Léon Ier de Ravenne

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Léon Ier
Biographie
Décès
Ravenne
Évêque de l'Église catholique
Archevêque de Ravenne

Léon Ier est un archevêque de Ravenne, en fonction à partir de 770 environ après la crise successorale ouverte à la mort de Serge en 769. D'abord désigné par une partie du clergé, il est écarté au profit de Michel, avant d'être rétabli grâce à une intervention franque. Son épiscopat se déroule dans un contexte de concurrence entre la papauté, les Lombards et les Carolingiens pour le contrôle de Ravenne.

Une succession disputée

À la mort de Serge, en 769, une partie du clergé de Ravenne choisit pour successeur Léon l'archidiacre[1]. Cette élection est cependant contestée par Michel, scriniarius de l'Église de Ravenne, qui obtient l'appui du duc Maurice de Rimini, du roi lombard Didier et de plusieurs notables de la ville[1]. Grâce à ce soutien militaire, Michel est imposé à la tête de l'archevêché, tandis que Léon est emprisonné à Rimini[1].

Malgré les présents envoyés au pape et au roi des Lombards, Michel ne parvient pas à obtenir sa consécration archiépiscopale[2]. La situation se débloque en 770 grâce à une intervention franque. À l'occasion des négociations ouvertes par la reine Bertrade autour d'un projet d'alliance entre les Francs et les Lombards, des envoyés francs interviennent aussi dans le dossier ravennate[2]. Selon le Liber pontificalis, lorsque les habitants de Ravenne apprennent cette initiative, ils se soulèvent contre Michel et le chassent de l'archevêché. Avec l'appui lombard, le comte franc Hucbald fait alors conduire Michel à Rome, chargé de fers, libère Léon de sa prison et permet sa consécration[2].

L'accession de Léon au siège de Ravenne illustre ainsi l'imbrication croissante, à la fin du VIIIe siècle, des affaires ravennates avec les intérêts de la papauté, des Lombards et surtout des Francs, désormais capables d'intervenir directement dans les conflits ecclésiastiques de l'Italie du Nord[2].

Entre papauté, Lombards et Francs

Au début des années 770, dans un contexte de rivalité entre la papauté, les Lombards et les Francs, Léon est mêlé à l'affaire de Paul Afiarte, camérier du pape Étienne III et agent des intérêts lombards[2]. En 772, le nouveau pape Adrien Ier lui demande de faire arrêter Afiarte, mais l'archevêque de Ravenne va plus loin et le fait exécuter, provoquant le mécontentement du pontife[2]. Cette irritation tient aussi au climat général de menace entretenu par Didier[2].

En 773, lorsque Charlemagne, descendu par le col du Mont-Cenis, marche contre les Lombards, Léon envoie son diacre Martin porter assistance à l'armée franque[3]. Grâce à sa connaissance du terrain, celui-ci aide le roi à surprendre les Lombards en les prenant à revers, contribuant ainsi à une victoire décisive à l'issue du siège de Pavie[3]. L'archevêque de Ravenne apparaît donc comme un acteur du basculement politique qui accompagne la fin du royaume lombard[3].

Après l'intégration du royaume lombard dans la sphère franque, Léon cherche à nouer une relation directe avec Charlemagne. Il se rend même personnellement auprès du roi des Francs avant 778, suivant en cela une logique comparable à celle des archevêques précédents, qui allaient autrefois chercher à Constantinople la confirmation de leurs privilèges[4]. Cette initiative déplaît fortement au pape Adrien Ier, qui y voit le signe d'une ambition politique propre de l'archevêque de Ravenne[4].

Une politique autonome face à Rome

Bien qu'il accepte que Ravenne serve de lieu de détention pour des ennemis de Rome, Léon refuse de se plier pleinement aux directives pontificales[4]. Il fait emprisonner l'un des comtes d'Adrien, interdit l'accès d'Imola et de Bologne au sacellaire (sacellarius) Grégoire, chargé des finances pontificales, remplace dans plusieurs villes les officiers pontificaux par ses propres hommes et intercepte une lettre du patriarche Jean de Grado destinée à Adrien, afin d'en connaître le contenu[4]. Le pape interprète ces initiatives comme autant d'actes de défiance, voire de trahison[4].

Deux lettres adressées par Adrien Ier à Charlemagne en et témoignent de la violence de ce conflit ; le pape y dénonce l'orgueil, l'insubordination et les ambitions personnelles de Léon : « À quel point est fausse la foi de l'archevêque Léon de Ravenne, qui a pour la loyauté apostolique un tel mépris et refuse d'obéir à nos instructions. Cet archevêque est le seul à se dresser contre nous avec une fierté sauvage[4] ». En creux, ces plaintes montrent aussi que Charlemagne tolérait, voire utilisait, l'autonomie de l'archevêque de Ravenne pour contrebalancer le pouvoir pontifical. Même après la mort de Léon, cette orientation laisse des traces durables : malgré les reproches répétés d'Adrien, les autorités ravennates continuent de considérer le roi franc comme leur seigneur[4].

Léon meurt le à Ravenne[5].

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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