Bataille de Walikale
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| Date | Du au |
|---|---|
| Lieu | Walikale et son territoire dans la province du Nord-Kivu, en république démocratique du Congo |
| Issue | Le M23 se retire de Walikale en |
| Changements territoriaux |
: Kashebere, conquis par le M23 : Kibua, conquis par le M23 : Walikale, conquis par le M23 : Walikale retrait du M23 |
Batailles
Insurrection des ADF (depuis 1996)
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- Massacres d'Oicha
- Attaque de la prison de Béni
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- Massacre de Makugwe
- Massacre de Mukondi
- Massacre de Kirindera
- Massacre de l'école de Mpondwe
- Massacre de Kasanga
- Massacre de Komanda
- Massacre de Ntoyo
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Présence et activités des FDLR (depuis 2000)
Rébellion du CNDP (2004-2009)
Rébellion du M23 (2012-2013)
- Bataille de Goma (2012)
Conflit du M23 (depuis 2021)
Conflit entre la RDC et le Rwanda (2022-2025)
| Coordonnées | 1° 25′ 50″ sud, 28° 04′ 30″ est | |
|---|---|---|
La bataille de Walikale est une campagne militaire lancée en par le groupe rebelle congolais du Mouvement du 23 mars (M23) en république démocratique du Congo (RDC), dans le territoire de Walikale, province du Nord-Kivu. Elle aboutit, le , à la prise de contrôle de la localité de Walikale. Cette campagne militaire fait suite à la conquête par la rébellion, début 2025, des villes de Goma et de Bukavu, et s’inscrit dans le cadre d'une offensive plus vaste du M23 qui a commencé en dans l'est de la RDC. Le M23 se retire de Walikale en .
L'est de la république démocratique du Congo (RDC), est marquée par une instabilité chronique, alimentée par la présence de multiples groupes armés, des rivalités régionales et des enjeux économiques liés aux ressources minières[2]. Depuis fin 2021, le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports, notamment de l'ONU[3],[4],[5], ce que dément Kigali[2], a relancé une offensive majeure dans la province, s’emparant de territoires stratégiques et provoquant des déplacements massifs de populations[6],[7],[4].
Début 2025, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, connaissent une escalade majeure du conflit opposant les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés (milices wazalendo, MONUSCO, SAMIDRC) au M23[8] et aux Forces rwandaises de défense (FRD)[3],[4],[5]. Le M23 étend son contrôle territorial en s’emparant de Goma (le ) et de Bukavu (le )[2],[8], provoquant une crise humanitaire sans précédent, début , l'UNHCR, dénombre plus de 4,6 millions de personnes déplacés internes[note 1],[11]. A la suite des combats, plus de 100 000 Congolais ont fui vers les pays voisins en moins de trois mois, tandis que 400 000 déplacés à Goma se retrouvent sans abri après la destruction des sites d’accueil[12],[13]. Après ces succès militaire, le M23 continue sa progression dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, et se rapproche du territoire de Walikale[14],[15].
Déroulement
Offensive dans le territoire de Walikale
Le , le Mouvement du 23 mars (M23), prend le contrôle de Kashebere, dans le territoire de Walikale (Nord-Kivu) et progressent vers Kibati, situé à 10 kilomètres, avec l'intention déclarée d'atteindre la localité de Walikale (chef lieu du territoire homonyme), situé à environ 110 kilomètres. Les routes étant quasi inexistantes, les rebelles avancent à pied, tandis que l'armée se repositionne vers Kibua pour tenter de les arrêter[16].
À partir du , les forces du M23 intensifient leur offensive vers la localité de Walikale. Le , ils prennent le contrôle de Kibua, à 80 kilomètres du chef lieu du territoire. Le , ils progressent jusqu'à Mpofi, à 52 kilomètres de Walikale[17]. Le , les combats se rapprochent de Mutakato, à 25 kilomètres de Walikale. La situation est aggravée par le manque de routes, compliquant l'intervention des renforts de l’armée partis de Walikale pour stopper l’avancée des rebelles[17]. Walikale est déserté par ses habitants, qui fuient principalement en direction de Kisangani par la route nationale 3 (RN3). Les déplacés trouvent refuge dans les villages le long de la RN3, et les déplacements se font principalement à pied, avec quelques motocyclistes assurant le transport à des prix élevés[18].
Chute de Walikale
Le , des affrontements éclatent de nouveau entre les troupes M23 et les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) ainsi que leurs alliés wazalendo. Après une journée de combats, le M23 atteint Walikale, qui tombe aux mains des insurgés, entraînant la fuite de la population restante. Les forces armées congolaises se sont retirées pour éviter des pertes humaines, selon un des officiers des FARDC[19].
