The Memory Librarian: And Other Stories of Dirty Computer
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| The Memory Librarian: And Other Stories of Dirty Computer | |
| Auteur | Janelle Monae |
|---|---|
| Genre | Afrofuturisme; dystopie; science-fiction féministe |
| Version originale | |
| Langue | en |
| Titre | The Memory Librarian |
| Éditeur | HarperCollins |
| Date de parution | 19 avril 2022 |
| Nombre de pages | 352 |
| ISBN | 9780063070899 |
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The Memory Librarian: And Other Stories of Dirty Computer est un recueil de nouvelles de Janelle Monáe, écrit en collaboration avec Yohanca Delgado, Eve L. Ewing (en), Alaya Dawn Johnson, Danny Lore et Sheree Renée Thomas. Le recueil appartient aux sous-genres de l'afrofuturiste et du cyberpunk, et constitue la première œuvre littéraire de Monáe. Il est basé sur l'univers de son album Dirty Computer de , ainsi que sur le court métrage du même nom Dirty Computer (film) (en).
The Memory Librarian
Cette nouvelle est coécrite par Alaya Dawn Johnson[1]. Seshet est une femme queer noire qui travaille pour New Dawn comme bibliothécaire de la mémoire titulaire. Elle s'efforce de faire respecter les règles de New Dawn en effaçant et en manipulant les souvenirs de la population, tout en fermant les yeux sur certains groupes rebelles qu'elle considère comme inoffensifs. Le système de collecte de souvenirs de New Dawn est engorgé, et Seshet est chargée de l'enquête. Elle apprend que son amante, Alethia, est une rebelle qui a mélangé des produits chimiques pour combattre les armes de New Dawn. Seshet commence à s'interroger sur sa place au sein du système de New Dawn.
Nevermind
Cette nouvelle est coécrite avec Danny Lore[2]. Après s'être échappée de New Dawn, Jane 57821 vit à l'hôtel Pynk avec plusieurs autres personnes, dont son amie Neer. Pynk est un refuge pour les femmes et les personnes qui cherchent à échapper au totalitarisme de New Dawn. Rhapsody, une résidente qui refuse la présence de résidents non binaires comme Neer, trahit le groupe et révèle leur position aux autorités de New Dawn. New Dawn attaque, mais les résidents la repoussent[3].
Timebox
Cette nouvelle est coécrite avec Eve L. Ewing[4]. Raven et Akilah, deux femmes issues de milieux très différents, s'installent dans leur premier appartement. Raven, étudiante en soins infirmiers, manque cruellement de temps ; Akilah, artiste et militante, découvre que le placard de leur appartement est hors du temps et débattent de la meilleure façon d'utiliser ce pouvoir[5]. Akilah souhaite utiliser ce temps comme une ressource communautaire pour mettre fin au capitalisme, tandis que Raven, au départ, espère l'utiliser elle-même. Le gérant de l'immeuble enferme Akilah dans le placard et laisse Raven seule.
Save changes
Cette nouvelle est coécrite avec Yohanca Delgado[4]. Les sœurs Amber et Larry s'occupent de leur mère handicapée, Diana. Celle-ci est assignée à résidence par New Dawn et présente un comportement erratique après un effacement de mémoire raté. Amber possède un morceau de larimar, qu'elle peut utiliser pour remonter le temps en cas d'urgence. La pierre ne peut être utilisée qu'une seule fois. Larry a une relation avec une femme nommée Natalie, défiant ainsi les règles de New Dawn. Alors qu'Amber et Larry se rendent à une fête illégale, Larry est arrêté. Diana révèle à ce moment-là qu'elle simule ses troubles du comportement depuis des années. Amber active la pierre. De retour au début de l'histoire, Amber, Larry et Diana s'échappent pour rejoindre la résistance contre New Dawn.
