Sonia Sanchez (poète)

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Naissance
Nom de naissance
Wilsonia Bonita DriverVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Sonia Sanchez
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Wilsonia Bonita DriverVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
enseignante, dramaturge, poète, essayiste, militante politique et féministe
Période d'activité
1960-1999
Père
Wilson L. Driver (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Maître
Louise Bogan
Site web
Distinctions
Liste détaillée
American Book Awards ()
Pew Fellowship in the Arts (en) ()
Langston Hughes Medal (en) ()
Médaille Robert-Frost ()
Shelley Memorial Award ()
Wallace Stevens Award ()
Prix Anisfield-Wolf ()
Docteur honoris causa du Spelman College (d) ()
Ruth Lilly Poetry Prize ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Sonia Sanchez, née Wilsonia Benita Driver le à Birmingham dans l'État de l'Alabama aux États-Unis, est une poète, dramaturge et professeure d'université afro-américaine.

Figure majeure du Black Arts Movement, Sanchez est l'auteure d'une douzaine de recueils de poèmes, de nouvelles, d'essais critiques, de pièces de théâtre et de livres pour enfants. Elle a reçu le Pew Fellowships in the Arts (en) en 1993 et la Médaille Robert-Frost en 2001. En 2012, Michael Nutter, maire de Philadelphie (Pennsylvanie), la nomme comme premier Poète lauréat de la ville.

Jeunesse et formation

Sonia Sanchez, née à Birmingham (Alabama), le est l'une des trois enfants de Wilson L. Driver et de Lena I (Jones) Driver. Sa mère meurt lorsque Sonia Sanchez est âgée d'un an. Pendant ses premières années, elle et sa soeur Pat sont ballottées entre plusieurs domiciles de leurs parents, dont celui de sa grand-mère jusqu'à ce que cette dernière meurt. Sonia Sanchez a alors six ans[1],[2],[3],[4],[5]. Très douée à l'école, elle trouve peu à peu son style littéraire favori qui privilégie une voix poétique en se concentrant principalement sur les sons qu'elle décrit comme un "bégaiement ordonné"[1],[3].

Zora Neale Hurston.

En 1943, elle a rejoint son père, sa sœur et sa belle-mère à Harlem. Son père lui fait découvrir le jazz, l'emmène à des concerts de vedettes du jazz comme Billie Holiday, Billy Eckstine, Art Tatum, etc., Parallèlement elle découvre la littérature afro-américaine en lisant les œuvres de Zora Neale Hurston ou de Countee Cullen[1],[6].

Après ses études secondaires, Sonia Sanchez est acceptée par le Hunter College, elle en sort en 1955 après avoir obtenu le Bachelor of Arts (licence) en Science Politique, puis elle a suivi des études de créativité littéraire à l'université de New York, où elle étudie la poésie avec Louise Bogan[1],[3],[7]

Carrière

Première publications

Sonia Sanchez commence à publier ses premiers poèmes dans des revues et magazines tels que le Negro Digest, The Liberator, The Journal of Black Poetry [1],[3],[4].

Enseignement

Sonia Sanchez commence comme enseignante en école primaire à la Downtown Community School (en), école non ségréguée de New York jusqu'en 1966[8],[9].

Sonia Sanchez a enseigné comme professeure dans huit universités, et elle a donné des conférences dans plus de 500 universités à travers les États-Unis, dont l'université Howard.

Les African-American studies

Sonia Sanchez a aussi été une des pionnières dans l'établissement des African-American studies dans l'enseignement supérieur.

En 1966, après l'adoption de différentes lois fédérales comme le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 prohibant toutes les lois et réglementations ségrégatives sur l'ensemble des États-Unis, Sonia Sanchez a introduit la première fois un cours sur les African-American studies à l'université d'État de San Francisco.

Sonia Sanchez a été la première à créer un cours universitaire centré sur des auteures littéraires afro-américaines. Elle voyait la discipline des African-American studies comme à la fois un nouveau programme pour l’étude des Afro-Américains, et comme un défi pour combattre les préjugés institutionnalisés des universités américaines[10].

Ces efforts sont clairement alignés aux objectifs du Black Arts Movement.

L'université Temple

Dans le cadre du Presidential Management Fellows Program (en), Sonia Sanchez obtient une bourse d'études à l’université Temple, où elle a commencé à travailler en 1977 et y enseignera jusqu'à sa retraite en 1999.

En 1998 elle est honorée par l'université Temple en étant lauréate du prix dit Laura Carnell professorships[11],[12]. Elle accède à l'éméritat en 1999.

Sonia Sanchez a également animé des séminaires de création littéraire auprès des poètes en résidence à l'université Temple. Elle a lu sa poésie en Afrique, dans les Caraïbes, en Chine, en Australie, en Europe, au Nicaragua, au Canada et à Cuba.

