Anas al-Sharif

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Décès
(à 28 ans)
Gaza (Palestine)
Nom de naissance
Anas Jamal Mahmoud Al-Sharif
Nationalité
Anas al-Sharif
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Biographie
Naissance
Décès
(à 28 ans)
Gaza (Palestine)
Nom de naissance
Anas Jamal Mahmoud Al-Sharif
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Al Jazeera ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata

Anas Jamal Mahmoud Al-Sharif (en arabe : أنس جمال محمود الشريف), né le dans le camp de réfugiés de Jabaliya et mort le à Gaza, est un journaliste palestinien.

Travaillant pour Al Jazeera Arabic, il réalise des reportages en première ligne dans le nord de Gaza pendant la guerre de Gaza. En , l'équipe Reuters d'Al-Sharif reçoit le prix Pulitzer de la photographie d'actualité pour ses photos documentant la guerre de Gaza.

Pendant plusieurs mois avant son assassinat, l'armée israélienne accuse Al-Sharif d'être un agent du Hamas. Les documents présentés comme preuves étant peu nombreux et impossibles à authentifier, les ONG de défense des droits humains, les Nations unies et Al Jazeera dénoncent cette accusation comme un mensonge visant à justifier le meurtre de journalistes afin de passer sous silence les actions génocidaires d'Israël contre les civils palestiniens. Le Comité pour la protection des journalistes appelle la communauté internationale à protéger al-Sharif.

Al-Sharif est tué avec quatre autres journalistes d'Al Jazeera et deux civils lors d'une frappe aérienne israélienne le ciblant délibérément, dans une tente devant l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza, le .

Jeunesse et famille

Anas al-Sharif naît dans le camp de réfugiés de Jabaliya dans la bande de Gaza le . Sa famille est originaire d'Ashkelon et se compose de réfugiés palestiniens[1]. Enfant, il veut devenir journaliste[2].

Al-Sharif est diplômé de l'université al-Aqsa d'une licence en communication, spécialisée en radio et télévision[3],[4]. Il commence sa carrière comme bénévole au sein du réseau médiatique Al-Shamal, avant de rejoindre Al Jazeera Arabic comme correspondant dans le nord de Gaza. À sa mort, il est marié et père de deux enfants, Sham et Salah[2],[5].

Guerre de Gaza

À partir d', Anas al-Sharif devient l'un des visages les plus visibles de la couverture de la guerre à Gaza, refusant d'évacuer le nord malgré les ordres israéliens répétés et les menaces directes contre sa vie[4],[6],[7]. Il continue à couvrir quotidiennement la situation malgré les frappes aériennes, les massacres et les déplacements de population, travaillant souvent dans des conditions dangereuses et de pénurie chronique de produits de première nécessité. Ses reportages fournissent des images et des témoignages depuis une zone de guerre inaccessible pour les journalistes internationaux[8],[6],[4]. Son compte du réseau social X montre plus de 500 000 abonnés[9],[10].

En , Anas al-Sharif reçoit des appels téléphoniques de l'armée israélienne lui demandant de quitter le nord de Gaza[6],[11]. Le mois suivant, son père est tué dans une frappe aérienne israélienne sur leur maison familiale à Jabaliya, dans le nord de Gaza ; en raison de problèmes de santé, son père n'avait pas pu évacuer leur maison avec le reste de leur famille[12],[5],[13]. Al-Sharif décrit l'expérience comme à la fois « cruelle » et « douloureuse », mais déclare qu'elle renforce sa détermination à continuer de raconter les histoires des souffrances de Gaza[8],[6].

En , l'équipe Reuters, dont fait partie al-Sharif, reçoit le prix Pulitzer de la photographie d'actualité[14] pour ses photographies « brutes et urgentes » documentant la guerre de Gaza[9],[2],[15]. En décembre de la même année, Amnesty International lui décerne à son tour le Prix des défenseurs des droits de l'homme[16],[17].

Alors qu'il couvre en direct le cessez-le-feu de la guerre de Gaza de , al-Sharif retire son équipement de protection[18]. Des passants enthousiastes le soulèvent sur leurs épaules en signe de célébration[19]. La vidéo de l'événement devient virale sur les réseaux sociaux[2] et contribue à le faire connaître[20].

Hossam Shabat, collègue d'al-Sharif, est tué lors d'une frappe aérienne israélienne ciblée en . Al-Sharif participe au cortège funèbre. Il déclare à Drop Site News (en) qu'il est déterminé à poursuivre ses reportages malgré les menaces israéliennes et la perte de son père[11].

