Bouvigny-Boyeffles

commune française du département du Pas-de-Calais From Wikipedia, the free encyclopedia

Bouvigny-Boyeffles est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Bovéniens. La commune est membre de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin.

Faits en bref Administration, Pays ...
Bouvigny-Boyeffles
Bouvigny-Boyeffles
La mairie.
Blason de Bouvigny-Boyeffles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Lens
Intercommunalité CA de Lens-Liévin
Maire
Mandat
Maurice Viseux
2026-2032
Code postal 62172
Code commune 62170
Démographie
Gentilé Bovéniens
Population
municipale
2 398 hab. (2023 en évolution de −0,21 % par rapport à 2017)
Densité 264 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 25′ 20″ nord, 2° 40′ 23″ est
Altitude Min. 68 m
Max. 192 m
Superficie 9,07 km2
Type Ceinture urbaine
Unité urbaine Béthune
(banlieue)
Aire d'attraction Lens - Liévin
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Bully-les-Mines
Législatives 10e circonscription du Pas-de-Calais
Localisation
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Bouvigny-Boyeffles
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Bouvigny-Boyeffles
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Bouvigny-Boyeffles
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Bouvigny-Boyeffles
Liens
Site web bouvigny-boyeffles.fr
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La commune de Bouvigny-Boyeffles (nom officiel depuis 1801), traversée par le Surgeon, située dans le sud-est du département du Pas-de-Calais à 11 km, à vol d'oiseau, à l'ouest de la commune de Lens, est une commune du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. C'est une commune de type ceinture urbaine, appartenant à l'unité urbaine de Béthune, avec une population de 2 398 habitants au dernier recensement de 2023.

L'histoire de la commune est étroitement liée à l'exploitation du charbon. Depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, parmi les 353 sites du bassin minier inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, un site se trouve dans la commune.

Cette commune est connue pour le mât de l'un des plus puissants émetteurs de radio-diffusion installés en France, d'une hauteur de 307 m, installé à 193 m.

À la suite de la Première Guerre mondiale, la commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918.

Géographie

Localisation

Localisée dans le sud-est du département du Pas-de-Calais, Bouvigny-Boyeffles se situe, à vol d'oiseau, à 7,4 kilomètres à l'ouest de Liévin, 10,9 kilomètres à l'ouest de Lens (chef-lieu d'arrondissement), à 11,6 kilomètres au sud de Béthune, à 16,3 kilomètres au nord-ouest d'Arras et à proximité de l'autoroute A 26 qui passe au nord-est[1].

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes. Les communes limitrophes sont Ablain-Saint-Nazaire, Aix-Noulette, Gouy-Servins, Hersin-Coupigny, Sains-en-Gohelle et Servins.

Géologie et relief

La superficie de la commune est de 9,07 km2[2].

Le relief, correspondant aux dernières collines de l'Artois au nord, varie de 68 mètres au nord-est, vers le « plat pays » des Flandres, à 192 mètres[2] au sud, au-delà d'un coteau boisé et abrupt haut d'environ 70 mètres. Au-delà de cette crête, le relief redescend plus doucement. Non loin au sud-est, en continuité de cette crête, se trouve la colline Notre-Dame-de-Lorette, sur le territoire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire, tristement célèbre pour les batailles qui s'y sont déroulées durant la Première Guerre mondiale. Le village de Bouvigny se trouve à une altitude d'environ 120 mètres, celui de Boyeffles autour de 100 mètres[3].

Cette côte de Vimy correspond à une faille (la faille de Marqueffles) qui a abaissé les terrains crayeux du nord par rapport à des terrains de même nature au sud[4]. Les terrains, sensibles à l'érosion, ont donc connu cette perturbation récemment (à l'échelle des temps géologiques).

Hydrographie

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie[5].

Il est traversé par deux cours d'eau :

  • le Surgeon est une rivière d'une longueur de 14 km qui a trois sources dont deux dans la commune, l'une est au hameau de Marqueffles et l'autre près de la villa d'Uzon, la troisième se trouve dans les étangs d'Aix-Noulette. Il coule vers le nord où il rejoint le Canal d'Aire à La Bassée au niveau de la commune de Cuinchy[6] ;
  • le fossé des quatre Hallots, d'une longueur de km, qui prend sa source dans la commune, se jette dans le Surgeon au niveau de la commune de Bully-les-Mines[7].
Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Bouvigny-Boyeffles[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[8]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[9]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[10] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du bassin Parisien » et « Côtes de la Manche orientale »[11]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[12],[13].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 879 mm, avec 13,1 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet[8]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à 21 km à vol d'oiseau[14], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 731,5 mm[15],[16]. La température maximale relevée sur cette station est de 41 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −16,3 °C, atteinte le [Note 2].

