Arkady Martine
romancière et nouvelliste américaine de science-fiction
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Arkady Martine, nom de plume de AnnaLinden Weller, née le à New York, est une historienne byzantiniste, analyste des politiques climatiques et énergétiques, urbaniste et écrivaine américaine de science-fiction.
Elle est surtout connue pour ses romans de science-fiction Un souvenir nommé empire () et Une désolation nommée paix () primés par le prix Hugo du meilleur roman en et .
Biographie
AnnaLinden Weller est née le à New York, ville dans laquelle elle a grandi[1]. Elle obtient un baccalauréat universitaire ès lettres en études religieuses à l'université de Chicago en , un master en études arméniennes classiques à l'université d'Oxford en et un philosophiæ doctor en histoire médiévale byzantine, globale et comparative, à l'université Rutgers en [1]. En 2016 elle obtient un diplôme d'urbaniste de l'université du Maryland[1].
Après avoir vécu en Turquie, au Canada et en Suède, elle s'installe à Santa Fé au Nouveau Mexique en avec sa compagne, l'écrivaine de science-fiction Vivian Shaw (en)[2],[3].

AnnaLinden Weller est professeure adjointe temporaire d'histoire à l'université Saint-Thomas de à et chercheuse postdoctorale à l'université d'Uppsala de à . Elle publie sur le thème de l'histoire arménienne byzantine et médiévale[4].
Sa thèse de doctorat de , intitulée Imagining Pre-Modern Empire: The Letters of Byzantine Imperial Agents Outside the Metropole, ainsi que le livre Armenian-Byzantine Frontier: The Cultural Politics of Empire in the Medieval World publié en , lui servent de base historique pour écrire des textes de science-fiction[5].
Carrière d'écrivaine
Arkady Martine publie Lace Downstairs dans le magazine Abyss and Apex en [5],[6]. Par la suite, elle publie de nombreuses histoires dans Lackington's[7],[8], Uncanny Magazine (en), Shimmer et Fireside.
L'écriture de Martine est influencée par Elizabeth Bear et Max Gladstone[9] et C. J. Cherrih. S'inspirant de cette dernière, elle crée des protagonistes vulnérables et conscients de leur manque de fiabilité, et des récits où les conflits internes provoquent les conflits réels de l'histoire, en prenant pour exemple le personnage d'Ariane Emory II dans Cyteen[10].

Elle utilise aussi largement dans son écriture ses recherches en histoire byzantine, plus particulièrement celles effectuées pendant un post-doctorat à l'université d'Upsala sur les relations entre l'Empire byzantin et l'Arménie. Elle travaille alors sur un projet étudiant l'histoire des zones frontalières qui ont surgi des traumatismes liés aux conflits et aux guerres coloniales de l'empire. Elle utilise aussi des aspects culturels spécifiques, comme les concours de poésie en vogue dans l'Empire byzantin et le contexte des crises de succession[10].
Ces thématiques s’inscrivent dans une perspective féministe critique qui interroge les rapports de domination, l’identité personnelle et les mécanismes de résistance dans des contextes politiques et culturels complexes[11][source insuffisante]. Elle questionne le pouvoir de l'impérialisme culturel sur des populations non annexées par un empire colonial, mais séduites par sa culture (la poésie jouant un rôle central pour l'empire décrit dans la série Teixcalaan)[12].
Série Teixcalaan
Arkady Martine publie un premier roman de science-fiction en 2019 : Un souvenir nommé empire, débutant la série Teixcalaan qui se poursuit par Une désolation nommée paix, publié en 2021. Arcady Martine reçoit le prix Hugo du meilleur roman en et pour ces deux romans[5]. Pour Un souvenir nommé empire, Arkady Martine utilise l'histoire du catholicos de l'Église apostolique arménienne, Petros Getadarj, envoyé comme diplomate à Trébizonde auprès de Basile II[10].
Un souvenir nommé empire est très bien reçu par la critique, qui encense ce premier roman de l'autrice : Amal El-Mohtar le qualifie, dans le NewYork Times, de « premier roman fascinant, tranchant comme un couteau qui menace autant par le filigrane d’or de sa poignée que par le tranchant de sa lame »[13], et Emily St. James (en) écrit dans Vox, en 2020, « Ce livre primé est à la fois Game of Thrones, realpolitik de la guerre froide, conte anticolonialiste et préquelle de Star Wars »[14].
