Maurice Rouvier

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GouvernementRouvier II et III
LégislatureVIIIe
CoalitionARD - RI - PRS
Maurice Rouvier
Illustration.
Maurice Rouvier dans les années 1880.
Fonctions
Président du Conseil des ministres français
et Ministre des Affaires étrangères

(1 an, 1 mois et 18 jours)
Président Émile Loubet
Armand Fallières
Gouvernement Rouvier II et III
Législature VIIIe
Coalition ARD - RI - PRS
Prédécesseur Émile Combes
Théophile Delcassé
Successeur Ferdinand Sarrien
Léon Bourgeois
Président du Conseil des ministres français
et Ministre des Finances
et Ministre des Postes et Télégraphes

(6 mois et 4 jours)
Président Jules Grévy
Sadi Carnot
Gouvernement Rouvier I
Législature IVe
Coalition PRS - RI - ARD
Prédécesseur René Goblet
Albert Dauphin
Félix Granet
Successeur Pierre Tirard
Ministre des Finances

(3 ans et 10 jours)
Président Émile Loubet
Président du Conseil Émile Combes
Lui-même
Gouvernement Combes
Rouvier II
Prédécesseur Joseph Caillaux
Successeur Pierre Merlou

(3 ans, 9 mois et 22 jours)
Président Sadi Carnot
Président du Conseil Pierre Tirard
Charles de Freycinet
Émile Loubet
Alexandre Ribot
Gouvernement Tirard II
de Freycinet IV
Loubet
Ribot I
Prédécesseur Paul Peytral
Successeur Pierre Tirard
Ministre du Commerce

(5 mois et 23 jours)
Président Jules Grévy
Président du Conseil Jules Ferry
Gouvernement Ferry II
Prédécesseur Anne-Charles Hérisson
Successeur Pierre Legrand
Ministre du Commerce et des Colonies

(2 mois et 16 jours)
Président Jules Grévy
Président du Conseil Léon Gambetta
Gouvernement Gambetta
Prédécesseur Pierre Tirard (Commerce)
Georges Cloué (Colonies)
Successeur Pierre Tirard (Commerce)
Jean Bernard Jauréguiberry
(Colonies)
Sénateur français

(8 ans, 5 mois et 3 jours)
Circonscription Alpes-Maritimes
Député français

(31 ans, 6 mois et 19 jours)
Élection 8 février 1871
Réélection 20 février 1876
14 octobre 1877
21 août 1881
18 octobre 1885
22 septembre 1889
20 août 1893
8 mai 1898
27 avril 1902
Circonscription Bouches-du-Rhône (1871-1885)
Alpes-Maritimes (1885-1903)
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe, VIIe et VIIIe (Troisième République)
Groupe politique Extrême gauche (1871-1876)
Union républicaine (1876-1893)
Successeur Pierre Jean François Arago
Conseiller général des Alpes-Maritimes

(25 ans)
Circonscription Canton de Breil-sur-Roya
Prédécesseur Auguste Cachiardy Baron de Montfleury
Successeur Ernest Lairolle
Président du Conseil général des Alpes-Maritimes

(21 ans)
Prédécesseur Joseph Durandy
Successeur Flaminius Raiberti
Biographie
Nom de naissance Maurice Pierre Rouvier
Date de naissance
Lieu de naissance Aix-en-Provence (France)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine (France)
Sépulture Cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
Nationalité Française
Diplômé de Lycée de Marseille
Profession Banquier
Journaliste
Présidents du Conseil des ministres français

Maurice Pierre Rouvier, né le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un banquier, journaliste et homme d'État français.

Républicain opportuniste, il est député, plusieurs fois ministre et à deux reprises président du Conseil des ministres.

Jeunesse et études

Né d'une famille de petits commerçants d'origine provençale, Maurice Rouvier fait des études de commerce aux classes commerciales du lycée de Marseille, actuel lycée Thiers[1]. Parce qu'il y côtoyait l'héritier de la dynastie bancaire marseillaise Zafiropoulos, il y devient employé à la sortie du lycée[2].

Parcours professionnel

Il fait rapidement une brillante carrière. Il organise avec Gaston Crémieux la Ligue de l'Enseignement, collaborant en même temps au Peuple puis au Rappel de la Provence, journaux démocratiques marqués à l'extrême gauche, soutenant Léon Gambetta à Marseille puis créant le journal L'Égalité. Il est de la première insurrection contre l'hôtel de ville en [3].

Après la chute de l'Empire, il est nommé secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône[4].

