Caroline Parmentier
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| Caroline Parmentier | |
Caroline Parmentier en 2026. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Députée française | |
| En fonction depuis le (3 ans, 9 mois et 10 jours) |
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| Élection | 19 juin 2022 |
| Réélection | 7 juillet 2024 |
| Circonscription | 9e du Pas-de-Calais |
| Législature | XVIe et XVIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | RN |
| Prédécesseur | Marguerite Deprez-Audebert |
| Conseillère régionale d'Île-de-France | |
| – (1 an, 5 mois et 30 jours) |
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| Élection | 27 juin 2021 |
| Circonscription | Yvelines |
| Président | Valérie Pécresse |
| Groupe politique | RN |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Pau (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | RN |
| Profession | Journaliste |
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Caroline Parmentier, née le à Pau (Basses-Pyrénées), est une journaliste et femme politique française d'extrême droite.
Elle travaille pendant 32 ans, de 1986 à 2018, au quotidien catholique traditionaliste Présent, dont elle termine rédactrice en chef.
Membre du Rassemblement national, elle est élue députée dans la 9e circonscription du Pas-de-Calais lors des élections législatives de 2022, après avoir siégé près d'une année et demie au Conseil régional d'Île-de-France.
Alors qu'elle est chargée, depuis 2019, de la dédiabolisation du Front national, elle voit sa stratégie politique être contredite par un article de Mediapart paru en 2025, et qui relate certains des propos racistes, antisémites et homophobes tenus par elle entre les années 1990 et la fin des années 2010.
Caroline Parmentier est née le [1] à Pau, d'un père ingénieur à la Société nationale des pétroles d’Aquitaine et d'une mère au foyer, sympathisants du Front national et lecteurs de Présent[2].
Elle est mère de trois enfants et divorcée[3].
Carrière
Journaliste (1986-2018)
Caroline Parmentier entre en 1986, à 21 ans, comme journaliste au quotidien d’extrême droite à tendance catholique traditionaliste Présent sous la direction de Jean Madiran — un journaliste ouvertement antisémite, membre de l’Action française et l'un des derniers collaborateurs directs de Charles Maurras — avant d'en devenir dans les années 2010[4] la rédactrice en chef[2],[5].
En 1992, elle fait la connaissance de Marine Le Pen à une fête des Bleu-blanc-rouge du Front national (FN)[2].
Elle est animatrice de radio Courtoisie[2]. De 2014 à 2018, elle est également chroniqueuse dans l'émission Bistro Libertés, sur TV Libertés[6].
Après avoir été journaliste pendant 32 ans, elle démissionne de Présent en 2018 pour entrer en politique[2],[5].
Conseillère presse au Rassemblement national (depuis 2019)
Elle est embauchée par le Rassemblement national (RN) au moment des élections européennes de 2019 pour gérer les relations presse de Jordan Bardella[7] et, plus généralement, améliorer les relations entre le parti et les journalistes. Elle s'emploie par ailleurs à établir une stratégie de dédiabolisation du RN auprès des médias[8] et de détacher le qualificatif d'extrême droite du parti[9].
Lors de la campagne présidentielle 2022, elle est nommée conseillère presse de Marine Le Pen[2].
Conseillère régionale (2021-2022)
En , elle entre au conseil régional d'Île-de-France, élue sur la liste RN dans le département des Yvelines[10]. Elle y est très peu présente, cumulant 77 % d’absences justifiées lors du second semestre de 2022. Elle en démissionne à la fin de l'année 2022[11].
Députée du Pas-de-Calais (depuis 2022)
Aux élections législatives françaises de 2022, elle est investie dans la neuvième circonscription du Pas-de-Calais[10]. Elle est élue le face à la députée sortante Marguerite Deprez-Audebert (MoDem)[12]. Elle siège au sein du groupe Rassemblement national dont elle est vice-présidente et est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation de l'Assemblée nationale.
Prises de position
Extrême droite
Le Monde indique que « ses articles signent une pensée catholique identitaire et anti-immigration ». Elle y milite notamment son opposition au droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG)[13]. Elle défend la presse de réinformation, face à la presse établie qui, selon elle, « manie le mensonge, rampe devant la “doxa” conformiste et cultive ses liens avec les grandes banques et les oligarques ». Elle soutient la théorie complotiste du grand remplacement introduite par Renaud Camus et, au sujet de la visite d’Emmanuel Macron à Sarcelles, en , déclare : « On l’a vu comme un poisson dans l’eau exprimant son ravissement d’être entouré d’ethniques », « des petits blacks et des petits rebeus »[2].
Elle affirme publiquement en 2014 à la télévision auprès de Quotidien, que son journal Présent soutient Marine Le Pen, elle déclare être « le seule média, y compris de droite, qui ne leur crache pas à la figure »[8].
En , elle déclare au sujet de l'immigration et de l'avortement : « Après avoir "génocidé" les enfants français à raison de 200 000 par an [le nombre d’avortements en France], on doit maintenant les remplacer à tour de bras par les migrants »[14],[15].
Elle qualifie de « justice politique d’exception », la condamnation des skinheads nationalistes d'extrême-droite impliqués dans la mort du militant antifasciste Clément Méric[4].
Sur Breizh Info en 2017, elle confirme que le journal Présent — dont elle est rédactrice en cheffe — soutient la candidature à l'élection présidentielle 2017de Marine Le Pen, car « elle était la candidate qui se rapprochait le plus de notre ligne éditoriale et de nos convictions ou s'en éloignait le moins »[8].