Paysages

La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 3],[17]. Ces paysages, qui concernent 205 communes réparties sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont constitués de 47,8 % de cultures, de 30,7 % d'espaces artificialisés, de 5,90 % de forêts et de milieux semi-naturels, de 5,20 % de prairies naturelles, permanentes, de 4 % d’espaces industriels, 3 % de friches industrielles, de 1,7 % de cours d'eau et plan d'eau et 1,6 % de terrils. À titre de comparaison, les cultures, qui ici, arrivent en tête avec 47,8 %, représentent 80 % des « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », ce qui montre l'importance des espaces artificialisés, industriels et de friches industrielles avec 37,7 % de ces paysages miniers[18].

Ces paysages miniers, terre de charbonnages, avec ses terrils, sont une des formes paysagères qui confère une identité forte à la région Nord-Pas-de-Calais et depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a eu jusqu’à 350 terrils et on en dénombrait encore 200 dans les années 2000. Aujourd'hui reconvertis en sites naturels, certains de ces terrils connaissent une nouvelle vie originale comme celui de Nœux-les-Mines transformé en domaine skiable[18].

Ces paysages s'articulent, d'ouest en est, autour de quatre grands pôles : le bruaysis et béthunois ; le lensois ; le douaisis et le valenciennois. Les principaux éléments qui structurent ces paysages de 80 kilomètres de long sur 15 kilomètres, dans sa plus grande largeur, sont, d’ouest en est, les cinq principaux centres urbains que sont Bruay-la-Buissière, Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, les autoroutes A1 et A21 et la ligne LGV Nord et les canaux, fleuve et rivières comme le canal de la Bassée, la Deûle, l’Escaut et la Scarpe[18].

Milieux naturels et biodiversité

La zone naturelle d'Ablain-St-Nazaire à Bouvigny est un espace remarquable préservé. Du fait de sa position sur le bord des collines de l'Artois, le dénivelé brutal de la cuesta a permis de conserver des zones boisées et cet espace n'a pas subi l'industrialisation de l'ancien bassin minier.

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.

Une partie importante de la commune est classée zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique : le coteau d'Ablain-St-Nazaire à Bouvigny-Boyeffles et bois de la Haie, ZNIEFF de type 1[Note 4], no 100)[19],[20]. Cet espace est en effet une zone d'intérêt remarquable caractérisée par la présence d'espèces animales et végétales rares : on peut y voir, en mai, des orchidées sur les coteaux calcaires[21]. La ZNIEFF s'étend sur 1 410 ha, sur plusieurs communes[22],[23].

Carte de la ZNIEFF sur la commune.

Urbanisme

Typologie

Au , Bouvigny-Boyeffles est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[24]. Elle appartient à l'unité urbaine de Béthune[Note 5], une agglomération inter-départementale regroupant 94 communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 6],[25],[26]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lens - Liévin, dont elle est une commune de la couronne[Note 7],[26]. Cette aire, qui regroupe 50 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[27],[28].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (68,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (58,5 %), forêts (18,8 %), zones urbanisées (12,9 %), prairies (9,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %)[29]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

Bouvigny-Boyeffles est composée de quatre parties : le Bourg, Boyeffles, Marqueffles, la cité de la Gare.

Le bourg est le centre historique et conserve les vieilles maisons de familles bovéniennes. Les constructions anciennes de Boyeffles ont été détruites et remplacées par des maisons modernes. Marqueffles était la partie rurale jusqu'à l'ouverture des mines de Gouy-Servins. Enfin, la cité de la Gare est la partie de Bouvigny-Boyeffles qui s'est le plus développée avec l'ouverture de la fosse 10 de la compagnie des Mines de Béthune[30].

Logements

En 2008, on dénombre à Bouvigny-Boyeffles 930 logements dont 892 résidences principales soit 95,9 % de l'ensemble des logements. Il n'y a qu'un seul logement occasionnel ou résidence secondaire. Le nombre de logements vacants s'élève à 34 soit 3,7 %. Sur l'ensemble de ces logements, on dénombre 927 logements individuels soit 99,7 % et 2 logements dans un immeuble collectif soit 0,3 %[31].

