Xe congrès du Front national

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Édition10e
LocalisationStrasbourg (Alsace)
OrganisateurFront national
Xe congrès du Front national
Image illustrative de l’article Xe congrès du Front national

Type Congrès
Édition 10e
Localisation Strasbourg (Alsace)
Organisateur Front national
Date 29 au 31 mars 1997
Résultat Réélection de Jean-Marie Le Pen.

Le Xe congrès du Front national se tient à Strasbourg du 29 au .

Il intervient dans un contexte marqué par les dissensions internes, exacerbées par la victoire aux municipales partielles, quelques semaines auparavant, de Bruno Mégret à Vitrolles au travers de la victoire de sa femme Catherine.

Le Xe congrès intervient également dans un contexte de volonté de renouvellement du programme du parti qui veut préparer les législatives de 1998[1] en rénovant les propositions de la présidentielle de 1995.

De très grosses contre-manifestations à l’extérieur du congrès ont également marqué l’évènement.

Le Xe congrès se réunit juste après l’élection municipale de Vitrolles qui a eu lieu le [2]. Le succès de Vitrolles, un mois auparavant, a créé un électrochoc national, prouvant que le FN peut gagner au scrutin majoritaire en duel. L’effet est plus fort qu’a Toulon, Orange ou Marignane, ces trois villes ayant été acquises grâce à des courtes triangulaires[3]. Mégret se sait au zénith après la victoire de Vitrolles. Il se sait légitimé en interne par ce succès[4].

Interrogé peu après la victoire de Vitrolles sur Europe 1 , Jean-Marie Le Pen minimise la portée de la victoire de Vitrolles et rappelle « qu’il n’y a pas de numéro deux au Front national »[4]. Les mégrétistes souhaitent donc se servir de ce congrès pour imposer leur rapport de force en interne. Ils parlent même de mettre fin à la « dérive monégasque » du parti. De son côté, Samuel Maréchal a convaincu Marine Le Pen de se présenter aux élections du comité central pour la première fois[5].

Depuis deux ans, les proches de Jean-Marie Le Pen maintiennent la stratégie du « Ni droite, ni gauche », pour maintenir la pression face au délégué général Bruno Mégret, défenseur d’un rapprochement avec la droite. Jean-Marie Le Pen se lance lui-même dans la surenchère « révolutionnaire » allant jusqu’à dire devant le conseil national du FNJ à l’été 1996 : « nous allons sans doute vivre des moments de crise. Mais c’est la crise qui est la grande accoucheuse de l’Histoire. Quand les situations sont bloquées, généralement c’est le forcement de la nature humaine qui débouche sur des temps nouveaux. Il y a un moment où tout cela va s’arrêter, et là ce sera la révolution. […] Alors je crois que vous aussi vous devez vous préparer […] car nous serons appelés à un moment par le peuple »[6].

Ce congrès intervient alors que la question des accords avec la droite réapparaît à l’horizon des législatives et des régionales prévues pour 1998. Pour les mégrétistes qui militent en faveur d’un rapprochement avec la droite, l’attitude de la droite pourrait être infléchie si Jean-Marie Le Pen cessait de s’en prendre ouvertement à eux. C’est dans cette ambiance de conflit de moins en moins larvé que le FN entame son Xe congrès à Strasbourg. Malgré tout, Bruno Mégret annonce ce congrès comme « un moment de démocratie interne » devant les journalistes[7].

Elections internes

Présidence du parti

Unique candidat, le fondateur du FN Jean-Marie Le Pen est réélu sans surprise à la tête de son parti, à l’unanimité des 3200 mains levées[8].

