Sophia Chikirou
conseillère en communication et femme politique française
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Sophia Chikirou, née le à Bonneville (Haute-Savoie), est une femme politique française et conseillère en communication.
| Sophia Chikirou | ||
Sophia Chikirou en 2025. | ||
| Fonctions | ||
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| Députée française | ||
| En fonction depuis le (3 ans, 8 mois et 26 jours) |
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| Élection | 12 juin 2022 | |
| Réélection | 30 juin 2024 | |
| Circonscription | 6e de Paris | |
| Législature | XVIe et XVIIe (Cinquième République) | |
| Groupe politique | LFI-NUPES (2022-2024) LFI-NFP (depuis 2024) |
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| Prédécesseur | Pierre Person | |
| Conseillère régionale d'Île-de-France | ||
| En fonction depuis le (4 ans, 8 mois et 18 jours) |
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| Élection | 27 juin 2021 | |
| Circonscription | Essonne | |
| Président | Valérie Pécresse | |
| Biographie | ||
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Bonneville (France) | |
| Nationalité | Française | |
| Parti politique | PS (1997-2006) LGM (2007-2008) PG (depuis 2008[réf. nécessaire]) LFI (depuis 2016) |
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| Diplômée de | Université Panthéon-Sorbonne IEP de Grenoble IAE de Paris |
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| Profession | Conseillère en communication | |
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Militante socialiste de 1997 à 2006, Sophia Chikirou rejoint en 2007 La Gauche moderne, fondée par Jean-Marie Bockel. Après avoir créé le cabinet de communication Médiascop en 2011, elle prend part aux campagnes électorales de Jean-Luc Mélenchon. Elle devient lors de cette période l'une de ses plus proches conseillères.
Elle participe en 2017 à la création du site d'actualité Le Média et en assure la direction jusqu'à son départ en , dans un contexte de crise sociale, éditoriale et financière. En 2021, elle est élue au conseil régional d'Île-de-France.
Candidate de la NUPES dans la 6e circonscription de Paris lors des élections législatives de 2022, elle est élue dès le premier tour. Au sein de l'Assemblée nationale, elle rejoint le groupe La France insoumise. Elle est mise en examen pour « escroquerie aggravée » et « abus de biens sociaux » en 2024. Elle est réélue, une nouvelle fois dès le premier tour, lors des élections législatives de 2024 sous l'étiquette du Nouveau Front populaire.
Elle est candidate à la mairie de Paris lors des élections municipales de 2026.
Situation personnelle
Famille et formation
Sophia Chikirou naît le [1] à Bonneville en Haute-Savoie[2] et grandit à Scionzier[3]. Ses parents sont des Kabyles algériens[4]. Son père, ouvrier, aujourd'hui retraité à Béjaïa[5] en petite Kabylie, est un ancien militant de la Confédération générale du travail (CGT)[6].
Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble, d'études supérieures spécialisées en communication politique et sociale et titulaire d'un master 2 en ressources humaines et responsabilité sociale de l'entreprise à l'Institut d’administration des entreprises de Paris (IAE Paris)[7].
Vie privée
En , Mediapart écrit que Jean-Luc Mélenchon entretiendrait « une relation extra-professionnelle » avec elle[8]. Elle se trouve en effet chez celui-ci, au moment d'une perquisition policière le à 7 h. Celui-ci réagit en parlant « d'agression et d'ignominie » pour qualifier les révélations de Mediapart[9]. Il déclare également : « Elle n'est pas ma compagne[10]. » De son côté, Sophia Chikirou dément des rumeurs d'une telle relation en [11]. Jean-Luc Mélenchon précise ensuite qu'elle n'est pas sa compagne, « au sens fiscal du terme ». Il déclare, en effet, un statut civil de « célibataire » aux impôts[12].
Le , Le Point indique que Jean-Luc Mélenchon l'aurait présentée comme sa compagne, lors d'un dîner avec des amis, dès 2011[13]. À la suite de la publication par Closer de sa liaison avec Sophia Chikirou, Jean-Luc Mélenchon demande en référé le versement de dommages et intérêts de la part de Mondadori, qui édite l’hebdomadaire. En , il est débouté de sa demande[N 1] et condamné à verser 2 500 euros pour frais de procédure[14].