Projets d'aménagement

De façon à éviter que ne se répète l'épisode douloureux de la démolition de la chapelle de Marqueffles pour cause de manque de financement pour la remettre en état[32], et compte tenu de l'état avancé de dégradation de l'église[33], les travaux de réfection de cette église ont été décidés mi-2010[34] après la mobilisation de l'association « Sauvons notre église »[35].

Voies de communication et transports

Voies de communication

Juste au nord-ouest de la commune se trouve l'accès au péage de l'autoroute A26 Calais - Troyes et la jonction avec l'autoroute A21 ou « rocade minière ».

Différentes départementales irriguent la commune : la D 301 à Boyeffles, la D 165 à Bouvigny, la D 75 entre les deux.

Transports en commun

La commune de Bouvigny-Boyeffles est desservie par une ligne de « bus à la demande » du réseau Tadao, qui couvre un territoire de 750 km2 peuplé de plus de 610 000 habitants, incluant les agglomérations de Lens et Béthune et s'étendant de Leforest à l'est jusque Cauchy-à-la-Tour à l'ouest. Le réseau, exploité par la société Keolis, transporte plus de 15 millions de voyageurs chaque année[36].

La commune se trouve à km de la gare de Bully - Grenay, située sur la ligne d'Arras à Dunkerque-Locale, desservie par des trains régionaux du réseau TER Hauts-de-France[37].

La commune se trouvait sur l'ancienne ligne de Bully - Grenay à Brias et disposait de la gare de Sains - Bouvigny.

Risques naturels et technologiques

La commune est soumise à des risques d’inondation et de mouvements de terrain, avec de nombreux arrêtés de catastrophes naturelles (7 en 10 ans)[22]. Un PPR (plan de prévention des risques) Inondation a été réalisé sur le territoire. Le risque sismique est faible sur l'ensemble du territoire communal (zone 2 sur 5 du zonage mis en place en )[38], comme dans la majorité du Pas-de-Calais.

Toponymie

Bouvigny-Boyeffles

Bouvigny absorbe Boyeffles entre 1790 et 1794. La commune porte ensuite le nom de Bovignies et Bouvigny-Boyeffles depuis 1801[39].

Bouvigny

D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Bovenias en 1033 ; Bovenniaœ en 1109 ; Bouvennies en 1185 ; Boveniœ, Bovenies au XIIe siècle ; Boveignies (en 1225 ; Bouvegnies en 1261 ; Bowinies en 1305 ; Bouvingnies en 1347 ; Bouvegnies au XIVe siècle ; Bouvynies et Boieffles en 1430 ; Bouvignies au XVIe siècle ; Bovaigne-en-Gohelle en 1640 ; Bovuigny en 1768 ; Bouvignies-en-Gohelle au XVIIIe siècle ; Bouvigny en 1789 ; Bouvigny en 1793[40].

D'après la linguiste Marie-Thérèse Morlet, le nom de Bouvigny viendrait du flamand bowing (terre cultivée), du latin bovis bovin »), à l'origine du nom d'homme germanique Bovo avec le suffixe familial –ing[41] ou du latin bovaria, « étable à bœufs » puis « petite ferme ».[réf. nécessaire]

Boyeffles

Le nom de la localité est attesté sous les formes Boefe en 1219 ; Boeffe en 1297 ; Boefle en 1329 ; Boeffle en 1331 ; Boyeffle en 1425 ; Boueffles en 1489 ; Boieffe en 1507 ; Boeffles en 1515 ; Boiffles en 1597[40].

D'après Ernest Nègre, le nom de Boyeffles viendrait de l'anthroponyme germanique Baldulfis ou Baudulfus[42].

Histoire

L'homme de Néandertal occupe la région, à proximité d'Arras[Note 8], il y a 200 000 ans[43]. À partir de - 10 000 ans, l'occupation humaine autour de Béthune est attestée par différentes découvertes. À l'âge du fer, il y aurait eu des structures gallo-romaines à Bouvigny - Boyeffles ; des traces d'un temple et de ses annexes, plus récent, datant des premiers siècles apr. J.-C., ont également été trouvées[44].