Privatisation du service public
Elle appelle, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances rectificative pour 2022, à la « privatisation de France Télévisions et de Radio France », estimant qu'« une grande démocratie comme la nôtre n'a plus besoin d'un service public »[16].
Intervention à l'Assemblée nationale
En , la députée crie « assassin ! » dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, lors d’une intervention d’un élu communiste au sujet de la guerre entre le Hamas et Israël[17]. Avant d’immédiatement s’excuser auprès du député concerné et de la présidence de séance, ce qui lui permet d’échapper à une sanction[18]. Quelques mois plus tôt, la députée avait déclaré qu'il était « indigne » de traiter un ministre d'assassin, visant le député Aurélien Saintoul (LFI) qui avait pu le faire en direction d'Olivier Dussopt lors de l'examen de la loi sur la réforme des retraites[19].
À l'automne 2023, lors d’un débat sur le revenu de solidarité active (RSA), elle défend l'instauration d'un « revenu parental » sous condition d'une amélioration des finances publiques. La mesure vise à augmenter le taux de natalité, entendu comme un moyen de lutter contre l'immigration[20].
Discriminations
En , Mediapart publie des analyses de ses écrits dans le journal, ainsi que sur son compte Facebook[4], relevant entre les années 1990 jusqu'en 2018 des propos racistes, antisémites et homophobes[4],[21]. Elle se défend de ses écrits passés, dans un quotidien polémiste dont elle évoquait suivre la ligne éditoriale. Cependant, Mediapart cite l'un de ses ouvrages écrit en 1996, ou elle y évoque être « libre d'écrire exactement ce qu['elle] pense » et « d'être en parfaite osmose avec ce que l'on [lui] demande de faire ». Elle précise alors qu'elle n'était à « aucun moment [...] désorienté, déracinée, exilée, étrangère aux idées, aux objectifs, aux idéaux de Présent. »[22].
En 2022, elle accorde également un entretien, à la suite de son élection, à son ancien journal[22],[23]. En 2025, la députée, ne renie rien de ses propos après les révélations de Mediapart[24].
Antisémitisme
En 1993, elle participe à un ouvrage collectif intitulé Hergé et nous, qui rend hommage à Léon Degrelle, membre belge des Waffen-SS, la branche militaire de la Schutzstaffel (SS), et défend une réappropriation par l'extrême droite de l'œuvre d'Hergé, créateur de Tintin[25],[26].
Mediapart exhume qu'en 1995, elle rend hommage à un collaborationniste français, Robert Brasillach, qu'elle estime alors comme un de ses modèles et de ses héros ; célèbre Philippe Pétain qui, selon elle, a été « sali » et « diabolisé » par les historiens[4] et sur Facebook en 2018[4]. En 2011, elle s'inquiète que l'on ne puisse pas parler d'un « lobby juif » en France. Elle attaque la « grosse » Simone Veil et la loi qui porte son nom, à cause du "génocide" de 200 000 enfants par an[8].
Homophobie
Elle signe dans Présent des tribunes contre l’homosexualité[27]. Dans les années 90, elle publie plusieurs articles pour mettre en cause les homosexuels comme responsable du sida et accuse les « collaborateurs du sida » — les promoteurs du port du préservatif —, qui selon elle ne présente pas de protection fiable. Dans les années 2000, elle dénonce le lobby LGBT, la « propagande homosexuelle », les « fanatiques homo », une « France défigurée, dénaturé et homophilisée » et qualifie la nomination aux César du meilleur film 120 Battements par minute, de Robin Campillo, qui relate l'histoire de l’association Act Up-Paris, de « propagande pour le mariage homo, panégyrique des migrants, éloge de l’avortement, communautarisme gay », contre laquelle elle ne se laisse pas faire. Le , elle écrit que « le principal vecteur du sida, ce sont les pratiques homosexuelles »[8].
En 2014, elle fustige l'arrivée de Sébastien Chenu — ouvertement gay — au Front national[28].
Racisme
En , elle parle des « supporters babouins, joueurs vedettes qui sont des voyous de cités et à qui le pognon est monté trop vite à la tête, l'exemple vient de plus haut. Zizou et son coup de boule »[4],[22]. Après les révélations de ses propos par Mediapart, elle répond à la presse que le média s'est totalement trompé et qu'elle dénonce le racisme de supporters. Fabrice Arfi dénonce « un mensonge pure et simple »[4],[8].
Polémiques
Dénonciation de pédocriminalité
En 2023, elle demande le retrait d'un tableau de l’artiste suisse Miriam Cahn exposé au Palais de Tokyo, qu'elle pense représenter une scène de pédocriminalité. L'artiste et le musée s'en défendent et précisent que le personnage peint incriminé est un adulte, non un enfant. La presse pointe à cette occasion l'incohérence de la députée, qui diffuse sur les réseaux sociaux des images d'une œuvre qu'elle voudrait voir censurer, se rendant elle-même passible de poursuites judiciaires si les faits sont établis[29],[30].
Condamnations
Diffamation publique raciale
En 1995, elle est condamnée par le tribunal correctionnel de Paris pour « diffamation publique raciale »[31] après avoir qualifié dans un article de Présent les immigrés de « voyous ethniques désœuvrés » et porté la responsabilité des « violences et vandalismes » sur les immigrés maghrébins[22]. Le jugement est confirmé en appel et par la Cour de cassation[22].