Servins
commune française du département du Pas-de-Calais
From Wikipedia, the free encyclopedia
Servins est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Servinois. Sa population est de 1 147 habitants au recensement de 2023. La commune est membre de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin.
| Servins | |||||
La chapelle Hannedouche, classée monument historique. | |||||
Blason |
|||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Hauts-de-France | ||||
| Département | Pas-de-Calais | ||||
| Arrondissement | Lens | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération de Lens-Liévin | ||||
| Maire Mandat |
Nadine Ducloy 2020-2026 |
||||
| Code postal | 62530 | ||||
| Code commune | 62793 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Servinois, Servinoises | ||||
| Population municipale |
1 147 hab. (2023 |
||||
| Densité | 180 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 24′ 33″ nord, 2° 38′ 19″ est | ||||
| Altitude | Min. 135 m Max. 183 m |
||||
| Superficie | 6,36 km2 | ||||
| Type | Bourg rural | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Lens - Liévin (commune de la couronne) |
||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Bully-les-Mines | ||||
| Législatives | Dixième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
| |||||
| Liens | |||||
| Site web | servins.fr | ||||
| modifier |
|||||
Le patrimoine architectural de la commune comprend trois monuments qui font l’objet soit d’un classement ou soit d'une inscription au titre des monuments historiques : l'église fortifiée Saint-Martin, la chapelle Hannedouche et la croix en pierre.
Géographie
Localisation
Localisée dans le sud-est du département du Pas-de-Calais, Servins est une commune située, à vol d'oiseau, à 10 km à l'ouest de la commune de Liévin et à 14 km à l'ouest de la commune de Lens (aire d'attraction et chef-lieu d'arrondissement)[1].
Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de sept communes. Les communes limitrophes sont Bouvigny-Boyeffles, Camblain-l'Abbé, Estrée-Cauchy, Fresnicourt-le-Dolmen, Gouy-Servins, Hersin-Coupigny et Villers-au-Bois.
Géologie et relief
La superficie de la commune est de 6,36 km2 ; son altitude varie de 135 à 183 mètres[2].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Artois-Picardie[3]. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[4],[Carte 1].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[7] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du bassin Parisien » et « Côtes de la Manche orientale »[8]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 796 mm, avec 1,3 jours de précipitations en janvier et 9,5 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à 21 km à vol d'oiseau[11], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 731,5 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 41 °C, atteinte le ; la température minimale est de −16,3 °C, atteinte le [Note 2].
Paysages
La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 3],[14]. Ces paysages, qui concernent 205 communes réparties sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont constitués de 47,8 % de cultures, de 30,7 % d'espaces artificialisés, de 5,90 % de forêts et de milieux semi-naturels, de 5,20 % de prairies naturelles, permanentes, de 4 % d’espaces industriels, 3 % de friches industrielles, de 1,7 % de cours d'eau et plan d'eau et 1,6 % de terrils. À titre de comparaison, les cultures, qui ici, arrivent en tête avec 47,8 %, représentent 80 % des « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », ce qui montre l'importance des espaces artificialisés, industriels et de friches industrielles avec 37,7 % de ces paysages miniers[15].
Ces paysages miniers, terre de charbonnages, avec ses terrils, sont une des formes paysagères qui confère une identité forte à la région Nord-Pas-de-Calais et depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a eu jusqu’à 350 terrils et on en dénombrait encore 200 dans les années 2000. Aujourd'hui reconvertis en sites naturels, certains de ces terrils connaissent une nouvelle vie originale comme celui de Nœux-les-Mines transformé en domaine skiable[15].
Ces paysages s'articulent, d'ouest en est, autour de quatre grands pôles : le bruaysis et béthunois ; le lensois ; le douaisis et le valenciennois. Les principaux éléments qui structurent ces paysages de 80 kilomètres de long sur 15 kilomètres, dans sa plus grande largeur, sont, d’ouest en est, les cinq principaux centres urbains que sont Bruay-la-Buissière, Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, les autoroutes A1 et A21 et la ligne LGV Nord et les canaux, fleuve et rivières comme le canal de la Bassée, la Deûle, l’Escaut et la Scarpe[15].