Du Moyen Âge à l'époque moderne

En 1033, Bouvigny appartient en partie à l'abbaye Saint-Vaast d'Arras. Arras rayonne dans toute l'Europe aux XIe et XIIe siècles. En 1167, André de Paris, évêque d'Arras, y installe des bénédictins de l'abbaye de Nogent-sous-Coucy. On note au XIIe siècle l'arrivée des religieuses de l'abbaye de Notre-Dame-de-la-Brayelle à Annay. Les restes du cloître, vestige des temps anciens, ont disparu lors de la construction de la mine de Marqueffles au début du XXe siècle. En 1523, Charles Quint donne la part de dîme aux religieuses de l'abbaye des Dames d'Étrun. Bouvigny dépendait alors de la pairie d'Aix, tenue par l'illustre et royal lignage de la maison de Bourbon-Carency. Le seigneur de Bouvigny a justice vicomtière avec bailli, lieutenant et sergent[45].

La région se développe grâce à la richesse de ses terres agricoles. De nombreuses familles illustres se succèdent sur les terres de Bouvigny jusqu'à la Révolution. En 1789, Bouvigny fait partie du bailliage de Lens et suit la coutume d'Artois.

Quant à la terre de Boyeffles, elle appartient initialement aux seigneurs de Lens. Après avoir pris possession du fief de Willerval, les seigneurs de Boyeffles prennent le titre de seigneurs de Bouvigny. En 1507, la coutume de Boyeffles est rédigée, la terre est alors possession du châtelain de Lens et le seigneur y a justice vicomtière.

En 1366, à la suite d'accord entre l'abbaye de Nogent-sous-Coucy et l'abbaye de Notre-Dame-de la-Brayelle à Annay, les religieuses installent un prieuré et une ferme à Marqueffles. Sous la Révolution en 1789, le couvent fut fermé[46] après que la dernière abbesse fut guillotinée le .

Le , naît Ange François Le Bas qui sera le père de seize enfants dont le conventionnel Philippe-François-Joseph Le Bas.

Époque contemporaine

Carte postale ancienne montrant les deux puits en cours de fonçage en 1910
Les deux puits en cours de fonçage en 1910.
Carte de la zone rouge zoomée sur l'Artois
La zone rouge au niveau de l'Artois.

Début 1911, la fosse no 10 des mines de Nœux est créée pour permettre le prolongement du siège no 2 des mines de Nœux. Les travaux se poursuivent et le , on démarre le creusement du puits no 10bis. Les travaux s'arrêtent à cause de la guerre, le puits sera ensuite utilisé comme puits d'aération[45].

La ferme de l'ancienne abbaye de Marqueffles devient en 1908, le siège de la Compagnie des mines de Gouy-Servins et Fresnicourt Réunis. En 1910, deux puits sont créés qui, avec plus de 1 000 mètres chacun, sont parmi les plus profonds du bassin minier. La fosse est prête pour l'exploitation au moment où la guerre est déclarée[47]. En 1930, on arrête d'exploiter le charbon, la profondeur devenant trop importante et les boyaux étant constamment inondés par les eaux du Surgeon. La ferme est achetée en 1940 par les pères polonais de l'Ordre des Oblats de Marie-Immaculée qui la transforment en établissement scolaire. Puis, la ferme est revendue en 1955 aux sœurs de la charité de Roubaix qui en font une maison de colonies de vacances et de retraites. Enfin, en 1976, la ferme est transformée en maison de retraite, aujourd'hui l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, « Le Bon Accueil »[45].

La Première Guerre mondiale entraîne la destruction de près de la moitié de la ville voisine de Béthune et des trois quarts de celle d'Arras. Dans les arrondissements d'Arras et Béthune, 150 000 ha de terres sont stérilisés[48]. Bouvigny-Boyeffles en témoigne : sur le bois du Mont où l'on distingue encore les chemins des tranchées, plus aucun arbre ne s'élève dans la « zone rouge ». Il reste des blockhaus au chemin des loups entre Bouvigny et Gouy. Des inscriptions laissées par les soldats sont éparpillées dans le village sur les murs en pierre blanche qui n'ont pas été rénovés, ainsi qu'au presbytère côté jardin[49].

La commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918 par décret du , distinction également attribuée à 276 autres communes du Pas-de-Calais[50].

