Bataille de Tall Abyad
From Wikipedia, the free encyclopedia
(19 jours)
| Date |
- (19 jours) |
|---|---|
| Lieu | Tall Abyad |
| Issue | Victoire des YPG, de l'ASL et de la coalition |
| Inconnues | Inconnues |
| 50 morts au moins | 125 morts au moins |
Batailles
- 1re Deraa
- 2e Deraa
- Homs
- Banias
- Telkalakh
- 1re Rastane
- Talbiseh
- 1re Jisr al-Choghour
- 1re Jabal al-Zawiya
- 1er Hama
- Lattaquié
- 2e Rastane
- 1er Zabadani
- Douma
- 3e Rastane
- 2e Zabadani
- 1er Qousseir
- 1re Azaz
- 1re Idlib
- Taftanaz
- 4e Rastane
- Nobl et Zahraa
- Tremseh
- 1re Damas
- Ghouta orientale
- Alep
- Al-Tel
- Menagh
- 1er Régiment 46
- 1re Maarat al-Nouman
- Cheikh Souleimane
- 2e Taftanaz
- 2e Hama
- Kuweires
- 1re Al-Chaddadeh
- 1re Yaaroubiyé
- 1re Raqqa
- 2e Qousseir
- 3e Qousseir
- Ras al-Aïn
- Daraya
- Maaloula
- 2e Azaz
- Mahin et Sadad
- 2e Yaaroubiyé
- 1re Tall Hamis
- 2e Raqqa
- 1re Jarablous
- Al-Manajir
- Otaybah
- Yabroud
- Markada
- Kassab
- 1re Khan Cheikhoun
- Rankous
- 1re Boukamal
- Tall al-Jabiyah
- 1re Deir ez-Zor
- 1re Kobané
- Ras al-Maara
- 2e Deir ez-Zor
- Al-Chaer
- Division-17
- Brigade 93
- 1re Tabqa
- Djezaa
- 2e Kobané
- Mabrukah
- 3e Yaaroubiyé
- 2e Jabal al-Zawiya
- Wadi al-Deïf
- 2e Tall Hamis
- Tall Tamer
- 2e Régiment 46
- Bosra
- Cheikh Hilal
- 2e Idlib
- Foua et Kafraya
- Bousra al-Harir
- Qalamoun
- 2e Jisr al-Choghour
- 1re Palmyre
- Al-Amr
- 1re Tall Abyad
- Sourane
- 1re Hassaké
- Brigade 52
- Aïn Issa
- 2e Hassaké
- 3e Zabadani
- Sarrine
- Sahl al-Ghab
- Malkiyé
- Al-Qaryatayn
- 1re Marea
- 1re Abou Douhour
- 3e Hama
- Al-Hol
- 1re Tichrine
- Cheikh Meskin
- 1re Tall Rifaat
- 2e Al-Chaddadeh
- Khanasser
- 2e Tall Abyad
- 2e Palmyre
- Al-Raï
- 2e Maarat al-Nouman
- 1re Tasil
- Qamichli
- 2e Tall Rifaat
- Khan Touman
- 3e Raqqa
- 2e Marea
- 1re Manbij
- 2e Tabqa
- 2e Boukamal
- 3e Hassaké
- Opération Bouclier de l'Euphrate
- 2e Jarablous
- 4e Hama
- 4e Raqqa
- 3e Palmyre
- Al-Bab
- Wadi Barada
- 4e Palmyre
- 1re Poche d'Idlib
- 2e Tasil
- 5e Hama
- al-Hamad
- 3e Tabqa
- Badiya
- al-Tanaf
- Aqareb et Maboujé
- 5e Raqqa
- 2e Poche d'Idlib
- 1re Al-Soukhna
- Ouqayribat
- 3e Deir ez-Zor
- 2e Abou Douhour
- Beït Djine
- Mayadine
- 3e Boukamal
- Afrine
- Khoucham
- 3e Poche d'Idlib
- 4e Boukamal
- 3e Deraa
- 1re Soueïda
- Al-Safa
- 4e Poche d'Idlib
- 2e Khan Cheikhoun
- Opération Source de paix
- Baricha
- Maarat al-Nouman et Saraqeb
- 2e Al-Soukhna
- 4e Deraa
- Al-Sinaa
- 2e Afrine et al-Bab
- Opération Griffe-Épée
- 4e Deir ez-Zor
- Offensive rebelle de 2024 en Syrie
- 2e Alep
- 6e Hama
- 2e Homs
- 5e Palmyre
- 2e Damas
- 2e Manbij
- 2e Tichrine
