Incident à la frontière Maroc-Espagne en 2026
crise migratoire entre l'Espagne et le Maroc en 2026
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L’incident frontalier entre l'Espagne et le Maroc en 2026 est un incident diplomatique et une crise migratoire qui commence le avec l'entrée en masse par la mer de milliers d'immigrants originaires du Maroc dans les villes espagnoles autonomes de Ceuta, et en moindre mesure Melilla. La plus grande partie des traversées s'effectuent à la nage en longeant les digues des plages de El Tarajal (es) et de Benzú (es) ou à pied en longeant le rivage. Des tentatives d'entrée par la frontière terrestre de Melilla sont aussi enregistrées[3],[4].
Le ministère de l'Intérieur espagnol estime qu'environ 50 000 personnes accèdent à Ceuta irrégulièrement au plus fort de la crise. Cela constitue alors l'épisode migratoire le plus important à la frontière hispano-marocaine depuis et la crise migratoire à Ceuta. Plus de la moitié des migrants retournent volontairement au Maroc dès le , mais des milliers restent provisoirement sur le territoire espagnol. Les autorités espagnoles et marocaines coordonnent leurs actions pour contenir l'afflux et faciliter les retours[4],[5]. Au , « la plupart ont fait marche arrière, épuisés par des jours d’errance, le manque de sommeil et la faim »[6]. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur espagnol, 48 300 personnes sont retournées au Maroc, soit 97 % des migrants.
La crise provoque la saturation des capacités d'accueil de Ceuta et nécessite le déploiement de l'armée de terre espagnole, de la Garde civile, du Corps national de police et des sauveteurs en mer, ainsi que la fermeture temporaire du passage frontalier de Beni Ensar à Melilla. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qualifie les évènements de « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne », tandis que le bilan humain s'élève à au moins 72 morts (pour la plupart noyés) au 2 août 2026[4],[5].
Contexte
Frontière

L'Espagne et le Maroc sont deux pays voisins situés de part et d'autre du détroit de Gibraltar qui les sépare de seulement 14 km. Il est ainsi possible d'apercevoir les côtes d'un des continents depuis l'autre. En outre, deux enclaves espagnoles se situent sur le continent africain, à Ceuta et Melilla, deux villes autonomes espagnoles qui donnent à l'Espagne et à l'Union européenne leur seules frontières terrestres avec le Maroc.
Ces enclaves sont sous souveraineté espagnole depuis plusieurs siècles. Melilla a été conquise en par Pedro de Estopiñán y Virués pour la couronne de Castille. Ceuta, qui fut prise par les Portugais en , est par la suite officiellement passée sous souveraineté espagnole en avec le traité de Lisbonne. Toutes deux sont les dernières localités espagnoles peuplées de citoyens espagnols en Afrique depuis la disparition du protectorat espagnol au Maroc en .
L'Espagne est ainsi le seul pays européen à posséder une frontière avec le Maroc pour un total de 15,9 km répartis en trois secteurs. Melilla en compte 9,6 km, Ceuta 6,3 km, et enfin la plus petite est celle du rocher de Vélez de la Gomera avec ses 85 m. Le Maroc revendique la souveraineté de chacune des villes, et dispute les autres terres, pendant que l'Espagne les considère comme appartenant à son territoire national[7]. Ces désaccords ont conduit par le passé à des incidents diplomatiques, comme en avec la crise de l'îlot Persil ou en avec l'incident du rocher de Vélez de la Gomera (es).
La position géographique des deux villes les a converties en points de passage récurrents vers l'Espagne et l'Union européenne depuis le Maroc. Leurs limites terrestres sont matérialisées par des barrières et autres systèmes de surveillance, mais il y a aussi des tentatives d'accès par voie maritime, notamment en longeant à la nage les digues de Ceuta. Pour autant, Ceuta et Melilla ne concentrent pas la totalité des arrivées irrégulières en Espagne, puisque la majorité ont lieu par les routes maritimes, vers les Canaries dans l'océan Atlantique, et dans une moindre mesure vers les Baléares dans la mer Méditerranée[7].
L'immigration a été fréquemment au cœur des tensions dans les relations entre l'Espagne et le Maroc. La coopération des autorités marocaines a varié en fonction du contexte politique et diplomatique, ce qui alimente des accusations récurrentes sur l'usage de la pression migratoire en tant qu'instrument de négociation[7],[8].
Précédentes crises migratoires

Le principal précédent à cet événement est l'incident frontalier de lors duquel environ 8 000 personnes accédèrent de façon irrégulière à la ville de Ceuta en deux jours, pour la plupart en longeant à la nage les digues. Parmi les arrivants, il y avait un grand nombre de mineurs isolés[9].
L'entrée a eu lieu pendant une crise diplomatique déclenchée par l'hospitalisation en Espagne de Brahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario (mouvement et parti de libération nationale pour la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique qui a lutté par les armes contre les Espagnols lorsqu'ils étaient une colonie puis depuis la proclamation de leur indépendance le contre le Maroc et la Mauritanie) sans que les autorités espagnoles ne l'aient notifié préalablement au gouvernement marocain. L'intervention initiale des forces de sécurité marocaines a été interprétée par le gouvernement espagnol et par nombre d'analystes comme une forme de pression diplomatique sur l'Espagne[7].
Les autorités espagnoles ont pu renvoyer une grande partie des adultes qui avaient transgressé la frontière, tandis que la situation des mineurs a donné lieu à des procédures administratives et judiciaires prolongées. L'épisode a mis au jour la capacité d'accueil limitée de Ceuta face à des entrées massives et la dépendance de l'Espagne vis-à-vis d'une coopération marocaine pour contrôler la frontière[9].
L'incident s'est produit le matin du à Melilla, quand environ 2 000 migrants en provenance du Maroc, majoritairement des Soudanais[10] fuyant le conflit au Darfour[11], ont tenté d'attaquer et de franchir la barrière frontalière de Melilla[12],[13],[14]. Les ONG décomptent 37 morts par les mouvements de foule et chutes. Seuls 133 migrants ont passé la frontière et ont été placés en centre de rétention. En , l'enquête des autorités espagnoles est classée sans suite.
Hausse des traversées
Les années qui ont suivi, des tentatives groupées ont continué d'avoir lieu, que ce soit sur terre ou par la mer. En , plusieurs centaines de personnes essayèrent d'accéder à Ceuta en profitant du brouillard pour longer à la nage la digue[15].
En septembre, les autorités marocaines déployèrent un vaste dispositif pour empêcher la migration massive convoquée sur les réseaux sociaux. Les appels motivaient les jeunes à se concentrer auprès de la frontière et à essayer d'accéder simultanément au territoire enclavé[16].
Les arrivées se sont poursuivies en 2025 ; en juillet, 54 mineurs et 30 adultes avaient atteint Ceuta à la nage depuis le Maroc en profitant à nouveau des conditions météorologiques entravant la visibilité[17]. Ces épisodes révélèrent à nouveau la persistance de la route maritime ainsi que la capacité des réseaux sociaux à concentrer de grands groupes humains proches de la frontière[16].
Plan d'amnistie pour les migrants sans-papiers
En , Pedro Sánchez a autorisé un décret royal dont l'objectif était de régulariser environ 500 000 immigrants sans-papiers demeurant en Espagne[18]. Le geste a été perçu par l'opposition comme antidémocratique[19].