Milieux naturels et biodiversité
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique
L'inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d'améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d'aide à la prise en compte de l'environnement dans l'aménagement du territoire.
Le territoire communal comprend deux ZNIEFF de type 1[Note 4] :
- le coteau d'Ablain-St-Nazaire à Bouvigny-Boyeffles et bois de la Haie. Ce site est composé d'une mosaïque de végétations neutrophiles à calcicoles sur un relief fortement marqué par la présence de vastes coteaux crayeux du Sénonien et du Turonien au nord d'Ablain-St-Nazaire[16] ;
- le coteau boisé de Camblain-l'Abbé et Mont-Saint-Éloi, d'une superficie de 729 hectares et d'une altitude variant de 84 à 166 mètres. Cette ZNIEFF est composée de bois plus ou moins pentus. Dans le bois d'Écoivres, une couche géologique du Landénien continental affleure au sommet, avec un sol constitué de sables fins et de blocs de grès, grès qui a été exploité dans le bois d'Écoivres[17].

Urbanisme
Typologie
Au , Servins est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle est située hors unité urbaine[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lens - Liévin, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[19]. Cette aire, qui regroupe 50 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[20],[21].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (73,4 %), prairies (14,8 %), zones urbanisées (9,9 %), forêts (1,9 %)[22]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Servin en 1115 ; Sarvin en 1154 ; Servin in Gauharia de 1154 à 1159 ; Serving au XIIe siècle ; Servins in Gauheria en 1189 ; Servign en 1222 ; Servinum en 1412 ; Servins au XVIe siècle ; Servin-le-Grand en 1720 ; Grand-Servin-en-Gohelle en 1759[23] ; Servins en 1793 ; Servin et Servins depuis 1801[2].
Selon le toponymiste Ernest Nègre, le toponyme viendrait de l'anthroponyme germanique Saruinus[24].
Histoire
Avant la Révolution française, Servins a donné son nom à une famille de la noblesse[26].
Famille de Servins
En juin 1760, ont été données à Versailles des lettres de chevalerie au bénéfice de plusieurs membres de la famille noble de Servins. Tous servent le roi. Tous ont reçu la permission de mettre sur leurs armoiries une couronne de comte d'or et de prendre deux lions pour support. Les six personnes distinguées ont eu deux oncles tués au service, l'un à la bataille de Fredelinghem, l'autre décédé à la suite du siège de Turin. Sont d'abord concernés quatre frères[26] :
- Louis François Joseph de Servins, seigneur d'Héricourt, est un ancien capitaine de grenadiers du régiment Dauphin. Fait chevalier en juin 1760, il était déjà chevalier de Saint-Louis. Le , membre du corps de la noblesse des États d'Artois, il bénéficie d'une sentence de noblesse. Il déclare ne pas se reconnaitre comme descendant de Guislain de Servins, déclaré ignoble par sentence du [27]. En août 1779, des lettres données à Versailles accordent à Louis François Joseph Servins d'Héricourt,le titre de marquis avec permission de l'affecter à celle de ses terres que bon lui semble. Il sert depuis trente-trois ans sous les armes, a fait les guerres d'Italie, de France, d'Allemagne, a été blessé à la bataille de Parme, et descend d'une ancienne famille qui a pris de bonnes alliances et dont plusieurs membres sont morts les armes à la main[28].
- Emmanuel Benoit Joseph de Servins, seigneur du Quesnoy, capitaine au régiment Dauphin, fait chevalier en juin 1760, était déjà chevalier de Saint-Louis.
- Henri François Joseph de Servins, seigneur des Avesnes, capitaine dans le corps des grenadiers de France, chevalier de Saint-Louis, est fait chevalier en juin 1760.
- Eugène François Joseph de Servins d'Aubrenet, est fait chevalier en juin 1760.
Viennent ensuite deux frères, cousins germains des quatre précédents :
- Philippe Joseph Maximilien de Servins, seigneur de Lannoy, ancien officier au régiment de Mailly, depuis régiment de Roanne-Rochefort, est lui aussi fait chevaler en juin 1760.