Politique et administration

Découpage territorial

La commune de Bouvigny-Boyeffles se situe dans le département du Pas-de-Calais et fait partie de la région Hauts-de-France. Elle appartient à l'arrondissement de Béthune de 1801 à 1961 puis à l'arrondissement de Lens depuis 1962[2].

Commune et intercommunalités

La commune est membre de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin.

Circonscriptions administratives

La commune est rattachée au canton de Houdain de 1801 à 1961, au canton de Liévin-Nord jusqu'en 1991, puis au canton de Sains-en-Gohelle[2] et depuis 2015 au canton de Bully-les-Mines.

Circonscriptions électorales

Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la dixième circonscription du Pas-de-Calais.

Élections municipales et communautaires

Compte tenu du nombre d'habitants, le nombre de membres du conseil municipal est de 19.

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Maire en septembre 1906 ? Constant Mahée[51]    
Les données manquantes sont à compléter.
1929 1934 Maurice Gouy   Boulanger
Maire en septembre 1939 ? E. Kaiser[51]    
Les données manquantes sont à compléter.
1945 1985 Marcel Lherbier[52]
(1911-2003)
PCF  
1985[réf. nécessaire] 1997 Louis Lamote[53]
(1920-2016)
PCF Psychotechnicien
1997 en cours
(au 30 avril 2026)
Maurice Viseux PCF Agent de maîtrise
Réélu pour le mandat 2014-2020[54],[55],[56]
Réélu pour le mandat 2020-2026[57],[58]
Réélu pour le mandat 2026-2032[59]
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Autres élections

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 Jean-Marie Le Pen, avec 19,48 % des suffrages, devançait Jacques Chirac (16,68 %) et Lionel Jospin (14,49 %). Au second tour, le résultat a été de 77,07 % pour Jacques Chirac (RPR), 22,93 % pour Jean-Marie Le Pen (FN), avec 80,49 % de participation[60].

À l'élection présidentielle de 2007 50,50 % des suffrages sont allés à Nicolas Sarkozy et 49,50 % à Ségolène Royal, contre respectivement 53,06 % et 46,94 % au niveau national, avec un taux de participation de 82,63 %. Au premier tour Nicolas Sarkozy obtenait 26,04 % des suffrages, Ségolène Royal 19,88 % et Jean-Marie Le Pen 17,77 %. François Bayrou (14,72 %), Olivier Besancenot (7,04 %) et Marie-George Buffet (5,04 %) étaient les seuls autres candidats à dépasser 5 %[61].

Aux élections régionales françaises de 2010 la liste conduite par Daniel Percheron (Union de la Gauche) arrivait en tête au second tour avec 49,54 % des suffrages, contre 27,24 % à Marine Le Pen (Front National), et 23,22 % à la liste de la majorité présidentielle conduite par Valérie Létard[62].

Jumelages

Au , Bouvigny-Boyeffles n'est jumelée avec aucune ville[63].

Équipements et services publics

Enseignement

La commune est située dans l'académie de Lille et dépend, pour les vacances scolaires, de la zone B.

Elle administre l'école maternelle Marie Curie et l'école élémentaire Pierre Curie[64].

La commune dispose également de deux établissements privés : l'école primaire Sainte-Thérèse[64] et le collège Saint-François[64].

Santé

Un institut médico-éducatif est installé à Bouvigny-Boyeffles[65] ainsi qu'une maison de retraite (de statut établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), « La Vie Active », à Marqueffles[66].

Le centre hospitalier le plus proche est situé à Béthune[67].

Justice, sécurité, secours et défense

La commune dépend du tribunal de proximité de Lens, du conseil de prud'hommes de Lens, du tribunal judiciaire de Béthune, de la cour d'appel de Douai, du tribunal de commerce d'Arras, du tribunal administratif de Lille, de la cour administrative d'appel de Douai et du tribunal pour enfants de Béthune[68].

Population et société

Démographie

Les habitants de la commune sont appelés les Bovéniens[69] et leur nom j'té : « Les saqueux d'cordelettes » ou « Les pêqueux d'fromache »[30],[Note 9].

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[70]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[71].