Certains politiciens européens ont également eu des propos virulents à l'égard de l'Espagne comme, par exemple, Bruno Retailleau en France, ancien ministre de l'Intérieur, qui a affirmé en vouloir « mettre [l'Espagne] au ban des nations européennes » et « rétablir le contrôle aux frontières »[20] ou Giorgia Meloni en Italie, présidente du Conseil des ministres, qui a exprimé son inquiétude au président du gouvernement espagnol en , annonçant que cette régularisation aura des conséquences par-delà les frontières espagnoles. Elle a aussi exprimé que ce geste espagnol « affecte ses voisins » européens[21]. Pour autant, elle-même permet à des étrangers d'arriver en Italie et d'obtenir un permis de travail, selon des quotas, 450 000 entre 2023 et 2025, et environ 500 000 pour la période 2026 à 2028 « afin de maintenir une main-d’œuvre indispensable au système économique national ». Son gouvernement justifie ces arrivées par un travail de coopération avec les pays d'origine des travailleurs, ainsi que par un fonctionnement dit « mécanisme d'immigration légale et contrôlée ». Explication dénoncée par des associations y voyant plutôt une « extraordinaire machine à créer des migrants irréguliers »[22].
Début , presque 1,2 millions de migrants sans papiers en Espagne ont fait une demande de régularisation, plus de deux fois le taux attendu[23],[24],[25],[26].
Décision du Tribunal suprême
Le cadre judiciaire relatif aux entrées par voie maritime a été précisé quelques semaines avant le commencement de la crise. Le , le Tribunal suprême a confirmé que le retour à la frontière ou la procédure dite de « retour à chaud », réglementée par la dixième disposition additionnelle de la Loi Organique 4/2000, ne pouvait pas s'appliquer aux individus interceptés en mer lorsqu'ils essaient de rejoindre Ceuta et Melilla à la nage[27].
La résolution trouve son origine dans le cas d'un citoyen algérien qui avait été intercepté en mer en et retourné sur le champ aux autorités marocaines sans être soumis directement aux procédures légales de retour. Le tribunal a conclu que le régime spécial du rejet à la frontière n'était applicable qu'aux personnes qui tentaient d'enfreindre les éléments physiques contraignants établis aux abords de Ceuta et Melilla, comme les barrières frontalières[27],[28].
Selon le Tribunal suprême, les systèmes de surveillance, comme les caméras, capteurs ou aéronefs non pilotés, ne pouvaient pas être considérés à eux seuls comme des éléments physiques contraignants. Les personnes interceptées en mer devaient rester sujettes à la procédure ordinaire prévue dans la législation des droits de l'étranger, avec une assistance juridique et la possibilité de solliciter une protection internationale. Un éventuel élargissement du rejet à la frontière nécessiterait, alors, une modification de la législation[27].
Face à l'augmentation des arrivées fin juillet, des syndicats policiers et des responsables politiques, dont Pedro Sánchez, ont soutenu que des réseaux de trafic d'êtres humains avaient diffusé une interprétation fallacieuse de la décision de justice selon laquelle ceux qui arriveraient à Ceuta en nageant ne pourraient pas être renvoyés[29].
Cependant, la relation de cause à effet entre la résolution de justice et l'entrée massive a été discutée. Des représentants d'organisations humanitaires signalèrent que les arrivées à la nage avaient déjà cours auparavant, pendant que d'autres analyses soulignèrent des facteurs comme la situation socioéconomique des jeunes Marocains, l'activité des réseaux de trafics, des appels via les réseaux sociaux et le niveau de contrôle variable du Maroc de son côté de la frontière[30],[8].
Rapprochement diplomatique avec l'Algérie
Le , dix jours avant le début de la crise, le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a entrepris une visite officielle en Algérie, la première depuis la détérioration des relations bilatérales quatre ans plus tôt, en , en réaction au changement de position de l'Espagne sur l'avenir du Sahara Occidental. Pendant la visite, Pedro Sánchez et le président algérien Abdelmadjid Tebboune se sont mis d'accord pour ouvrir une nouvelle étape des relations entre les deux pays, en renforçant la coopération économique et énergétique ainsi que le dialogue politique[31].
La visite a été interprétée par différents analystes comme un possible facteur de tensions entre l'Algérie et le Maroc, rivaux au niveau régional pour l'influence en Afrique du Nord et opposés depuis des décennies par des querelles telles que le conflit au Sahara occidental. Suite au début de la crise migratoire, divers médias signalèrent le rapprochement entre Madrid et Alger comme l'une des possibles explications du moment choisi pour effectuer cette pression frontalière, si bien que le gouvernement espagnol a évité d'établir publiquement un lien de corrélation entre les deux événements[32].
Chronologie
Augmentation des arrivées par la mer
Pendant la seconde moitié de , une hausse soutenue des entrées irrégulières à Ceuta depuis les localités marocaines à proximité de la frontière a lieu. La majorité des migrants arrivèrent à la nage par les digues des plages de El Tarajal (es) et de Benzú (es), même si l'on a dénombré aussi des arrivées grâce à de petites embarcations[33],[34].
Entre le et le , près de 15 000 personnes sont arrivées dans la ville autonome, un chiffre exceptionnellement haut pour une période si brève. Bien que les citoyens marocains prédominaient, des migrants algériens qui étaient déjà au Maroc ont aussi été identifiés. Parmi les arrivants, les mineurs isolés étaient en nombre et il y avait quelques familles avec enfants[33],[34].
Les autorités ont initialement relié l'augmentation des arrivées avec les conditions favorables de la mer et l'accumulation d'individus dans les localités proches de Ceuta. Ont aussi été mentionnées la diffusion sur les réseaux sociaux de rumeurs d'un allégement supposé des contrôles aux frontières et la coïncidence temporelle avec la décision du Tribunal suprême. Celle-ci a suscité un débat politique sur sa possible influence, bien que des organisations travaillant avec les migrants aient émis des réserves quant à la connaissance de cette information parmi les individus qui ont franchi la frontière[33],[35].
Saturation des centres d'accueil
L'augmentation des arrivées a progressivement dépassé les moyens d'assistance dont dispose Ceuta. Le président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, a affirmé le que les centres destinés aux mineurs isolés étaient surchargés et que des centaines de personnes devaient dormir à l'air libre[34].
Selon Juan Jesús Vivas, le taux d'accueil des mineurs a atteint 2400 % de la capacité habituelle. Près d'un millier d'adultes restés en dehors du Centre d'accueil temporaire pour immigrants ont été installés dans des logements provisoires par les autorités[34],[36].
La Guardia Civil, le Corps national de police, la Société de sauvetage et de sécurité maritime et la Croix-Rouge espagnole ont déployé des embarcations et des équipes d'assistance pour apporter de l'aide aux personnes qui se trouvaient dans l'eau et les accompagner à leur arrivée sur le sol espagnol. Les services d'urgence sont intervenus en continu pour traiter des cas d'épuisement, d'hypothermie et des lésions subies lors de la traversée[33],[34].
Face à l'impossibilité d'absorber plus d'arrivées, l'Assemblée de Ceuta a demandé au gouvernement central la déclaration de l'état d'urgence national, l'établissement d'un commandement unique et le renforcement des forces de sécurité. L'exécutif espagnol a écarté cette solution mais a annoncé l'envoi de plus d'effectifs et la coordination de la réponse donnée entre différents département de l'État[36].
Arrivées massives des 30 et
La situation a changé d'échelle lorsque le matin du des milliers d'individus se sont rassemblés sur la côte et devant les postes frontaliers de Ceuta. Certains nagent tandis que d'autres parviennent à traverser à pied la zone de la plage du Tarajal après avoir franchi les contrôles établis du côté marocain[37],[38].
Les premières estimations communiquées à la télévision publique espagnole évaluent le nombre d'individus ayant traversé dans les premières heures entre 2 000 et 3 000. Le flot continu de traversées pendant l'après-midi et la nuit augmente considérablement le bilan. Pendant ce temps, des milliers de personnes se déplacent jusqu'à la localité marocaine de M'diq, qui jouxte la frontière[37],[39].