Il est élu député le sur une liste de conciliation entre républicains et radicaux. Inscrit à l'Union républicaine, il œuvre contre l'exécution de Gaston Cremieux, écrivant contre la commission des grâces et emboîtant le pas à Francisque Ordinaire. Il est de ce fait menacé de poursuites en 1872.

Le , il épouse la sculptrice et femme de lettres Marie-Noémi Cadiot[5].

Soutenant Thiers, il vote les lois constitutionnelles de 1875. Réélu en 1876, il dépose un projet d'amnistie partielle en faveur des communards. La même année, il devient secrétaire de la Chambre. Réélu en 1877, il soutient  quoiqu'à gauche  la politique scolaire et coloniale des ministères républicains. Réélu en 1881, il demande la séparation de l'Église et de l'État. Le de cette même année, il accepte le portefeuille du Commerce et des Colonies dans le ministère Gambetta, ministère prenant fin le .

Maurice Rouvier devient alors proche des milieux d'affaires et se lie avec Jacques de Reinach. Du au , il est ministre du Commerce dans le gouvernement de Jules Ferry.

En 1885, il est battu au premier tour des élections législatives dans les Bouches-du-Rhône et se présente dans les Alpes-Maritimes, où il est élu avec le soutien d'Alfred Borriglione, député-maire républicain modéré de Nice[6]. Il choisit ensuite la circonscription de Grasse comme candidat opportuniste. Il devient également conseiller général de Breil-sur-Roya et président du conseil général des Alpes-Maritimes.

Le , Jules Grévy le nomme président du Conseil. Rouvier prend également le ministère des Finances, des Postes et du Télégraphe. À la suite du scandale des décorations, il remet sa démission à Sadi Carnot, qui a succédé à Jules Grévy. Il devient également président de l'Union des gauches puis, en tant que président de l'Association nationale républicaine, contribue à la lutte contre le boulangisme. Il participe ensuite au second gouvernement de Pierre Tirard, le , dans lequel il est ministre des Finances. Il reste en place jusqu'au (cabinets Charles de Freycinet, Émile Loubet et Alexandre Ribot)[7]. En 1892-1893, alors ministre des Finances, il est mis en cause lors du scandale de Panama[8]. Il démissionne ; l'assemblée vote la levée de son immunité parlementaire[9]. Un non-lieu lève les soupçons le et il est réélu à Grasse la même année puis en 1898.

Maurice Rouvier redevient ministre des Finances le , dans le ministère d'Émile Combes. Le , il quitte la Chambre pour le Sénat. Après la démission du ministère Combes, dont la majorité s'est affaiblie à la suite de l'affaire des fiches, et le triomphe du bloc des gauches, Rouvier forme son propre cabinet. À cette occasion, Clemenceau l'avertit : « Ce n'est pas un conseil de ministres, c'est un conseil d'administration ! »[10].

Du au , il dirige deux cabinets successifs[11]. Son gouvernement est renversé à la suite des troubles provoqués par la crise des inventaires[12].

C'est en tant que ministre de l'Instruction publique, des Beaux-arts et des Cultes qu'il signe la loi dite de « séparation des Églises et de l'État » du , loi faisant la réputation d'Aristide Briand[9].

La fin de l'influence de Rouvier commence après la chute de ce ministère (règlement du contentieux avec l'Espagne sur l'affaire marocaine). Il a pour successeurs Clemenceau et Caillaux et ne retrouve plus qu'une gloire de surface dans les différentes commissions du Sénat. Il est président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations de 1909 à 1911.

Maurice Rouvier meurt le à l'âge de 69 ans dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine[13]. Son tombeau se trouve au cimetière ancien de cette commune[14].

Positionnement

D'abord proche d'Esquiros, de Crémieux et de Léon Gambetta, Maurice Rouvier est caractéristique des républicains opportunistes. Son évolution vers les milieux d'affaires en fait un libéral favorable au libre-échange.

Républicain, il s'est également engagé en franc-maçonnerie[15].

Affaire judiciaire

Accusé en 1876 d'exhibitionisme et d'attentat à la pudeur par plusieurs témoignages d'enfants et de jeunes filles dans les galeries du Palais-Royal, son procès en correctionnelle se termine par un non-lieu[16] participant indirectement à la démission quelques années plus tard du juge d'instruction Edmond Delahaye[17]. La presse conservatrice[18] prit le parti de Delahaye, laissant soupçonner une pression politique de la part des milieux de gauche.

Détail des mandats et fonctions

Notes et références

Voir aussi

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