La prise de Walikale permet aux rebelles de contrôler la route nationale 3, un axe stratégique qui relie quatre provinces de l'est de la république démocratique du Congo : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Maniema[20]. L'occupation de Walikale marque la première incursion du groupe armé aussi loin à l'ouest du pays depuis sa formation en 2012, dans une zone riche en ressources minières, notamment l'or et l'étain[19].
Le , l’armée congolaise tente une contre-offensive infructueuse avec l’appui de moyens aériens, causant tout de même des dommages matériels, affectant notamment le pont Lowa et l’aérodrome de Kigoma[21],[22]. Par ailleurs des pillages systématiques attribués à des hommes armés en tenue militaire, touchent plusieurs villages de la région, provoquant une psychose généralisée et incitant les habitants à se réfugier loin des axes principaux[23].
Dans les jours qui suivent la prise de Walikale, les équipes humanitaires continuent leurs opérations pour secourir les blessés et récupérer les corps, afin de prévenir les épidémies[23].
Annonce du retrait de Walikale du M23
Le , les rebelles du M23 annoncent leur intention de se retirer de Walikale. Selon les insurgés, cette décision vise à favoriser un climat propice au dialogue de paix[24],[25]. Les rebelles préviennent que toute attaque des FARDC contre leurs positions ou les populations sous leur contrôle annulera immédiatement leur retrait[26]. Le gouvernement congolais exprime l'espoir que cette annonce se traduise par des actions concrètes[25]. Cependant, les forces armées congolaises restent sceptiques, soupçonnant une manœuvre visant à préparer une avancée vers Kisangani[24]. À Walikale, la situation sur le terrain demeure confuse et tendue. Des détonations ont été signalées tout au long de la journée[24]. L'armée congolaise a effectué des survols au-dessus de la cité, ciblant notamment l'aérodrome de Kigoma, selon des sources locales[24]. Par ailleurs, des groupes armés wazalendo, ont été signalés à environ dix kilomètres de la ville[24]. En fin de journée, l'armée congolaise indique qu'elle va s'abstenir de mener toute action offensive et invite les milices progouvernementales qui les soutiennent à en faire autant afin d'encourager la désescalade[27]. Le lendemain, les combats cessent dans la cité. Malgré l'annonce du retrait de Walikale, des éléments du M23 sont toujours présents dans la ville[27].
Poursuite des combats aux alentours de Walikale
Dans les jours qui suivent l'annonce du retrait du M23 de Walikale, la situation reste malgré tout tendue et volatile dans la région. L'armée congolaise et les rebelles, bien qu'affirmant tous deux respecter le cessez-le-feu, rendent cette mesure inapplicable sur le terrain en raison des accusations et des attaques réciproques : les FARDC accusent les rebelles de se renforcer et d'attaquer leur position à Walikale, Mulamba, Bulonge et Minembwe[28], le M23 accuse l'armée congolaise de ne pas respecter ses engagements et de maintenir ses drones d'attaque en activité[28],[29].
De violents combats opposent les troupes du M23 aux combattants wazalendo dans les villages environnants Walikale, entraînant de nouveaux déplacements de population[30],[31]. Fin mars, le mouvement rebelle est toujours présent dans Walikale, et renforce ses positions par voie aérienne et terrestre[32],[31]. Selon les sources d'actualite.cd, l'armée congolaise a également renforcé ses positions à Boboro, à 24 kilomètres de Walikale, avec des renforts provenant de Biruwe[32]. Les FARDC bombardent l'aérodrome de Kigoma, prenant pour cible un aéronef qui ravitaille les forces du M23 depuis la prise de Walikale[33],[34], et les wazalendo attaquent les positions rebelles sur la colline abritant le bureau administratif du territoire de Walikale, parvenant à détruire cette position et à atteindre le camp militaire de Nyalusukula avant de se retirer[35]. Les rebelles réduisent leurs patrouilles dans Walikale, se concentrant sur les axes stratégiques pour contrer les incursions des wazalendo. Des combats se déroulent également à Kampala, à 6 km de Walikale sur l'axe sud en direction de Nyasi[35]. Début avril, des affrontements opposent de nouveau les rebelles du M23 aux miliciens wazalendo à Walikale, suite à une offensive de ces derniers, visant la position du M23 sur l’axe Walikale-cité Belge[36].
Retrait du M23 de Walikale
Le , les rebelles du M23 se retirent de Walikale dont ils avaient pris possession le , tandis que les FARDC et les wazalendo se redéploient dans la cité, permettant le retour progressif des déplacés[37],[38]. Cependant, des tensions persistent avec des pillages et des affrontements entre factions wazalendo, résultant en plusieurs blessés et un civil tué[39]. Au retrait des rebelles, 24 corps en état de décomposition sont découverts par les habitants qui commencent à revenir dans la région. Nombre d'entre eux trouvent leurs maisons pillées ou détruites[40],[41].