- Côte syrienne
- Jaramana et Sahnaya
- 2e Soueïda
- Rojava
| Coordonnées | 36° 41′ 50″ nord, 38° 57′ 18″ est | |
|---|---|---|
La bataille de Tall Abyad se déroule lors de la guerre civile syrienne. Après la bataille de Tall Tamer, les Kurdes lancent une offensive sur la ville de Tall Abyad, située entre Kobané et Ras al-Aïn. Soutenus par les frappes aériennes de la coalition menée par les États-Unis, les YPG et l'ASL atteignent la ville le et s'en emparent deux jours plus tard. Cette bataille est considérée comme la plus grande défaite stratégique de l'État islamique depuis la proclamation du califat un an plus tôt, la ville était un point de passage des djihadistes étrangers vers la Syrie et tenait un axe de la contrebande de pétrole vers la Turquie. Sa prise permet également aux Kurdes d'unifier leur territoire en assurant une continuité géographique entre le canton de Kobané et celui de Cizir[2],[3],[4],[5],[6].

- Contrôlé par l'État islamique
- Contrôlé par les YPG et ses alliés
- Contrôlé par les rebelles alliés aux YPG

- Zone contrôlée par les YPG, ses alliés et l'Armée syrienne libre
- Zone contrôlée par l'État islamique

- Contrôlé par l'État islamique
- Contrôlé par les YPG et ses alliés
- Contrôlé par les rebelles alliés aux YPG
Le , après la bataille de Tall Tamer, les Kurdes des YPG et les rebelles de l'Armée syrienne libre lancent aussitôt une offensive sur la ville de Tall Abyad, située au nord du gouvernorat de Raqqa, près de frontière turque. Leur objectif est de faire la jonction entre les forces engagées à Kobané et celles présentes dans le gouvernorat de Hassaké[7].
Le 31, soutenus par les frappes aériennes de la coalition anti-EI, les Kurdes et les rebelles s'emparent de quatre villages à l'est de Tall Abyad. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins huit djihadistes et trois combattants des YPG sont tués[8].
Le , selon l'OSDH, au moins 16 hommes de l'EI sont tués par les frappes de la coalition, puis quatre djihadistes et deux YPG sont tués dans les combats[9],[10]. Les Kurdes avancent encore, le huit djihadistes sont tués par la coalition[11]. Le 8, 14 djihadistes sont tués dans un combat dans le village d'Alya[12]. Le 9, les YPG sont à huit kilomètres de Soulouk, et l'EI perd encore sept hommes[13],[14].
Le , les YPG et l'ASL atteignent la petite ville de Soulouk, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Tall Abyad, et s'emparent de sa partie est. Les Kurdes se positionnent également à 10 kilomètres de Tall Abyad[15],[16],[17],[18]. Selon l'OSDH, l'EI perd au moins 33 hommes dans les combats du 11 au [19],[20],[21].