La série Teixcalaan est un space opera situé dans le futur, dans un univers gouverné par l'empire Teixcalaan, dont la bureaucratie est de nature byzantine. L'univers de Teixcalaan s'inspire de l'Empire aztèque[15]. L'autrice en tire un lexique et un environnement culturel sophistiqué, avec des termes comme « ezouazouacat », « asekreta », et des noms de personnages comme « Trois Posidonie » ou « Dix-neuf Herminette »[5].
La protagoniste d'Un souvenir nommé empire est une diplomate de la station orbitale Lsel, qui emporte avec elle un « imago » implanté dans son cerveau, qui incorpore la mémoire neurologique numérisée de son prédécesseur pour l'aider à naviguer dans les protocoles et la bureaucratie byzantine de Teixcalaan[5]. Arcady Martine explique avoir travaillé davantage sur les dialogues et l'introspection de sa protagoniste que sur l'action[5].
Le titre d'Une désolation nommée paix est emprunté à Tacite, écrivain romain qui a peu ou prou critiqué l'impérialisme romain, qui sous prétexte d'établir la paix a créé un désert (ou désolation)[10].
Rose/House
En , Arkady Martie publie Rose/House (en), qui est à la fois un roman policier et un roman de science fiction et d'horreur[16]. Il est comparé par les critiques à Maison hantée (1959) de Shirley Jackson. Le roman suit la détective Maritza Smith, qui doit élucider un meurtre commis dans une maison connectée dirigée par des algorithmes. La maison est l'œuvre majeure d'un architecte défunt, qui a interdit dans son testament à quiconque d'y pénétrer, mis à part une étudiante qui peut y accéder sept jours par an[5]. Quand la maison intelligente signale le meurtre à la police, la jeune étudiante est rappelée pour aller examiner la scène du crime. Le roman est finaliste du prix Hugo en [17].
Les récits d'Arkady Martine comportent des personnages féminins complexes et autonomes et incluent des personnages aux constructions de genre et aux identités LGBT variées. Toutefois, ces récits ne sont pas centrés sur la question de leurs identités, ces formes diverses sont incluses dans le récit de façon naturelle, permettant ainsi une représentation inclusive et intersectionnelle[18].
Œuvres
Série Teixcalaan
- Un souvenir nommé empire, J'ai lu, coll. « Nouveaux Millénaires », 2021 ((en) A Memory Called Empire, 2019), trad. Gilles Goullet, 416 p. (ISBN 978-2-290-23629-1)
- Une désolation nommée paix, J'ai lu, coll. « Nouveaux Millénaires », 2021 ((en) A Desolation Called Peace, 2021), trad. Gilles Goullet, 512 p. (ISBN 978-2-290-23630-7)
Romans indépendants
- Rose House, J'ai lu, coll. « Nouveaux Millénaires », 2023 ((en) Rose/House, 2023), trad. Gilles Goullet, 128 p. (ISBN 978-2-290-39452-6)
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en-US) Maria-Ana Tupan, « Troping Identity in Arkady Martine’s Space Opera: From Historical Realism to Quantum Anthropomorphization », Rupkatha Journal on Interdisciplinary Studies in Humanities, vol. 15, no 5, (ISSN 0975-2935, DOI 10.21659/rupkatha.v15n5.13, lire en ligne, consulté le ).
- (en) Dr Indrajit Patra, « Postcolonial Reading in a Posthuman Context: Explicating the Elements of Subversion and Resistance in Arkady Martine's A Memory Called Empire », Psychology and Education Journal, vol. 57, no 9, , p. 601–609 (ISSN 1553-6939, DOI 10.17762/pae.v57i9.316, lire en ligne, consulté le ).
. - (en-US) Ritu Ranjan Gogoi, « Architectural Space and Artificial Intelligence (AI) in Arkady Martine’s Rose House: Reading Spatiality and AI/Human Dichotomies », Rupkatha Journal on Interdisciplinary Studies in Humanities, vol. 15, no 4, (ISSN 0975-2935, DOI 10.21659/rupkatha.v15n4.16, lire en ligne, consulté le ).
- (en) E. Aradillas, « Their Favorite Haunts: Authors of gothic fiction escort readers into the unknown », Publishers Weekly, 271(42), vol. 271, no 42, (lire en ligne
).