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Grand prieuré de Saint-Gilles

prieuré situé dans le Gard, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le grand prieuré de Saint-Gilles était un prieuré de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il s'agissait de l'un des deux grands prieurés de la langue de Provence avec le grand prieuré de Toulouse.

PaysDrapeau de la France France
DépartementGard
Faits en bref Présentation, Culte ...
Grand prieuré de Saint-Gilles
Sceau des Grands Prieurs de Saint-Gilles au XIIIe siècle.
Sceau des Grands Prieurs de Saint-Gilles au XIIIe siècle.
Présentation
Culte Catholique romain
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Ville Saint-Gilles
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Historique

Implantation

Bertrand, fils de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, se croisa et partit pour la Terre-Sainte en 1109. Il y mourut en 1112. Son frère Alphonse Jourdain revint prendre le gouvernement des comtés de Toulouse et de Saint-Gilles, et du marquisat de Provence. Avant de se croiser, Bertrand avait fondé l’hôpital, qui devint le Grand Prieuré de Saint-Gilles, la plus ancienne des maisons d'Europe de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ce prieuré était un hospice destiné à recueillir, sur les rives du Rhône, les pèlerins prêts à partir pour la Terre-Sainte, ou ceux qui en revenaient. Ce rôle lui permit de bénéficier des largesses des princes et les seigneurs partisans des croisades[1].

En 1117, les Hospitaliers acquirent Saint-Thomas de Trinquetaille, près d’Arles, et construisirent une église à Nîmes, dédiée à Jean le Baptiste. Leur manse s'accrut en 1171 du domaine de Daladel, près d’Aigues-Mortes, puis de celui de Canavère, près de Saint-Gilles, en 1202 et des terres de Luc, près de Marguerittes, en 1217. L’Ordre reçut, en 1248, Saint-Jean-de-la-Pinède, près de Listel, à Aigues-Mortes[2].

À la suite du Concile de Vienne en 1311, l’Ordre hérite de la majorité des biens des Templiers et devient le plus puissant d'Europe.

La langue de Provence fut dès lors répartie en deux grands prieurés, Toulouse avec vingt commanderies, et Saint-Gilles avec cinquante-quatre commanderies[2], auxquelles il faut rajouter le bailliage de Manosque qui fut initialement un prieuré appelé de Provence entre 1317 et 1347[3]. Mais au XVe siècle, il entre en décadence et le Grand Prieuré où résidèrent jusqu'à 22 chevaliers n'en comptait plus que deux[2].

François 1er redonna quelques éclats à Saint-Gilles avec quelques nouvelles donations et la confirmation des acquisitions de 1512. De 1562 à 1621, les guerres de religion furent la cause de la disparition de quelques Commanderies[2] et de la destruction des bâtiments du prieuré de saint Gilles, ce qui porta le coup de grâce au pèlerinage[4].

Saint-Gilles resta cependant un centre spirituel important pour l'Ordre mais l'administratif du grand-prieuré est transféré au prieuré d'Arles en 1562. Ce transfert fut avalisé par un décret du grand maître à la suite d'une décision du Sacré Conseil en date du [5].

En 1703, les Camisards pillèrent des maisons de l'Ordre en Languedoc. Puis 1789 vit la fin du Grand Prieuré avec l’aliénation des Biens Nationaux en 1792. Le Grand Prieuré fut démantelé en 1796 par l’acquéreur qui l’utilisa comme carrière[2].

Liste des prieurs

Juan Fernández de Heredia et Raimond de Turenne (fresque de l’Ospedale Santa-Maria della Scala à Sienne)
Christophe de Baroncelli-Javon
  • c. 1177 : Pierre Galtier, commandeur
  • c. 1237 : Bertrand
  • c. 1244 - 1264 : Féraud de Barras (grand commandeur cismarin)[N 1] organisateur de la flotte de soutien à la septième croisade
  • 1271 - 1300 : Guillaume de Villaret (premier vicaire du Comtat Venaissin) il cumule ses fonctions de prieur et grand maître de 1296 à 1300
  • 1306 - †  : Dragonet de Montdragon[7],[8]
  • ? -  : Pierre d'Ongle[9]
  • - ? : Bermond Maury[10]
  • 1327 - ? : Aimery de Turry
  • -  : Pierre d'Ongle (deuxième fois, prieur de Saint-Gilles tout en conservant celui de Toulouse)[11]
  • - ? : Guillaume de Reillanne (Prieur de Saint-Gilles et de Provence deçà Rhône)[12]
  • ? - ? : Pierre de Corneillan (XIVe siècle)
  • - ? : Fouques de Chaudeyrac[13]
  • 1357 - 1369 : Juan Fernández de Heredia[14].
  • -  : Raymond Savin[15],[16].
    • Commandeur d'Arles. Auparavant grand prieur de Toulouse (?-1369)[N 2]
  • - ? : Sicard de Murviel[17]
    • Commandeur de Saint-Maurice de Cazevieille, lieutenant du grand maître en Occident. Grand prieur de Toulouse (1370, quelques mois)
  • -  : Raimond de Casillac[18]
  • -  : Réforciat d'Agoult[19]
  • 1402 -  : Jean Flote[20]
  • - 1448 : Bertrand d'Arpajon[21], c'est son homonyme appelé également Tandon d'Arpajon qui fut grand prieur de Toulouse (1436-1448)[N 3]
  • 1433 - 1434 : Jean Romieu de Cavaillon, prieur de Saint-Gilles et de Hongrie (Ungarie)[24]
  • 1434 - 1448 : Bertrand d'Arpajon
  • 1448 - 1449 : Jean Romieu de Cavaillon, prieur de Saint-Gilles
  • -  : Raimond Ricard[25]
  • - 1496 : Seillon de Demandolx[26],[27]
  • -  : Charles Allemand de Rochechinard[28]
  • ? - ? : Prégent de Bidoux (XVe siècle)
  • ? - ? : Raimond (Raimondet) Ricard (XVIe siècle)
  • ? - ? : Balthazar d'Agoult (XVIe siècle)
  • ? - ? : Robert d'Albe (ou d'Aube) de Roquemartine (XVIe siècle)
  • ? - ? : François de Puget (XVIe siècle)
  • ? - ? : Pierre de Gozon (ou Pierre de Gozon-Mélac) (XVIe siècle)
  • ? - ? : Didier de Sainte-Jalle (XVe siècle)
  • -  : Jean de Valette[29]
  • - ? : François de Touche-Bœuf Clairmont[30]
  • ? - ? : Charles de Rochechinard (XVIe siècle)
  • ? - ? : Géraud de Massas (XVIe siècle)
  • ? - ? : Philippe du Broc (XVIe siècle)
  • ? - ? : Jean de Mars (XVIe siècle)
  • 1548 - 1562 : Charles d'Urre-Ventarol