Du côté marocain ont lieu des attroupements, des courses jusqu'à la frontière et des confrontations entre des groupes de migrants et les forces de sécurité. La police marocaine emploie du matériel de dispersion pour diviser les rassemblements et reçoit des renforts dans le but d'empêcher de nouvelles traversées. Les journaux d’information critiquent le comportement irrégulier des autorités marocaines pendant les premières heures : quelques groupes ont traversé des zones surveillées sans rencontrer la moindre résistance, alors qu'un dispositif plus ample a été établi pour les contenir par la suite[39],[40]. Achraf , de l'Association marocaine des droits humains, a insinué que la bordure de la plage de El Tarajal avait été ouverte « sous des circonstances inhabituelles »[41]. Des analystes ont dit au The New York Times que même si la cause de la vague migratoire est toujours incertaine, le gouvernement marocain aurait pu être désabusé par le rapprochement entre l'Espagne et l'Algérie, tout en rapportant que les autorités marocaines pourraient avoir encouragé les traversées[42]. L'Espagne a par la suite rejeté les suggestions que la crise avait été fabriquée de toute pièce par le Maroc en réponse à la réconciliation diplomatique avec l'Algérie[43].
L'afflux représentait une proportion considérable de la ville autonome qui avoisine les 84 000 habitants. Des milliers de personnes occupèrent temporairement les rues, les plages et les lieux publics pendant que les autorités essayaient de les identifier, de leur apporter une assistance basique et d'organiser l'accueil d'urgence[44],[45]. Les migrants étaient principalement des jeunes hommes, avec parmi eux quelques femmes et enfants[7]. Beaucoup sont arrivés avec des chambres à air, les téléphones portables renfermés dans des pochettes imperméables[46]. En atteignant la berge, ils fêtaient l'Espagne et embrassaient le sol[42],[46].
Le , le Ministère de l'Intérieur a estimé que près de 49 000 personnes avaient accédé à Ceuta pendant les vingt-quatre heures précédentes, par la terre comme par la mer. Le président de Ceuta a rehaussé l'estimation à 60 000 personnes. Du fait de la rapidité et du caractère désordonné des traversées, les chiffres ont été considérés provisoires et sujets à des révisions successives[44],[45]. Rachid Sbihi, dirigeant du syndicat de la Guardia Civil a qualifié la situation de « chaos absolu »[47].
Devant l'ampleur des entrées, le gouvernement espagnol a ordonné le déploiement des unités de l'armée de terre habituellement destinées à accompagner la Guardia Civil en ce qui concerne la logistique et la surveillance. Les militaires ont été introduits au dispositif frontalier, sans récupérer la force policière ni entrer en contact avec la population migrante[37],[38].
Décès et opérations de sauvetage
Les tentatives d'entrée sur le territoire espagnol ont provoqué des dizaines de décès, principalement par noyade, même si des victimes ont été comptabilisées pendant les attroupements et les affrontements enregistrés à la frontière. Le chiffre augmente à mesure que les équipe de secours récupèrent des corps sans vie dans les eaux proches de Ceuta et de la côte marocaine[44],[48].
Les bilans publiés le ont été provisoires et sans unanimité. Reuters a décompté au moins 34 morts, Associated Press a élevé le chiffre à 41 et des sources policières cités ultérieurement par El País font état de 43 cadavres récupérés. Les différences correspondent au niveau d'information de chaque source et aux difficultés pour déterminer si tous les corps sont liés directement à la crise[44],[48],[49]. Au 2 août, de nombreux médias font état d'au moins 72 morts.
Des équipes de plongée de la Guardia Civil, des sauveteurs en mer et des services d'urgence ont maintenu les opérations de recherche dans les zones frontalières immédiates. De nombreux survivants ont ainsi été retrouvés bien que blessés, épuisés ou souffrant de symptômes liés au temps prolongé passé dans l'eau[49].
Tentative d'entrée et fermeture frontalière à Melilla
La pression de la crise s'est aussi étendue à la ville autonome de Melilla où, le , des groupes de migrants se sont amassés autour de la ville de Beni Ensar, du côté marocain de la frontière, et ont essayé de s'approcher du point de passage et du contour de l'enclave espagnole. Les autorités de la ville marocaine ont fermé la frontière après les tentatives de migrants d'entrer et des affrontements entre migrants attroupés et les forces de l'ordre qui avaient empêché une entrée collective. Bien que la pression ait été moins forte et qu'il n'y a pas eu un afflux de masse, l'épisode a nécessité le renforcement de la surveillance terrestre et maritime autour de Melilla[50].
La Délégation du Gouvernement a ordonné la fermeture temporaire du passage de Beni Ensar, l'unique poste frontalier qui demeurait fonctionnel entre Melilla et le Maroc, et a demandé aux citoyens qu'ils évitent de se déplacer vers la barrière pour ne pas entraver le travail des forces de sécurité. La fermeture a affecté autant le transport routier que celui des piétons[50].
Contrôle des frontières et retour massif vers le Maroc

Pendant la journée du , l'Espagne et le Maroc ont renforcé leurs dispositifs respectifs et coordonné des mesures pour empêcher de nouveaux passages. Les forces marocaines ont fermé tous les accès vers Fnideq, centre urbain marocain le plus proche de Ceuta, et ont dispersé les rassemblements situés aux abords de la zone frontalière, tandis que l'Espagne a maintenu son déploiement de militaire, guardia civil et policiers nationaux à Ceuta[48].
Tout au long de la journée un mouvement de retour au Maroc a démarré ; selon le gouvernement espagnol le , près de la moitié des personnes qui étaient entrées sont ainsi reparties volontairement, dans bien des cas après être restées pendant des heures sans logements ni moyens suffisants pour subvenir à leurs besoins à Ceuta. Les estimations recueillies par la presse fixent à 25 000 le nombre de migrants étant retournés sur le territoire marocain durant l'après-midi du [48],[49]. Au , 48 300 personnes étaient reparties vers le Maroc, soit l'immense majorité[51].
Parallèlement, les deux pays se sont mis d'accord pour faciliter l'identification et le retour de ceux qui ne réuniraient pas les conditions pour rester en Espagne. L'exécution des retours reste conditionnée à la nécessité d'appliquer la procédure prévue dans la législation du droit des étrangers, en particulier ceux étant arrivés par voie maritime[48].
Réactions
Carmen Morán Breña a résumé dans le quotidien espagnol El País un ensemble de réactions à Ceuta et plus largement en Espagne : « Des chauffeurs de taxi ont appelé ceci une invasion ; les ONG l'ont décrit comme une crise humanitaire ; les politiciens locaux ont fait face en prenant en main la situation l'appelant une urgence nationale »[46]. Des vidéos des évènements ont rapidement fait le tour du monde et provoqué des commentaires en Europe et autour du globe[52].
Espagne
Ceuta
Le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a d'abord qualifié la situation d'« urgence humanitaire et sociale » et a averti que les ressources de la ville ne pourraient pas tenir le rythme croissant des arrivées[53]. Il a appelé le gouvernement espagnol à déclarer l'« état d'urgence national », établir un « commandement unique » et l'envoi immédiat de la police, de militaires et de ressources humanitaire, avançant que la crise surpassait les moyens habituels de Ceuta[53],[54].
Le ministère de l'Intérieur a formellement rejeté la demande de déclaration de l'urgence nationale en considérant que la législation espagnole quant à la protection civile ne couvrait pas les crises migratoires parmi les possibilités pour l'activer. Cependant, le gouvernement a renforcé les dispositifs policiers et militaires et établi des mécanismes de coordination entre les ministères de l'Intérieur, de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, de la Politique territoriale et de la Jeunesse et de l'Enfance[55].
Après avoir rencontré le président du gouvernement, Pedro Sánchez, le , Juan Jesús Vivas a réitéré sa demande, affirmant que Ceuta avait besoin d'une réponse structurelle plutôt que des mesures d'urgence seules ; il a remercié au même moment le gouvernement pour les ressources supplémentaires, déplorant que la réaction de l'État ne soit intervenue qu'après que la ville se soit effondrée, et a réclamé des garanties pour éviter qu'une situation similaire ne se reproduise[56].