Militantisme

Sonia Sanchez est prise dans les mouvements de révolution sociale des années 1960, ses deux premiers recueils de poèmes Home Coming et We a BaddDDD People s’inscrivent dans lutte de Malcolm X dans sa période de lutte contre les Blancs[4],[5]. Elle soutient le National Black United Front (NBUF) et devient membre du Congress of Racial Equality (CORE)[13],[14], organisation prônant la non violence et l'intégration des Afro-Américains au sein de la société américaine[15],[9]. En 1971, elle adhère à Nation of Islam mais le quitte en 1976 en raison des positions machistes du mouvement[16],[17].

Style et thèmes littéraires

Sonia Sanchez est connue pour ses innovation mixant des formats musicaux - par exemple le blues - et des formats poétiques traditionnels comme le haïku et la tanka. Elle utilise une orthographe incorrecte pour célébrer le son unique de l'anglais parlé par les Afro-Américains, dont elle attribue le mérite à des poètes comme Langston Hughes et Sterling Allen Brown[18].

Son premier recueil de poèmes, Home Coming, publié en 1969, est connu pour ses influences blues, tant dans la forme que dans le contenu. Ce recueil de poèmes décrit les difficultés à définir l'identité afro-américaine aux États-Unis, mais souligne aussi des raisons de célébrer la culture afro-américaine.

Son deuxième recueil de poèmes, We a BaddDDD People, publié en 1970, a renforcé sa contribution à l'esthétique du Black Arts Movement en se concentrant sur la vie quotidienne des hommes et des femmes afro-américains. Ces poèmes utilisent la langue vernaculaire noire urbaine, une ponctuation expérimentale, ainsi que l'orthographe, l'espacement, et la qualité performative du jazz.

Tout en continuant à souligner ce qu'elle voit comme le besoin d'un changement révolutionnaire de culture, les dernières oeuvres de Sonia Sanchez, par exemple I’ve Been a Woman (1978), Homegirls and Handgrenades (1984), et Under a Soprano Sky (1987), ont tendance à se concentrer moins sur les thèmes séparatistes (comme ceux de Malcolm X), et plus sur l'amour, la communauté, et l'émancipation. Elle continue d'explorer les formes du haïku, du tanka, et du sonku, ainsi que les rythmes influencés par le blues. Ses dernières oeuvres continuent ses expérimentations avec les formes comme l'épopée avec Does Your House Have Lions? (1997) et le haiku dans Morning Haiku (2010)[19],[20].

Théâtre

Sonia Sanchez a écrit des pièces de théâtre à San Francisco dans les années 1960. Plusieurs de ses pièces de théâtre défient l'esprit machiste du mouvement, et se concentrent sur les femmes protagonistes. Sonia Sanchez a été reconnue comme championne novatrice du féminisme noir[21].

Vie personnelle

Sonia Sanchez conserve le nom de famille d'Albert Sanchez, avec lequel elle s'est mariée en premières noces. De son second époux, Etheridge Knight, naissent trois enfants: une fille, Anita, et des jumeaux: Moran Neuse et Mingu Neuse. Le fait d'être mère a largement influencé les contours de sa poésie dans les années 1970, alors qu'émergeait l'intérêt dirigé aux liens affectifs entre mère et enfant[3].

Sonia Sanchez et Etheridge Knight sont maintenant divorcés. Elle a également trois petits enfants[22],[23].

Œuvres

Poèmes

  • Home Coming, Detroit, Michigan, Broadside Press, , 80 p. (ISBN 9780910296052),
  • We a BaddDDD People, Detroit, Michigan, Broadside Press (réimpr. 1973) (1re éd. 1970), 72 p. (ISBN 9780910296274),
  • Like the Singing Coming off the Drums: Love Poems, Beacon Press, 1 janvier 1973, rééd. 1 janvier 1999, 144 p. (ISBN 9780807068434),
  • A Blues Book For Blue Black Magical Women, Broadside Press, , 62 p. (ISBN 9780910296786),
  • I've Been a Woman: New and Selected Poems, Third World Press, 1979, rééd. 1 juin 1985, 101 p. (ISBN 9780883781128),
  • Homegirls and Handgrenades, New York, Thunder's Mouth Press,, coll. « Black Women Writers Series » (réimpr. 1997, 2007, 2015, 2023) (1re éd. 1984), 100 p. (ISBN 9780938410232, OCLC 378245211, lire en ligne),
  • Generations: Selected Poetry, 1969-1985, Red Sea Press, , 65 p. (ISBN 9780907015338),
  • Under a Soprano Sky, Trenton, New Jersey, Africa World Press (réimpr. 1989, 1993) (1re éd. 1987), 116 p. (ISBN 9780865430532, OCLC 16634762, lire en ligne),
  • Wounded in the House of A Friend, Boston, Massachusetts, Beacon Press (réimpr. 1997, 2012) (1re éd. 1995), 122 p. (ISBN 9780807068274, OCLC 60155207, lire en ligne),
  • Does Your House Have Lions?, Boston, Massachusetts, Beacon Press, coll. « Black Women Writers Series » (réimpr. 1998) (1re éd. 1997), 88 p. (ISBN 9780807068304, lire en ligne),
  • Shake Loose My Skin : New and Selected Poems, Boston, Massachusetts, Beacon Press, coll. « Bluestreak » (réimpr. 2000) (1re éd. 1999), 176 p. (ISBN 9780807068533, OCLC 1014307184, lire en ligne),
  • Morning Haiku, Boston, Massachusetts, Beacon Press (réimpr. 2011) (1re éd. 2010), 124 p. (ISBN 9780807069103, OCLC 922968025, lire en ligne),