Timebox Altar(ed)
Cette nouvelle est coécrite avec Sheree Renée Thomas[4]. Bug est un enfant de sept ans vivant près de Freewheel, une ville fantôme où le contrôle de New Dawn est faible. Ses parents sont des ordinateurs corrompus par New Dawn. En jouant dans la ville abandonnée, Bug et ses amis créent des œuvres d'art à partir de déchets, notamment une sculpture qu'il appelle une arche. Ils rencontrent une vieille femme nommée Mx. Tangee. Elle leur dit que leur création est un autel. Lorsque chaque enfant s'assoit sur l'autel de l'arche, ils sont transportés dans un futur possible, où ils en apprennent davantage sur eux-mêmes avant de retourner au présent. Des drones de New Dawn arrivent pour arrêter Mx. Tangee, mais elle disparaît dans l'arche.
Thèmes majeurs
Janelle Moane s'identifie comme queer et pansexuelle, et transmet son expérience en tant que personne queer et noire dans ce recueil[6]. Dans ce recueil elle aborde de front la question de la décolonialité en offrant une déconstruction de l'univers morbide du colonialisme, permettant une reconstruction de l'espoir et de réimaginer la sociabilité et l'humanité, en utilisant l'érotisme comme moteur d'émancipation au sens où Audre Lorde le définissait[7].
Dans une critique pour Grimdark Magazine, John Mauro écrit que le recueil aborde des questions telles que l'homophobie, le racisme et le féminisme, car le « régime néofasciste et technocratique de New Dawn » cible spécifiquement les membres de la communauté noire et queer[8].
Le recueil imagine un avenir dans lequel les souvenirs peuvent être contrôlés ou effacés, explorant les thèmes de la vérité et de la censure. Dans une critique pour The Advocate, Jeffrey Masters qualifie le livre de prémonitoire au regard de l'actualité. Au moment de sa parution, le Texas avait récemment adopté une loi restreignant l'enseignement de certains sujets controversés dans les écoles publiques ; plusieurs districts scolaires avaient demandé aux enseignants d'enseigner les « deux versions » d'évènements historiques comme la Shoah. Jeffrey Masters estime que Monáe a remarqué la manière dont certains hommes politiques politiciens tentent d'effacer nos souvenirs en explorant cet aspect dans son œuvre[9]. Monáe explique également que l'opposition à la théorie critique de la race et au projet de loi controversé anti-LGBTQ de Floride l'ont inspirée. Tous ses personnages sont issus de communautés marginalisées et luttent pour leur visibilité historique[10].
Dans Los Angeles Review of Books, Dan Hassler-Forest écrit que The Memory Librarian est un jeu de mots sur l'obsession thématique de Philip K. Dick pour les angoisses liées à la fiabilité des souvenirs. De plus, l'exploration par Monáe de la race et de la sexualité comme « marqueurs de déviance sociale » permet d'expliquer la manière dont la technologie renforce les hiérarchies sociales existantes. Alors que des œuvres tels que 1984 et Black Mirror explorent la surveillance dans le contexte du pouvoir politique, Hassler-Forest écrit que The Memory Librarian diffère par une technologie de surveillance racialisée. Cela rappelle la théorie du « New Jim Code » de Ruha Benjamin, selon laquelle la technologie de surveillance est utilisée pour « renforcer la rigueur policière, perpétuant une ségrégation raciale vieille de plusieurs siècles »[11]. Dans une critique pour Wired, Mary Retta écrit que The Memory Librarian explore la manière dont les Blancs contrôlent la mémoire individuelle et collective des Noirs américains. Par exemple, les esclaves arrivés en Amérique ont dû changer de nom, abandonner leur langue maternelle et leurs familles ont été détruites[12].
Nevermind explore la question de l'inclusivité. Malgré son statut de collectif féministe, l'hôtel Pynk est toujours confronté à des tensions internes, les membres cisgenres de la communauté débattant de l'égalité des droits des membres transgenres[11]. Alex Brown écrit que les membres de l'hôtel Pynk sont divisés entre celles qui sont TERF et les autres. Brown pense que les conflits à Pynk reflètent la façon dont « les personnes queers contrôlent et protègent l'identité queer »[13].