La réaction de la population a aussi été marquée par les tensions. La visite de Pedro Sánchez a été troublée par des manifestations proches de l'héliport et au cœur de l'assemblée de la ville, où le président du gouvernement a été accueilli par les huées et des chants qui appelaient à son retrait « Sánchez démission »,« dehors, dehors » et qui déclaraient que « Ceuta n'est pas à vendre », et l'accusant de « ruiner l'hôtellerie », ainsi que des chants homophobes à l'égard du ministre de l'Intérieur[57]. Les manifestations ont affiché la frustration au sujet de la lenteur perçue quant à la réponse du gouvernement central, la pression sur les services publics, et la présence de milliers de migrants dormant dans les rues ; les tensions entre migrants et Ceutiens proche de l'hôtel de ville ont nécessité l'intervention de la police locale pour éviter les affrontements. Plusieurs évènements publics, dont une partie de la Feria annuelle de la ville, ont été suspendus en raison de risques pour la sécurité dus à la crise[58],[59].
Réactions gouvernementales
Une délégation du gouvernement espagnol a commandé qu’une embarcation de 39 migrants soit emmenée à Algeciras, sur le territoire espagnol européen le dans une tentative de soulager les services de Ceuta[60].
Pedro Sánchez a promis « une réponse immédiate à la situation de Ceuta »[42]. Le , il a rejoint Ceuta accompagné du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska. Ils ont visité le point de passage de Tarajal et tenu une rencontre de coordination avec Juan Jesús Vivas, le délégué du gouvernement, le chef régional de la Guardia Civil et le chef régional de la police nationale, ainsi que des représentants de services d'accueil de la Croix-Rouge espagnole[61].
Pedro Sánchez a décrit l'arrivée massive comme une « attaque » et la « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne » et a affirmé que l'État allait utiliser tous les moyens nécessaires pour restaurer le contrôle de sa frontière[56]. Il a partiellement attribué le flux migratoire à des réseaux de passeurs qui aurait transformé à leur avantage la décision de justice du de la Tribunal suprême statuant sur les retours en cas d'arrivée par voie maritime[56],[59].
Au même moment, le gouvernement a défendu sa coopération avec l'exécutif marocain et a évité de blâmer directement celui-ci pour avoir facilité les passages, notamment Pedro Sánchez qui a affirmé que la communication avec Rabat était fluide et que les forces marocaines avait agi conséquemment pour arrêter de futures traversées proches de Ceuta et Melilla et aider en ce qui concerne le retour de citoyens n'ayant pas l'autorisation de rester sur le territoire enclavé. Le gouvernement a aussi ordonné le déploiement de l'armée de terre en soutien à la Guardia Civil et à la police nationale, en plus de renforcer les services d'accueil, d'identification et d'assistance humanitaire[56],[48].
Le gouvernement a aussi rejeté des déclarations affirmant qu'une procédure exceptionnelle de régularisation aurait lieu pour les étrangers ayant participé, notant au passage que le processus requérait une preuve de domiciliation en Espagne et que les nouveaux arrivants n'étaient pas bénéficiaires immédiats[48]. Pedro Sánchez a aussi rejeté des comparaisons au sujet de la politique migratoire de l'Espagne, remarquant que l'immigration irrégulière avait été plus faible en Espagne sur les cinq dernières années qu'en Italie et qu'en Grèce[62].
Enfin, l'exécutif a annoncé qu'il étudierait des réformes légales et des nouvelles barrières physiques à appliquer dans les digues frontalières pour adapter la gestion des entrées maritimes à la doctrine établie par le Tribunal suprême. Des installations provisoires seront aussi créées, destinées à identifier les nouveaux arrivés, prêter assistance à ceux qui demandent une protection et faciliter le retour de ceux qui ne réunissent pas les conditions requises pour rester en Espagne[56],[48].
Réactions de politiciens espagnols
Le Parti populaire a blâmé le gouvernement pour avoir agi trop tard et a relié la crise à sa politique migratoire et à la détérioration des relations avec le Maroc, appelant à des pressions diplomatiques plus fortes, un renforcement permanent des frontières de Ceuta et de Melilla, et une vérification des règles de régularisation[59].
Isabel Díaz Ayuso, membre du Parti populaire et présidente de la communauté de Madrid, a posté sur X ces mots : « Sánchez permet que l'Espagne soit envahi par Ceuta. » dans un but de faire dévier l'attention d'affaires de justice le concernant[63].
Santiago Abascal président de Vox, a accusé Pedro Sánchez d'avoir orchestré cette « invasion » pour rester au pouvoir. Le parti a lui aussi nommé ces évènements par le terme d'« invasion » et a demandé la fermeture totale de la frontière, le renvoi immédiat et la mobilisation des forces armées ; d'autres partis ont critiqué cette terminologie et ont appelé à faire la distinction entre la protection de la frontière et l'aide humanitaire due aux migrants, en particuliers aux mineurs[41],[59].
Juan Fernando López Aguilar, membre du parlement européen dans le groupe S&D et ancien ministre de la Justice, argumenta que les critiques faites à la politique migratoire espagnole sont opportunistes, affirmant que les forces en présence à droite présentaient de plus en plus les migrants comme des danger et marginalisent l'approche humanitaire promue par des gouvernements tels que celui de Pedro Sánchez[64].
Maroc
Réactions gouvernementales
Les autorités marocaines ont renforcé le déploiement de policiers aux alentours de Fnideq et de Beni Ensar ; ils ont utilisé du matériel antiémeute pour disperser les rassemblements et éviter de nouvelles tentatives de passage, notamment du gaz lacrymogène et des canons à eau[65]. L'ambassadeur du Maroc en Espagne a manifesté sa préoccupation face aux évènements et a affirmé que son pays souhaitait une migration légale et organisée[59].
Le gouvernement marocain nie le fait d'avoir promu ou délibérément toléré l'entrée massive et attribue les événements à des réseaux de passeurs, a la diffusion de rumeurs sur une supposée ouverture de la frontière et à l'interprétation de la décision du Tribunal suprême espagnol. Cependant, des médias espagnols et des analystes diplomatiques ont signalés l'apparente passivité initiale des quelques forces marocaines en présence et l'ont donc reliée à la crise avec les tensions existant entre le Maroc, l'Espagne et l'Algérie[66].
Réaction de l'Association marocaine des droits humains
L'Association marocaine des droits humains (AMDH) est une Association à but non lucratif et organisation non gouvernementale marocaine qui a pour but protéger les droits et libertés fondamentales indiquées dans la Constitution marocaine et dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Suite aux évènements de et dans l'enclave autonome espagnole de Ceuta, l'AMDH ouvre une enquête. Le bilan des autorités fait état de 67 morts tandis que l'association en dénombre 130 ainsi que des dizaines de disparus. Ils annoncent le qu'ils ouvrent « une enquête sérieuse et indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances et les causes ayant conduit aux récentes vagues d’exode, et établir les responsabilités ». Face au mutisme de l'État marocain, ils le tiennent « pleinement responsable » de la crise actuelle, et sont troublés par « la façon dont les choses se sont passées ». Ils émettent l'hypothèse d'une forme de complicité des autorités, si ce n'est par un « accord », du moins par leur passivité. Enfin, ils ont dénoncé « la montée des discours d’extrême droite […] qui incitent à la haine contre les migrants et les présentent comme une menace existentielle pour les sociétés occidentales »[67].
Union européenne
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les images originaires de Ceuta d'« inacceptables ». Elle a exprimé le soutien de la Commission à l'Espagne et a réclamé l'arrêt immédiat des traversées irrégulières. La Commission a offert une aide opérationnelle et financière et a signalé qu'elle se trouvait en contact avec les autorités espagnoles et marocaines[59],[68]. Enfin, elle a exhorté l'Espagne à récupérer pleinement le contrôle de la frontière et à garantir des procédures rapides d'identification, d'asile et de renvoi, en respectant par la même occasion le droit européen et la protection spéciale acquise aux mineurs[59],[68].
