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Combats de la poche d'Idlib (2018)

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Les combats de la poche d'Idlib ont lieu du au lors de la guerre civile syrienne.

Date –
(2 mois et 5 jours)
Issue Cessez-le-feu
Faits en bref Date, Lieu ...
Combats de la poche d'Idlib
Informations générales
Date –
(2 mois et 5 jours)
Lieu Gouvernorat d'Idlib, ouest du gouvernorat d'Alep, nord du gouvernorat de Hama
Issue Cessez-le-feu
Belligérants
Hayat Tahrir al-Cham
Parti islamique du Turkestan
Jabhat Tahrir Souriya
Suqour al-Cham
Commandants
Abou Mohammed al-Joulani Hassan Soufan (en)
Forces en présence
inconnues inconnues
Pertes
231 morts au moins[1]
105 prisonniers (relâchés)[1]
174 morts au moins[1]
56 prisonniers (relâchés)[1]
Civils : 26 morts au moins[1]

Guerre civile syrienne

Batailles

Coordonnées 35° 55′ 47″ nord, 36° 37′ 54″ est
Géolocalisation sur la carte : Syrie
(Voir situation sur carte : Syrie)
Combats de la poche d'Idlib
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Prélude

Au cours de l'année 2017, la popularité du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham, due à ses victoires militaires contre le régime, diminue au sein de la population syrienne. Pour Benjamin Barthe, journaliste du Monde : « Les djihadistes ont commis des erreurs. Ils ont contribué à se discréditer en cherchant à remplacer les embryons d’institutions mises en place par le « gouvernement » de l’opposition, installé dans le sud de la Turquie, à Gaziantep, par une structure à leur solde, le « gouvernement du salut ». [...] Le capital de sympathie dont l’organisation a initialement bénéficié, du fait de son efficacité dans la lutte contre le régime Assad, s’est étiolé après la chute d’Alep-Est, en décembre 2016, et la mise en place du processus de « désescalade », dont les zones abritant des forces djihadistes sont exclues »[2].

Depuis , le régime syrien opérait une reconquête du sud-est de la poche d'Idlib, notamment vers la ville d'Abou Douhour. Cette opération, déclenchée initialement par pratiquement l'ensemble des groupes armés de la poche dont Hayat Tahrir al-Cham et Ahrar al-Cham contre le régime syrien, avait tourné en leur défaveur. L'offensive se conclut le , avec la perte de cette ville et de tout le sud-est de la poche. Ainsi, la coalition de groupes rebelles n’a plus lieu d’être et Hayat Tahrir al-Cham et Ahrar al-Cham redeviennent ennemis.

Le , Abou Ayman al-Masri, un important commandant d'Hayat Tahrir al-Cham, est tué par des hommes du Harakat Nour al-Din al-Zenki à al-Houta, dans l'ouest du gouvernorat d'Alep, alors qu'il tentait de forcer un barrage routier avec son véhicule[3]. Le , Ahrar al-Cham et le Harakat Nour al-Din al-Zenki fusionnent et forment un nouveau mouvement : le Jabhat Tahrir Souriya[4],[2].

Déroulement

Combats entre Jabhat Tahrir Souriya et Hayat Tahrir al-Cham.

Le , le conflit éclate entre le Jabhat Tahrir Souriya et Hayat Tahrir al-Cham[2],[5]. Les combats s'étendent au nord, à l'est et au sud du gouvernorat d'Idlib[5]. Le premier groupe bénéficie d'aides de la part de la Turquie[2],[6]. Le Conseil islamique syrien (CIS), soutenu par Ankara, publie un décret appelant à un soulèvement contre Hayat Tahrir al-Cham[6]. Ayman al-Zawahiri, le chef d'al-Qaïda, appelle lui à la réconciliation[6]. Début mars, le Parti islamique du Turkestan publie pour sa part un communiqué dans lequel il affirme ne pas prendre part aux combats[6], cependant des combattants du groupe prennent part aux affrontements aux côtés de Hayat Tahrir al-Cham[7].

Du 20 au , 26 villes et localités passent aux mains des hommes du Jabhat Tahrir al-Souriya[5]. Les villes de Maarat al-Nouman et Ariha sont notamment prises par ces derniers le [2],[8],[9].

Cependant le , Hayat Tahrir al-Cham prend à Ahrar al-Cham un important dépôt de véhicules blindés près de Maaret Misrine, au nord d'Idlib[6].

Le , Hayat Tahrir al-Cham perd les derniers territoires qui étaient sous son contrôle dans le gouvernorat d'Alep[10]. Le même jour, les djihadistes abandonnent également la ville de Khan Cheikhoun, qui passe sous le contrôle de Jaych al-Ezzah[11]. Le , ils se retirent aussi de la ville de Saraqeb[2],[12]. Au , Hayat Tahrir al-Cham a perdu le contrôle d'une quarantaine de villes, villages et bases militaires, le groupe se maintient alors principalement dans le nord-ouest du gouvernorat d'Idlib[2],[11].

Mais le , Hayat Tahrir al-Cham lance une importante contre-attaque : il reprend le contrôle de 23 villages, ainsi que de la base du régiment 46, et reprend pied dans le gouvernorat d'Alep[13].

Hayat Tahrir al-Cham et le Jabhat Tahrir Souriya concluent ensuite un accord de cessez-le-feu pour la période du 9 au , cependant des combats continuent d'avoir lieu les jours suivants dans l'ouest du gouvernorat d'Alep[14]. Le , après une médiation de Faylaq al-Cham, les deux concluent un accord de cessez-le-feu[15]. Cependant les combats se poursuivent[16],[17],[18].

Le , Hayat Tahrir al-Cham aurait repris Khan Cheikhoun et Morek[19],[20].

Fin avril, des échanges de prisonniers sont effectués entre les deux camps. Le , 21 membres de Jabhat Tahrir Souriya et 25 membres de Hayat Tahrir al-Cham sont relâchés[1]. Le , 80 combattants de Hayat Tahrir al-Cham et 35 membres de Suqour al-Cham sont libérés à leur tour[1]. Le , un nouvel accord de cessez-le-feu est signé entre Jabhat Tahrir Souriya et Hayat Tahrir al-Cham[21].

Les pertes

Le , l'Observatoire syrien des droits de l'homme affirme qu'au moins 62 hommes de Jabhat Tahrir Souriya, 94 hommes de Hayat Tahrir al-Cham et 14 civils ont été tués depuis le [22]. Le , le bilan passe à au moins 132 tués pour Hayat Tahrir al-Cham et 91 tués pour Jabhat Tahrir Souriya, ainsi que 18 civils[23]. Au , le bilan passe à au moins 178 morts pour Hayat Tahrir al-Cham et 129 morts du côté du Jabhat Tahrir Souriya et 21 civils tués[24]. Le , il est d'au moins 207 morts pour Hayat Tahrir al-Cham et 154 morts du côté du Jabhat Tahrir Souriya et 25 civils tués[25]. Le , il est d'au moins 231 morts pour Hayat Tahrir al-Cham et 174 morts du côté du Jabhat Tahrir Souriya et 26 civils[1].

Le , le média syrien Syria Call déclare pour sa part que selon une de ses sources, les pertes seraient de 750 morts pour Hayat Tahrir al-Cham et 225 morts pour Jabhat Tahrir Souriya et Suqour al-Cham[26].

Notes et références

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