Histoire de Lens

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Les armoiries de la ville de Lens se blasonnent ainsi :
D'azur au château formé d'une tour d'or crénelée de cinq pièces, ouverte et ajourée de sable, l'ouverture chargée d'un globe d'or cerclé, cintré et croisé d'or, la tour flanquée de deux tourelles du même ouvertes et ajourées de sable, le tout accosté de deux fleurs de lis d'or.[Note 1]
Ornements extérieurs : croix de chevalier de la Légion d’honneur[Note 2] ; Croix de guerre 1914–1918 avec palme ; Croix de guerre 1939–1945.
Fosse n° 4 des mines de Lens dans les années 1960.

L'histoire de Lens, commencerait, en l'état actuel des connaissances, au haut Moyen Âge. La première mention d'un lieu nommé Lens apparaît à l'époque mérovingienne sous la forme Lenna Cas qui signifierait « Forteresse des Sources ». La ville entourée de remparts subit plusieurs sièges au Moyen Âge et à l'époque moderne.

Mais c'est la découverte de gisements de charbon, en 1841 qui fit basculer la ville dans l'ère industrielle : Lens connut une forte croissance démographique, son paysage fut transformé, les puits de mines avec leurs chevalets et les cités ouvrières, les corons, donnèrent un nouveau visage à la ville pour plus d'un siècle. Totalement détruite au cours de la Première Guerre mondiale, Lens fut reconstruite pendant l'entre-deux-guerres. Meurtrie à nouveau au cours de la Seconde Guerre mondiale, Lens se redressa mais le déclin de l'activité charbonnière puis l'arrêt total de l'exploitation en 1986 obligèrent la ville comme l'ensemble du bassin minier à se reconvertir pour tenter d'endiguer le déclin.

Enfin, l'histoire de la ville est indissociable de celle de son club de football, le Racing Club de Lens fondé en 1906 dont les résultats de ses différentes équipes sur le plan national comme international ont donné aux Lensois des motifs de fierté.

En 1755 des médailles impériales romaines furent retrouvées sur le territoire de Lens. En 1804, ce fut une tombe renfermant deux vases ou lacrymatoires de verre qui fut mise au jour, et en 1842, on retrouva une statuette en bronze du dieu Mars[1]. Ce sont les seules vestiges gallo-romains retrouvés à Lens[Note 3].

Moyen Âge

Lens entre Flandre et Artois

Nommée pour la première fois à l'époque mérovingienne, Lens, au centre de la Gohelle, fut par la suite le siège d'une châtellenie dépendant, dans un premier temps des comtes de Boulogne. La ville est fortifiée à l'époque carolingienne pour se protéger des invasions vikings. Eustache II de Boulogne a été certainement le seigneur de Lens le plus célèbre. En 1057, il épouse Ide de Bouillon. En 1066, il participe à la bataille d'Hastings au côté de Guillaume le Conquérant. En 1071, Eustache prend part aux conflits à propos de la succession de Flandre et meurt en 1095. Sa veuve, Ide, femme très pieuse fait de nombreuses donations aux églises, monastères et hôpitaux de la région. Béatifiée après sa mort, elle devient la patronne de Lens. Les trois fils d’Eustache II et d’Ide de Bouillon, Eustache, Godefroy et Baudouin prennent part à la première croisade et à la prise de Jérusalem en 1099[2].

Lens sous l'autorité du roi de France

La ville de Lens au XIIe siècle relève du comté de Flandre. En 1192, la place est concédée à la couronne par son nouveau vassal, le comte de Boulogne, Renaud de Dammartin[3].

Au XIIIe siècle, le roi Louis VIII lui octroie une charte communale, en 1209. La commune possède son échevinage et sa milice. Elle était également le siège d'une prévôté et d'un bailliage. La charte communale permet au maïeur et aux échevins de Lens de nommer leurs successeurs tous les quatorze mois. Elle autorise, également le château de la commune à appliquer les mêmes lois et coutumes que celles d'Arras. Les franchises et les libertés communales furent confirmées en 1248, 1292 et 1302 par les comtes d'Artois[1].

Lieu de foires et de marchés, Lens acquiert une certaine importance sur le plan commercial, par la Deûle, les marchandises en partent ou y arrivent. Sur cette rivière se trouvaient quatre moulins ; un moulin à vent était situé sur les remparts[2].


Lens sous l'autorité du duc de Bourgogne

Pendant la Guerre de Cent Ans, Lens subit l'hostilité des comtes de Flandre. mais, le mariage du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre, héritière des comtés de Flandre et d'Artois fait entrer Lens dans les Pays-Bas bourguignons jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, en 1477.

En 1415, Henri, Jean et Philippe de Récourt dits de Lens combattirent à la bataille d'Azincourt et y trouvent la mort[4].

En , après la mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, Lens est une nouvelle fois assiégée[2], incendiée et détruite par les troupes du roi de France Louis XI qui cherche à se rendre maître de l'Artois. Après la bataille de Guinegatte du , Louis XI fait exécuter cinquante prisonniers, en guise de représailles après la défaite française face aux Bourguignons[1].

Époque moderne

Bataille de Lens, 20 août 1648 de Jean-Pierre Franque (1835/1837), Galerie des Batailles, Château de Versailles.

Lens entre Espagne et France

Aux XVIe et XVIIe siècles, Lens fut territoire espagnol avec l'avènement de Charles Quint, héritier par son père, Philippe le Beau, des Pays-Bas bourguignons et par sa mère, Jeanne la Folle, des couronnes de Castille et d'Aragon. La ville fut prise et reprise sept fois en moins d'un siècle. Elle était retombée en 1646, au cours de la guerre de Trente Ans, aux mains des Espagnols.

La place forte de Lens, située dans une plaine, avait une muraille terrassée, garnie de tours, et un fossé sec large et profond avec un chemin couvert. En 1647, le maréchal de Gassion entreprit d'en faire le siège. La ville tomba le [5],[6].

Le , dans la plaine de Lens, le Grand Condé remporta une nette victoire sur les Espagnols. Cette victoire laissait cependant la ville totalement ruinée. La guerre entre la France et l'Espagne se poursuivit après les Traités de Westphalie mettant fin à la guerre de Trente ans, en 1648 ; elle prit fin en 1659, par le Traité des Pyrénées par lequel l'Artois devenait territoire du royaume de France. La reconstruction de Lens pouvait commencer.

Lens sous l'Ancien Régime

Depuis le Moyen Âge, La ville de Lens, en plus du château, était protégée par des remparts garnis de tours et percés d'au moins deux portes, la porte du Bourg ou porte d'Arras et la porte de Magdelaine ou porte Pesquebeuf. Les établissements religieux étaient au nombre de trois : un collège de 12 chanoines et 18 chapelains qui desservaient la collégiale Notre-Dame, un couvent de cordeliers ou récollets, un couvent de sœurs grises, tous trois disparus à la Révolution française. L'hôpital de la Cauchie fondé au XIIIe siècle fut rattaché à l'hôpital du Bourg, sous le règne de Louis XIV[7].

Le démantèlement des fortifications de la ville se déroula de 1652 à 1657, sur ordre du roi[8]. En , fut posée la première pierre de l'église Saint-Léger de Lens, les frères Leclercq d'Aire-sur-la-Lys en furent les architectes. L'église fut, inaugurée le .

Époque contemporaine

Notes et références

Pour approfondir

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