Le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, Magnus Brunner, a souligné que la frontière de Ceuta était aussi une frontière extérieure de l'Union européenne et a offert le soutien de Frontex pour renforcer la vigilance, enregistrer les migrants et coopérer dans les opérations de retour. La Commission a malgré tout rappelé que Ceuta et Melilla possèdent un régime spécial au sein de l'espace Schengen[69] et que l'entrée dans les villes autonomes ne concède pas automatiquement l'accès au territoire continental européen[68].
Le , un total de 22 pays sur les 27 de l'Union européenne ont envoyé une lettre à la Commission européenne à l'initiative de l'Italie et du Danemark pour faire part de leur inquiétude face à la situation[70],[71]. La lettre indique notamment qu'ils ne souhaitent pas que des « passages massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides créent l’impression qu’une entrée illégale dans l’Union européenne est possible ». Ils expliquent qu'ils sont prêts à envisager « toute mesure nécessaire », telle que « le renforcement ou la réintroduction de contrôles temporaires aux frontières intérieures ». Les pays non signataires sont, hormis l'Espagne, l'Irlande qui a la Présidence du Conseil de l'Union européenne depuis , la France, le Luxembourg et le Portugal.
Plus tôt dans la journée, Pedro Sánchez avait lui-même rédigé une lettre à l'intention des chefs des institutions européennes. Il y dénonce l'attitude de certains pays en ces termes : « Une telle attitude – motivée par les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques – est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l’encontre des intérêts à long terme de l’Europe » ; et les juge « égoïstes ». Enfin, il n'hésite pas à rappeler que malgré le soutien limité des autres puissances européennes, l'Espagne a su maîtriser le flux, chiffrant le renvoi de 48 000 de 60 000 migrants au matin du . La manière de lutter et de coopérer a permis à l'Espagne de réduire significativement son flux d'immigration illégale ces dernières années, et cette même méthode a pu être mise en pratique lors de la crise frontalière entre la Biélorussie et l'Union européenne et à Lampedusa en Italie en [72],[73].
Chaque lettre réclamait une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur, qui est prévue pour le [70].
Allemagne
Le gouvernement allemand a exprimé sa solidarité à l'Espagne et a appelé à une réponse européenne coordonnée. Le chancelier Friedrich Merz a demandé à l'Espagne de restaurer rapidement le contrôle de Ceuta, appuyant sur le fait que protéger les frontières extérieures de l'Union européenne était essentiellement pour combattre l'immigration irrégulière. Il a aussi appelé le Maroc à implémenter immédiatement des accords sur le retour et s'est réjoui du soutien de l'Union européenne à travers l'agence Frontex[74],[68]. Il est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a exigé des contrôles continus des frontières intérieures en raison de la pression migratoire qui a cours et a pressé l'Espagne de sécurisé la frontière extérieure de l'Union européenne et de renvoyer les migrants qui sont rentrés irrégulièrement.
Le ministre des Affaires Étrangères, Johann Wadephul, a mis l'accent sur la coopération avec le Maroc pour garantir la sécurité frontalière et le rapide retour des migrants.
Le juriste Günter Krings (de) (CDU/CSU) a averti que l'Europe a besoin de raffermir sa politique de retour pour affaiblir les réseaux de passeurs[75].
Alice Weidel, co-présidente du parti AFD, a statué que « Les frontières doivent maintenant être fermées et les rejets rigoureusement renforcés. La crise migratoire européenne de 2015 ne doit pas se répéter d'elle-même ! » et a recommandé des contrôles aux frontières plus forts, en prévenant que Schengen pourrait être suspendu si nécessaire[76].
Johannes Volkmann (de), membre de CDU au Bundestag, a critiqué la gestion du gouvernement espagnol de la situation et a alerté que l'échec de la reconduite des migrants pourrait ébranler le support populaire du système européen libre de frontières.
Clara Bünger (de), la porte-parole de La Gauche au sujet de la politique intérieure, a appelé l'Union européenne à aider l'Espagne à travers l'aide humanitaire, des hébergements et des procédures d'asiles, défendant que la responsabilité ne devrait pas se limiter aux pays présents aux frontières extérieures de l'Union européenne.
Sebastian Fiedler (de), un membre du Comité intérieur au Bundestag au sein du SPD, a dit que la principale préoccupation était l'« effet de signalement » des routes de migrations qui apparaissent viables et supporté par l'aide additionnel de l'Union européenne à travers Frontex[75].
Autriche
Le chancelier autrichien Christian Stocker a critiqué la politique migratoire espagnole, argumentant que les régularisations annoncées en avril 2026 avaient encouragé l'immigration irrégulière, et a averti que l'Autriche pourrait fermer temporairement son espace Schengen si la pression migratoire venait à grandir. Il a exhorté l'Espagne de ne pas permettre qu'« un seul migrant illégal n'atteigne le continent européen »[77]. Il est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
La ministre de l'Intérieur Claudia Bauer (de) a accusé l'Espagne d'« avoir distribué, de fait, des billets d'entrée pour l'Union européenne » et a confirmé que le gouvernement autrichien soutient la posture de Giorgia Meloni[78].
Belgique
Le Premier ministre belge Bart De Wever, membre du parti Nieuw-Vlaamse Alliantie, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires Étrangères Maxime Prévot, membre du parti Les Engagés, a affirmé qu'exclure temporairement l'Espagne de l'espace Schengen n'était pas une solution. Il a notamment écrit sur le réseau social X que « contrôler les frontières, adopter une position plus ferme à l’égard des migrants illégaux et démanteler le modèle économique des passeurs de personnes n’est pas incompatible avec une approche humaine »[79].
Anneleen Van Bossuyt, ministre de l'Asile et de la Migration et membre du parti Nieuw-Vlaamse Alliantie a quant à elle réclamé « une politique migratoire ferme », estimant que « L'assaut massif et illégal de nos frontières extérieures ne doit jamais être récompensé par un droit de séjour » et qu'il faut « agir avec fermeté », les migrants irréguliers ne devant pas pouvoir « poursuivre leur voyage ». Elle a plaidé pour une démarche de retour collectif avec le soutien de Frontex si nécessaire[79].
Bulgarie
Roumen Radev, Premier ministre bulgare et président du parti Bulgarie progressiste, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Quelques jours avant l'incident, la ministre des Affaires étrangères bulgare, Velislava Petrova-Chamova, avait eu une conversation téléphonique avec son homologue Nasser Bourita lors de laquelle la diplomatie bulgare a entendu des arguments au sujet d'une souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. La Bulgarie a reconnu qu'« une autonomie véritable sous souveraineté marocaine peut constituer une solution viable au différend »[80].
Chypre
Nikos Christodoulides, Président de Chypre, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Croatie
Le Premier ministre croate et président de l'Union démocratique croate, Andrej Plenković, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Aussi le , le ministre de l'Intérieur Davor Božinović a affirmé que la récente crise dans les enclaves espagnoles n'aurait aucun impact sur la Croatie, même si cela pourrait influencer les politiques de contrôle aux frontières ailleurs en Europe. Il a renchéri en disant que la Croatie est « l'un des rares pays à maintenir une présence pendant vingt-quatre heures la frontière extérieure, surveillant non seulement la frontière en elle-même mais aussi le développement tout au long d'une route migratoire plus vaste ». Enfin, il a pointé du doigt le rôle de la Croatie dans la sécurisation de l'accord pour le déploiement de Frontex en Serbie et en Bosnie-Herzégovine, notant que l'agence avait été absente d'Espagne durant ces évènements[81].