Menaces israéliennes

À partir de , al-Sharif est confronté à des menaces croissantes de la part de l'armée israélienne, notamment des appels téléphoniques, des messages vocaux et des campagnes sur les réseaux sociaux[21] qui soutiennent qu'il serait un agent du Hamas, considéré comme terroriste par l’Union européenne[6],[22],[23].

Accusations israéliennes

En , le journaliste palestinien est accusé par l'armée israélienne d'être un combattant de la branche armée du Hamas depuis [24],[13],[9]. Selon elle, al-Sharif a subi des blessures à l'oreille et à l'œil lors d'une explosion à l'occasion d'un exercice en et depuis lors, souffrirait d'une déficience auditive dans l'oreille gauche, une déficience visuelle de l'œil gauche, ainsi que de vertiges et maux de tête[25]. En tant que « chef d'une cellule de l'organisation terroriste Hamas », Al-Sharif aurait été responsable d'attaques à la roquette et « fait avancer des plans pour tirer des missiles sur des civils israéliens et des forces armées de Tsahal »[9],[26]. Il aurait été « chef d'une escouade de lancement de roquettes et membre d'une compagnie de la force Nukhba dans le bataillon East Jabalia du Hamas »[27]. Al Sharif est également cité parmi six journalistes actifs d'Al Jazeera que Tsahal considère être « des agents du Hamas et des groupes terroristes du Jihad islamique palestinien » : Alaa Salameh, Hossam Shabat, Ashraf al-Sarraj, Ismail Abu Omar et Talal al-Arrouqi[27].

L'armée partage des documents comportant son nom et qu'elle affirme avoir trouvés dans des « ordinateurs du Hamas et du Jihad islamique palestinien » saisis à Gaza[23],[9]. Le Monde déclare alors qu'il n'a pu authentifier ces documents[23].

The Guardian décrit le rapport contre Al Sharif comme un « dossier peu convaincant de preuves non vérifiées » et déclare que l'armée israélienne n'explique comment Al Sharif a pu être en même temps commandant militaire et diffuseur régulier[28].

Le journal Libération considère également que les preuves sont absentes, indiquant que l'armée israélienne a affirmé en détenir, mais sans jamais les révéler. Libération note qu'Avichay Adraee, porte-parole de l'armée israélienne, a posté sur son compte X après la mort du journaliste une photographie de ce dernier posant avec l'ex-leader du Hamas Yahya Sinwar[29]. Le porte-parole déclare : « Comme nous l'avons dit dès le début, seuls des terroristes participent aux rassemblements du Hamas. Anas Al Sharif n'était pas un journaliste, mais un agent terroriste de l'organisation[30]. »

La BBC, pour sa part, estime qu'il existe « peu de preuves » des accusations de l'armée israélienne et indique que cette dernière a déclaré dans un communiqué disposer de documents « prouvant sans équivoque » l'« affiliation militaire » au Hamas du journaliste, notamment des « fiches du personnel, des listes de formations terroristes, des annuaires téléphoniques et des bulletins de salaire ». Elle rapporte également que l'armée a publié des captures d'écran qui, apparemment, montrent une liste des membres du Hamas du nord de la bande de Gaza, avec mention de leurs blessures, ainsi qu'un extrait de ce qui serait l'annuaire téléphonique d'un bataillon armé du Hamas[31]. Son nom complet y figurerait  Anas Jamal al-Sharif  ainsi qu'un numéro de téléphone et un nom de code, Tabit 5[32].

Par ailleurs, The Times of Israel indique qu'après la mort du journaliste des « partisans pro-Israël » ont salué son assassinat et ont publié une capture d'écran d'un message qu'al-Sharif aurait posté sur Telegram pour saluer l'attaque du Hamas contre Israël le [33]. L'authenticité de ce message est cependant douteuse selon The Skwawkbox (en), car les messages Telegram ne comportent ni la mention « AT » ni la date en fin de message, et le message n'a pas été retrouvé sur le compte de al-Sharif : il pourrait donc s'agir d'une fausse capture d'écran[34] ; le message a été diffusé par Eitan Fischberger, ancien soldat israélien reconverti en « journaliste d'investigation indépendant », qui affirme qu'Anas al-Sharif a effacé son message de son compte Telegram[32].

Reporters sans frontières (RSF) analyse ces documents et affirme également qu'il n'est pas « possible d'authentifier ces informations ». Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, déclare : « Aucune preuve n'a été fournie pour étayer ces accusations. Quant à celles selon lesquelles Anas al-Sharif utilisait une couverture comme journaliste, à quoi lui aurait-elle servi ? » Selon lui, l'armée israélienne tente de se dédouaner d'avoir ciblé des journalistes[35].

