Négation des attentats du 7 octobre 2023
From Wikipedia, the free encyclopedia
Depuis l'attaque du Hamas contre Israël d'octobre 2023, déclenchant la guerre de Gaza, de nombreuses théories du complot se sont répandues, principalement sur les réseaux sociaux, centrées sur l'argument selon lequel les attaques ou des éléments de ces attaques ont été falsifiés ou exagérés[1].
Le , les forces combattantes palestiniennes dirigées par le Hamas coordonnent de multiples incursions armées depuis la bande de Gaza vers l'enveloppe de Gaza dans le sud d'Israël, la première invasion du territoire israélien depuis la guerre israélo-arabe de 1948. À la suite d’une vague d’attaques de roquettes contre Israël, des combattants franchissent la barrière entre Gaza et Israël, attaquant des bases militaires israéliennes et commettant de multiples massacres sur ce territoire. Au total, 1 139 personnes sont tuées dans les attaques et environ 250 prises en otages dans la bande de Gaza, marquant le début de la crise des otages israéliens. Le déroulement des attaques est bien documenté, les combattants enregistrant largement leurs actions avec des caméras corporelles[2].
Néanmoins, plusieurs rapports démentis et contestés sur les atrocités commises lors des attaques sont décrits par Haaretz comme fournissant des « munitions » aux négationnistes[3]. Certaines atrocités rapportées, attribuées à des combattants palestiniens, s'avéreront fausses par la suite, parmi lesquelles le meurtre ou la décapitation présumés de bébés et l'immolation vive de victimes[3],[4][réf. non conforme],[5]. L’ampleur des violences sexuelles perpétrées par les terroristes, ou la question de savoir s’il y a eu un recours à la violence sexuelle comme arme lors des attaques, fait également l’objet d’intenses débats et controverses[4],[6],[7][réf. non conforme],[8]. En outre, selon Ynet, une « quantité immense et complexe » d’incidents de tirs amis s’est produite pendant les attaques[9],[10] ; Israël a probablement également appliqué la directive Hannibal, entraînant la mort de certains otages pendant leur transport dans la bande de Gaza[11],[12],[13].
Propagation de la théorie du complot
La diffusion de faussetés et de récits trompeurs contestant la responsabilité du Hamas, ou d’affirmations minimisant les violences survenues, commencent à se propager après l’attaque[14],[15]. Parmi les affirmations largement rapportées, la plupart visent les forces de défense israéliennes (FDI), accusées d'avoir entièrement mis en scène les attaques pour justifier une invasion de la bande de Gaza, ou la majorité des Israéliens tués lors des attaques l'ont été par les soldats eux-mêmes[1].
Selon Shayan Sardarizadeh, expert en désinformation de BBC Verify, le « récit négationniste » selon lequel « Israël aurait tué ses propres civils ; le Hamas n'ayant aucune responsabilité dans les attaques du » devient « malheureusement prédominant en ligne »[16]. Certains incidents de tirs amis par des soldats de Tsahal et des équipes de sécurité du kibboutz contre des civils tentant de fuir ou capturés et amenés à Gaza lors des attaques du seront corroborés plus tard[17],[18].
Les chercheurs voient des parallèles avec la désinformation entourant les attentats du , dont certains groupes marginaux affirment qu'ils ont été perpétrés par l'agence de renseignement israélienne Mossad. Selon Joel Finkelstein, du Network Contagion Research Institute (en), il existe un « public bien ancré souhaitant nier les atrocités commises contre les Juifs et d'alimenter l'idée qu'ils sont secrètement derrière tout cela ». Les tentatives visant à imputer la responsabilité d'Israël aux attentats du s'inscrivent dans une stratégie plus large des extrémistes antisémites visant à saper la souffrance juive[14].
Ces affirmations sont trouvées sur Internet, notamment sur le sous-forum Reddit « LateStageCapitalism » et dans des publications critiques envers Israël telles que Electronic Intifada et The Grayzone. Ils sont également popularisés par les négationnistes de l’Holocauste d’extrême droite et par les théoriciens du complot. Ces allégations sont fondées sur des preuves soigneusement sélectionnées pour véhiculer des récits trompeurs[14]. Un groupe de messagerie instantanée Telegram, qui a également partagé du contenu et des conspirations relatives à la politique étrangère et à la pandémie de COVID-19 et qui compte près de 3 000 personnes en , a diffusé du contenu et des conspirations accusant Israël de l'attaque[19].
