Théâtre gallo-romain de Drevant
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| Théâtre gallo-romain de Drevant | ||||
Vue générale. | ||||
| Localisation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||
| Commune | Drevant | |||
| Département | Cher | |||
| Région | Centre-Val de Loire | |||
| Coordonnées | 46° 41′ 35″ nord, 2° 31′ 23″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : Cher
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
Géolocalisation sur la carte : France
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Le théâtre gallo-romain de Drevant est un édifice de spectacles antique situé dans la commune de Drevant, dans le département du Cher, région Centre-Val de Loire.
L'architecture du théâtre, qui mesure 85 m de diamètre, est relativement bien connue grâce à des vestiges encore imposants. Son histoire, en revanche, est plus imprécise : il fait l'objet de plusieurs campagnes de construction et de remaniements entre le Ier et le IIIe siècle avant d'être abandonné au siècle suivant. Ses ruines servent de fondations pour la construction de bâtiments dès le Moyen Âge et il ne disparaît jamais totalement du paysage.
Ses vestiges sont classés comme monuments historiques par la liste de 1840, comme tous ceux du site connus à l'époque.

Dans la géographie moderne, le site de Drevant est situé au bord du Cher et de l'ancien canal de Berry, à 4 km au sud de Saint-Amand-Montrond[M 1] et à 44 km de Bourges[1]. Tourné vers le sud-sud-ouest, il est adossé à une colline qui surplombe la rive droite de la rivière[2].
Le théâtre fait partie de la parure monumentale du site antique de Drevant, celui d'une agglomération secondaire.Celle-ci, dans le territoire des Bituriges Cubes, est installée non loin d'une voie reliant Avaricum (Bourges) à Aquae Nerii (Néris-les-Bains) ; cette voie est réputée se superposer à la route de Saint-Amand (D 97)[3].
Deux établissements thermaux, presque mitoyens, un sanctuaire et peut-être un forum complètent cet ensemble de monuments publics qui s'inscrit au côté de quartiers résidentiels encore mal connus.
Dans le département du Cher, au moins trois autres théâtres antiques sont construits dans le même contexte géographique de proximité d'un cours d'eau, à Baugy, Neuvy-sur-Barangeon et Thaumiers[4].
Historique
Chronologie de l'édifice
Du mobilier archéologique (céramique, tessons d'amphores) laténien est retrouvé dans les remblais accumulés sous le théâtre au moment de sa construction. Ceci traduit l'existence d'une occupation humaine pré-romaine sur le site en général, mais pas forcément à l'emplacement du monument lui-même[5].
Le théâtre connaît trois états successifs, difficiles à dater de manière absolue mais qui s'échelonnent du Ier ou du IIe siècle pour le premier à la fin du IIIe ou au début du IVe siècle pour le dernier. Ces modifications visent à accroître la capacité de l'édifice et à le rendre plus « monumental »[6].
Le théâtre perd son rôle d'édifice de spectacle au IVe siècle , mais il n'est jamais abandonné et ses ruines restent toujours visibles. Aux IVe et Ve siècles, des forgerons investissent sa scène pour y installer leurs ateliers alors qu'il sert de carrière de pierre. Du IXe au XIIe siècles, des bâtiments s'élèvent sur son emprise, un four à pain est construit et un puits est creusé tandis que ses pierres, comme celles des autres bâtiments antiques, continuent à être récupérées jusqu'au XIXe siècle[6] et servent à la construction des maisons de Drevant[M 2]. Dans la première moitié du XIXe siècle, le creusement du canal de Berry, à une vingtaine de mètres du monument, fait que son bâtiment de scène est enfoui sous les déblais[M 3].
À l'époque contemporaine, les vestiges dessinent encore le plan au sol du monument, exception faite de la partie nord-est des gradins, au-dessus de laquelle des maisons sont construites[7].
Mentions bibliographiques et fouilles

Le nom latin du site, Derventum, apparaît pour la première fois dans les archives de l'abbaye de Noirlac en 1210 mais sans mention de son origine antique[8].
En 1641, la parution de la Topographie française (...), publication posthume de gravures de Claude Chastillon, propose la première représentation graphique du théâtre sans que sa nature ne soit précisée et dont la localisation est faussement orthographiée « Drenant »[9].

Anne Claude de Caylus, en 1759, livre du théâtre un dessin moins idéalisé que celui de Chastillon, accompagné d'une description sommaire et d'un plan dans le troisième tome du Recueil d'antiquités égyptiennes, étrusques, grecques, romaines[10]. C'est au cours de ce même siècle que les ruines du théâtre sont partiellement recouvertes de remblais[11].
En 1834, François Alexandre Hazé se livre à des sondages sur le théâtre ; bien que ceux-ci soient ponctuels, ils permettent à Arcisse de Caumont de noter la particularité architecturale du monument (orchestra étendue) qu'il rapproche du théâtre antique de Valognes (Manche) ou de celui de Lillebonne (Seine-Maritime)[M 4]. Tous les vestiges antiques du site de Drevant figurent dans la liste des monuments historiques protégés en 1840.
En 1898, la société française d'archéologie, réunie en congrès à Bourges, visite le site et souhaite que des études soient engagées sur le théâtre[M 5]. Le monument fait donc l'objet de fouilles très approfondies de la part de Gustave Mallard entre [M 6] et 1906[12].
Depuis 2018, l'institut national de recherches archéologiques préventives surveille les travaux de restauration et d'aménagement du théâtre ; ceci s'accompagne de relevés photogrammétriques, de l'étude des maçonneries et du mobilier archéologique[11].
