Cette nouvelle ligne, qui se détacherait de la ligne existante de Lyon à Grenoble à Saint-André-le-Gaz et rejoindrait la ligne de la Maurienne à Chambéry, devrait néanmoins pour éviter les détours traverser la chaîne de l'Épine, barrière naturelle entre l'Avant-Pays et la cluse de Chambéry. Il est ainsi décidé d'entreprendre la création d'un tunnel, dont l’emplacement est choisi entre le village d'Aiguebelette-le-Lac et le val de Couz au pied de Vimines et de Saint-Cassin, de manière à rejoindre Chambéry en longeant l'Hyères par Cognin.
Construction
Les travaux de percement du tunnel débutent en 1880 et se terminent en 1883[1], soit un an avant la mise en service d'ensemble de la ligne en . Ces trois années et demie de travaux sont conduites sous la direction des entrepreneurs MM. Scalarone, dont l’entreprise emploie les ouvriers chargés de son percement[2].
Deux percements simultanés sont entrepris de part et d'autre du futur tunnel. Du côté d'Aiguebelette-le-Lac, les ouvriers ne rencontrent que du calcairejurassique à divers états, mais du côté du val de Couz ce sont des grès, formés de sables agglutinés de la période tertiaire (de la molasse marine) et de l'argile à lignite qui sont rencontrés à sa base[3].
Le , le journal de l'Ain indique que l'avancement du tunnel est de 1 380 m du côté d'Aiguebelette-le-Lac et de 1 370 m du côte du val de Couz, ce qui ne laisse donc plus qu'environ 312 m à percer, ce qui devrait être effectué durant le mois d'avril suivant[4]. Mais les délais s'allongent quelque peu et le raccordement des deux galeries intervient finalement le samedi lors du percement d'un trou de sonde. Les derniers coups de mine doivent intervenir le lendemain dimanche [5].
Un mois plus tard, en , les entrepreneurs Scalarone écrivent au conservateur du musée départemental pour lui faire part d'une découverte archéologique près de l'entrée côté Chambéry: un poignard en fer forgé et quinze monnaies associées, dont huit sont romaines (empereurs Claude et Gallien) et sept sont datées du XIIesiècle[6]. Les travaux de percement du tunnel permettent également la découverte d'une source d'eau minérale sulfureuse, jaillissant à environ 800 m de l’entrée d'Aiguebelette[7].
Après d'ultimes finitions, la perforation du tunnel se termine durant l'automne 1881[7]. Durant les six mois qui suivent, les ouvriers recouvrent la plus grande partie de la voûte et des parois de maçonnerie[3], qu'ils terminent au printemps 1882[7]. En mai, c'est au tour d'un aqueduc d'être achevé: situé sous la chaussée, il permettra l'écoulement des eaux du souterrain[7]. À ce moment, l'ouverture totale de la ligne est prévue pour l’automne 1883[7].
La pose du ballast et des rails constitue la dernière grande partie de la construction du tunnel et se déroule jusqu'en 1883. Le tunnel n'est néanmoins ouvert à la circulation que l’année suivante, en même temps que l’ensemble de la ligne de Saint-André-le-Gaz à Chambéry, le [3].
↑ Philippe Paillard (dir.), Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno et André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes: Chambéry et ses environs - Le Petit Bugey, t.1, Roanne, Horvath, , 475p. (ISBN2-7171-0229-9), p.263
↑ L'Indicateur de la Savoie, «Savoie» [PDF], n° 133, sur lectura.plus, (consulté le ), p.3.
1 2 3 Achille Raverat (baron de), De Lyon à Chambéry par Saint-André-le-Gua (avec carte), Lyon, Chez l'auteur, , 122p., p.108-109
↑ Le Journal de l'Ain, «Chemins de fer» [PDF], n° 17, sur lectura.plus, (consulté le ), p.3.