- Ferdinand Louis Joseph de Servins, seigneur de La Comté, capitaine au régiment Dauphin, fait chevalier en juin 1760[26].
- Louis Émile Albert Servins d'Héricourt, est comte de Servins en 1873. Il a épousé Agathe Joséphine Clémence Macquart. Une de leurs filles se marie à Saint-Omer le [29].
Pendant la Première Guerre mondiale, en février 1915, des troupes ont stationné sur la commune[30]. Il en est de même à d'autres moments du conflit comme en octobre 1915, à Petit-Servins et à Grand-Servins dépendant de la commune de Servins[31]
Politique et administration
Découpage territorial
La commune se trouve dans l'arrondissement de Lens du département du Pas-de-Calais.
Commune et intercommunalités
La commune est membre de la communauté d'agglomération de Lens-Liévin qui regroupe 36 communes et compte 242 591 habitants en 2022.
Circonscriptions administratives
La commune est rattachée au canton de Bully-les-Mines.
Circonscriptions électorales
Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la dixième circonscription du Pas-de-Calais.
Élections municipales et communautaires
Liste des maires
Équipements et services publics
Enseignement
La commune est située dans l'académie de Lille et dépend, pour les vacances scolaires, de la zone B.
Elle administre l'école primaire « Les Quatre Vents »[38].
Justice, sécurité, secours et défense
La commune dépend du tribunal de proximité de Lens, du conseil de prud'hommes de Lens, du tribunal judiciaire de Béthune, de la cour d'appel de Douai, du tribunal de commerce d'Arras, du tribunal administratif de Lille, de la cour administrative d'appel de Douai, du pôle nationalité du tribunal judiciaire de Béthune et du tribunal pour enfants de Béthune[39].
Population et société
Démographie
Les habitants sont appelés les Servinois[40].
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[41]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[42].
En 2023, la commune comptait 1 147 habitants[Note 6], en évolution de +4,94 % par rapport à 2017 (Pas-de-Calais : −0,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 34,3 %, soit en dessous de la moyenne départementale (36,7 %). De même, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 21,0 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 548 hommes pour 558 femmes, soit un taux de 50,45 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,50 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Économie
Entreprises et commerces
Agriculture
La commune est dans le « Ternois », une petite région agricole dans le département du Pas-de-Calais[46]. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture[Note 7] sur la commune est la polyculture et/ou le polyélevage[Carte 3].
| 1988 | 2000 | 2010 | 2020 | |
|---|---|---|---|---|
| Exploitations | 18 | 14 | 14 | 9 |
| SAU[Note 8] (ha) | 552 | 579 | 600 | 404 |
Le nombre d'exploitations agricoles en activité et ayant leur siège dans la commune est passé de 18 lors du recensement agricole de 1988[Note 9] à 14 en 2000 et en 2010[48] et enfin à 9 en 2020[Carte 4], soit une baisse de 50 % depuis 1988. La surface agricole utilisée sur la commune a également diminué, passant de 552 ha en 1988 à 404 ha en 2020[Carte 5]. Parallèlement la surface agricole utilisée moyenne par exploitation a augmenté, passant de 31 à 45 ha[48],[Carte 5].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
Monuments historiques
Le patrimoine architectural de la commune comprend trois monuments historiques :
- l'Église Saint-Martin, église fortifiée dont le décor intérieur est de style rocaille. Le clocher de l'église de Servins possède une flèche à crochets, comme certaines églises de communes voisines[49]. Le clocher fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques et la nef et le chœur font eux l’objet d’une inscription, et ce depuis le [50] ;
- L'église Saint-Martin.
- Le clocher.
- La flèche à crochets.
- la chapelle Hannedouche porte le nom de la veuve espagnole qui l'a fait bâtir au XVe siècle. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [51] ;
- la croix en pierre dans le cimetière. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [52].
Personnalités liées à la commune
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : d'azur au croissant d'argent accompagné en chef de trois étoiles ordonnées 2.1 et en pointe de deux étoiles du même. |
Pour approfondir
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel de la commune
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
- Ressources relatives à la géographie :