Une critique du magazine Lightspeed examine comment les récits utilisent l'art comme « moyen d'expression et arme de lutte contre l'oppression ». Il s'agit d'une approche « métacontextuelle », car l'œuvre est tirée simultanément album et d'un film[14].
Une critique parue dans USA Today indique que la nouvelle qui a donné le titre du recueil, examine comment la technologie peut renforcer des préjugés toxiques. Seshet est une femme noire mal à l'aise avec son apparence, et son assistante virtuelle, Dee, reflète les normes de beauté eurocentristes[15].
Dans The New York Times, Stephen Kearse juge que les récits utilisent les tropes de la science-fiction, mais sont superficiels et manquent de profondeur narrative[5].
Style
The Memory Librarian et Nevermind sont des romans courts. Les trois autres textes sont des nouvelles. Chacune des cinq histoires est coécrite par Monáe et une autre personne[8].
Les histoires font référence aux albums musicaux et films précédents de Monáe ; les personnages Jane, Zen et Che apparaissent dans le film Dirty Computer et dans Nevermind. Le clip de la chanson Pynk (en) se déroule dans le même hôtel que l'histoire[16].
Il y a des références à l'œuvre de Prince disséminées dans le recueil, y compris le fait que l'un des avatars de Prince s'appelle aussi Nevermind[16].
Contexte
Monáe s'est inspirée du livre de Ray Kurzweil, La Singularité est proche (), pour son concept de fusion entre l'humanité et les machines. Elle attribue également sa vision de son « art au service du monde » au film Metropolis ()[17].
Réception
Le recueil est salué par la critique. Publishers Weekly qualifie le livre de « recueil émouvant et triomphant ». La critique estime que la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage et Nevermind sont les histoires les plus impressionnantes du recueil, les qualifiant d'« odes à l'afrofuturisme queer »[18]. Une critique élogieuse du Library Journal considère que le livre s'adresse à la « tradition de la tyrannie du contrôle mental » de la science-fiction et le recommande aux fans d'auteurs afrofuturistes tels qu'Octavia Butler, Nnedi Okorafor, NK Jemisin et Nalo Hopkinson[19]. Pour Mary Retta de Wired, Monáe est « l'une des successeures les plus marquantes d'Octavia Butler » et a salué son travail d'icône afrofuturiste[12].
Alex Brown écrit que Monáe et ses co-autrices ont produit un livre « vivant et viscéral » qui explore les questions complexes de la diversité[13]. Kirkus Reviews qualifie l'œuvre d'« adaptation intelligente de la musique à une nouvelle forme » et la salue comme « émotionnellement brute et avec un amour sincère pour l'humanité »[20].
Dans une critique pour Grimdark Magazine, John Mauro salue le style cohérent de l'œuvre malgré le grand nombre de collaboratrices[8]. Une critique du Washington Post loue les « voix variées » des collaborateurs, écrivant que les différents tons contribuent à élaborer un tableau complexe de New Dawn[21]. Une critique dans USA Today donne au recueil 3,5 étoiles sur 4, écrivant qu'il développe les thèmes de l'identité et de la justice sociale déjà investis par l'album de Monáe de [15].
Le journal Los Angeles Review of Books déclare que l'ouvrage serait particulièrement apprécié des jeunes adultes « qualifiés d'ordinateurs sales », offrant « l'espoir d'un meilleur avenir »[11]. Une critique du magazine Lightspeed salue le « courant d'espoir sous-jacent » de l'ouvrage malgré le contexte dystopique[14].
Pour Tor.com, Mahvesh Murad loue l'inclusivité et la diversité des personnages du livre, ainsi que la variété des thèmes explorés dans les histoires. Il écrit que « certaines questions » subsistent quant à la construction de l'univers de New Dawn, la considérant comme une opportunité de « développement ultérieur » de la mythologie[16]. Dans une critique négative de l'ouvrage, Stephen Kearse du New York Times juge la narration faible, écrivant qu'il n'est jamais clair si New Dawn est un gouvernement, une entreprise ou un groupe religieux. Il salue le fait que Timebox évite une construction d'univers instable et se concentre sur un conflit à petite échelle[5].