En 2023, la commune comptait 2 398 habitants[Note 10], en évolution de −0,21 % par rapport à 2017 (Pas-de-Calais : −0,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
612585673609656697685661655
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
660706745719724712703716769
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
8759581 1561 1501 8462 0961 3832 0052 126
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
1 9851 9272 0492 2162 3172 4392 4502 4482 442
Davantage d’informations - ...
2018 2023 - - - - - - -
2 3792 398-------
Fermer
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[72].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 2008, on ne dénombrait que 26 immigrés, soit 1,1 %[73] ; ce pourcentage est faible en regard du pourcentage de 8,4 au niveau national[74].

Pyramide des âges

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 31,7 %, soit en dessous de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 27,7 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 1 149 hommes pour 1 230 femmes, soit un taux de 51,7 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,5 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[75]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,7 
90 ou +
2,7 
4,9 
75-89 ans
9,1 
18,5 
60-74 ans
19,3 
24,4 
45-59 ans
22,9 
17,4 
30-44 ans
16,7 
15,6 
15-29 ans
13,7 
18,6 
0-14 ans
15,7 
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Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2022 en pourcentage[76]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,6 
5,9 
75-89 ans
9,1 
17 
60-74 ans
18,4 
20 
45-59 ans
19,1 
18,9 
30-44 ans
18 
18,2 
15-29 ans
16,2 
19,5 
0-14 ans
17,5 
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Manifestations culturelles et festivités

Comme de nombreuses villes de la région Nord - Pas-de-Calais, Bouvigny-Boyeffles organise chaque année des ducasses : dans le quartier de la gare en avril, et dans le quartier du centre en juillet et en novembre[77]. Par ailleurs, le comité des fêtes de Bouvigny-Boyeffles organise chaque année en décembre un marché de Noël.

Sports et loisirs

Depuis 2007, le « haras de Bouvigny » propose un enseignement de disciplines sportives et d'activités de loisirs[78]. Les Bovéniens disposent également d'un club de football et d'un club de tennis[79].

Le GR 145, qui rejoint le GR 127 au niveau de la commune de Rebreuve-Ranchicourt, à l'ouest de la commune, jusqu'à la commune de Marœuil, à l'est de la commune, traverse la commune de Bouvigny-Boyeffles d'est en ouest.

Cultes

Les habitants de Bouvigny-Boyeffles disposent d'un lieu de culte catholique : l'église Saint-Martin de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Martin en Artois du doyenné de Béthune-Bray, au sein du diocèse d'Arras[80].

Média

L'association bovénienne « Bleu Blanc Vert », créée le , publie le journal Les saqueux d'cordelettes[81].

Le quotidien régional La Voix du Nord publie une édition locale pour Lens-Liévin.

La ville est couverte par les programmes de France 3 Nord-Pas-de-Calais et les chaînes nationales de la TNT. Elle reçoit également la chaîne régionale Wéo émise depuis l'émetteur de la commune.

Économie

Revenus de la population et fiscalité

En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 18 633 , ce qui plaçait Bouvigny-Boyeffles au 10 216e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[82].

Emploi

En 2008, la population active totale de la commune s'élève à 364 personnes[83]. La répartition en fonction du secteur d'activité est assez différente de la répartition au niveau national, compte tenu d'une très forte proportion de la population travaillant dans les secteurs de l'administration publique et assimilés.

Répartition des emplois par secteur d'activité économique

Davantage d’informations Agriculture, Industrie ...
  Agriculture Industrie Construction Commerces, transports et services Administration publique, enseignement, santé, action sociale
Bouvigny-Boyeffles 1,1 % 4,9 % 3,3 % 15,0 % 75,7 %
Moyenne nationale 3,0 % 14,2 % 6,9 % 45,2 % 30,7 %
Sources des données : Insee[84],[85]
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.

En 2008, la population active parmi les Bovéniens s'élève à 1 129 personnes[86] dont 87 chômeurs, soit un taux de chômage de 7,7 %, nettement inférieur au taux national de 11,6 %[87].

Entreprises et commerces

La commune disposait depuis 1974 d'une entreprise de confection textile, mise en liquidation judiciaire le [88]. Au , le registre de commerce comptabilise 157 établissements commerciaux domiciliés à Bouvigny-Boyeffles[89].

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Patrimoine mondial

Depuis le , la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi les 353 sites, répartis sur 109 lieux inclus dans le périmètre du bassin minier, le site no 87 est constitué, sur les territoires de Sains-en-Gohelle et de Bouvigny-Boyeffles, de la cité pavillonnaire no 10[90],[91].

