Mette Frederiksen

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GouvernementFrederiksen I et II
Législature71e et 72e
CoalitionSD (2019-2022)
SD-V-M (depuis 2022)
Mette Frederiksen
Illustration.
Mette Frederiksen en 2026.
Fonctions
Première ministre du Danemark
En fonction depuis le
(6 ans, 9 mois et 27 jours)
Monarque Margrethe II
Frederik X
Gouvernement Frederiksen I et II
Législature 71e et 72e
Coalition SD (2019-2022)
SD-V-M (depuis 2022)
Prédécesseur Lars Løkke Rasmussen
Présidente de la Social-démocratie danoise[a]
En fonction depuis le
(10 ans, 9 mois et 26 jours)
Prédécesseur Helle Thorning-Schmidt
Ministre de la Justice

(8 mois et 18 jours)
Premier ministre Helle Thorning-Schmidt
Gouvernement Thorning-Schmidt II
Prédécesseur Karen Hækkerup
Successeur Søren Pind
Ministre de l'Emploi

(3 ans et 7 jours)
Premier ministre Helle Thorning-Schmidt
Gouvernement Thorning-Schmidt I et II
Prédécesseur Inger Støjberg
Successeur Henrik Dam Kristensen
Biographie
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Aalborg (Danemark)
Nationalité Danoise
Parti politique Social-démocratie
Diplômée de Université d'Aalborg
Université de Copenhague

Image illustrative de l’article Mette Frederiksen
Chefs du gouvernement danois

Mette Frederiksen (/ˈmetə ˈfʁeðʁeks/[1] Écouter), née le à Aalborg, est une femme d'État danoise, membre de la Social-démocratie (SD). Elle est Première ministre du Danemark depuis le .

Fille d'un typographe et d'une enseignante, elle est diplômée de l'université d'Aalborg. En 2001, elle est élue, à 24 ans, députée au Folketing. Elle entre au gouvernement dix ans plus tard, d'abord comme ministre de l'Emploi, puis de la Justice à partir de 2014. En 2015, elle prend la présidence de la SD après son retour dans l'opposition.

Mette Frederiksen remporte les élections législatives de 2019, le bloc de gauche obtenant la majorité absolue, et devient Première ministre. Âgée de 41 ans, elle est la plus jeune personne et la seconde femme à occuper ce poste.

Mette Frederiksen est née à Aalborg le . Son père, Flemming Frederiksen, est un typographe militant social-démocrate[2]. Sa mère est enseignante[3].

Divorcée et mère de deux enfants[2], elle se remarie en avec le réalisateur Bo Tengberg[4].

Travail et formation

Mette Frederiksen fréquente le lycée Aalborghus[5] et étudie l'administration et les sciences sociales à l'université d'Aalborg. Elle passe avec succès son master d'études africaines[6] en 2009 à l'université de Copenhague. Après avoir obtenu son diplôme en 2000, elle travaille comme consultante pour la Confédération des syndicats du Danemark (LO)[7].

Carrière politique

Débuts

Mette Frederiksen s'engage dès l'âge de 15 ans au sein du Parti social-démocrate et ne cesse d'en gravir les échelons depuis. Dans sa jeunesse, elle milite au sein de la frange la plus à gauche du parti, ce qui lui vaut le surnom de « Mette la Rouge »[8]. Elle est élue députée au Folketing lors des élections législatives du , à seulement 24 ans[2].

Après sa réélection pour un second mandat lors des élections législatives du , elle devient vice-présidente du groupe parlementaire social-démocrate et porte-parole pour les questions sociales[9]. Elle remporte un troisième mandat lors des élections législatives de 2007, où elle obtient le septième plus important nombre de votes personnels de tous les candidats dans le pays[9].

Ministre puis présidente de la SD

Mette Frederiksen est réélue lors des élections législatives du [10]. Le , elle est nommée ministre de l'Emploi dans le gouvernement de centre gauche formé par Helle Thorning-Schmidt à la suite du scrutin[2]. Elle conserve son poste dans le nouveau gouvernement de Helle Thorning-Schmidt constitué en [11].

Le , elle devient ministre de la Justice à la faveur d'un remaniement ministériel[12]. Après la défaite de son parti aux élections législatives de 2015, elle devient présidente des Sociaux-démocrates[13].

En , un an avant les élections législatives, elle déclare avoir pour ambition de former après le scrutin un gouvernement composé uniquement de sociaux-démocrates avec le soutien sans participation d'autres formations, plutôt qu'un gouvernement de coalition avec Radikale Venstre. Il s'agit alors d'un changement de ligne important pour les sociaux-démocrates, qui avaient toujours formé des coalitions depuis le premier gouvernement de Poul Nyrup Rasmussen en 1993[14].