En 2023, Le Figaro évoque « un couple politique et conjugal »[15].
Parcours politique
Débuts au Parti socialiste (1997-2006)
À l'âge de 18 ans, en 1997, Sophia Chikirou adhère au Parti socialiste (PS)[2],[16]. Dans les années 2000, elle est proche de Caroline Fourest et signe dans ProChoix[17]. Elle défend des positions laïques et « cible une gauche repentante prête à se compromettre avec les islamistes »[4].
De 2002 à 2007[18], elle est assistante parlementaire du député socialiste du 20e arrondissement de Paris, Michel Charzat[1]. Elle est, à partir de , porte-parole de Laurent Fabius dans le cadre de la campagne de ce dernier pour être investi par les militants socialistes pour l'élection présidentielle de 2007[19]. Elle fait alors la connaissance de Jean-Luc Mélenchon, un autre soutien de Laurent Fabius[1].
Soutenue par Michel Charzat, qui ne peut pas se représenter du fait des cumuls des mandats, elle est candidate à l'investiture des militants du Parti socialiste pour la 21e circonscription de Paris pour les élections législatives de 2007[20]. Après la désignation de George Pau-Langevin, ancienne présidente du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), justifiée par le Bureau national du Parti socialiste au nom de la représentation à l'Assemblée nationale des Antillais vivant en métropole[2], Michel Charzat se présente en candidat dissident, Sophia Chikirou est sa suppléante. Après une campagne difficile, ils sont battus et exclus du Parti socialiste[21].
Passage à la Gauche moderne (2007-2008)
En , elle rejoint le mouvement La Gauche moderne[2], fondé par Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'État dans le deuxième gouvernement Fillon, à la suite de l'ouverture à gauche voulue par Nicolas Sarkozy. Elle explique qu'elle « n'adhère pas au programme présidentiel mais soutient la volonté de réforme de Nicolas Sarkozy »[4] et qu'elle avait « compris qu'il [Nicolas Sarkozy] avait gagné le jour où il a parlé d'un ministère de l'Identité nationale. Cette question de l'identité est centrale, il fallait l'affronter »[22].
Elle tente sans succès d'obtenir le soutien de l'UMP[pas clair] pour se présenter comme tête de liste de La Gauche moderne aux élections municipales de 2008 et quitte le mouvement en conséquence[23].
Ralliement à Jean-Luc Mélenchon (depuis 2008)

D'assistante parlementaire à directrice de la communication (2008-2019)
À une date inconnue, elle rejoint le Parti de gauche, fondé par Jean-Luc Mélenchon. Selon L'Obs, Sophia Chikirou aurait été brièvement et à deux reprises l'assistante parlementaire de Jean-Luc Mélenchon lui-même, fin 2010, indiquant son adhésion au parti à partir de cette période[24].
À travers sa société Mediascop, elle assure la communication des campagnes de Jean-Luc Mélenchon lors de l'élection présidentielle de 2012, celle de l'élection présidentielle de 2017 ainsi que pour la campagne de Manon Aubry lors des élections européennes de 2019[25].
Candidatures à des scrutins électoraux (2019-2022)
Elle se présente à un scrutin lors des élections régionales en juin 2021, où elle est tête de liste à Paris pour la liste menée par Clémentine Autain au niveau régional[26]. Sa liste obtient dans le département 11,74 % des suffrages exprimés et finit en cinquième position[27]. Après la fusion des listes de gauche, elle est figure en troisième position en Essonne sur la liste unifiée menée par Julien Bayou et élue conseillère régionale[28].
Sophia Chikirou se présente aux élections législatives 2022 dans la sixième circonscription de Paris investie par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale[29]. Cette circonscription couvre une partie du 11e arrondissement et 20e arrondissement de Paris. Sophia Chikirou est élue députée dès le premier tour le 12 juin avec 53,74 % des suffrages exprimés[30],[31].