Ce même jour, lors des commémorations du massacre de Dalj (en), Ivan Anušić, Vice-Premier ministre croate et ministre de la Défense, membre de l'Union démocratique croate a annoncé qu'il n'y avait pas de raison de déployer l'armée croate aux frontières du pays qui reste sous le contrôle du Ministère de l'Intérieur et de la police croate. Il a notamment expliqué que « L'Armée va à la frontière sous certaines circonstances et ce ne sont pas celles-ci ». Il a conceptualisé ce qu'il se passe à Ceuta et a exhorté les auditeurs de ne pas s'alarmer et de ne pas diffuser des préoccupations superflues. Il a aussi critiqué ce qu'il a décrit comme la propagation de panique et de la désinformation sur les problématiques liées à l'immigration, en disant que les gros titres et que des affirmations infondées ne peuvent que rendre les citoyens confus. À cela il a ajouté : « La crise migratoire ne date pas d'hier ; elle dure depuis une décennie. La Croatie l'a gérée avec succès et continuera de le faire. »[82].
Danemark
La Première ministre du Danemark Mette Frederiksen a soutenu l'appel de Giorgia Meloni pour suspendre temporairement l'Espagne de l'espace Schengen, en transmettant la déclaration suivante à l'AFP : « Il va sans dire que l'Union européenne doit immédiatement prendre les mesures nécessaires et envisager toutes les options, y compris celle de la suspension de la coopération Schengen. Une immigration incontrôlée représente une menace sur l'Europe et sur le Danemark »[83]. Elle est signataire, et à l'initiative, de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Estonie
Le Premier ministre estonien, Kristen Michal, du Parti de la réforme est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Kristen Michal, a pris la parole en expliquant que « l'espace Schengen est une belle valeur qui doit être préservé ». Il a notamment souligné le fait que « la création de nouvelles frontières internes à l'espace Schengen dn'est d'aucun intérêt pour l'Estonie ou les Estoniens. Personne ne souhaite un retour à une époque où voyager par la route signifie traverser plus de cinq contrôle à la frontière encombrant ». Le Premier ministre a explicité que l'Estonie traitait chaque franchissement illégal de la frontière avec « le plus grand sérieux » et qu'ils aident déjà d'autres pays, comme la Lettonie, à gérer leurs difficultés frontalières. Il a également apporté la « pleine solidarité » de l'Estonie à l'Espagne. Enfin, il a affirmé que « ceux qui organisent une telle migration seront sanctionnés, et ceux qui arrivent illégalement en Estonie seront placés en détention et renvoyés dans leur pays d'origine ». Tandis que le membre de l'opposition, Urmas Reinsalu, du parti Isamaa a avancé qu'une suspension de l'espace de libre circulation qu'est Schengen serait justifié dans une telle situation, comme l'a fait l'Italie[84].
Finlande
La Finlande a commencé à préparer la contrainte aux contrôles frontaliers au long de ses frontières Schengen. Mari Rantanen, ministre de l'Intérieur et membre du Parti des Finlandais, a expliqué le geste de cette façon sur X : « La frontière extérieure de l'Espagne est aussi notre frontière extérieure and oui, malheureusement, ils ont échoué dans leurs efforts pour prévenir cette incursion, cette invasion. Cela ne peut plus durer. Tous les pays européens doivent supporter la proposition de Meloni. » ajoutant ensuite que « Des pays qui ne remplissent pas leurs obligations de protéger la frontière extérieur ne peuvent pas être des membres de Schengen. »[85].
Le , le Premier ministre finlandais et président du Parti de la coalition nationale, Petteri Orpo est signataire de la lettre ouverte adressée à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
France
Emmanuel Macron, Président de la République, a exprimé sa solidarité avec Pedro Sánchez et l'Espagne, offrant le soutien français et européen, incluant l'aide de Frontex, tout en donnant de l'importance à la protection des frontières externes de l'Union européenne. Emmanuel Macron a aussi annoncé le renforcement de la frontière franco-espagnole et complimenté la coopération avec le Maroc sur les retours de migrants[86]. Le , la France a réinstauré des contrôles à ses points de passages avec l'Espagne dans la préoccupation que quelques migrants pourraient se déplacer ensuite vers d'autres États européens dans une annonce menée par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez[78]. Le le Président n'a pas signé la lettre ouverte des 22 pays.
Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, s'est prononcé le même jour sur le plateau de CNews-Europe 1 et a mis en cause les autorités espagnoles : « Ceux qui sont en cause d'abord, ce sont les autorités qui ne savent pas réguler et qui ont autorisé ce flux massif » ; et a culpabilisé les réseaux criminels de passeurs qui profitent du trafic d'êtres humains[87]. Ainsi, elle rappelle la « nécessité de continuer à avoir une coordination européenne » et exhorte le gouvernement espagnol à retravailler son droit jugeant que : « l'Espagne est l'une des portes d'entrée majeures sur le continent européen et on ne peut pas accepter qu'il existe un risque de passoire »[88].
Sarah Knafo, député européenne et membre du parti Reconquête, a argumenté que les migrants faisaient des décisions calculées plutôt que d'arriver de façon aléatoire, affirmant qu'ils étaient conscient des bénéfices offerts par les politiques européennes d'immigration et qu'il sont influencées et incités par celles-ci[62].
Marine Le Pen et Jordan Bardella, président du Rassemblement national, ont condamné les politiques de migration de l'Espagne, accusant le gouvernement d'encourager l'immigration irrégulière et appelant à des contrôles aux frontières plus fermes. Marine Le Pen a pressé la France de renforcer ses frontières et de restreindre la liberté de mouvement au sein de l'espace Schengen aux seuls citoyens européens, tandis que Jordan Bardella a averti que Ceuta représentait un possible scénario pour le futur de l'Europe si les politiques d'immigrations demeuraient inchangées, demandant des mesures plus strictes et questionnant la capacité de l'Espagne d'appartenir à Schengen[89].
Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur et président du parti LR. Dans un message sur la plateforme X datant du , il dénonce « la politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol » qui a créé un appel d’« appel d'air » via la régularisation de travailleurs sans-papiers. Il renouvelle son vœu de « mettre l'Espagne au ban des nations européennes » en affirmant que « c'est aujourd'hui plus que jamais nécessaire »[90].
Édouard Philippe, ancien premier ministre et président du parti Horizons, souhaite le renforcement « immédiat du contrôle de notre frontière avec l'Espagne ». Ce dernier affirme qu'il veut « mettre fin à une forme d'impuissance migratoire »[90].
Gabriel Attal, ancien premier ministre et secrétaire général du parti Renaissance s'est exprimé le sur X. Il déplore la situation qu'il juge « inacceptable » et les victimes. Il souhaite une réponse nationale avec le « renforcement des contrôles aux frontières » tout en comptant sur l'Europe pour renforcer ses politiques migratoires, notamment avec l'application du pacte migratoire européen adopté en . Il conclut ainsi : « Le respect de nos frontières est une condition de notre puissance. Et le défi migratoire est une question existentielle pour la France et pour l’Europe »[90].
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, analyse le discours politique comme une concurrence entre la droite et l'extrême-droite « en matière de désinformation ». Selon lui, sur un plan humain, « il n'y aura pas d’invasion du continent européen »[90].
Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, s'est prononcé sur le réseau social X, le , en dénonçant la manipulation du discours. Pour sa part, il estime qu'« aider l'Espagne est du simple bon sens. C'est aussi la soutenir contre d'éventuelles manipulations ». Il rappelle également dans son message que Ceuta « est déjà exclue de l'accord Schengen pour la libre circulation des personnes ». Il encourage à demander « une coordination européenne pour de l’aide humanitaire » et soutient l'Espagne, un « gouvernement voisin » et un « pays ami »[90].