Transfert au grand prieuré d'Arles en 1562.

Patrimoine foncier

Le Grand Prieuré de Saint-Gilles entre Costières et Camargue
Saliers, vieille église de la Commanderie

La manse de l’ordre hospitalier à Saint-Gilles s’étendait du sud de Tarascon (Mas de l’hôpital) à la Méditerranée (Salin de Listel) et de Miramas (coussouls de Luquier, Calissanne, etc.) à Aigues-Mortes. Cette omniprésence de l'ordre de Saint-Jean en Camargue remonte à ses débuts. Il le doit tout d’abord à ses origines méridionales, à la proximité des lieux d'embarquement pour les croisades : Saint-Gilles et Aigues-Mortes. Et enfin à la récupération des biens de l’ordre du Temple après le concile de Vienne présidé par Clément V[5].

Au XIVe siècle, les vins de Saint-Gilles et de la Costière étaient parmi les plus prisés de la Cour pontificale d’Avignon. Jean XXII fait venir son « vin nouveau » de Saint-Gilles et Beaucaire. Quand, en 1367, Urbain V quitte Avignon pour Rome il se fait envoyer par le port d’Arles une cargaison de vin de la Costière et de Beaune[31]. De retour en Avignon, Grégoire XI fit lui aussi approvisionner ses celliers par les vins de Saint-Gilles et la Costière. Si durant tout le Moyen Âge les vins provenant de ce terroir furent considérés à l'égal de ceux de Beaune, c'est qu'ils étaient produits avec un cépage exceptionnel le mourvèdre appelé alors « plant de Saint-Gilles ».

À la même période, il est fait mention d'un pressoir et de cuves de fermentation dans le cellier de Saliers, dépendance du grand prieuré, en Camargue, sur la rive droite du Rhône[32].

En Camargue, les Hospitaliers possédaient terres labourables, herbages, marais et étangs, soit environ 730 hectares de labours, 1 730 hectares d'étangs et de marais. Sur la rive gauche du Petit-Rhône, la Commanderie de Saliers disposait de 280 hectares de labours et 1 470 hectares de marais ; en rive droite sous le contrôle direct du prieuré de Saint-Gilles les surfaces ont été déterminées par les travaux de l'ingénieur Louis Séguin en 1765-66 et sont conservées à Arles dans l'ancien Hôtel Prieural de l'Ordre, au Musée Réattu. Ces biens s’étendaient sur 24 000 ha, dont 300 en terres de labour et 21 700 en herbages, marais et coussouls de Crau. Les coussouls étaient des « pâturages » pierreux où paissaient les ovins des commanderies de Sainte-Luce, Trinquetaille et Saliers. Ils s'étendaient sur 5 200 hectares[5]. À cela s'ajoutaient des salines. En 1546, le prieur fit construire le salin de Saint-Jean, dans un étang qui jouxtait le marais de Peccais[33].

Quand les différents propriétaires sauniers décidèrent de s'unir en société en 1716, seule l'Église, qui possédait les salins de l’Abbé et de Saint-Jean resta en dehors de ce consortium. Quelques années plus tard, l'évêché d'Alès, propriétaire du salin de l’Abbé le rejoignit. Seul, le prieur conserva son salin de Saint-Jean. En 1790, un décret de la Convention déclara les salins de Peccais propriété nationale. Puis, ils furent restitués à leurs propriétaires, à l'exception de ceux de l’Abbé et de Saint-Jean qui restèrent propriété de l’État[33].

L'Ordre possédait à lui seul près de 10 % de la valeur des fonds de l'ensemble du terroir arlésien. Leur valeur foncière a été estimée à plus de 800 000 livres contre 12 500 seulement pour l'archevêché d'Arles. À la veille de la Révolution, les revenus du Grand Prieuré représentaient 254 000 livres tournois sur un total de 1 100 000 livres tournois, soit 23 % de l'ensemble de ses possessions. Chaque exploitation était centralisée autour d’un bâtiment de résidence, le « mas » à l’exemple du Grand Mas de Saliers[5].

Possessions

Commanderies

Les hospitaliers possédaient 80 commanderies dans la langue de Provence. 25 dépendaient de Toulouse et 55 de Saint-Gilles[34]. Les commanderies suivies de la croix pattée rouge () sont des anciennes possessions de l'ordre du Temple :

En Gévaudan[35]
En Languedoc
En Provence
En Quercy
En Rouergue
En Vivarais

Autres possessions directes

Référencement

Bibliographie

Voir aussi

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