Pièces de théâtre

  • Malcolm/man don't live here no mo, Alexander Street Press, (OCLC 593435574),
  • The Bronx is next, Alexander Street Press, 2001, rééd. 2003 (OCLC 79436948),
  • Uh huh, but how do it free us?, Alexander Street Press, 2002, rééd. 2003, 53 p. (OCLC 79436954),
  • Dirty hearts, Alexander Street Press, (OCLC 79436950),
  • Sister Son/ji, Alexander Street Press, (OCLC 79436953),
  • I'm Black When I'm Singing, I'm Blue When I Ain't and Other Plays, Duke University Press Books, 1 janvier 2009, rééd. 17 septembre 2010, 196 p. (ISBN 9780822347781),

Traductions francophones

  • Prochain arrêt le Bronx et autres pièces, Paris, L'Arche, , 208 p. (ISBN 9782851819680, OCLC 79436953), traduit par Sika Fakambi. Contient les pièces : Prochain arrêt le Bronx, Sister Son/ji, La Dame de pique, Malcolm/Man n'est plus de ce monde, Uh huh, et vous appelez ça liberté ?, Je suis noire quand je chante, sinon je suis blue et 2 x 2.

Livres pour la jeunesse

  • It's A New Day : Poems For Young Brothas And Sistuhs, Detroit, Michigan, Broadside Press, coll. « Broadside Poets » (réimpr. 1973, 1983) (1re éd. 1971), 36 p. (ISBN 9780910296601, OCLC 650549694, lire en ligne),
  • The adventures of Fathead, Smallhead, and Squarehead, (ill. Taiwo DuVall), Chicago, Illinois, Third Press, , 29 p. (ISBN 9780893880941),
  • A sound investment : Short stories for young readers (ill. Larry Crowe), Chicago, Illinois, Third World Press, 1980, rééd. 1985 (réimpr. 1985) (1re éd. 1980), 36 p. (OCLC 21223189, lire en ligne),

Anthologies

  • Sonia Sanchez (dir.), We Be Word Sorcerers: 25 Stories by Black Americans, Bantam Books, , 284 p. (OCLC 1068546384),

Interviews

  • Joyce Ann Joyce (dir.), Conversations with Sonia Sanchez, Jackson, Mississippi, University Press of Mississippi, , 213 p. (ISBN 9781578069521, lire en ligne)

Articles

  • « Summary », The Transatlantic Review, no 22, , p. 92-93 (2 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • « The Bronx Is Next », The Drama Review, vol. 12, no 4, , p. 78-84 (7 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • « Queens of the Universe », The Black Scholar, vol. 1, nos 3/4, janvier - février 1970, p. 29-34 (6 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • « The Poet as a Creator of Social Values », The Black Scholar, vol. 16, no 1, janvier - février 1985, p. 20-22, 24-25, 27-28 (7 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • Sonia Sanchez, Leslie W. Lewis et India Dennis-Mahmood, « Traveling Conversation: India Dennis-Mahmood Interviews Sonia Sanchez », Feminist Teacher, vol. 12, no 3, , p. 198-212 (15 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • Eisa Davis, Lucille Clifton et Sonia Sanchez, « Lucille Clifton and Sonia Sanchez: A Conversation », Callaloo, vol. 25, no 4, , p. 1038-1074 (37 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • Jacqueline Wood et Sonia Sanchez, « "This Thing Called Playwrighting": An Interview with Sonia Sanchez on the Art of Her Drama », African American Review, vol. 39, nos 1/2, printemps - été 2005, p. 119-132 (14 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),

Prix et distinctions

Hommages

Notes et références

Pour approfondir

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