Sarah Knafo
femme politique française
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Sarah Knafo, née le aux Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), est une femme politique française d'extrême droite.
| Sarah Knafo | |
Sarah Knafo en . | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Députée européenne | |
| En fonction depuis le (1 an, 10 mois et 7 jours) |
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| Élection | |
| Circonscription | France |
| Législature | 10e |
| Groupe politique | ENS |
| Conseillère du 16e arrondissement de Paris | |
| En fonction depuis le (1 mois et 17 jours) |
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| Élection | 15 mars 2026 |
| Maire | Jérémy Redler |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Les Pavillons-sous-Bois (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | UMP (-) REC (depuis ) |
| Conjoint | Éric Zemmour |
| Diplômée de | Panthéon-Sorbonne IEP de Paris ENA |
| Profession | Auditrice à la Cour des comptes |
| Site web | sarah-knafo.fr |
| modifier |
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Énarque, magistrate à la Cour des comptes, elle dirige la campagne présidentielle en 2022 d'Éric Zemmour, dont elle est la compagne et l'une des principales conseillères. Elle est députée européenne depuis et siège au sein du groupe L'Europe des nations souveraines au Parlement européen.
Candidate à la mairie de Paris en 2026, elle retire sa liste en faveur de Rachida Dati pour permettre la victoire de la droite au second tour, néanmoins remporté par le candidat socialiste Emmanuel Grégoire. Elle devient à l'issue du même scrutin conseillère du 16e arrondissement de Paris.
Situation personnelle
Origines
Sarah Knafo naît le et grandit aux Pavillons-sous-Bois dans le département de la Seine-Saint-Denis au sein d'une famille juive marocaine, émigrée en France en après la guerre des Six Jours[1].
Études
Sarah Knafo suit une scolarité dans un établissement privé juif sous contrat, appartenant au réseau de l'Alliance israélite universelle[2]. Elle obtient son baccalauréat en [2]. Admise la même année en classe préparatoire en économie, méthodes quantitatives et gestion[2], elle prépare notamment le concours d'entrée du département D2 économie-gestion de l'École normale supérieure Paris-Saclay mais échoue[3]. Elle intègre finalement l'Institut d'études politiques de Paris en 2012 où elle obtient son master Affaires publiques en 2017[4]. Elle obtient également en 2015 une double licence d'économie et de science politique à l'université Panthéon-Sorbonne[5]. Vers ses vingt ans, elle participe le soir au cours de théâtre Cochet-Delavene[6].
En , après une première tentative[1], Sarah Knafo intègre l'École nationale d'administration (ENA), promotion Molière (-) encouragée selon Le Monde par Éric Zemmour[7].
Parcours politique
Premiers engagements à l'UNI et à l'UMP
Durant ses études à Sciences Po (-), Sarah Knafo rejoint l'Union nationale inter-universitaire (UNI), ainsi que l'association étudiante « Critique de la raison européenne » (CRE), qui défend des positions souverainistes et eurosceptiques[1],[6]. Dans ce cadre, elle rencontre Hubert Védrine, Jean-Pierre Chevènement, Régis Debray, Alain Finkielkraut et Marie-France Garaud[1].
Le Monde la dit « séduite par le sarkozysme de », époque à laquelle elle adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Elle rencontre Henri Guaino en , puis distribue des tracts parmi les Jeunes avec Guaino. Si elle laisse volontiers dire qu'elle a été sa « collaboratrice parlementaire », Le Monde précise que c'est « à la surprise de la véritable collaboratrice, qui ne l'a jamais vue au bureau »[1].
En , alors adhérente à l'UMP, elle se déclare favorable à la création d'une section étudiante du Front national à Sciences Po[8]. En vue de la primaire de la droite et du centre de , elle soutient Henri Guaino, qui ne se porte finalement pas candidat[7].
