Montagnieu (AOC)

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Désignation(s)Montagnieu
Appellation(s) principale(s)bugey et
roussette du Bugey
Type d'appellation(s)dénomination au sein d'une AOP
Reconnue depuis1958 (cru d'un VDQS) et 2009 (DGC d'une AOC)
Montagnieu
Désignation(s) Montagnieu
Appellation(s) principale(s) bugey et
roussette du Bugey
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOP
Reconnue depuis 1958 (cru d'un VDQS) et 2009 (DGC d'une AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Bugey
Localisation Ain
Climat océanique dégradé par des influences continentale et montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 989 heures (à Ambérieu)[1]
Superficie plantée 22 hectares (en 2023)[2]
Cépages dominants altesse B[note 1] et chardonnay B
Vins produits mousseux, pétillants et rouges
Production 1 086 hectolitres (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum 5 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 32 hl/ha pour la roussette et 59 pour le mousseux (en 2023)[2]

Un montagnieu[note 2] est un vin français produit dans le nord du vignoble du Bugey, sur les communes de Montagnieu, de Seillonnaz et de Briord, dans le département de l'Ain.

Il s'agit d'une des dénominations géographiques au sein des appellations bugey et roussette du Bugey, dont le nom peut compléter celle des appellations sous les formes « bugey Montagnieu » (essentiellement en mousseux, avec quelques pétillants et rouges) et « roussette du Bugey Montagnieu » (uniquement en blanc).

Étymologie

Par l'arrêté du , les appellations d'origine (AO) « Vins du Bugey » et « Roussette du Bugey » sont reconnues comme ayant droit au label « vins délimités de qualité supérieure » (VDQS), avec la possibilité de rajouter parmi quatre noms de « cru » de bugey et six de roussette celui de Montagnieu, limité uniquement à cette commune[4]. En 1963, l'aire de production du montagnieu est étendue à une seconde commune (Seillonnaz)[5]. En 1972, se rajoutent la possibilité d'utiliser les AO « Vins du Bugey mousseux ou pétillant » ou « mousseux ou pétillant du Bugey », tandis que l'aire passe à trois communes (+ Briord)[6]. En 2004, le nom de l'appellation est simplifié en « bugey »[7].

Le décret du reconnait le bugey et la roussette du Bugey comme deux appellations d'origine contrôlée (AOC), avec parmi leurs dénominations géographiques le montagnieu[8]. Les cahiers des charges de ces deux appellations ont été modifiés en [9],[3].

La dénomination porte le nom de la principale commune de l'aire de dénomination : Montagnieu.

Vignoble

Aire de production

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes parcellaires du bugey Montagnieu
& de la roussette du Bugey Montagnieu
Orthophoto du parcellaire des deux dénominations

Les vignes produisant le montagnieu se trouvent en France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, plus précisément dans le département de l'Ain, à 30 kilomètres au sud-est d'Ambérieu-en-Bugey, sur la rive droite du Rhône.

Pour avoir la dénomination géographique montagnieu, la récolte des raisins, la vinification, l'élaboration, l'élevage et le conditionnement des vins mousseux et pétillants doivent être assurés sur le territoire des trois communes de Briord, Montagnieu et Seillonnaz, dans le département de l'Ain.

Le coteau sur lequel est planté la vigne forme un versant exposé d'abord au sud-ouest, puis plein sud, essentiellement à la limite entre le village de Montagnieu et le hameau de Vérizieu (sur la commune de Briord). [Quand ?]1,75 hectare est planté pour faire du vin rouge, 8 hectares pour du vin blanc, 22,1 hectares le sont pour faire du mousseux ou du pétillant[10]. Selon les Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de 22 hectares, dont 13,75 ha de bugey Montagnieu mousseux et 8,36 ha de roussette du Bugey Montagnieu (le rouge et le pétillant sont anecdotiques)[2].

Géologie et orographie

Le montagnieu est produit sur des terrains argilo-calcaires lourds présentant beaucoup de cailloux. Dans certaines situations, la roche-mère affleure en surface, un calcaire blanc chargé d'ammonites et d'autres mollusques fossiles[11],[12].

Climatologie

Le Haut-Bugey est constitué de plusieurs petites montagnes. Cette région, dont les précipitations moyennes sont de 1 000 mm/an, possède un climat aux influences océaniques mais les amplitudes de température élevées sont influencées par le voisinage de climats continentaux[note 3]. Les hivers sont marqués par l'influence montagnarde, un peu adoucis par les dernières influences océaniques venant buter sur les montagnes, apportant des précipitations importantes au pied des reliefs.

La station météorologique de Montagnieu336 mètres d'altitude : 45° 47′ 40″ N, 5° 28′ 10″ E)[13] a été ouverte de 1990 à 2020. Pour l'ensoleillement, on peut prendre la station d'Ambérieu-en-Bugey, avec 1 989 heures par an (moyenne 1991-2020)[1].

Relevés à Montagnieu de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température maximale moyenne (°C) 6 8,2 13,1 16,6 21,4 25,1 27,2 27,2 22,2 17,7 10,7 6,5 16,8
Température moyenne (°C) 3,2 4,5 8,5 11,6 16,2 19,5 21,4 21,5 17,1 13,5 7,5 3,8 12,4
Température minimale moyenne (°C) 0,3 0,8 3,9 6,6 10,9 13,9 15,7 15,8 12,1 9,3 4,4 1,2 7,9
Nombre de jours avec gel 16,5 12,9 6,3 1 0 0 0 0 0 1 6,1 13,8 57,6
Précipitations (mm) 92,8 72,9 75,4 83,3 98,1 82,5 75 78,1 99 111 122,3 109,5 1 099,9
6
0,3
92,8
J
8,2
0,8
72,9
F
13,1
3,9
75,4
M
16,6
6,6
83,3
A
21,4
10,9
98,1
M
25,1
13,9
82,5
J
27,2
15,7
75
J
27,2
15,8
78,1
A
22,2
12,1
99
S
17,7
9,3
111
O
10,7
4,4
122,3
N
6,5
1,2
109,5
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Pour le bugey Montagnieu rouge, le seul cépage est la mondeuse noire N[note 1].

