Philibert Simond

personnalité politique française From Wikipedia, the free encyclopedia

Philibert Simond, né le 7 septembre 1755 à Rumilly (duché de Savoie, actuel département de Haute-Savoie), mort guillotiné le 13 avril 1794 à Paris[1], est un ecclésiastique et homme politique de la Révolution française.

Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
sarde (à la naissance), puis française
Activité
prêtre, homme politique
Faits en bref Député français, Naissance ...
Philibert Simond
Fonction
Député français
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
sarde (à la naissance), puis française
Activité
prêtre, homme politique
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Biographie

Famille

Son père, Louis Simond (1720-1780), est un maître-maçon[2] originaire d'une vieille famille de Samoëns, dans la province du Faucigny[3], remontant au XVe siècle[4]. Sa mère, Marie Lyannaz, est orpheline mais a hérité d'une part de la fortune de sa famille, des bourgeois installés à Rumilly, mais originaire d'un village voisin, Lornay[5]. Ceux-ci se sont mariés en 1751[5]. Ils ont trois enfants, Philibert et deux filles.

Louis Simond a cinq frères et sœurs dont Claude-Joseph (1714-1795), ordonné prête à Gruffy qui aura une certaine influence sur l'orientation de son neveu[2].

Formation et prêtrise

Après des études au collège et deux années de théologie à Rumilly, il se rend au Grand séminaire d'Annecy où il est ordonné prêtre le [6]. Il est ensuite nommé vicaire quelque temps au Petit-Bornand[6]. Simond se rend à Paris poursuivre ses études de théologie, de 1779-1781[7]. De retour en Savoie, alors possession de la maison de Savoie, il y répandit les idées nouvelles[8]. Mis à l'épreuve par son évêque, il n'est nommé vicaire dans l'ancien village de son oncle, Gruffy, qu'en 1784[9].

Exils

Considéré comme un agitateur, il fut menacé de prise de corps par le gouvernement sarde pour propagande révolutionnaire. Il dut s’enfuir à Genève puis à Strasbourg en 1790. Il y devint vicaire de l’évêque constitutionnel et membre du club des Jacobins et se fit remarquer par sa critique véhémente des autorités locales. Il réclamait la destitution du maire de Strasbourg Philippe-Frédéric de Dietrich. Lassées par ses excès oratoires, les autorités l’invitèrent à quitter Strasbourg, mais il vint se plaindre aux Jacobins à Paris. Résultat : le Conseil général de la commune fut suspendu. Philibert Simond fit un retour triomphal dans cette ville.

Le 24 décembre 1791, Simond adresse une lettre à Maximilien de Robespierre dans laquelle il dénonce le veto opposé par Louis XVI aux décrets contre les émigrés et contre les prêtres réfractaires[10]. Le 25 avril 1792, il dénonce, au club des Jacobins, les persécutions exercées contre les prêtres jureurs dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin[11].

Période révolutionnaire

La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Philibert Simond est élu député du Bas-Rhin, le neuvième et dernier, à la Convention nationale[12].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Il est « absent par commission » lors du procès de Louis XVI[13]. Le 29 novembre 1792, lui et ses collègues Henri Grégoire (député du Loir-et-Cher), Marie-Jean Hérault de Séchelles (député de la Seine) et Grégoire Jagot (député de l'Ain) sont envoyés en mission en Savoie pour y organiser les institutions du département du Mont-Blanc[14].

Le 13 janvier 1793, lui et ses collègues adressent une lettre à la Convention[15] :

Nous apprenons, par les papiers publics, que la Convention nationale doit prononcer demain sur Louis Capet. [...] Nous déclarons que notre vœu est pour la condamnation de Louis Capet, par la Convention nationale, sans appel au peuple.

Le même jour, ils adressent une lettre à Jean-Bon Saint-André (député du Lot), publiée dans le journal Le Créole Patriote[16] :

Cher Saint-André [...] ; votre opinion pour la mort du monstre est bien connue, vous y avez mis le courage et la constance du vrai républicain. Que tout le monde ne vous ressemble-t-il ? Nous avons cherché à vous imiter, et nous écrivons à la Convention notre vœu formel sur la délibération de demain. Il est pour la mort de Louis, sans appel au peuple.