Stage en ambassade et haute fonctionnaire
En , durant sa scolarité à l'ENA, Sarah Knafo effectue un stage à l'ambassade de France en Libye, alors installée à Tunis[1]. Elle travaille sur les routes migratoires, puis valorise cette expérience lors d'un second stage à la Direction générale des Étrangers en France. Selon L'Express, elle aurait rédigé durant ces stages un « guide pratique » à destination de l'administration centrale, pour faciliter les procédures d'expulsion des clandestins[9], une affirmation démentie par « un patron d’administration [qui] assure au contraire qu’en quatre jours d’observation, elle n’a réalisé aucune contribution », selon Le Monde. Le journal rapporte par ailleurs le témoignage de nombreux mensonges effectués « les yeux dans les yeux », qui en font une personnalité « caméléon », capable de faire plaisir à ses interlocuteurs sans dévoiler son propre positionnement, parfois opposé[10].
En , son classement à la fin de ses études à l'ENA lui ouvre la porte des grands corps de l'État[11]. Elle devient auditrice à la Cour des comptes en [12]. Au printemps elle fait partie de la brigade qui contrôle les comptes annuels du palais de l'Élysée[1].
Au printemps , elle intervient à la préfecture de Seine-Saint-Denis en tant que « haut fonctionnaire en renfort Covid-19 ». Cette action lui vaut d'être décorée de la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement sur décision du préfet, Georges-François Leclerc[13].
Conseillère d'Éric Zemmour

En , elle est citée, aux côtés de Jacques de Guillebon, parmi les acteurs ayant contribué à l'organisation de la « Convention de la droite », dont Marion Maréchal et Éric Zemmour sont les têtes d'affiche et qui promeut une « union des droites »[14],[15],[16]. Depuis, elle apparaît, selon Le Monde, comme « la pièce maîtresse » du dispositif conduisant Éric Zemmour vers une candidature à la présidentielle de [1]. La presse relève qu'elle s'appuie sur un réseau composite : jeunes de l'Institut de formation politique, anciens de l'Union nationale inter-universitaire et militants de La Manif pour tous[17]. Elle contribue aussi à rapprocher Marion Maréchal d'Éric Zemmour[18].
Au début de l'année , L'Express indique qu'elle conseille Éric Zemmour depuis plusieurs années en vue d'une éventuelle candidature[19],[20]. Selon L'Obs, elle organise dans son appartement du Quartier latin des rencontres entre Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Marion Maréchal et Laurent Wauquiez[21].
A cette période, Sarah Knafo fonde avec le romancier Alexandre Galien l'association Alexandre & Aristote, qui propose une plateforme de conseils de lecture personnalisés[22]. Le nom de l'association fait référence à une citation de Charles de Gaulle dans son ouvrage Vers l'armée de métier : « Au fond des victoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote »[23]. L'association tisse notamment un partenariat avec la médiathèque du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis[24]. Après l'achat par le maire pour le compte de la médiathèque municipale de dix mille ouvrages recommandés par l'association, des bibliothécaires du Blanc-Mesnil, qui disent ne pas avoir été consultés à ce sujet, s'inquiètent du sens de ces acquisitions[25], en raison des liens entre Sarah Knafo et Éric Zemmour[24].
En , Mediapart décrit son rôle central au sein de l'équipe, révélant un « listing » de campagne et la qualifiant de directrice de campagne ; son intitulé officiel sera celui de « directrice stratégique de la campagne »[26],[7]. Elle perçoit pour ces fonctions un salaire d'environ 6 000 euros mensuels, selon L'Express[27].
En , elle quitte la Cour des comptes, après deux rappels à l'ordre par le secrétaire général[1] et une convocation du premier président, Pierre Moscovici ; ceux-ci lui demandaient de se mettre en disponibilité « pour convenance personnelle » au regard des règles de déontologie, en raison de son engagement politique aux côtés d'Éric Zemmour[28],[29].
En , Éric Zemmour déclare publiquement, à son sujet : « sans elle, il n'y aurait pas eu de campagne »[30].
En , elle fonde l'association Parents vigilants, un réseau mobilisant les parents contre ce qu'elle décrit comme une idéologie d'endoctrinement à l'école qui est accusé de menacer et harceler le personnel éducatif. Fin , le mouvement revendique 6 000 signalements et 75 000 membres[31],[32].
Députée européenne
Sarah Knafo est candidate en troisième position sur la liste de Reconquête aux élections européennes de 2024 en France , avec comme tête de liste Marion Maréchal[33],[34].
