Bataille de Palmyre (mars 2016)
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| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Tadmor et Palmyre |
| Issue | Victoire des loyalistes |
6 000 hommes[1] |
Inconnues |
194 morts au moins[2] 1 mort[3] |
417 morts au moins[2] |
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| Coordonnées | 34° 33′ 36″ nord, 38° 16′ 02″ est | |
|---|---|---|
La deuxième bataille de Palmyre a lieu lors de la guerre civile syrienne. L'offensive est lancée le par le camp loyaliste qui regroupe l'armée arabe syrienne, des milices chiites irakiennes, libanaises et afghanes, les Gardiens de la révolution islamique et les forces spéciales et aériennes de la Russie. Les loyalistes entrent dans la ville le 24 ou le et la reprennent à l'État islamique le .
Le , l'armée arabe syrienne lance une offensive dans le but de reprendre Tadmor — ou Palmyre — aux djihadistes de l'État islamique, qui s'étaient emparés de la ville le [4],[5]. Selon l'OSDH lorsque la bataille s'engage, Tadmor ne compte plus que 15 000 habitants, sur 70 000 avant le début du conflit[6]. L'armée syrienne engage les Forces du Tigre du général Souheil al-Hassan[7], Liwa Suqour Al-Sahara[7], la 67e brigade[7], la 18e division blindée[7], le PSNS[8], les Brigades du Baas[8], Quwat al-Jalil[9] et des milices des Forces de défense nationale[7]. Plusieurs milices chiites participent également aux combats ; le Hezbollah, le Harakat Hezbollah al-Nujaba, les Kataeb Hezbollah, les Brigades de l'imam Ali et l'Organisation Badr[7],[10]. Ces forces sont renforcées à partir du par les « Marines syriens » (Fouj Al-Mughawayr Al-Bahir)[11] et à partir du par des troupes iraniennes du Corps des Gardiens de la révolution islamique et par les miliciens afghans de la Brigade des Fatimides[12]. Les forces d'infanterie, initialement au nombre de 5 000 à 5 500 hommes[7], ensuite élevées à 6 000 le [1], sont soutenues par les avions et les hélicoptères russes et syriens[13],[14]. La Russie engage aussi les spetsnaz, ses forces spéciales, principalement pour des missions de repérages et de pointages de cibles[15]. Pendant les combats, l'aviation américaine engagée au sein de la coalition effectue également quelques frappes aériennes contre des positions de l'EI dans la région de Palmyre[16],[17],[18],[19].
Déroulement

- Zone contrôlée par le régime syrien et ses alliés
- Zone contrôlée par l'État islamique
Le , la ligne de front passe à 7 kilomètres de la ville[5]. Du 10 au , les forces loyalistes avancent de quatre kilomètres[20],[21]. Le , elles parviennent à s'emparer des collines de Hayal, au sud-ouest de Tadmor, dominant la ville[13],[22]. L'armée syrienne se trouve alors à 4 kilomètres au sud et à l'ouest de Palmyre[23]. Le 17, les djihadistes lancent une contre-attaque pour tenter de reprendre les collines[22],[24].
Le , Vladimir Poutine annonce le retrait d'une partie des forces russes en Syrie, mais l'aviation poursuit ses frappes en soutien à l'offensive loyaliste[22]. Le , le ministère russe de la Défense déclare que l'aviation russe mène 20 à 25 raids aériens par jour pour appuyer les forces loyalistes[25],[26]. L'agence Amaq, liée à l'État islamique, affirme de son côté que cinq soldats russes ont été tués dans les combats à Palmyre les 16 et , pour l'OSDH au moins un soldat russe est mort dans ces combats[27],[24]. Le , l'EI affirme également avoir tué six soldats de l'armée syrienne et plusieurs combattants du Hezbollah[27].

Le , les forces loyalistes lancent une nouvelle offensive sur Palmyre, mais elles sont repoussées par les djihadistes, quatre kilomètres avant d'atteindre l'ouest de la ville. Selon l'OSDH, au moins 26 « marines syriens » seraient morts[28]. Le media pro-Assad Al Masdar attribue la plupart des pertes à un tir fratricide russe[29], tandis que l'agence Amaq de l'EI affirme que 30 miliciens du régime ont été tués par un kamikaze[4]. Selon l'OSDH, à la date du , les forces aériennes russes et syriennes ont effectué 800 frappes à Palmyre[4]. Du 22 au , 146 frappes sont encore menées selon Moscou[19].
Le matin du , les forces loyalistes sont à deux kilomètres du côté sud de la ville et à cinq kilomètres du côté ouest. Elles prennent le contrôle du « triangle de Palmyre », une région au sud-ouest de la ville, et coupent les routes de Damas et de Homs, ne laissant aux djihadistes qu'une seule route d'approvisionnement, à l'est. L'État islamique envoie des renforts depuis Deir ez-Zor, mais la colonne subit des frappes des forces aériennes[30],[31].
Le matin du , les combats ont lieu à 2 kilomètres de Palmyre[32]. Les djihadistes appellent dans des haut-parleurs la population à évacuer la ville[6]. Dans la soirée, une tempête de sable s'abat à Palmyre et ses environs, limitant les interventions aériennes[33],[34]. Les forces loyalistes progressent lentement à cause de la présence de nombreuses mines mais arrivent aux abords de Tadmor par le nord-ouest et le sud-ouest[17],[35],[36],[37],[38],[39],[40],[41]. Elles prennent notamment le palais de Moza, qui appartenait à la famille royale du Qatar et était devenu un terrain d'entraînement pour les combattants de l'EI[17]. La coalition effectue également une frappe aérienne le même jour près de Palmyre[16],[17],[18],[19].

