Botteresse soufflant sur sa tasse de café

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Date
1889-1891
Botteresse soufflant sur sa tasse de café
Artiste
Date
1889-1891
Type
Techniques
Matériau
Dimensions (H × L)
29,5 × 21,6 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
No d’inventaire
RP-P-1913-4368 et RP-P-1913-4369 (Rijksmuseum)
Localisation

La Botteresse soufflant sur sa tasse de café est une gravure d'Adrien de Witte, basée sur plusieurs dessins de 1886, que l'artiste commence à l'eau-forte en 1889 puis retouche à la pointe sèche jusqu'en 1891. Il y dépeint un de ces « types du peuple », la botteresse.

La gravure se base sur trois dessins, très similaires, que l'artiste réalise en 1886[1],[2],[3]. L'inventaire de l'œuvre d'Adrien de Witte réalisé en 1927 par Charles Delchevalerie et Armand Rassenfosse situe deux de ces dessins dans des collections privées, respectivement de Mme Candèze pour le grand dessin à la plume et de M. Maurice Chizelle pour sa « réduction », qui est également un dessin à la plume[4]. Le troisième n'est pas listé dans le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927[5], ce qui n'est guère surprenant vu que cet inventaire est incomplet, tout spécialement en ce qui concerne les dessins, comme le rappelle Armand Rassenfosse en note de bas de page[6],[7].

Le dessin propriété de Maurice Chizelle passe dans les collections publiques liégeoises grâce au legs que l'indutriel effectue en 1931 en faveur de la « Cité Ardente »[8]. Les deux autres dessins restent dans des collections privées, l'un des deux étant inclus en 1981 dans l'exposition Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures (catalogue no 76)[1], puis ils sont mis en vente aux enchères en [2] et [3].

Deux dessins sont datés de 1886 et signés au centre à gauche[3],[9]. Le troisième est signé en bas à gauche[2] et bien qu'il ne soit pas daté par l'artiste, Françoise Clercx-Léonard-Etienne et Sylvie Lejeune le datent également de 1886 dans le catalogue de l'exposition Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures[1].

Élaboration de la gravure et ses différents états

S'appuyant sur les dessins mentionnés ci-dessus, Adrien de Witte commence la gravure en 1889 selon le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse, où elle est reprise sous le no 147[10]. Comme le précise le graveur et peintre Jean Donnay dans le catalogue Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures de 1981, « un grand nombre de ses gravures commencées à l'eau-forte sont poursuivies à la pointe sèche dans des travaux de demi-teintes, mais toujours ébarbées, celle-ci reste très difficile à départager des fines morsures de l'acide »[11]. La présente œuvre n'est pas une exception à cette règle puisque l'artiste la commence à l'eau-forte puis la retouche à la pointe sèche jusqu'en 1891, au travers d'au moins 11 états[12].

Dans le 1er état, qui n'est ni daté ni signé dans la gravure, la botteresse est « déjà très élaborée » alors que « la hotte, la cafetière et le bol sont esquissés »[13]. Au travers des états suivants, « l'artiste a tout retravaillé à la pointe sèche, ombrant la jupe, les manches, les sabots, terminant les franges du châle. La hotte est achevée et les reflets se marquent sur la petite cafetière »[13]. Ci-dessous sont reproduits différents états de la gravure en ordre croissant, de gauche à droite.

Description

En 1906, l'auteur et critique d'art Luca Rizzardi (d) décrit l'œuvre en ces termes :

« Elle a conservé la hotte au dos, et souffle, pour le refroidir, la tasse du café qu'elle vient de préparer et dont elle s'est versé une rasade dans une soucoupe. L'ouverture humide des lèvres, si vivantes dans l'élan vers cette petite fumée du café qui s'envole à leur souffle, la petite crispation des sourcils et du front dans l'attention du geste me font préférer cette œuvre à une autre botteresse, peinte debout et que l'on sent poser[14]. »

Musées

Les Fonds patrimoniaux de la ville de Liège possèdent états (1er, 4e, 6e et 11e) de la gravure, qui proviennent du cabinet des Estampes et des Dessins de Liège, dissolu en 2011[12],[15],[16]. Deux états de l'estampe, achetés en 1913 par le musée, font également partie des collections du Rijksmuseum Amsterdam[17],[18].

Réception critique

Selon l'écrivain, critique d'art et professeur Sander Pierron, la botteresse dépeinte dans la présente scène de genre est un de ces « types du peuple » que de Witte interprète « un peu avec cette cordialité qui nous charme tant chez Chardin » car, non seulement, il « copie ses modèles tels qu'ils sont et tels qu'il les sent, mais il les situe dans leur cadre ; et cela donne à tant de ses estampes un accent de réalisme tempéré par la poésie qui enveloppe les choses familières »[19].

Sander Pierron est aussi l'un de ces amateurs et/ou commentateurs qui préfèrent les premiers états des gravures de l'artiste aux états plus avancés, vu qu'ils sont « moins fouillés, plus spontanés »[11]. Lorsqu'il développe cet argument en 1923, il utilise à titre d'exemple la présente gravure et celle de La Lessiveuse :

« Regardez sa lessiveuse […], et ses deux botteresses assises […] d'un caractère si familier et si cordial ; il faut totalement les admirer dans les premiers états, d'un métier si sobre, d'un style si simple, qui se compliquent dans les états successifs, comme c'est souvent le cas chez ce merveilleux et, serions-nous tenté d'écrire, trop consciencieux artiste, de Witte reprend si souvent et si longuement ses œuvres, qu'il lui arrive de figer ses figures en les emprisonnant dans des contours appuyés, en modelant les formes à l'excès, et en poursuivant alors le détail dans les recoins ; il fatigue, il éreinte, dans ces conditions, la plaque qui, en principe, était magnifique en son langage clair et aisé[20]. »

Exposition

Notes et références

Annexes

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