Durant la campagne, les médias évoquent des tensions. Marion Maréchal refuse la confrontation directe avec le Rassemblement national conduit par Jordan Bardella, tandis que le couple Zemmour-Knafo se rapproche des Républicains face à la montée du RN[35]. Reconquête ayant finalement dépassé le seuil des 5 % des voix et obtenu cinq parlementaires, Sarah Knafo devient députée européenne[36]. En raison de désaccords stratégiques aux élections législatives anticipées de , quatre autres élus, Marion Maréchal, Nicolas Bay, Guillaume Peltier et Laurence Trochu quittent le parti. Ils rejoignent le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), présidé par le parti Fratelli d'Italia de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni. Sarah Knafo reste membre de Reconquête[37].
Élue, Sarah Knafo siège au groupe L'Europe des nations souveraines (ENS), créé en et dont elle est vice-présidente[38],[39]. Ce groupe européen co-présidé par René Aust et Stanisław Tyszka et comptant des députés issus de huit états membres dont l'Alternative pour l'Allemagne (AfD)[40],[41], revendique sa qualité de souverainiste et eurosceptique ; il est décrit comme une formation d'extrême droite distincte des Patriotes pour l'Europe (PfE) menés par Jordan Bardella, et placée encore plus à droite (à l'extrême-droite absolue) de l'hémicycle[42],[43],[44],[45]. Parmi ses prises de position publiques au Parlement, Knafo a notamment indiqué avoir voté « pour » les deux motions de censure visant la Commission présidée par Ursula von der Leyen[38].
Selon La Croix, elle est devenue, en la « principale figure médiatique du parti Reconquête »[46].
Candidate à la mairie de Paris

Le , elle annonce au Journal de 20 heures de TF1 se porter candidate aux élections municipales de 2026 à Paris[47].
La forme de sa campagne électorale « Une ville heureuse » est un plagiat sur la forme de celle de Zohran Mamdani lors des élections municipales de 2025 à New York, avec un programme diamétralement opposé sur le fond dont « la haine en plus » selon El País[48],[49]. Pour la politiste Frédérique Matonti, « si sa campagne pour la mairie de Paris présente la députée européenne Reconquête sous un jour avenant et inoffensif, son programme, lui, avance une politique ultralibérale, consumériste et sécuritaire » typique de l'extrême droite. En mars, elle demeure toutefois créditée d'à peine 10 % dans les sondages, loin derrière Emmanuel Grégoire et Rachida Dati[50].
En , après un début de campagne très médiatisé avec une présence dans BFM TV, Le Parisien, France Inter, RTL, Paris Match, Le Figaro, Valeurs actuelles, Les Grandes Gueules, Le Figaro TV, France Info et CNews-Europe 1[51], elle décroche le prix du Trombinoscope « Révélation politique de l’année »[52],[53].
Le , lors du premier tour des élections, elle obtient 84 809 voix, soit 10,40 % des suffrages pour l’élection au Conseil de Paris, se qualifiant ainsi pour le second tour[54]. Pour l’élection à la mairie du 16e arrondissement de Paris, où elle est tête de liste, elle obtient 13 753 voix, soit 22,53 % des suffrages, en deuxième position derrière le maire sortant Jérémy Redler, qui remporte le scrutin dès le premier tour. Elle obtient ainsi quatre sièges et devient conseillère d'arrondissement[55]. Le , après le refus d'une fusion de listes par Rachida Dati, elle se retire du second tour de l’élection au Conseil de Paris afin de donner à la droite « toutes les chances de battre la gauche »[56]. Emmanuel Grégoire remporte néanmoins largement le scrutin[57].
Positionnement politique
Sarah Knafo est située à l'extrême droite de l'échiquier politique français, au sein de Reconquête. Sa ligne est décrite comme offensive, souverainiste et identitaire, avec une critique d'une Union européenne jugée trop intégrationniste et une volonté de se distinguer du Rassemblement national[58],[59],[60],[1],[61].