Le , les combats ont lieu près de l'hôtel Semiramis, à l'entrée ouest de Tadmor, près des ruines antiques[42]. Dans la matinée, les loyalistes reprennent également le château Qalat ibn Maan, à environ cinq kilomètres à l'ouest de la ville[43],[17],[44],[19]. Ils prennent également la Vallée des tombeaux et le quartier des hôtels et arrivent dans l'après-midi à quelques centaines de mètres du site antique[19],[34]. La citadelle retombe entre les mains des djihadistes avant d'être à nouveau reprise par les loyalistes le matin du [18].
Le matin du , les forces du régime syrien s'emparent de la localité d'al-Amariyah, au nord de Palmyre[45]. À la fin de la journée, elles contrôlent la moitié de Palmyre[46].
Durant la nuit du 26 au , la ville de Palmyre est presque totalement reprise par les forces loyalistes, y compris le site antique et les quartiers résidentiels. Selon l'OSDH, les chefs de l'État islamique donnent l'ordre à leurs troupes de quitter la ville, mais quelques combattants auraient refusé, décidés à poursuivre le combat. Les djihadistes se replient vers As-Sukhnah au nord-est et tiennent encore Al-Alianiyé, 60 kilomètres plus au sud. Quelques combats ont encore lieu en début de journée dans le nord et le nord-est de la ville, et à l'aéroport militaire, au sud-est. De leur côté, les unités d'ingénierie commencent à désamorcer les mines et les bombes, notamment à l'intérieur du site antique[47],[48],[49],[50],[51]. Selon l'OSDH, dans l'après-midi des combats ont toujours lieu à l'est et au nord-est de l'aéroport contre une trentaine de djihadistes décidés à combattre jusqu'à la mort[52]. Six djihadistes mènent des attaques-suicides en fin de journée, trois avec des véhicules piégés et trois autres avec des ceintures explosives[2].
Le , des combats ont encore lieu au nord-est de Palmyre et quelques combattants de l'EI seraient encore à l'intérieur de la ville[2].
Pertes
Selon l'OSDH, 32 djihadistes de l'EI sont tués les 10 et par les frappes russes dans les environs de Palmyre[53],[5],[54], ainsi que 26 civils tués dans une frappe contre un bus sur la route de Raqqa à Damas[13]. Le 19, au moins 70 frappes aériennes russes et syriennes ciblent Tadmor, tuant au moins 18 combattants de l'EI[55],[56]. L'OSDH recense également la mort de 26 soldats du régime le , dont un commandant de bataillon[57],[28], de 40 djihadistes et 9 soldats du régime le [32] et de 24 djihadistes et 18 loyalistes le [58]. Le , l'OSDH rapporte également qu'au moins 200 djihadistes de l'EI ont été tués depuis le début de la bataille[37]. Au matin du , le bilan est selon l'OSDH d'au moins 188 morts pour les forces pro-régime et au moins 400 tués dans les rangs de l'EI[47]. Le , le bilan de l'OSDH passe à 417 morts recensés du côté de l'EI et 194 tués du côté des forces pro-régime[2].
Al Masdar, un média pro-Assad, donne pour l'armée syrienne et ses alliés un bilan de 38 morts dans les combats du 11 au [59], 23 morts le [60], 17 morts et 26 blessés le chez les « marines syriens » à cause d'un tir fratricide russe[29].
Un officier des forces spéciales russes, nommé Alexandre Prokhorenko[61], chargé du pointage de cibles, est tué le . Selon l'armée russe, il aurait été tué par une frappe russe après avoir indiqué sa propre position alors qu'il s'était retrouvé encerclé par des combattants de l'EI[3],[62],[63],[64],[65].
Du côté des civils, environ 20 habitants auraient été tués par des tirs de missiles Grad, du 21 au , selon la Coordination rebelle de Palmyre[38].
Conséquences

La reprise de Palmyre et de ses ruines antiques est saluée le par Irina Bokova, directrice générale de l'UNESCO[66] et le par Ban Ki-moon, le secrétaire-général de l'ONU[67],[68]. Bien que la reconquête de Palmyre n'eût pas été possible sans le soutien de l'Iran et de la Russie, cette bataille est pour le régime syrien sa première grande victoire militaire contre l'État islamique. Pour Bachar el-Assad la victoire est également politique, alors que les négociations se poursuivent à Genève elle lui permet de se présenter aux yeux de la communauté internationale comme le « libérateur » de Palmyre et comme un rempart contre l'État islamique[69],[70],[71],[72].