Le soir du , les YPG ont pris 20 autres villages et ne sont plus qu'à cinq kilomètres de Tall Abyad selon l'OSDH. Soulouk est quant à elle encerclée, les djihadistes abandonnent cette localité en laissant derrière eux des maisons piégées et des mines posées dans les rues, les Kurdes en prennent le contrôle pendant la nuit. Selon l'OSDH, les forces de l'État islamique dans la ville de Tall Abyad ne sont plus que de 150 hommes et ces derniers menacent de se retirer s'ils ne reçoivent pas de renforts[22],[23],[24],[25],[26]. Les forces de l'EI sont débordées et sont réduites à envoyer des unités de la police religieuse de Raqqa combattre à Tall Abyad[27].
Le , les Kurdes du canton de Kobané à l'ouest et ceux du canton de Cizir à l'est font leur jonction et coupent la route de Tall Abyad à Raqqa[26]. Les djihadistes reculent et détruisent derrière eux deux ponts dans deux villages au sud et au sud-ouest de la ville, ce qui n'empêche par les Kurdes et les rebelles d'avancer. Ces derniers atteignent Tall Abyad le et affrontent les forces de l'EI à un barrage à l'entrée sud-est de la ville[28],[29],[30]. Les djihadistes envoient un kamikaze avec un véhicule piégé sur un poste au sud-ouest de la ville, l'explosion tue quatre combattants des YPG et deux médecins. Cependant les Kurdes parviennent à entrer dans la ville, la coalition mène cinq frappes aériennes, et le matin du le quartier de Machour Tahtania, au sud-est, est conquis. Selon l'OSDH, au moins trois Kurdes et onze djihadistes ont été tués dans ces combats[31],[32],[33]. Puis dans l'après-midi, le poste-frontière de ville est pris à son tour[4]. Enfin dans la soirée, les Kurdes des YPG prennent le contrôle de la totalité de la ville, seules quelques petites poches de résistance restent tenue par une poignée de combattants de l'EI[34],[35]. Selon l'OSDH, les djihadistes tentent de se replier sur Ayn Isa au sud, mais ciblés par la coalition, 40 d'entre eux sont tués au cours de la retraite[36],[35].
Le 16 Tall Abyad est entièrement contrôlée par les forces kurdes et rebelles[37]. Les YPG poursuivent leur avancée dans les villages à l'ouest et au sud-ouest de la ville[38].
Les réfugiés
Le , au moins 2 000 civils, dont 686 déplacés irakiens, trouvent refuge en Turquie[7]. D'autres rejoignent les zones tenues par les YPG. Des vidéos prises par le Volcan de l'Euphrate montrent d'ailleurs des femmes retirer leur voile intégral immédiatement après leur arrivée en zone kurde[39]. Le 12, le nombre des réfugiés en Turquie monte à 13 500[15]. Cependant, le même jour la Turquie ferme sa frontière et repousse les civils[40],[22]. La frontière est finalement rouverte le en début de soirée[28]. 7 000 civils franchissent à nouveau la frontière dans la journée du 15[4]. Le 17, certains réfugiés commencent à regagner la ville[1],[41],[42].
De son côté le président turc Erdoğan fait part de son « inquiétude » face à la progression des forces kurdes et accuse ces dernières de violences contre les Arabes et les Turkmènes. Ces accusations sont rejetées par le commandement des YPG affirmant dans un communiqué que des « parties tentent à tout prix de porter préjudice aux victoires de nos forces ». Pour l'OSDH : « Il y a eu quelques incidents isolés, comme des maisons d'Arabes incendiées, mais on ne peut pas du tout parler de violences systématiques »[28].
Dans un rapport publié le , Amnesty International accuse les YPG de « crimes de guerre » pour avoir rasé des villages et chassé des populations arabes. Redur Xelil, porte-parole des YPG parle d'« accusation fausse, tout simplement ». Le commandement des YPG et des Assayech reconnaît des déplacements forcés qu'il ne qualifie cependant que d'« incidents isolés ». Amnesty réfute en revanche le terme de « nettoyage ethnique » et affirme que des Arabes et des Turkmènes continuent de vivre dans des territoires contrôlés par les YPG[43],[44],[45].