Première ministre

Après la victoire de son parti aux élections de 2019, Mette Frederiksen est pressentie pour diriger le gouvernement danois[15]. Elle devient Première ministre le à la tête d'un gouvernement minoritaire composé uniquement de membres sociaux-démocrates[16]. Elle est âgée alors de 41 ans, ce qui fait d'elle la plus jeune personne à accéder à cette fonction dans l'histoire du pays[17],[8].

Décrite comme une « femme de sang froid » par Le Monde en 2019, Mette Frederiksen se fait connaître notamment par son commentaire sur l'« absurdité » de la proposition du président américain Donald Trump d’acheter le Groenland[8].

Déclarant vouloir être le « Premier ministre des enfants »[18] elle présente en 2021 un plan appelé « Loi des enfants », donnant aux municipalités plus de ressources pour retirer la garde des enfants aux parents violents et donner aux enfants plus de droits dans les cas de divorce[19]. En 2020, elle conclut également un accord avec le Parti populaire socialiste, l'Alliance rouge et verte et le Parti populaire, afin de donner aux personnes qui ont travaillé longtemps la possibilité d'obtenir une retraite anticipée. C'était l'une de ses principales promesses de la campagne électorale de 2019[20].

Lors de la lutte contre la pandémie de Covid-19, elle donne l'ordre aux éleveurs de visons d'abattre des millions de ces animaux, décision qui s'avère par la suite inconstitutionnelle[21]. En 2021, elle s'associe au chancelier autrichien Sebastian Kurz et au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour mettre en place un fonds commun de recherche et développement et des installations de production de vaccins contre le virus.

Mette Frederiksen s'attache à durcir la politique migratoire du pays[22]. En , les députés débattent d’un projet de loi qui permettra au Danemark d'externaliser l’accueil des demandeurs d'asile ainsi que la prise en charge des réfugiés à un ou plusieurs pays tiers, aux rangs desquels le Rwanda fait figure de favori[22].

Lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la position de Mette Frederiksen suit celle du reste de l'Union européenne. Le Danemark applique des sanctions économiques contre la Russie, et autorise la fourniture d'armes à l'Ukraine, ainsi que le départ de volontaires désirant combattre pour l'Ukraine[23]. Dans le contexte de la guerre, son gouvernement convoque un référendum le pour mettre fin à l'option de retrait du Danemark de la politique de sécurité et de défense commune de l'Union européenne, lors duquel le « oui » l'emporte avec près de 67 % des suffrages[24].

Le , elle annonce la tenue d'élections législatives anticipées le , après que le Radikale Venstre, un parti soutenant le gouvernement, a menacé de le renverser[25]. Son parti remporte largement le scrutin avec 27,5 % des voix contre 25,5 % en 2019, son meilleur score depuis 2001[26]. Après avoir gouverné avec le soutien des partis de gauche pendant la législature précédente, elle cherche à former un gouvernement centriste. Le , elle annonce la conclusion d'un accord de coalition majoritaire avec les libéraux de Venstre et les Modérés, le nouveau parti de l'ancien Premier ministre libéral Lars Løkke Rasmussen. Son second gouvernement, le premier depuis 1979 à réunir les sociaux-démocrates et les libéraux, entre en fonction le lendemain[27].

La reine Margrethe II abdique le , le jour de ses 52 ans de règne[28],[29]. Le même jour, la Première ministre proclame l'avènement de son fils Frederik X depuis le balcon du château de Christiansborg. Cela fait de Mette Frederiksen la dernière Première ministre de l'ancienne reine, et la première de son successeur.

Le , Mette Frederiksen est agressée par un homme qui la frappe violemment sur la place Kultorvet (en) à Copenhague, provoquant chez elle une « légère entorse cervicale ». L'individu est rapidement arrêté et emmené devant un juge le [30]. Âgé de 39 ans, celui-ci semble en état d'ivresse au moment des faits. Le juge le place en détention provisoire jusqu'au [31], puis jusqu'au [32]. La Première ministre reçoit de nombreux messages de soutien de la part des différents dirigeants et hommes politiques européens, comme Magnus Heunicke, Ulf Kristersson, Roberta Metsola ou encore Emmanuel Macron[33].

Ayant présenté le les excuses officielles de l'État pour la politique de contraception forcée mise en œuvre au Groenland pendant plus de trois décennies, elle se rend le à Nuuk pour renouveler son propos en personne lors d'une cérémonie devant plusieurs dizaines de femmes victimes de cette politique[34].

Le , elle annonce la tenue d'élections législatives le , soit sept mois avant la fin prévue de la législature[35]. Au soir du scrutin, son parti social-démocrate arrive en tête avec son plus mauvais score depuis 1903 tandis que ni le bloc de gauche ni celui de droite ne disposent d'une majorité à l'issue du scrutin, plaçant les Modérés de Lars Løkke Rasmussen en faiseur de rois[36]. Elle remet au lendemain du scrutin sa démission au roi Frederik X, qui la charge ensuite de conduire les négociations en vue de former un nouveau gouvernement avec le Parti populaire socialiste et Radikale Venstre[37].

Positions politiques

Notes et références

Annexes

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