Augustoritum
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| Augustoritum | ||
Vestige de la Villa gallo-romaine de Brachaud | ||
| Localisation | ||
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| Pays | ||
| Province romaine | Haut-Empire : Gaule aquitaine Bas-Empire : Aquitaine seconde |
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| Région | Nouvelle-Aquitaine | |
| Département | Haute-Vienne | |
| Commune | Limoges | |
| Type | Chef-lieu de Civitas | |
| Coordonnées | 45° 51′ 00″ nord, 1° 15′ 00″ est | |
| Histoire | ||
| Époque | Antiquité (Empire romain) | |
| Géolocalisation sur la carte : Rome antique
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Augustoritum est le nom latin de la capitale du peuple gaulois des Lémovices, dont dérive le nom moderne de Limoges.
Augustoritum a été fondée à l'époque du Haut Empire vers 10 avant notre ère. L'empereur Auguste décide en effet la fondation d'une nouvelle capitale des Lémovices dans le cadre de la réorganisation des cités et des provinces gauloises de l'Empire romain. Le nom d'Augustoritum est dérivé des éléments Augusto- (en hommage à l'empereur Auguste, son fondateur) et -rito, gué en langue gauloise. Cette ville semble avoir compté parmi les plus importantes agglomérations de la Gaule romaine.
Le site choisi pour l'édification de la nouvelle cité est un vaste coteau en pente douce et régulière surplombant la Vienne, orienté au sud-est et donc peu exposé au gel hivernal, au carrefour entre l'itinéraire reliant la Méditerranée à l'Armorique et la voie d'Agrippa, reliant Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes). À cet endroit la rivière présente un gué qui facilite son franchissement. La ville figure sur la table de Peutinger[1].
Les invasions barbares entraînent le déclin de la ville gallo-romaine. Un quartier est fortifié autour de la cathédrale paléochrétienne, donnant progressivement naissance à la cité de Limoges.
Une ville gauloise et romaine
Deux découvertes mettent en lumière la romanisation de la société lémovice liée à la création d'Augustoritum.
La première est une inscription gravée sur la pierre d'une fontaine. Le texte mélange éléments gaulois et romains : Postumus, fils de Dumnorix et vergobret, a donné de ses deniers l'aqueduc Martia en l'honneur (du dieu) Grannus Decemnoctiacis[2].
La seconde est un sanctuaire celtique, semblable à ceux de Ribemont-sur-Ancre ou Gournay-sur-Aronde, placé le long du cardo maximus de la ville. Après avoir servi pendant plusieurs années, il a été rasé et remplacé par une maison profane[3].
Il semble cependant prouvé que la ville de Limoges actuelle est d'origine romaine et non gauloise. La capitale des Lémovices, qui a donné son nom à la ville, se situait à une vingtaine de kilomètres à l'est de Limoges, à Villejoubert. Installée sur un vaste oppidum, le site était situé au confluent de la Vienne et de la Maulde[4].
Monuments
La ville est construite suivant un réseau de rues parallèles orientées sud-est / nord-ouest, croisant à angle droit un autre réseau de rues parallèles orientées nord-est / sud-ouest. Un quadrillage presque parfait est ainsi dessiné, déterminant un schéma d'urbanisme conforme aux habitudes des Romains. L'axe majeur (cardo maximus), prolongeait le pont sur la Vienne ; c'était une voie large de 24 mètres, pavée de dalles de granite (à la différence des autres rues de la ville), bordée de colonnades ; elle longeait le théâtre et le forum et aboutissait près de l'amphithéâtre ; les plus belles domus de la ville s'alignaient le long de cette voie impressionnante[5].
La ville romaine était particulièrement riche en monuments.
Amphithéâtre
L'amphithéâtre d'Augustoritum, construit selon toutes probabilités vers la fin du Ier siècle, est encore en partie visible. Il était situé un peu à l'écart de la ville romaine et avait la forme d'un ovale de 136 × 115 m. C'est, de tous les monuments d'Augustoritum, celui qui a laissé le plus de souvenirs parmi la population, étant donné qu'il a subsisté en partie jusqu'en 1718 avant d'être enfoui sous la promenade de l'Intendant d'Orsay (actuel jardin d'Orsay).
Thermes
Les thermes romains, probablement fondés au dernier tiers du Ier siècle, étaient situés au niveau de l'actuelle place des Jacobins. Richement décorés, ils étaient parmi les plus imposants de la Gaule.
La phase de quête scientifique autour de l'édifice menée entre 1845 et 1985 montre dans quel courant s'est inscrit la fondation des thermes. Cette tentative d'architecture provinciale, qualifiée de remarquable par Jean-Pierre Loustaud, montre une volonté d'intégrer certains archaïsmes. Le lieu choisi, incliné et mal orienté, a obligé une certaine adaptation comme le montre si bien l'inversion de la palestre du côté des salles chaudes et la mise en place d'importants sous-sols voûtés. Les thermes sont vraisemblablement abandonnées avant la fin du IIIe siècle[6].
Lors des travaux au musée de l'Évêché, des fouilles ont été menées par l'Inrap, en deux tranches, l'une au printemps 2004, la seconde à l'hiver 2006-2007, mettant au jour d'importants vestiges d'époques très diverses (du IIe au XVIIIe siècle). On a notamment trouvé un four antique, des thermes antiques chauffés par hypocauste et des caves médiévales[7].
Forum

Le forum d'Augustoritum (100 × 150 m), était situé derrière l'hôtel de ville. Ce dernier a d'ailleurs été édifié en réutilisant des murs antiques comme fondations.
En contrebas du forum se dressait une très vaste domus, parmi les plus grandes de Gaule, appelée « maison des nones de mars », d'après un graffito mis au jour sur un des murs.
Temple ?
Aucun temple gallo-romain n'a été identifié à Limoges. Selon la tradition, un temple consacré à Vénus, Diane, Minerve et Jupiter se serait élevé là où se trouve l'actuelle cathédrale. La légende d'un temple dédié à Jupiter au lieu-dit Montjovis doit être écartée.