Elle est élue à la fois à l’Assemblée nationale et au conseil régional d’Île-de-France alors qu'elle s'était engagée, comme tous les autres élus de son parti, à ne pas cumuler deux mandats. Elle met en avant la nécessité de garder un groupe Insoumis au conseil régional pour justifier ce cumul, lequel disparaîtrait en cas de démission du fait d'un nombre insuffisant d'élus[32],[33].
Députée de Paris (depuis 2022)
À l'Assemblée nationale, Sophia Chikirou siège à la Commission des Affaires économiques[34]. Avec le député Charles Rodwell (Renaissance), elle est désignée en 2023 rapporteure d'une mission sur les dispositifs de soutien à l’export et l’attractivité économique[35]. Parmi le groupe La France insoumise, Sophia Chikirou est considérée comme fortement influente[23],[36].
Réinvestie par le Nouveau Front populaire lors des élections législatives 2024, elle est élue au 1er tour avec 58,19 %[37].
En mai 2025, elle participe à la « marche du régiment immortel », un événement organisé à Paris dans sa circonscription pour commémorer la victoire des Alliés sur le nazisme. Selon Le Canard enchaîné, cette manifestation rassemble principalement des « militants pro-Poutine » portant un discours critique envers l’OTAN et l’Union européenne. Sophia Chikirou déclare avoir été invitée par le Conseil francilien du Mouvement de la paix et justifie sa présence par un hommage aux combattants de la Seconde Guerre mondiale[38] et Arrêt sur images révèle que le Canard enchaîné a en réalité confondu deux rassemblements distincts à Paris, à des heures différentes et organisé par des groupes différents. L’un des défilés — celui auquel Sophia Chikirou a assisté — était organisé par le Mouvement de la Paix, et non par les associations prorusses à l’origine de la marche pro-Poutine[39]. Le Canard enchaîné publie un autre article sur le même sujet la semaine suivante reconnaissant l'existence des deux manifestations distinctes, mais dit que les deux manifestations portent le même nom et sont organisées toutes les deux par des associations pro-russes, le Conseil francilien du Mouvement de la paix « reprenant nombre de thèmes de propagande chers au Kremlin »[40].
En juillet 2025, son rapport parlementaire sur les relations sino-européennes est jugé complaisant envers le régime de Pékin et reprend, selon Le Canard enchaîné, « la plupart des thèses défendues par Pékin »[41],[42]. Pour le sinologue Paul Charon : « Ce rapport est très positif pour les autorités chinoises »[43], Le Point évoquant « un rapport obséquieux envers Pékin »[44]. Des ONG affirment qu'il « passe sous silence les violations massives et systématiques des droits humains commises par le gouvernement chinois »[45]. En contradiction avec les consensus universitaire et international[46], Sophia Chikirou déclare en septembre 2025 que « la Chine n’est pas une dictature », mais plutôt « un système politique à parti » moins « unique » que « dominant », en référence au Parti communiste chinois[41],[43]. Elle affirme également que la liberté d’expression ne serait « pas plus menacée » en Chine — classée 178e sur 180 par Reporters sans frontières — qu'en France[46],[47].
Candidate à la Mairie de Paris
Le 14 novembre 2025, elle annonce sa candidature pour la Mairie de Paris en vue des élections municipales de mars 2026[48], soutenue par la France insoumise[49] malgré sa mise en examen et son procès prévu en mai suivant[50]. Autour du slogan est « Le Nouveau Paris Populaire », elle axe sa campagne sur la baisse du prix du logement dans la capitale et la création d'un « service d'éducation communal » pour renforcer la politique scolaire et périscolaire de la Ville de Paris[51],[50].
Avec un score de près de 12 % au premier tour, Sophia Chikirou arrive en troisième position de ses élections. Elle propose au candidat socialiste Emmanuel Grégoire de fusionner leurs listes[52], bien qu'au début de sa campagne elle ait dit à maintes reprises qu'il ne [fallait] pas qu'un socialiste soit maire de Paris[53]. Emmanuel Grégoire décline cette proposition, refusant toute alliance avec LFI[54]. Sophia Chikirou décide de maintenir sa candidature[55].
