Cotîresse (de Witte)
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| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type | |
| Technique |
Dessin à la plume (d) |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
63,6 × 42,7 cm |
| Propriétaire | |
| No d’inventaire |
10130326 |
La Cotîresse[Note 1] est un dessin réalisé en 1886 par Adrien de Witte, peintre belge et professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Liège. L'artiste y exécute le portrait d'un type régional, où « c'est le métier plus que la femme qui est représenté ».
Dans le cas présent, il représente une cotîresse, mot wallon désignant « les maraîchères qui descendaient autrefois des coteaux pour vendre leurs légumes à la ville ». L'œuvre fait partie de la collection de Maurice Chizelle, industriel et grand collectionneur d'art, puis, à sa mort en , elle entre dans les collections publiques liégeoises. Elle présente, en sus de sa valeur artistique, « un intérêt documentaire sur le costume et les objets utilisés par les paysannes au xixe siècle ».

Lorsqu'il effectue ce dessin en 1886[1],[2],[3], de Witte est revenu depuis peu à Liège, après avoir voyagé quelques semaines en Italie de fin 1872 à début 1873, vécu à Rome en tant que boursier de la fondation Lambert Darchis de 1879 à 1884, et brièvement séjourné à Paris en 1884-1885[4],[5],[6]. Il vient également d'être nommé professeur de dessin « d’après l’antique » à l'Académie royale des beaux-arts de Liège en (nomination confirmée par un arrêté royal du )[7], commençant ainsi ce qui sera une longue carrière dans l'enseignement qui ne s'achèvera qu'en 1921[8],[9],[10].
Parmi les différentes techniques picturales que l'artiste utilise, le dessin joue un rôle prééminent dans son œuvre. De fait, le catalogue de 1927 réalisé par Charles Delchevalerie et Armand Rassenfosse liste 255 dessins[11] sur un total d'un peu moins de 600 pièces[12],[13], et ce, malgré le fait que cet inventaire est incomplet, tout spécialement en ce qui concerne les dessins, comme le rappelle Armand Rassenfosse en note de bas de page[14].

Selon l'historienne de l'art Emmanuelle Sikivie, la Cotîresse est un portrait d'un type régional[15], tout comme les botteresses que de Witte dépeint dans divers dessins de 1886-1889[16] et gravures de 1889-1890[17]. Dans la plupart de ces œuvres, « c'est le métier plus que la femme qui est représenté »[15] et la figure est dépeinte en costume traditionnel « dans une attitude digne et fière, sur un fond neutre, entourée de ses outils de travail »[15], ce qui en fait « le symbole de leur région »[15].
Parcours de l'œuvre
Selon le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927, le dessin fait partie de la collection de Maurice Chizelle, industriel et grand collectionneur d'art[18],[19]. En 1928, celui-ci effectue un legs en faveur de la ville de Liège, offrant un lot important de peintures, dessins et gravures d'Adrien de Witte, dont la présente œuvre[19],[2]. Au décès de l'industriel-collectionneur en [20],[21], elle entre donc dans les collections du musée des Beaux-Arts de Liège, puis, à partir de 1952, du cabinet des Estampes et des Dessins[1],[2],[3]. À la dissolution de ce dernier en 2011, elle passe dans les collections des Fonds patrimoniaux de la ville de Liège[22],[23].
Il convient de noter que de Witte exécute une réplique du dessin, la même année que l'original, cette fois sans les deux mannes. Elle est listée dans le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927 comme étant la propriété de M. Hortsmans[18].
Description
Réception critique

Comme le remarquent en 1981 la conservatrice de musée Françoise Clercx-Léonard-Etienne et l'historienne Sylvie Lejeune[24], ce « beau dessin a, en plus de sa valeur esthétique, un intérêt documentaire sur le costume et les objets utilisés par les paysannes au xixe siècle »[1].
Le critique d'art et conservateur de musée Jules Bosmant mentionne déjà, en 1930, l'intérêt constant du peintre pour « la Vie, multiple et jeune en ses spectacles toujours nouveaux, puis l'Homme observé à tous les âges, à tous les degrés de l'échelle sociale » qui donne à son œuvre « une telle hauteur » et « lui gagne en même temps sa diversité, sa saveur folklorique, sa valeur documentaire »[25].
De même, Charles Delchevalerie observe, dès 1927, que la « loyauté des transcriptions populaires » qu'effectuent de Witte « leur confère, à cet égard particulier, une valeur documentaire exceptionnelle »[26]. En effet, « qui donc a, comme lui, fixé les types dès aujourd'hui périmés de la cotîresse, de la lavandière et de la botteresse ? » Et « lorsqu'il unit ainsi le lyrisme à la plus précise honnêteté, n'est-il pas, sur un autre plan, un chantre inconscient du folklore ? »[26].
Un article du journal La Meuse daté du pointe, à propos des mêmes œuvres, que ces femmes « aux libres allures plébéiennes si vraies dans la vigueur de leur santé et de leur élégance natives » murmurent à l'oreille du rédacteur de l'article que « leur Adrien aime le peuple ; qu'il préfére cette puissante allure que le travail persistant et la simplicité des mœurs donnent à ceux qui les pratiquent ; […] qu'il est amoureux des belles et solides charpentes ouvrières, qu'il les admire dans leur beauté saine et puissante ; qu'il a placé le vrai réalisme, l'éternel féminin dans l'harmonieuse alliance des forces vitales et musculaires que le travail et la gaité peuvent seuls procurer »[27].