Prises de position
Budget de l'État
En 2025, dans le contexte du vote du budget de l'État 2026, Sarah Knafo défend un plan d’économies de 80 milliards d’euros et une baisse de 20 milliards d’euros des prélèvements obligatoires. Elle souhaite pour cela réduire les dépenses au niveau de l’aide publique au développement, des prestations non contributives accordées aux étrangers, telles que le RSA ou les aides au logement, du soutien public aux éoliennes, de la politique de la ville, ainsi qu'au niveau de plusieurs agences publiques comme l’Ademe, France Travail, ou l’Arcom[62],[63],[64].
Soutien du Bitcoin
En , elle prononce un discours en faveur de l'écosystème des cryptomonnaies devant les eurodéputés. Elle souhaite la création d'une réserve nationale de Bitcoins dans les États européens. Elle souhaite aussi permettre le développement de l'industrie du minage en Europe. Elle dénonce aussi le projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC) de la BCE, vu comme lié à des « tentations totalitaires »[65],[66].
En , elle participe à la conférence internationale annuelle dédiée au Bitcoin à Prague et rencontre Michael Saylor, fervent promoteur du Bitcoin et président de l'entreprise Strategy[67].
Réseaux et références internationales
Dans la continuité de son positionnement souverainiste et identitaire, Sarah Knafo développe des liens avec des réseaux conservateurs américains. À l'été , elle suit des cours au sein du Claremont Institute (en), en Californie, un think tank rassemblant des intellectuels proches de Donald Trump, et fait partie des réseaux « trumpistes » européens[68],[69],[70]. En , elle assiste à l'investiture de Donald Trump[69].
Au sein de ces réseaux conservateurs américains, plusieurs médias citent le Franco-Américain Jacob Helberg comme l'un des intermédiaires ayant facilité des contacts entre Sarah Knafo et l'entourage républicain, notamment lors de la séquence de l'investiture de Donald Trump en [70],[71].
Elle revendique une proximité de vues avec le « trumpisme », évoquant une « véritable convergence sur le fond » entre Reconquête et ce courant américain[72],[73]. Elle préconise par exemple, à l'instar du démantèlement par Trump de l'US Aid, de supprimer les subventions à l'Agence française de développement, en multipliant pour ce faire les mensonges, erreurs et approximations, et en faisant passer des prêts financés par des tiers pour des subventions payées par les contribuables français[74].
Ses prises de parole publiques font également référence à l'écosystème technologique américain et aux thématiques de « liberté d'expression » sur les plateformes numériques. En , elle publie sur X une vidéo saluant les initiatives d'Elon Musk à la tête du département de l'Efficacité gouvernementale et critiquant certaines dépenses de la Commission européenne, adoptant ainsi une rhétorique techno-souverainiste proche de celle des droites populistes américaines[75].
Vie privée
Vie sentimentale
Sarah Knafo est en couple avec Louis Sarkozy quand elle est étudiante et militante UMP[76],[10].
À partir de , Sarah Knafo est présentée par plusieurs médias comme la compagne d'Éric Zemmour[1]. En , lors d'une interview télévisée, Éric Zemmour officialise leur relation[77],[78],[79]. Sa relation avec la conseillère de 28 ans, d'origine juive nord-africaine comme lui et se disant de culture chrétienne, est mise au centre de la campagne présidentielle de 2022 où est elle omniprésente[80].
Plaintes pour atteinte à la vie privée
En , Paris Match publie en couverture une photographie prise lors de vacances représentant Sarah Knafo aux côtés d'Éric Zemmour. Le couple engage alors une action en justice pour atteinte à la vie privée[81],[82].
En , le magazine Closer publie un article affirmant que Sarah Knafo serait enceinte d'Éric Zemmour, information reprise par d'autres titres de presse people et que l'intéressée dément publiquement[83]. Sarah Knafo dépose alors plainte contre Closer, Public et Voici pour atteinte à la vie privée et atteinte à son image[84],[85].
Le tribunal judiciaire de Nanterre relaxe Paris Match en , considérant que les photographies relevaient d'un débat d'intérêt général[86],[87] (décision confirmée par la cour d'appel de Versailles en )[88]. Pour ce qui les concerne, Closer, Public et Voici sont condamnés en pour atteinte à la vie privée et au droit à l'image de Sarah Knafo[84].