Carrière professionnelle
Fondatrice et dirigeante de Mediascop
En 2013, Sophia Chikirou et l'agence Mediascop s'impliquent au titre d'action militante[56] dans la communication de l'ancien trader Jérôme Kerviel[56],[21].
En 2014, elle participe à des campagnes politiques en particulier en Équateur[1] où elle suit une campagne du gouvernement contre la compagnie pétrolière américaine Chevron accusée de pollution dans la forêt amazonienne. Jean-Luc Mélenchon se rend aussi en Équateur pour suivre cette campagne internationale[21].
Au printemps 2016, elle observe sur le terrain la campagne de Bernie Sanders pour les primaires présidentielles du Parti démocrate américain[57]. Elle en retient la stratégie de contournement des médias traditionnels en développant la communication sur les réseaux sociaux, thème repris lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon dont elle est directrice de la communication. Elle initie la création du site Internet du candidat, L'Avenir en commun[58],[59].
Selon Le Monde, ces déplacements à l'étranger sont financés avec un contrat de 14 000 euros signé entre Mediascop et le député européen Jean-Luc Mélenchon, payés sur son enveloppe parlementaire. De plus, deux virements pour un total de 12 900 euros sont versés sur les comptes de Sophia Chikirou et de Mediascop par l’association Politique à gauche qui a pour objectif « la promotion et diffusion par tous les moyens des idées (…) de Jean-Luc Mélenchon ». Le premier virement de 8 400 euros est demandé par Jean-Luc Mélenchon afin de pallier le retard du versement des fonds issus de son enveloppe parlementaire. En 2023, cette avance de trésorerie n'est pas remboursée. Le deuxième virement de 4 500 euros, sur le compte de madame Chikirou, devait permettre la rédaction d’un livre sur la campagne de Bernie Sanders aux États-Unis, le projet est abandonné mais sans remboursement de cette somme à la date de septembre 2023[23].
Le Média
En 2017, Sophia Chikirou cofonde, avec Sébastien Vilgrain, Henri Poulain et Gérard Miller, Le Média[60], média en ligne dit « alternatif »[61], consistant notamment en la création et la diffusion d'un journal télévisé, lancé le . Après six mois de présidence, elle démissionne pour redevenir conseillère communication de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne des élections européennes de 2019[62], dans une mission de contact permanent avec le mouvement politique espagnol Podemos et garantir ainsi « l'indépendance » de la rédaction[63]. Pour Aude Lancelin, nouvelle responsable du Média depuis le , Sophia Chikirou « a été chassée par les salariés », qui ne supportaient plus son management brutal[64].
La présidence de Sophia Chikirou a fait l'objet de nombreuses critiques en interne au niveau de la gouvernance et de la gestion financière. Sophia Chikirou est favorable à un modèle économique avec une « diversification » des revenus notamment l'insertion de publicités d’annonceurs sélectionnés. Cette stratégie suscite des réticences de certains journalistes, notamment Aude Lancelin[63]. Sophia Chikirou reste alors néanmoins présidente de la société de production audiovisuelle du site Le Média[65].
Depuis son premier journal télévisé, Le Média est marqué par plusieurs départs[66] notamment en raison de désaccords sur le traitement du conflit syrien[63]. Sophia Chikirou suscite notamment de vives polémiques sur le sujet — elle défend le refus d'un chroniqueur de montrer des images de la Ghouta orientale, banlieue de Damas assiégée et bombardée, au prétexte qu'elles ne seraient pas vérifiables —, qui appellent des réponses de la profession, y compris de la direction de l'AFP[67],[68].
Intervenante sur BFM TV
En , BFM TV annonce que Sophia Chikirou interviendra une fois par semaine dans l'émission 19H Ruth Elkrief pour débattre pendant 12 min au nom de La France insoumise face à Alain Duhamel, comme d'autres personnalités telles qu'Aurélie Filippetti et Natacha Polony[69]. Contrairement à ce qui est annoncé par L'Obs[70], Marc-Olivier Fogiel, directeur de la chaîne d'info, précise qu'elle ne sera ni éditorialiste ni chroniqueuse. Elle ne sera pas salariée et aucune rémunération n'est prévue à ce stade[71].