Le 3 février, ils écrivent une lettre à Georges Danton (député de la Seine) pour lui confier « le net refroidissement de la population savoyarde à l'égard de la Révolution »[17].

Le 13 avril 1793, Philibert Simond est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[18]. Le 28 mai, il s'oppose à Maximin Isnard (député du Var), alors président de la Convention[19], et vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[20]. Le 22 juillet, il appuie la mise en arrestation du général Adam de Custine, proposée par Claude Basire (député de la Côte-d'Or)[21].

En , il fut envoyé à l’armée des Alpes avec Dumaz à la suite de l’invasion de sa province par les troupes piémontaises.

Rentré en novembre, ses relations avec Hérault de Séchelles et Danton, avec lequel il lança des appels à la modération, le rendirent suspect. Dans son fameux discours de « sur les crimes du gouvernement anglais », il accusait le gouvernement Pitt, partisan de la guerre à outrance – les dépenses pour la poursuite de la guerre venaient d’être votées à Londres – d’avoir des émissaires cachés à Paris dans les cercles rapprochés du pouvoir. Barère de Vieuzac avait du mal à faire oublier qu’il avait eu des liens avec Brissot et les Orléanistes, et il se sentit évidemment visé.

Simond demanda, en vain, le renouvellement du Comité de salut public et le départ de Barère de Vieuzac, son rapporteur inamovible et membre le plus ancien. C’en était trop et Simond dut se défendre au club des Jacobins de manœuvres contre-révolutionnaires dont l’accusèrent bruyamment les Exagérés à la demande de Collot d’Herbois et autres suiveurs de Barère. Ponctuellement, début , tous les courants de la Montagne tombèrent d'accord pour voter l'abolition de l'esclavage des Noirs. Le 16 pluviôse an II- , le soir, il participe avec enthousiasme au nom de l'Égalité avec Momoro et Maure aux débats de la séance du club des jacobins, censée prolonger la célèbre séance de la journée à la Convention. Il y est question des procédures d'admission des trois nouveaux députés montagnards de Saint-Domingue, Dufay, Mills et Belley. Alors que Momoro souhaitait exceptionnellement l'admission spontanée, Maure et Simond souhaitaient le maintien de la procédure réglementaire : être présenté par trois bons montagnards[Note 1]. Une visite à la prison à un prévenu d’émigration fut, pour le Comité de salut public, l’occasion de le faire arrêter comme complice de Danton, qui venait d’être cité dans le rapport – fort incomplet et parfois inexact – de Saint-Just sur les agents de l’étranger, mais immédiatement exploité par les Exagérés.

Philibert Simond fut enfermé à la prison du Luxembourg, mais ne fut pas jugé avec les Dantonistes, comme on pouvait s’y attendre. Il fut englobé dans une conspiration des prisons forgée de toutes pièces – la première d’une longue série préparée chaque fois par le Comité de sûreté générale, et dont le but était de permettre d’éluder les vraies raisons de la présence des accusés au Tribunal. Chargé par de faux témoignages selon lesquels avec Arthur Dillon et Lucile Desmoulins[Note 2] ils avaient monté un complot dans la prison, Simond fut condamné à mort le 23 germinal an II. Il n’eut pas le loisir de contre-attaquer et de s’étendre sur ce qu’il avait à dire sur Barère, un danger que ne voulait pas courir l’Anacréon de la guillotine : il fut exécuté, le lendemain, en même temps que Pierre-Gaspard Chaumette, Jean-Baptiste Gobel, la veuve d'Hébert, le général Arthur Dillon, Lucile Desmoulins et 23 autres condamnés. En tout, cette troisième fournée du « drame de germinal » fera 29 victimes.

Œuvres

  • Discours sur la situation politique de l’Empire français ()
  • Discours sur les crimes du gouvernement anglais contre le peuple français (24 nivôse an II)

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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