Libération et la BBC rapportent que « Selon des journalistes locaux qui le connaissaient, Anas al-Sharif avait travaillé au début de sa carrière avec un bureau de communication du Hamas, où son rôle était (seulement) de promouvoir les événements organisés par le mouvement »[24],[36].

Le porte-parole de l'armée israélienne, Avichay Adraee, accuse al-Sharif et d'autres journalistes de terrorisme, tandis que des organisations de défense des droits de l'homme et Al Jazeera décrivent ces allégations comme des attaques sans fondement, visant à justifier le meurtre de journalistes et à faire disparaître les reportages défavorables à Israël[6],[7],[37],[38].

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) déclare qu'Israël a une pratique documentée de longue date consistant à accuser les journalistes d'être des terroristes sans fournir de preuves crédibles[39]. En , le CPJ déplore les attaques médiatiques contre al-Sharif, s'inquiète qu'elles puissent précéder son assassinat et exhorte la communauté internationale à agir pour les protéger, lui et les autres journalistes à Gaza. L'organisation souligne le risque auquel sont confrontés les reporters locaux en tant que « derniers yeux et oreilles du monde extérieur » sur le conflit[6],[38],[40]. Le même mois, al-Sharif déclare au CPJ qu'il vit avec le « sentiment qu'il pourrait être bombardé et assassiné à tout moment »[41],[39].

Dans la mesure où Israël considère que la chaîne Al Jazeera basée au Qatar n'est pas fiable et l'accuse notamment d'« être la "parole" du Hamas et du Hezbollah pro-iranien », les autorités israéliennes bloquent « à plusieurs reprises le travail des journalistes de la chaîne et (ferment) son bureau en Cisjordanie » ; elles révoquent également les cartes de presse des journalistes d'Al Jazeera travaillant en Israël. Le gouvernement israélien ayant adopté en une loi d'urgence pour retirer le réseau Al Jazeera de l'antenne et bloquer ses émissions pour violation de sa politique de sécurité nationale, les tribunaux du pays confirment par la suite la législation, citant des « informations confidentielles ». « En juin, un tribunal a conclu qu'il existe un lien direct et causal entre les personnes qui ont mené des attaques terroristes à l'intérieur d'Israël et la consommation de contenu Al Jazeera. Il a également déterminé qu'il y avait un « lien étroit » entre Al Jazeera et le Hamas, que certains journalistes d'Al Jazeera à Gaza s'étaient transformés en « assistants et partenaires » avec le Hamas, et que certains d'entre eux avaient même mené des attaques terroristes »[27]. Les accusations contre Al Jazeera sont vivement rejetées par le diffuseur qatari qui accuse à son tour Israël de cibler systématiquement ses employés dans la bande de Gaza[39],[9],[27].

En , le porte-parole militaire israélien pour la communication en langue arabe publie plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux, où il désigne le journaliste de la télévision qatarie Al Jazeera, notamment « d'être membre du Hamas », selon CNN et de « porte-parole du terrorisme intellectuel »[39]. Anas al-Sharif récuse ces accusations en affirmant être « un journaliste sans appartenance politique » dont la tâche « est de raconter la vérité depuis le lieu de l'action »[9].

Le même mois, la rapporteuse spéciale des Nations unies, Irene Khan, condamne les menaces répétées et les campagnes de diffamation de l'armée israélienne contre al-Sharif, les qualifiant de dangereuses tentatives visant à réduire au silence ses reportages sur la guerre à Gaza. Elle souligne comment al-Sharif, décrit comme « le dernier journaliste survivant d'Al Jazeera dans le nord de Gaza », est accusé sans preuve d'être un « terroriste du Hamas », mettant ainsi sa vie gravement en danger. Khan souligne que, si Israël interdit l'entrée à Gaza aux journalistes internationaux, il cible et affaiblit simultanément les journalistes locaux, qui sont les « yeux » du monde sur les atrocités, reprenant ainsi l'expression du CPJ[42],[43].

Après la mort du journaliste en , la BBC indique que, selon certaines de ses informations, Anas al-Sharif travaillait, avant le conflit débuté en , au sein d'une équipe de presse du Hamas. Mais elle note qu'al-Sharif a posté des messages critiques du Hamas sur les réseaux sociaux, peu avant sa mort[36]. Elle rapporte également les propos de Jodie Ginsberg, directrice générale du Comité pour la protection des journalistes, qui a déclaré que rien ne pouvait justifier le meurtre d'al-Sharif : en temps de guerre, les seules cibles légitimes sont les combattants actifs ; or, avoir été consultant média pour le Hamas ne « fait pas de vous un combattant actif ». Ginsberg ajoute : « Et rien de ce que les forces israéliennes ont produit jusqu'à présent en termes de preuves ne nous donne la moindre assurance qu'il ait été un membre actif du Hamas[31]. »

Reporters sans frontières estime qu'accuser un journaliste d'être un terroriste du Hamas est un « procédé connu et déjà éprouvé, notamment contre des journalistes d'Al-Jazira »[17].