Grèce
Kyriákos Mitsotákis, Premier ministre grec et membre du parti Nouvelle Démocratie, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Thános Plévris, membre du parti Nouvelle Démocratie et ministre de l'Immigration et de l'Asile, a commenté les évènements en expliquant que « les réseaux de trafics sont constamment en train de chercher des opportunités, et chaque pays en première ligne a affronté - ou pourrait affronter - la même situation ». Il rappelle ensuite que la Grèce a fermé en la frontière d'Evros, qui suit le fleuve Maritsa entre la Grèce et la Turquie européenne et qu'en ils ont suspendus toutes les demandes d'asile et arrêté tous les individus qui entraient illégalement sur le territoire. Aussi, il indique des données chiffrées quant à l'immigration par voie maritime en Grèce. Celle-ci a globalement chuté sur les septs premiers mois de l'année , même en Crète où après une hausse les chiffres se trouvent maintenant sous ceux de l'année précédente : « en , les traversées illégales depuis la Lybie pour la Crète dépassaient 3 500 individus. Ce juillet, à date, le chiffre est en dessous de 1 400. » Enfin, Thanos Plevris déclare que « des politiques fermes, la diplomatie et le travail inlassable de nos garde-côtes et de nos forces de police produisent des résultats concrets. » et que la Grèce est prête « à prendre toutes les mesures nécessaires » pour se protéger. Enfin, il condamne la politique migratoire espagnole indirectement sous cette formule « permettre une invasion de l'Europe par le biais de vos politiques ne relève pas de l'humanitaire : c'est un crime »[91].
Hongrie
Le Premier ministre hongrois Péter Magyar, du parti Tisza est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Italie
Cecilia Strada, écrivaine et député européenne italienne dans le groupe S&D, a accusé le centre-droit, et l'extrême droite d'utiliser la crise de Ceuta avec des intérêts politiques, en décrivant les attaques à l'encontre de l'Espagne comme de la propagande et en convoquant à la place la solidarité européenne. Elle incite à réfléchir plutôt aux causes de la migration au lieu de la migration elle-même[64].
La présidente du Conseil des ministres Giorgia Meloni a demandé à ce que l'Espagne soit suspendu de l'espace Schengen, affirmant sur X qu'« une immigration illégale et incontrôlée représentait une réelle menace pour la sécurité des frontière de l'Europe »[92]. Elle est signataire, et à l'initiative, de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Nationalement, elle a reçu le soutien de Matteo Salvini, président de la Ligue du Nord, son vice-président au sein de sa coalition gouvernementale[93]. Le ministre des Affaires Étrangères, Antonio Tajani, président de Forza Italia, a aussi appuyé l'appel de Giorgia Meloni pour suspendre l'Espagne des accords Schengen, tout en attribuant la crise au résultat de la politique migratoire de gauche de Pedro Sánchez[93],[94].
Le gouvernement espagnol a rejeté les déclarations italiennes et à convoquer l'ambassadeur italien à Madrid ; Le ministre des Affaires Étrangères José Manuel Albares a déclaré que la remarque du gouvernement italien était inappropriée et a rappelé qu'aucun membre ne peux unilatéralement décider de la suspension ou de l'exclusion d'un autre membre de l'espace Schengen[95].
Finalement, l'Italie a annoncé la suspension de Schengen avec l'Espagne en raison de la crise, à la suite d'une réunion dirigé par Matteo Piantedosi, sur la base des évaluations du Comité d'analyse des migrations et de sécurité aux frontières du pays[96]. Plus tard, le ministère italien a précisé les conditions qui encadre cette clôture de la libre circulation des individus. Elle n'a cours qu'entre l'Espagne et l'Italie pour une durée définie d'un mois, et ne concerne que les ressortissants non européens arrivant d'Espagne dans la péninsule italique[97].
Irlande
L'Irlande ayant la Présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne depuis le début du mois de et jusqu'à la fin de cette même année, n'a pas participé à la rédaction, ni ne l'a signé, puisque les représentants du pays en sont les destinataires avec les représentants des institutions de l'Union européenne. De fait, l'Irlande est le pays central pendant la crise. Le pays reste en « étroit contact » avec tous les États membres et suit la situation de près. La Présidence irlandaise a annoncé par ailleurs que le lundi se tiendra une rencontre des ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l'UE[98].
Lituanie
Gitanas Nausėda, Président de la république de Lituanie, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Le ministre des Affaires Étrangères Kęstutis Budrys interprète cet évènement comme « signal d'alarme pour l'Europe ». Il en a profité pour appeler à renforcer la propre frontière extérieure de son pays partagée avec la Biélorussie, pays qui lui a déjà fait subir une pression migratoire en . Il a fait remarquer que « la protection des frontières extérieures de l'UE est une responsabilité partagée ». Kęstutis Budrys a rappelé que la « Lituanie soutient une politique migratoire de l'UE claire et ferme : une protection plus solide des frontières extérieures, des retours effectifs, une coopération plus étroite avec des pays tiers et la solidarité comme pilier fondamental de tout cela »[99].
Lettonie
Andris Kulbergs, Premier ministre letton et membre du parti Liste Unie est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Au même moment, la Lettonie est visée par une pression migratoire sur sa frontière avec la Biélorussie, le Premier ministre a affirmé qu'ils sont « testés ». Les demandeurs d'asile en Lettonie sont des « hommes entre 18 et 25 ans avec un casier judiciaire, tous possédant un visa bélarusse ». Cela servirait à détourner l'attention des pays géographiquement proche de la Russie de la guerre russo-ukrainienne[100]. Le {, la Lettonie a fermé son dernier point de passage situé à Paternieki avec la Biélorussie situé à pour des raisons techniques. La « guerre migratoire hybride » dirigé depuis Minsk rend complexe les déplacements de la population lettone, qui avait été prié de ne pas se rendre dans le pays voisin, et a forcé le pays a fermé ses autres postes aux frontières pour limiter la pression migratoire. Selon les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur letton, avec l'arrivée de meilleures conditions météorologiques il y a eu un pic dans les tentatives de franchir la frontière irrégulièrement en provenance du territoire bélarusse, avec jusqu'à 2 263 tentatives pendant le mois de juin[101].
De fait, la protection des frontières extérieures est un sujet important et en tension pour les pays baltes qui résonne d'autant plus avec une situation de crise tel que vécue à Ceuta.
Luxembourg
Le Premier ministre luxembourgeois et président du parti Parti populaire chrétien-social, Luc Frieden, n'a pas signé la lettre ouverte.
Malte
Robert Abela, Premier ministre de Malte et chef du Parti travailliste, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Pays-Bas
Le Premier Ministre néerlandais et chef du parti Démocrates 66, Rob Jetten, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères néerlandais et membre de l'Appel chrétien-démocrate, Tom Berendsen a écrit sur la plateforme X que les Pays-Bas comptaient « sur l'Espagne pour agir afin de protéger les frontières extérieures de l'UE, et sur le Maroc pour prendre également les mesures nécessaires », et il a approuvé que la Commission européenne apporte son aide[102].
Pologne
Donald Tusk, Président du Conseil des ministres de Pologne, a incité l'Espagne à renforcer ses frontières dans un message publié le sur X. Il a aussi indiqué que Madrid devrait prendre exemple sur Varsovie « si Schengen doit survivre ». Ainsi, l'Espagne devrait reproduire le modèle polonais pour protéger l'Union européenne, c'est-à-dire, investir des « milliards d'Euros » et engager des « milliers de soldats, policiers et garde-frontières » sur le schéma du travail fait à la frontière biélorusse à l'Est de l'Union européenne et de l'espace Schengen. Ils avaient par ailleurs connu, avec la Lituanie et la Lettonie, une pression frontalière et une crise migratoire en 2021 causé par la Biélorussie, desquelles découle l'actuel renforcement frontalier[103]. Il est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Portugal
Le Premier ministre Luís Montenegro, président du Parti social-démocrate, n'a pas signé la lettre ouverte et a décidé de ne pas suspendre l'espace Schengen de son voisin ibérique. Il a préféré choisir de défendre d'abord les frontières maritimes et terrestres du sud du pays en renforçant la surveillance. Il estime que la priorité doit être de fortifier les mécanismes de contrôle des règles prévu dans le Pacte sur la migration et l'asile. Il promeut une politique : « humaniste, mais qui régule quand même mieux les flux migratoires ». Il faut ainsi pouvoir accueillir dans des conditions optimales, permettant l'accès au logement et au monde du travail de l'immigré et éviter toute politique précipité qui fasse un « effet d'appel ». Luís Montenegro a aussi rassuré sa population en évoquant les conditions particulières des villes autonomes au sein de Schengen[69]. Le Parti politique Chega a lui défendu la voie de la suspension de Schengen à l'Espagne[104].