Pour le bugey Montagnieu mousseux ou pétillants, les cépages principaux sont l'altesse B, le chardonnay B et la mondeuse N (les trois doivent former ensemble ou séparément 70 % de l'encépagement), complétés accessoirement par un peu de gamay N, de jacquère B, de molette B, et de pinot noir N[3].

Pour la roussette du Bugey Montagnieu, le cépage est l'altesse B[9].

Rendements

Le rendement maximum en rouge est fixé à 53 hectolitres par hectare, avec un rendement butoir à 61 hectolitres par hectare ; les rendements en blanc sont de 53 et de 58 hectolitres par hectare, tandis que pour les mousseux et les pétillants les rendements sont bien supérieurs, respectivement 71 et 78 hectolitres par hectare[3]. En 2023, le rendement moyen a été de 32 hl/ha pour la roussette du Bugey Montagnieu et de 59 hl/ha pour le bugey Montagnieu mousseux[2].

Vins

Le montagnieu peut être produit comme une dénomination géographique au sein de deux appellations différentes : de la roussette du Bugey (uniquement en blanc) et du bugey ; dans le second cas, la dénomination se décline en trois produits différents, du rouge (bugey Montagnieu), du mousseux blanc (bugey Montagnieu mousseux) ou du pétillant blanc (bugey Montagnieu pétillant). Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi élaborer les deux appellations régionales que sont la roussette du Bugey (uniquement en blanc) et le bugey (qui se décline en blanc, rouge et rosé, ainsi qu'en mousseux blanc et rosé), une indication géographique protégée départementale (l'IGP coteaux-de-l'ain) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

[Quand ?]La production moyenne est de 105 hectolitres (un hectolitre (hl) = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) de vin rouge, appelé « mondeuse de Montagnieu », de 1 530 hectolitres de vin mousseux ou pétillant[10], appelé « montagnieu méthode traditionnelle » et de 315 hectolitres de vin blanc, appelé « altesse de Montagnieu » ou « roussette du Bugey Montagnieu ». Selon le service des Douanes[2], les données de production des années récentes sont :

Annéebugey Montagnieu mousseux
(vin de base)
bugey Montagnieu pétillant
(vin de base)
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
202214,184260données confidentialisées[note 4]
202313,781559données confidentialisées
202417,537021données confidentialisées
Annéeroussette du Bugey Montagnieu
(blanc)
bugey Montagnieu
(rouge)
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20228,81327373,4813639
20238,3627132données confidentialisées
20248,7615818données confidentialisées

Vinification en rouge

Le raisin est mis entier dans la cuve où le jus va prendre la couleur de la peau du raisin, à une température de 15 °C : après trois jours, la couleur est rosée, après quinze jours elle est rouge. Durant cette période a lieu la première fermentation alcoolique, les levures transformant le sucre du jus en alcool. Tout de suite après le soutirage, une deuxième fermentation s’enclenche, les bactéries malolactiques transforment l’acide malique en acide lactique. Ceci se fait sur une durée d'un à deux mois. L’embouteillage a lieu en mai.

Vinification en mousseux

Le raisin est pressé le jour même de la vendange et le jus est mis en cuve pour la première fermentation (fermentation alcoolique) pendant quinze jours. Puis jusqu'en avril, le vin peut être soutiré pour le séparer de ses lies. En mai, le vin est embouteillé avec un ajout de levure et de sucre, ce qui permet une seconde fermentation en bouteille similaire à celle en cuve, dégageant du gaz carbonique (créant la mousse caractéristique). Les bouteilles sont alors remuées le col en bas, pour amasser le dépôt des levures mortes au bord du goulot. Après un élevage minimum de douze mois[3], a lieu le dégorgement, qui consiste à décapsuler la bouteille pour éjecter le dépôt, les pertes en liquide étant complété par une dose de sucre, selon le type de mousseux qu'on souhaite obtenir (brut, demi-sec, etc.). La bouteille est alors refermée avec un bouchon maintenu par un muselet.

Vinification en blanc

Comme pour le mousseux, le raisin est pressé le jour même de la vendange et le jus est mis en cuve pour la première fermentation (fermentation alcoolique) pendant quinze jours. Puis jusqu'en avril, le vin peut être soutiré pour le séparer de ses lies. En mai, le vin est embouteillé mais sans levure ni sucre.

Titres alcoométriques

Les titres alcoométriques volumiques naturels minimum sont respectivement de 9,5 % vol. pour les rouges et de 9 % vol. pour les mousseux ou les pétillants.

Les titres alcoométriques volumiques totaux sont de 12,5 % vol. pour les rouges et de 12 % vol. pour les mousseux ou les pétillants.

Gastronomie

Le montagnieu rouge est tannique, il a besoin de quelques années de garde avant de s'adoucir.

Le montagnieu mousseux a des goût variant selon l'encépagement ; en général le goût d'amande et de fruits blancs du chardonnay domine.

La roussette de Montagnieu est plutôt sur les agrumes (pamplemousse), s'adoucissant en vieillissant (miel).

Le rouge ira avec du gibiers, des civets, des viandes en sauce ou des fromages forts ; le mousseux conviendra à l'apéritif (on le retrouve parfois dans les bouchons lyonnais[15]) ; tandis que le blanc accompagnera les poissons et les fromages pas trop forts.

Économie

Notes et références

Voir aussi

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