisse des dépôts et consignations: [actes de la journée d'études organisée par le Conseil scientifique et historique de la Caisse des dépôts et consignations, le 15 avril 2005], Librairie Droz, , 200p. (ISBN978-2-600-01051-1, présentation en ligne)
↑Abdeljelil Temimi, Recherches et documents d'histoire maghrébine: L'Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine, 1816-1871, Revue d'histoire maghrébine, (lire en ligne)