Polémiques
Harcèlement moral au sein du Parti de gauche
En février 2017, la militante féministe Fatima Benomar publie un témoignage sur son blog[72] mettant en cause Sophia Chikirou, compagne de Mélenchon[73], dans une campagne de harcèlement moral interne au sein du Parti de gauche avec exclusion des actions militantes et interdiction officieuse d'approcher Jean-Luc Mélenchon[73],[74], dont elle réitère la dénonciation le 22 mai 2022 sur France Culture, dans l'émission Signes des temps[75] de Marc Weitzmann.
En septembre 2022, le magazine Marianne évoque l'affaire Benomar dans un article de Laurent Valdiguié :
« En témoigne l’épisode raconté dans un long article de blog par une militante féministe, Fatima Benomar. Lors de la campagne de 2012, brusquement et sans raison, celle-ci se retrouve exclue des actions militantes du parti. […] En 2015, alors que Fatima Benomar écrit un long mail à l’équipe de campagne pour protester, Sophia Chikirou lui répond par un message cinglant : « Pauvre fille… ne t’avise plus de m’écrire. Servir d’objet sexuel ne te donne aucun droit »[74]. »
Méthodes managériales au sein du site Le Média
En , la journaliste limogée Aude Rossigneux accuse Le Média d'une éviction et d'un management brutal[76],[77],[78].
En , un article de Mediapart décrit une situation de crise au Média, où une pétition se montait contre Sophia Chikirou, avant qu'elle démissionne, dénonçant ses méthodes managériales et son autoritarisme[79],[80].
Un reportage du magazine Complément d'enquête du 5 octobre 2023[N 2] relate ses propos de 2018 contre des journalistes du Média, qu'elle avait traités de « tafioles de merde »[82]. L'association SOS homophobie déclare le 3 octobre : « Si ces propos sont confirmés, ils doivent être condamnés avec clarté au plus haut niveau du parti politique de Sophia Chikirou et des sanctions fermes doivent être décidées »[83].
Partage d'un hommage au chef du Hamas
En août 2024, plusieurs députés du Parti socialiste reprochent à Chikirou d'avoir partagé sur son compte Instagram personnel un hommage à Ismaël Haniyeh, le chef du Hamas tué à Téhéran. L'Union des étudiants juifs de France annonce porter plainte pour apologie du terrorisme[84]. Sophia Chikirou réfute ces accusations, dénonce l'attaque du 7 octobre 2023 et indique : « Je ne soutiens pas le Hamas, ni sa branche politique élue à Gaza dont je ne partage en rien le projet islamiste[85]. »
Affaires judiciaires
Procès pour escroquerie Affaire Le Média
En 2018, juste avant son départ du Média, Sophia Chikirou a procédé à deux paiements, pour plus de 130 000 euros, à sa propre société, Médiascop, révèle Mediapart, information reprise dans un article du Point[86]. Le premier chèque, de 64 119,61 euros, aurait été honoré par la banque, mais le virement suivant a été bloqué[87]. Selon Le Monde, un accord entre Le Média et Sophia Chikirou annule sa réclamation concernant le paiement de la deuxième facture, en échange de l’absence de contestation de la première[23], mais cet accord est sans effet sur la procédure pénale[88].
Selon Mediapart : « Via sa société Mediascop, dont elle est l’unique actionnaire, la consultante Sophia Chikirou donnait des conseils à la présidente Sophia Chikirou »[89]. Des salariés anonymes du Média accusent Sophia Chikirou de facturer des « prestations sans réalité », et la nouvelle direction du Média, composée de Gérard Miller, Henri Poulain et Aude Lancelin, lui reproche de s’être rémunérée, alors qu’elle se présentait comme bénévole. Face aux accusations de malversation, Sophia Chikirou se défend en affirmant qu'elle était bénévole, en tant que présidente du Média, mais rémunérée comme conseil en stratégie. Elle affirme que les accusations contre elle sont de la « calomnie pure » et annonce porter l'affaire devant le tribunal de grande instance et demander un audit pour prouver sa bonne gestion[90],[91].