Mort

Le soir du , Anas al-Sharif filme des bombardements israéliens intensifs sur le nord de Gaza[1]. Très peu de temps après, il est tué dans une frappe aérienne israélienne sur une tente placée à l'extérieur de l'hôpital Al-Shifa[16],[29],[17],[44]. Ses collègues Mohammed Qreiqeh, Ibrahim Zaher, Mohammed Noufal et Moamen Aliwa, employés comme lui de la chaîne qatarienne Al Jazeera, ainsi que deux autres personnes - dont le neveu d'Al-Sharif - sont également tuées[45],[25],[36].

Un texte posthume est publié via ses comptes sur les réseaux sociaux. Écrit en en prévision de sa propre mort, il appelle à « ne pas oublier Gaza » et à prendre soin de ses enfants[1].

Quelques minutes après les faits, l'armée israélienne confirme avoir volontairement ciblé al-Sharif, réitérant son affirmation selon laquelle il était un terroriste, combattant du Hamas et précisant qu'il serait « le chef d'une cellule terroriste au sein de l'organisation terroriste Hamas [...], responsable de la préparation d'attaques de roquettes contre des civils israéliens et les troupes [de Tsahal] […] Une carte de presse n’est pas un bouclier pour le terrorisme »[5],[46],[47].

Le lendemain, Anas al-Sharif est enterré au cimetière de Cheikh-Radwan à Gaza, accompagné sur le chemin de la procession funèbre de grandes foules émues[39].

Condamnations

Les condamnations de cet assassinat sont nombreuses[36]. Le directeur de l’agence onusienne UNRWA, Philippe Lazzarini, se dit « horrifié » par la nouvelle[24]. L'ONU condamne cet assassinat et celui des autres journalistes en le qualifiant de « violation grave du droit international humanitaire » et rappelle qu'« Israël doit respecter et protéger tous les civils, y compris les journalistes »[9],[25],[24]. Le secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric « appelle à une enquête indépendante et impartiale sur ces derniers meurtres »[9]. La cheffe de la politique étrangère de l'Union européenne, Kaja Kallas, déclare que l'UE « condamne le meurtre de cinq journalistes d'Al Jazeera, dont Anas Al-Sharif » ; elle ajoute : « Nous prenons note de l'allégation israélienne selon laquelle le groupe était des terroristes du Hamas, mais il est nécessaire dans ces cas de fournir des preuves claires, en ce qui concerne l'état de droit, pour éviter de cibler les journalistes » [9].

Al Jazeera, employeur d'al-Sharif, condamne également le meurtre et le désigne comme un « assassinat prémédité » destiné à « faire taire les voix en prévision de l'occupation de Gaza »[48],[39]. C'est également la pensée du groupe islamique Hamas qui déclare que le meurtre d'Al-Sharif pourrait signaler le début d'une offensive israélienne à Gaza[9].

Le président de l'Association allemande des journalistes (DJV) condamné l'attaque israélienne contre Al-Sharif et considère que même s'il « avait été un terroriste, cela ne justifie pas l'attaque aérienne sur une tente de journaliste ». L'Association de presse étrangère en Israël (FPA) est également indignée par le meurtre d'Al-Sharif et de ses collègues, accusés « souvent sans preuves vérifiables », alors que l'accès à la bande de Gaza est interdit aux journalistes étrangers, depuis le début de la guerre[39]. « Israël accuse à son tour les reportages de la bande de Gaza d'unilatéralité et de manipulation par le Hamas »[39].

Jodie Ginsberg, directrice du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), rappelle que cibler des journalistes en temps de guerre « est un crime de guerre (...) Avoir travaillé comme conseiller aux médias pour le Hamas, ou même pour le Hamas actuellement, ne fait pas de vous un combattant actif » et Sara Qudah, directrice régionale du CPJ précise qu'« Israël a éliminé toute une équipe de journalistes. Il n’a pas prétendu que les autres journalistes étaient des terroristes. C’est un assassinat. Purement et simplement »[24],[36].

Sarah Daoud, chercheuse au Centre de recherches internationales, déclare : « L'accuser de terrorisme permet de justifier sa mort et de jeter le discrédit sur la ligne éditoriale d'Al-Jazira. En semant le doute, en interdisant l'accès à Gaza à la presse et en tuant les journalistes sur place, Israël réussit à invisibiliser ce qui se passe sur le terrain »[17].

Bilan des journalistes morts à Gaza

Références

Voir aussi

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