En , la société israélienne CyberWell, qui utilise l'intelligence artificielle pour surveiller, analyser et combattre l'antisémitisme sur les réseaux sociaux, rapporte avoir trouvé environ 135 publications distinctes (consultées par plus de 15 millions d'utilisateurs) niant les attentats du . Près de la moitié des publications identifiées proviennent de Twitter, les autres étant publiées sur Facebook, TikTok et Instagram[20].
Réponses
Le Hamas lui-même assume l’entière responsabilité de sa direction des attaques du [21],[22],[23]. En , le groupe publie un rapport sur les attaques intitulé « Notre récit », qui affirme que sa branche armée, les brigades al-Qassam, a évité de viser des civils, mais admet avoir fait « certaines fautes » en raison du chaos général et de l'effondrement rapide des défenses israéliennes[24].
Emerson Brooking, du Digital Forensic Research Lab de l'Atlantic Council, compare le déni des attentats du à la négation de la Shoah. Selon lui, les extrémistes s'efforceront d'attirer les personnes préoccupées par la crise humanitaire dans la bande de Gaza vers des informations trompeuses et des théories du complot, et qu'une « réécriture de l'histoire » est en cours[14].
Jennifer V. Evans (en) lia également le négationnisme entourant le à la négation de la Shoah[15].
Gideon Levy compare la négation du 7-Octobre à la négation de la Nakba, où de nombreux Israéliens nient les atrocités que leur pays a infligées aux Palestiniens lors de la création d'Israël[25]. Selon Levy, de nombreux Israéliens nient également les meurtres de civils lors de l’invasion israélienne de la bande de Gaza[25].
La négation de la Nakba et des attentats du doit être combattu par l’éducation, affirme Gil Gan-Mor[26].
Loi contre la négation
Le , la Commission ministérielle israélienne des affaires législatives approuve un projet de loi visant à pénaliser la négation des attentats du , en prévoyant jusqu’à cinq ans de prison pour de tels actes. Le projet de loi, initié par le député d'Israel Beytenou Oded Forer, vise les individus niant l'existence du massacre ou tentent de justifier, de louer ou de soutenir les actes commis pendant l'événement[27]. L'Association des droits civiques en Israël déclare que la loi aura un « effet dissuasif sur la liberté d'expression »[28],[29].
Notes et références
- 1 2 (en) « Growing Oct. 7 'truther' groups say Hamas massacre was a false flag », The Washington Post, (lire en ligne).
- ↑ (en) « Slain Hamas militants' body camera videos show the preparation and tactics behind their terror attack on Israel », CNN, (lire en ligne [archive du ]).
- 1 2 (en) Nir Hasson (he), « Hamas Committed Documented Atrocities. But a Few False Stories Feed the Deniers », Haaretz, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- 1 2 (en) Unit, « October 7: Forensic analysis shows Hamas abuses, many false Israeli claims », Al Jazeera, (consulté le ).
- ↑ (en) Matthew Chance (en), Richard Allen Greene et Joshua Berlinger, « Israeli official says government cannot confirm babies were beheaded in Hamas attack », CNN, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Catherine Philp et Gabrielle Weiniger, « Israel says Hamas weaponised rape. Does the evidence add up? » [archive du ], The Times, (consulté le ).
- ↑ (en) Independent International Commission of Inquiry on the Occupied Palestinian Territory Report of the Independent International Commission of Inquiry on the Occupied Palestinian Territory, including East Jerusalem, and Israel (rapport), Office of the High Commissioner for Human Rights, (lire en ligne, consulté le ) [archive du ] [doc].
- ↑ (en) Sugam Pokharel, Catherine Nicholls, Jessie Yeung et Jomana Karadsheh, « UN Inquiry says Israel and Hamas have both committed war crimes since October 7 », CNN, (lire en ligne).
- ↑ (en) Yoav Zitun (he), « One-fifth of troop fatalities in Gaza due to friendly fire or accidents, IDF reports », Ynetnews, (lire en ligne [archive du ], consulté le ) :
« Casualties fell as a result of friendly fire on October 7, but the IDF believes that beyond the operational investigations of the events, it would not be morally sound to investigate these incidents due to the immense and complex quantity of them that took place in the kibbutzim and southern Israeli communities due to the challenging situations the soldiers were in at the time. »
- ↑ (en) Jonathan Cook, « Why is western media ignoring evidence of Israel's own actions on 7 October? » [archive du ], Middle East Eye, (consulté le ).