Jean-Marie Le Pen est réélu à la tête du Front national.
Résultats
Candidat %
Jean-Marie Le Pen 100
Votants ≃ 3200
Inscrits Non connus
Exprimés
Blancs
Nuls

Comité central

Pendant que, sur scène, les discours s’enchainent, dans les couloirs et les salles attenantes, le vote pour les cent membres du comité central se déroule. Lors du précédent congrès du FN en 1994, le vote électronique avait été utilisé et le secrétaire général Carl Lang et le délégué général Bruno Mégret étaient arrivés à égalité de voix : 1972 chacun. A Strasbourg le vote fut manuel et régulier. La bataille électorale interne est intense et chacun fait campagne pour les siens : en fonction de ses affinités personnelles, territoriales, idéologiques. Des dizaines de listes de recommandation circulent[9].

Non satisfait des résultats, Jean-Marie Le Pen interdit la publication des scores obtenus par les candidats à l’élection du comité central et égrène la liste des élus, sans commentaires et exclusivement par ordre de classement. Il demande à l’assistance de n’applaudir qu’à la fin de la lecture afin d’éviter de faire exploser les applaudissements à l’appel du vainqueur[10].

L’élection au comité central, consacre la progression du clan mégrétiste au sein du parti. Le délégué général arrive en tête en obtenant 3 758 voix, devant son ami Jean-Yves Le Gallou (3 439 voix) et devant Bruno Gollnisch (3 398 voix), Roger Holeindre (3 381 voix), Franck Timmermans (3 362 voix), Jacques Bompard (3 328 voix), Yvan Blot (3 316 voix), Marie-France Stirbois (3 288 voix), Carl Lang (3 287 voix) et Damien Bariller (3 166 voix)[11],[12].

Bruno Mégret et ses proches sortent vainqueurs des élections internes.

Parmi les six nouveaux entrants dans les cent membres du comité central, Bruno Mégret obtient quatre des siens : le maire de Marignane, Daniel Simonpieri, qui arrive 15e, l’avocat et président des Amis de « National-Hebdo », Jean-François Galvaire, le secrétaire départemental de l’Eure, Yves Dupont et l’ancien conseiller général de Salon-de-Provence, Philippe Adam[13]. A la sortie du scrutin, Bruno Megret se réjouit  le score de Jean-Yves Le Gallou est le signe que notre courant est majoritaire »[8].

Tout les fidèles mégrétistes sont donc réélus et progressent nettement par rapport au congrès précédent pour atteindre les premiers rangs. A l’inverse plusieurs piliers du premier cercle lepéniste recueillent des scores faibles : Samuel Maréchal n’est que 19e, Jean-Pierre Reveau 20e, Martine Lehideux 22e, Bernard Antony 26e , Dominique Chaboche 34e et Jean-Michel Dubois 63e[13].

Jean-Marie Le Pen tente de reprendre la main en nommant au comité central, sur son quota discrétionnaire de 20 membres, sa fille Marine Le Pen et quelques solides adversaires de Mégret, battus dans les urnes[14],[15]. Concernant l’absence de Marine Le Pen parmi les cent, Jean-Marie Le Pen invoque une « erreur informatique » qui l’aurait privée de la 13e place[16].

10 minutes plus tard, malgré l’interdiction de Jean-Marie Le Pen, Mégret va en salle de presse pour divulguer les résultats aux journalistes[17]. Devant la presse, à la suite de l’annonce des résultats, Jean-Marie Le Pen désigne ironiquement Mégret comme « maire consort de Vitrolles » et souligne de nouveau « qu’il n’y a pas de dauphin au FN, il y a plusieurs responsables, remarquables, qui animent le mouvement chacun dans sa sphère particulière»[18].

Dans la salle, les 2200 délégués et leurs 1000 accompagnateurs applaudissent l’arrivée de Bruno Mégret sur scène après la proclamation des résultats. Il déclare à la tribune : « Je voudrais saisir l’occasion qui m’est donnée pour saluer le courage, la justesse d’analyse et la prescience de notre président, sans lesquels rien de ce qui était nécessaire n’aurait été possible. Pour cela et pour tout le reste, je voudrais, en votre nom, lui adresser notre profonde gratitude et lui témoigner mon estime, ma fidélité et mon amitié »[19].

Déroulement du congrès

Analyses

Notes et références

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