Portrait d'Édouard Brahy-Prost
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| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
75 × 57 cm |
| Propriétaire |
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Le Portrait d'Édouard Brahy-Prost est un pastel réalisé en 1893 par Adrien de Witte, peintre belge et professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Liège. L'artiste y dépeint Édouard Brahy-Prost, un illustre collectionneur liégeois d'œuvres d'art, de meubles et d'orfèvrerie[1],[2].
Ce portrait au pastel est effectué par de Witte en 1893[1],[2]. À ce moment, l'artiste est revenu dans sa ville natale après son premier voyage en Italie (1872-1873), son long séjour à Rome en tant que boursier de la fondation Lambert Darchis (1879-1884) et un bref passage à Paris (1884-1885)[3],[4],[5]. Il y est affairé par ses cours à l'Académie royale des Beaux-Arts, qu'il dispense depuis « avec un zèle attentif »[6],[7]. Jusqu'à sa mise à la pension en , il va se « consacrer à sa charge de professeur, au détriment de sa production personnelle »[8],[9],[10]. Sa tâche éducative à l'Académie s'accroît d'ailleurs l'année où il exécute ce pastel, lorsque le cours de dessin et de peinture à la section des demoiselles lui est octroyé le [11].
La production de pastel d'Adrien de Witte est limitée, puisque le catalogue de son œuvre, réalisé en 1927 par Charles Delchevalerie et Armand Rassenfosse, en dénombre seulement sept[12]. Six des sept pastels répertoriés sont exécutés entre 1887 et 1900, en plus d'un dernier daté de 1922[12]. Presque tous sont des portraits[12].
Édouard Brahy-Prost
Dans la présente œuvre, l'artiste représente Édouard Brahy-Prost (1847-1914), distillateur et marchand de vin de profession[13],[14], mais qui est surtout « un collectionneur éminent qui, pendant un demi siècle, acquiert pour son bel hôtel de Féronstrée, des tableaux, gravures, meubles et bibelots de grande qualité »[1],[2].
Passionné d'art, il est également membre de la Commission royale des Sites et Monuments, de la Commission du musée des Beaux-Arts de Liège et des principaux cercles d'art de Liège[1],[2]. Enfin il est membre de 1891 jusqu'à sa mort de l'Institut archéologique liégeois[1],[2] où il exerce aussi les fonctions de trésorier (1892-1902)[15], vice-président (1903)[16] et président (1904)[17].
Parcours de l'œuvre
Lorsqu'il signe ce portrait, le peintre inclut une dédicace : « À mon ami Brahy, A. de Witte. 1893 »[1]. Celle-ci semble indiquer que le pastel est vendu ou offert à Édouard Brahy par l'artiste. En 1927, l'œuvre est reprise dans le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse, et elle fait partie, à ce moment, de la collection Amédée Brahy (1885-1944), troisième enfant d'Édouard[12],[13],[18]. Enfin, en 1981, le portrait est listé comme propriété de M. Serge Brahy dans le catalogue de l'exposition Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures qui est organisée par le cabinet des Estampes au palais des beaux-arts de Liège[1].
Réception critique
En 1906, l'écrivain et critique d'art Luca Rizzardi (d) considère que les portraits réalisés par Adrien de Witte sont « merveilleux de ressemblance, à la fois physique et morale » et que, dans ses portraits au pastel, « la précision n'a pas exclu la fermeté »[19]. Selon l'historienne de l'art Emmanuelle Sikivie, les « quelques portraits de bourgeois respectables » que l'artiste exécute au pastel, comme par exemple ceux de Maurice Chizelle, de madame de Soer de Solières et d'Édouard Brahy-Prost, sont des « portraits conventionnels où le modèle est figuré dans une attitude classique et où chaque détail de la physionomie ou du vêtement est admirablement rendu »[20].