- ↑ (he) Ronen Bergman et Yoav Zitun (he), « ההוראה: למנוע ממחבלים לחזור לעזה 'בכל מחיר', גם אם יש איתם חטופים », Ynet, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ (he) Ronen Bergman et Yoav Zitun (he), « השעות הראשונות של השבת השחורה », Yedioth Ahronoth, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ (en) « UN finds at least 14 Israelis likely intentionally killed by own army on 7 October », Middle East Eye (consulté le ).
- 1 2 3 4 (en) Elizabeth Dwoskin, « How the internet is erasing the Oct. 7 Hamas massacre », The Washington Post, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- 1 2 (en) Cathryn J. Prince, « Are conspiracy theories about Oct. 7 a new form of Holocaust denial? Experts weigh in », The Times of Israel, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « How Media Outlets Like Haaretz Are Weaponized in the Fake News Wars Over Israel and Hamas », Haaretz, (lire en ligne [archive], consulté le ) :
« In accordance with the disinformation playbook, malign actors have sought to hijack and manipulate the reputation and credibility of long-established news sources. In order to establish an “authentic” grounding for atrocity denial and conspiracy theories, it is unsurprising that influencers would seize on an established Israeli outlet like Haaretz, to co-opt its credibility and misrepresent its reporting. Haaretz has reported on two instances where sources told reporters that in the midst of the massacres, IDF forces firing at Hamas terrorists may have also hit, not confirmed killed, some civilians. Malign actors have exploited this reporting, published with no context, to purposefully decontextualize it and falsely claim that Haaretz corroborated the false theory that the IDF committed mass killings of its own people. This disinformation was then shared by others – some perhaps acting with good intentions, but creating misinformation nonetheless. According to the BBC's Sardarizadeh, the denialist narrative that “it was Israel that killed its own civilians on 7 October, not Hamas,” has become appallingly widespread online. »
- ↑ (en) Josh Breiner (he) et Bar Peleg, « Israeli Nova partygoer was misidentified as Hamas terrorist on October 7 and killed by Israeli forces », Haaretz, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Families of 13 people killed in October 7 Kibbutz Be'eri firefight demand probe », The Times of Israel, (consulté le ).
- ↑ (en) Danielle Greyman-Kennard, « Holocaust denial finds new life in Oct. 7 revisionism », The Jerusalem Post, (consulté le ).
- ↑ (en) « Social media watchdog warns of trending denial of October 7 sexual violence », The Jerusalem Post, (consulté le ).
- ↑ (en) Jerusalem Post Staff, « 'We will repeat October 7 again and again' – Hamas official » [archive du ], The Jerusalem Post, (consulté le ).
- ↑ (en) « Hamas official says group 'well aware' of consequences of attack on Israel, Palestinian liberation comes with 'sacrifices' » [archive du ], Arab News, (consulté le ).
- ↑ (en) Ben Hubbard et Maria Abi-Habib, « Behind Hamas's Bloody Gambit to Create a 'Permanent' State of War », The New York Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ (en) « Hamas says October 7 attack on Israel was a 'necessary step' », Al Jazeera, (consulté le ).
- 1 2 (en) Gideon Levy, « Israel Has No Right to Criticize Roger Waters and Other Deniers of Hamas' Oct 7 Atrocities », sur Haaretz, .
- ↑ (en) « Why experts are concerned over Israeli bill banning October 7 denial », The Jerusalem Post | JPost.com, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Yaki Adamker (he), « Israeli Ministerial Committee approves imprisonment for denying Oct. 7, ZAKA compensation », The Jerusalem Post, (consulté le ).
- ↑ (en) Sam Sokol, « Knesset passes preliminary reading of bill banning denial of October 7 massacre » [archive du ], sur The Times of Israel, .
- ↑ (he) סיון חילאי, « מליאת הכנסת אישרה: הכחשת טבח 7/10 – עבירה פלילית שעונשה 5 שנות מאסר », Ynet, (lire en ligne, consulté le ).
| Définitions | |||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays |
|
||||||||||||||||
| Allégations | |||||||||||||||||
| Théorie du complot juif | |||||||||||||||||
| Lois raciales | |||||||||||||||||
| Accusations de crime rituel | |||||||||||||||||
| Divers | |||||||||||||||||
| Discriminations |
|
||||||||||||||||
| Violences |
|
||||||||||||||||
| Publications antisémites |
|
||||||||||||||||
| Publication sur l'antisémitisme |
|
||||||||||||||||