Autres lieux et monuments

photographie montrant le mat de l'émetteur de Bouvigny
Le mat de l'émetteur.
  • L'église Saint-Martin. Cette église fortifiée domine le centre du bourg. Construite vers 1820, son clocher est du XVe siècle. L'une de ses cloches, offerte par le prince de Ghistelles, due au fondeur Regeaud en 1786, et baptisée Philippine-Louise[92], est classée au titre d'objet à l'inventaire des monuments historiques depuis le . On raconte que pendant la fonte, la princesse de Ghistelles a jeté dans le métal des poignées d'écus et l'argent ainsi ajouté donnerait un son particulier à la cloche[93]. Dans cette église, on peut également admirer un panneau en bois peint au XVIe siècle, représentant la déposition du Christ, panneau classé depuis le à l'inventaire des monuments historiques[94].
  • Le presbytère fut en partie construit en 1772 dans le style des maisons hollandaises à pignons, puis modifié au XIXe siècle par Alexandre Grigny, architecte diocésain arrageois. Bien que touché par une grosse pièce d'artillerie en 1916, il a bien résisté au temps. La façade est surmontée de la statue de saint Nicolas[95].
  • La brasserie-malterie de Boyeffles dite brasserie-malterie Souplet est inscrite à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France. Construits dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les bâtiments ont été modifiés en 1917. En 1927, la brasserie produisait 20 000 hectolitres de bière de fermentation haute[96].
  • Le monument aux morts[97].
  • L'ancienne gare de Sains - Bouvigny située sur l'ancienne ligne de Bully - Grenay à Brias.
  • Sur le territoire de la commune, à 193 mètres d'altitude, est installé l'émetteur de Bouvigny-Boyeffles[98]. C'est un équipement de radio-diffusion constitué de matériel électronique et d'un mât d'une hauteur de 307 mètres. Cet émetteur est l'un des plus puissants émetteurs de radio-diffusion installé en France. Il couvre une grande partie de la région Nord-Pas-de-Calais.

Patrimoine culturel

Lors de la ducasse de Boyeffles, le , la municipalité baptise Tonton Bouvy, un géant que les enfants des écoles venaient de créer à la demande du comité des fêtes en 2005. Le nom a été choisi en mémoire d'Augustin Bonnel, grièvement blessé dans son moulin qu'il ne voulait pas quitter lors des bombardements de 1916 et qui devait mourir quelques jours plus tard à l'hôpital de Béthune[30].

Personnalités liées à la commune

Héraldique

Davantage d’informations Blason, Détails ...
Blason de Bouvigny-Boyeffles Blason
D'or au chevron d'azur accompagné de deux huchets de gueules en chef et d'une hure de sanglier contournée de sable, défendue d'argent et lampassée de gueules en pointe[100].
Ornements extérieurs
Croix de guerre 1914-1918
Détails
Ces armes, dessinées par Henri Mayeur au XXe siècle, sont celles d'une famille Bouvigny, bien qu'il n'y ait aucun lien avéré entre cette famille et le nom de la commune[101].
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
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Pour approfondir

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Bibliographie

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Nathalie Guillaume, Bouvigny Boyeffles : notre village, Foyer culturel de l'Houtland, (ISBN 978-2-907568-32-6)
  • Élisabeth Dubois, Bouvigny-Boyeffles : dans le froid et dans la boue, Comité historique de Bouvigny-Boyeffles, , 185 p. (ISBN 978-2-907568-32-6)
  • Ouvrage collectif, Dictionnaire du Nord et du Pas-de-Calais, Paris, Jacques Marseille Larousse/VUEF, Pays & Terre de France, , 895 p. (ISBN 2-03-575098-9), p. 154
  • Guy Dubois et Jean Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais. Tome I,

Ouvrages consultables aux archives départementales du Pas-de-Calais[102] :

  • B. Delengaigne, Bouvigny-Boyeffles. Recueil photographique, Bouvigny-Boyeffles, Comité historique de Bouvigny-Boyeffles, 2017.
  • É. Dubois, Étude cadastrale de Bouvigny-Boyeffles pour les propriétés bâties de 1818 à 1965, pour les propriétés non bâties pour l'année 1818, Bouvigny-Boyeffles, Comité historique de Bovigny-Boyeffles, 2007.
  • N. Guillaume, Bouvigny-Boyeffles notre village, Steenvoorde, Foyer culturel de l'Houtland, 1994.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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