Roumanie
Nicușor Dan, Président de la Roumanie, est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Le Président de la Chambre des députés Sorin Grindeanu a exprimé sur le réseau social X le tout le soutien de la Roumanie à un ami proche tel que l'Espagne. Il conclut en rappelant que « la protection des frontières extérieures de l'UE et le renforcement de la solidarité européenne doivent toujours aller de pair »[105].
Le même jour Victor Negrescu, Vice-président du Parlement européen et Président du Parti social-démocrate a commenté la situation sur X avec ces mots : « L'Espagne a soutenu la Roumanie concernant son adhésion à l'espace Schengen ainsi que dans les moments difficiles pour notre sécurité. L'Europe doit soutenir l'Espagne. ». Puis, il termine ainsi : « L'UE a besoin d'une protection efficace des frontières et d'une solidarité européenne pour faire face aux enjeux de sécurité. ».
Slovaquie
Le Premier ministre slovaque et président du parti SMER – social-démocratie, Robert Fico est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71]. Il a également proposé le même jour d'aider l'Espagne en fournissant des renforts policiers lorsqu'ils auront besoin de protéger leur frontière de la même façon qu'ils ont fournis des renforts de sapeurs-pompiers et de matériel à la France lors des Incendies de 2026 dans la forêt des Landes. Il clôture son post sur X ainsi : « la Slovaquie est prête à offrir une telle assistance à l'Espagne »[106].
Slovénie
Janez Janša, Président du gouvernement slovène et président du Parti démocratique slovène, met en garde sur son profil X que cette situation pourrait se répeter : « Ceuta agit comme un nouvel avertissement. Sans une protection efficace des frontières extérieures de l'Union européenne, les franchissements illégaux massifs deviendront la nouvelle norme !! ». On trouve aussi une republication faite le par un individu d'une vidéo d'archive où Janez Janša est interrogé par un ministre marocain non crédité qui lui demande pourquoi accepter les immigrés illégaux du Maroc se rendant en Slovénie et plus largement en Europe. Le Président du gouvernement slovène repartage cette vidéo le lendemain, et commente la situation ainsi : « Il y a eu des signes avant-coureurs. Beaucoup, en fait. Ceuta n'est pas une coïncidence. C'était planifié. »[107]. Enfin, il est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Suède
Ulf Kristersson, Premier ministre de la Suède, a sommé le gouvernement espagnol de regagner le contrôle de sa frontière et a expliqué que la Suède était « préparée à prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder l'ordre et le contrôle ». Il a aussi exprimé sa volonté de suspendre Schengen avec l'Espagne pour « s'assurer que 2015 ne recommence pas »[78]. Il est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Tchéquie
Le président du gouvernement tchèque, Andrej Babiš, a qualifié la situation à Ceuta d'« absolument scandaleuse » et ne refuse pas la possibilité de fermer la zone Schengen temporairement à l'Espagne. Son ministre des Affaires Étrangères, Petr Macinka, pour sa part voit dans la situation un sérieux défi pour l'ensemble de l'espace Schengen, et préfère entendre la position de Madrid avant de prendre une décision quant à l'exclusion du pays touché[108]. Il est signataire de la lettre ouverte adressée le à la Commission européenne envoyé par 22 pays inquiets[70],[71].
Autres réactions à l'international
Royaume-Uni
Nigel Farage, chef du parti Reform UK, a critiqué la politique d'immigration de l'Espagne, argumentant qu'ils encourageait la migration irrégulière et a averti que des situations similaires pourraient se diffuser au Royaume-Uni et en Europe, demandant donc des contrôles stricts aux frontières et décrivant la crise comme un défi pour la sécurité européenne et sa présidence[109].
États-Unis
Le Président des États-Unis Donald Trump a dit que lorsqu'il a vu ce qui été arrivé à l'Espagne, il a pensé que ce « serait un sujet de discussion pour les Élections de mi-mandat en novembre », ajoutant que des milliers de personnes « envahissaient (l'Espagne) en raison de leur lois faibles, d'un mauvais gouvernement, et de politiques trop à gauche »[110]. Un porte-parole du gouvernement étasunien a affirmé que le Président Trump avait de façon répétée alerté les pays européens au sujet de la mise en œuvre de politiques d'immigration « d'extrême-gauche et globalistes », en jugeant celles de l'Espagne « destructrices » et alertant sur des crises civilisationnelles en Europe[111]. Le Vice-président J. D. Vance a présenté la crise comme la conséquence de l'immigration massive et il a critiqué ce qu'il nomme des politiques d'immigration de « gauche radicale globaliste »[112]. Le sénateur Ted Cruz a accusé « le Premier ministre socialiste d'Espagne » d'avoir accordé l'amnistie à des millions d'hommes en âge de se battre venant d'Afrique, ajoutant que « la gauche déteste l'Occident et travaille activement à le détruire pour toujours »[111]. Des personnels d'anciennes administrations incluant Mark Levin et Michael Rubin ont aussi condamné l'Espagne pour sa politique migratoire[111].
Israël
Le représentant permanent d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a dit que l'Espagne « ne rate jamais une opportunité de faire la leçon à Israël » et il a affirmé qu'ils avaient déclaré l'état d'urgence à Ceuta en raison de leur politique d'immigration. Il a ajouté que, avant de continuer à critiquer Israël, l'Espagne devrait expliquer « pourquoi ils maintiennent toujours leurs enclaves coloniales d'Afrique » au sujet de Ceuta et Melilla[113],[114],[115].
Ses déclarations ont provoqué une réponse du ministre espagnol Óscar Puente, qui les a interprétées comme une remise en cause de la souveraineté espagnole sur chacune des villes[116].
Le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir s'est moqué de l'Espagne sur X, félicitant avec ironie le Président du gouvernement Sánchez et l'Espagne pour leur profond engagement dans l'accueil de l'immigration et de la diversité humaine[110]. Ben-Gvir a aussi pressé l'Espagne d'accueillir les Gazaouis qui demandent l'asile en Espagne, attribuant au gouvernement espagnol une sympathie pour le Hamas[117].
Pendant la crise sont aussi réapparus des messages publiés en 2019 par Yaïr Netanyahou, fils du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, dans lesquels il encourageait à libérer Ceuta et Melilla. L'information rappelle que, malgré la polémique, l'Ambassade d'Israël en Espagne a renouvelé que ces messages ne représentaient pas la position officielle de l'État d'Israël en respect à la souveraineté des villes autonomes[116].
Argentine
Karina Milei, sœur du président Javier Milei et secrétaire générale à la présidence de l'Argentine, a défendu la position prise par la Présidente du Conseil des ministres italienne, Giorgia Meloni et a repartagé une de ses déclarations, déclarant plus tard sur X que « ce qui arrive en Espagne prouve que nous avons raison, comme la dit Meloni. Nous devons défendre notre patrie. »[118] Son commentaire vient au cœur d'un ordre exécutif de son frère cherchant à réprimer l'immigration en Argentine et poursuit sur un mauvais chemin pour les relations binationales[119],[120],[121].
ONU
Le Fonds des Nations unies pour l'enfance a exprimé une préoccupation particulière au sujet du très grand nombre de mineurs et a appelé à ce qu'ils soient traités et accueillis séparément des adultes dans des lieux appropriés, et protégé d'un potentiel trafic ou de n'importe quelle exploitation[59].