Urgeldi
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Le terme basque « Urgerldi » désigne un puits. Dans la tradition populaire, les eaux maritimes, ainsi que celles de certaines étendues d'eau, des puits et des nappes liées aux cours d'eau, sont considérées comme les demeures de génies appelés Lamiñak. Ces lieux sont également réputés pour engloutir d'anciennes maisons ou des agglomérations maudites. De même, de nombreux ponts, désignés par le terme basque « zubi », font l'objet d'explications légendaires, reflétant la persistance de croyances anciennes.
S'appuyant sur ces interprétations religieuses primitives, l'introduction du christianisme a entraîné l'usage de l'eau bénite pour conjurer les nuages orageux et invoquer la dame Mari[1].
Dans la région de Guernica, on évoque le génie des pluies torrentielles appelé Traganarru, associé aux trombe marine, qui, dans les temps anciens, effrayait les habitants côtiers. Les lagunes sont réputées être les sources de nuées lourdes, chargées de bourrasques. Le génie de la tempête, incarné par Mari ou Odei, guide ces nuages afin de provoquer la grêle sur les villages.
Lorsqu'il s'agit de savoir si un lieu est habité par des Laminak, la réponse traditionnelle est souvent : « Tout ce qui a un nom est supposé l'être ». Leurs habitats incluent certaines grottes ainsi que quelques osin ou urgerldi. Parmi les sites célèbres figurent Laminzulo, la grotte réputée d'Isturits, ancien refuge humain ; Maltsoenborda à Urepel ; Okamika, la grotte de Gizaburuaga ; et Salturri, la grotte d'Arrasate, située dans la ferme du même nom[2]. Quant aux urgerldiak célèbres, la lagune de Zaizedo et le trou d'eau d'Urbion, situé sur le sommet éponyme, ont acquis une réputation particulièrement marquée dans les villages de la Rioja.
Urgeldi est terme basque désignant l'eau stagnante ou immobile, incluant les remous ou bras morts d'une rivière, les marais, les lacs, les étangs et les mares, cette eau n'est pas considérée comme potable[3].
Urlanga, urmael, zingira signifient « lagune » en basque. Putzu, zipu, meazilo signifient « puits » (d'eau pour le dernier).
Légendes et croyances
Le Laminosiné est ruisseau qui prend sa source à Bussunarits-Sarrasquette, arrose Gamarthe, Ibarrolle, Bunus et se jette dans la Bidouze[4] ».
« Dans mon village natal, Juxue, en Basse-Navarre, près d'Ostabat-Larceveau, il y a, au pied d'un coteau et à proximité de la maison ancienne Arbidia, un laminosine (« puit des laminak ») qui confirme absolument ce que vous dites de nos urgeldi. Des infiltrations et un écoulement très faibles le relient aux méandres de la Bidouze dans la traversée de Juxue, mais c'est un trou d'eau profond dont le niveau ne varie guère. Tout enfant, j'ai entendu dire — et l'on dit encore — que le laminosine est insondable et qu'il entraîne dans son gouffre tout imprudent qui s'aventurerait à la nage pour le traverser. J'ai connu un meunier, robuste et hardi nageur, que cette crainte n'empêcha pas de s'y hasarder, mais pas jusqu'au milieu de l'étang, de sorte que l'opinion ou la superstition populaire est demeurée intacte[5]. »