Selon Mediapart et Radio France, la direction du Média a déposé le deux plaintes contre X pour vol de matériel et de documents administratifs et financiers au sein de ses locaux, à Montreuil. D'après Mediapart, « même s'il s’agit de deux plaintes contre X, les éléments du dossier visent Sophia Chikirou »[92],[93],[23]. Un procès pour escroquerie est prévu le au tribunal judiciaire de Paris[94],[95],[96].
Affaire Mediascop
En 2017, la société Mediascop, dirigée par Sophia Chikirou est prestataire de services pour la communication de l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Le La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques mentionne que 54 600 euros auraient été indûment payés dans le cadre de cette campagne électorale et en envoie un signalement au parquet de Paris[97],[98],[99]. En , François Molins, procureur de Paris, indique que suite à l'ouverture d'une enquête : « les surfacturations dénoncées tendent à faire sérieusement suspecter l'existence de manœuvres délibérées destinées à tromper l'organe de contrôle aux fins d'obtenir des remboursements sans cause »[100].
Le , dans le cadre de l'enquête préliminaire sur les comptes de campagne de 2017 du candidat Jean-Luc Mélenchon, une perquisition est menée par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, au domicile de Sophia Chikirou[101]. Le , elle est interrogée, dans le cadre d'une audition libre, par les enquêteurs[101], pour « escroquerie, abus de confiance, infraction à la législation des campagnes électorales et travail dissimulé »[102].
Le , une investigation de Radio France relève des « facturations étonnamment élevées » de la part de la société Mediascop pour ses prestations lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Alors que les salaires des membres du staff du candidat se situaient entre 1 500 et 3 000 euros mensuels, Sophia Chikirou facturait 10 000 euros mensuels, en tant que directrice de la communication de la campagne. En plus de ces honoraires, Radio France soutient qu'elle aurait facturé de nombreuses petites prestations à des tarifs plus élevés que la moyenne, portant, sur l'ensemble des huit mois de campagne, sa facturation mensuelle autour de 15 000 euros. L'avocat de Sophia Chikirou affirme que « toutes les accusations portées contre Mediascop et madame Chikirou sont fausses »[103].
Le , Sophia Chikirou se défend sur BFM-TV lors d'une interview : « il n'y a pas eu de surfacturation, Mediascop n’a pas surfacturé, il n’y a pas d’enrichissement personnel, il n’y a pas eu de détournement de fonds publics »[104]. Cependant, la cellule investigation de Radio France maintient ses affirmations de surfacturation[59].
Un rapport d’expertise rendu aux juges d’instruction conclut que la rentabilité de la société Mediascop a bénéficié de façon exagérée de la campagne présidentielle de 2017, en livrant des prestations de communication d’un montant total de 1 161 000 € à l’association de financement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Sophia Chikirou s'est versé plus de 135 000 € de salaires et dividendes. Bercy mentionne aussi que Sophia Chikirou a perçu 28 200 € de Jean-Luc Mélenchon, et a déposé 17 850 € en espèces sur son compte bancaire[105],[106],[107].
En , elle est mise en examen pour « escroquerie aggravée » et « abus de biens sociaux »[108],[109],[110].
Synthèse des résultats électoraux
Élections législatives
| Année | Parti | Circonscription | 1er tour | Issue | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | |||||
| 2022 | LFI | 6e de Paris | 24 155 | 53,74 | 1re | Élue | |
| 2024 | 34 329 | 58,19 | 1re | Élue | |||
Élections municipales
Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste
Publication
- Ma France laïque, Paris, Éditions de La Martinière, , 230 p. (ISBN 978-2-84675-202-2)
Filmographie
Lawfare : le cas Mélenchon (documentaire), coréalisé avec Jean-Marie Vaude, 2019[112].